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By Institut Français de la ModeEducation
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IFM episodes

  • Karl Lagerfeld, homme de lettres
    Karl Lagerfeld n’a jamais cessé de fréquenter la littérature, avec délectation et même une forme de boulimie. Il se décrivait volontiers comme « un vieux prof de lettres » et vivait entouré de livres qu’il achetait en trois exemplaires : un pour le lire, l’autre pour le découper et le troisième pour le ranger dans l’une de ses bibliothèques. Un de ses auteurs de chevet était Eduard Graf von Keyserling (1855-1918) : « Keyserling, c’est l’impressionnisme. Avec trois mots, vous voyez l’endroit, le pays, vous sentez l’air. La description, cela me frappe encore plus aujourd’hui, est incroyablement évocatrice avec un minimum de mots. J’aime que ce soit si court : j’ai horreur quand il faut 600 pages, vraiment pas nécessaire… » (propos recueillis par Bayon dans Libération, décembre 2010).
    Karl Lagerfeld aimait aussi lire et relire Saint-Simon, Bossuet, mais aussi Colette et Paul Léautaud, ou encore Rilke, Virginia Woolf et Emily Dickinson… Il détestait les romans policiers et lisait peu de romans contemporains mais il avait une passion pour les dictionnaires (il a illustré le Larousse en 2009). « Je possède un mur entier de dictionnaires. J’adore ça. Pour moi, c’est LE roman policier. Si je n’étais pas dans la couture, j’aurais fait des études de langues, mais j’ai toujours été un peu feignant pour les études… »
    Une conférence de Marie-Noëlle Demay dans le cadre du festival IFM 2019 (28 et 29 juin 2019). Marie-Noëlle Demay a fondé le magazine Gala et en a été rédactrice en chef avant de diriger pendant quinze ans le service Mode du magazine Marie-Claire. Elle a publié « Le crocodile devenu le sac à main de Karl Lagerfeld », un roman, au printemps 2018.
    Introduction : Ugo Bénézet (IFM/Management 2019).
    45 min
  • Quel équilibre entre création et analyse du marché ?
    Il n’y a jamais eu de dichotomie profonde entre la figure du créateur de génie et celle du marchand. Frédérick Worth et Jacques Doucet étaient des marchands avant d’être des créateurs : le premier vendait du métrage textile, le second était marchand de chemises depuis plusieurs générations. Mais il existe néanmoins une tension récurrente au cœur de l’industrie de la mode : d’un côté la création et l’expérimentation (rupture, intuition, subjectivité), de l’autre le management, les ventes, le marketing et le merchandising (prédiction, analyse des données…).
    La séparation entre la création et la gestion a gagné du terrain depuis le milieu des années 1990, avec la financiarisation progressive des marques. Aujourd’hui, on ne demande plus aux créateurs de connaître leur marché : ils sont parachutés dans un environnement business pour y insuffler de la créativité et faire de l’image. Derrière eux, les structures industrielles et financières sont savamment orchestrées et on observe une scission de plus en plus évidente entre les deux fonctions (manager et créateur), même si un créateur de mode est comme un « chef d’orchestre » qui doit savoir tout faire même de manière superficielle (coudre, couper, communiquer, savoir ce qui se vend, analyser les chiffres…).
    Une discussion entre Emilie Hammen (professeur à l'IFM), Johanna Senyk (créatrice de mode, lauréate de l'ANDAM en 2016 avec sa marque Wanda Nylon) et Benjamin Simmenauer (professeur à l'IFM).
    1 hr 8 min
  • Pourquoi la société ne se laisse pas mettre en équations
    Si la nature se laisse mettre en équations, est-ce qu’il en est de même de la société ? Certes, la lisibilité des chiffres et des statistiques, dans le domaine économique et social, permet d'assurer une transparence et une lisibilité de l’action collective. Mais il semble bien que la société soit comme un « tigre sauvage » qui ne se laisse pas dompter aisément.
    Exemple : dès lors qu’on cherche à prédire un taux croissance économique, on se trompe généralement. Les indicateurs de stabilité empirique qui se trouvent abondamment dans la nature physique sont impossibles à déceler en matière humaine.
    L’ « homo economicus » supposé rationnel n’existe pas dans le monde réel, et on prête généralement beaucoup trop d’objectivité aux chiffres. Les indicateurs de référence (PIB, chômage, classement des universités, normes comptables…) sont issus de conventions et de référentiels plus ou moins adaptés au réel et le plus souvent biaisés.
    De la même façon, l’intelligence artificielle n'a pas les moyens de « modéliser l’humain », et on aurait tort d’avoir une « vision algorithmique » de la vie sociale. Dans toutes les interfaces de communication homme/machine (cf Siri et autres assistants vocaux), la personne humaine a toujours la liberté d’exprimer des positions farfelues, inattendues et imprévisibles.
    Dans notre environnement numérique où l’identification des uns et des autres est permanente (nos relations, notre géolocalisation, notre historique de recherche…), il est vital de cultiver le décentrement et le non-quantifiable : il s’agit de désenclaver notre mémoire et nos modes de perception, d’assumer toutes sortes de lignes de fuite et de changements de cap... C’est sans doute la seule condition pour continuer à penser l’humain comme sujet créatif. Chaque homme a la capacité d’être un « nouveau commencement » (Hannah Arendt).
    Une discussion dans le cadre du 4e festival IFM (28 et 29 juin 2019), avec
    -Valérie Beaudouin, sociologue et linguiste, Télécom ParisTech
    -Pierre-Antoine Chardel, philosophe et sociologue, Institut Mines-Télécom Business School
    -Valérie Charolles, philosophe, EHESS
    -Pablo Jensen, physicien, ENS Lyon
    1 hr 27 min
  • Coder le son : les enjeux de la partition musicale
    Chaque note qu’on voit apparaître sur une partition musicale est une image très complexe, puisqu’il s’agit d’« une tache noire qui dit du son ». Ce miracle remonte à l’époque des Carolingiens (IXe siècle après JC), qui ont inventé la notation musicale et qui ont su transcrire et rendre visible le son avec une précision extrême. Cet effort de codage a pris la forme d’images et non pas de signes purement intellectuels comparables à l’alphabet des Grecs.
    Cette rencontre entre deux manières de penser (la manière alphabétique grecque et l’image très élaborée du mouvement qui s’invente chez les Carolingiens) est un moment-clé de la pensée occidentale, dont les enjeux ont été comparables à ceux d’aujourd’hui puisqu’il s’agissait déjà d’intégrer le nombre dans l’image et d’analyser le monde en format numérique.
    En permettant de maîtriser le mouvement, le codage de la musique au IXe siècle après JC peut être considéré comme une avancée majeure de la vie de l’esprit, ayant permis de transcrire la parole en images. C'est l'invention de repères numériques porteurs de paramètres précis : hauteur et longueur du son, notamment, mais aussi durée, discontinuité et émotion. D’une certaine façon, c’est le premier apprivoisement de l’irrationnel par les nombres. La notation musicale peut donc être considérée comme une aventure artistique et culturelle qui prend place au cœur de la pensée scientifique occidentale.
    Une conférence dans le cadre du 4e festival IFM (28 et 29 juin 2019), par Violaine Anger, musicologue, maître de confé­rence à l’Université d’Evry Val d’Essonne, maître de confé­rence asso­ciée à l’Ecole Poly­tech­ni­que.
    51 min
  • Les mathématiques ont-elles pris le pouvoir sur le réel ?
    On est passé d’une société informatique à une société d’intelligence artificielle. Les chiffres permettent de tout mesurer, de tout calculer, de prédire les comportements aléatoires. Avec la généralisation des calculs massifs, on est entré dans un autre monde : de la programmation informatique, on est passé au « machine learning ». Sommes-nous entrés dans un monde cybernétique, autrement dit de « gouvernance par les nombres » ? Paradoxe : le monde est à la fois de plus en plus lisible, prédictif, contrôlable, mais également de plus en plus volatile, incertain, complexe, ambigu.
    Quelle est la place de l’humain dans un univers où le bonheur est accompagné par les machines ? Quelle est la place de l’intuition et de la création dans ce contexte ? Faut-il, comme le souhaite Daniel Cohen (économiste), lutter contre une "société algorithmique déshumanisante" ? On sait tout optimiser, tout modéliser, tout simuler, tout corréler… mais on a toujours du mal à anticiper les grains de sables, les accidents, les retards qui vont mettre la machine par terre.
    Une discussion dans le cadre du 4e festival IFM (28 et 29 juin 2019) avec Elisabeth Grosdhomme, Bruno Teboul, François Pitti et Julien Cantegreil.
    35 min
  • La fabrique des startups : une source d’inspiration pour le management de la création
    La création d’entreprises n’est pas seulement le fait d’inventeurs géniaux, mais le résultat de méthodes, de processus, de savoir-faire et de financements… : voici ce qu’on a progressivement compris depuis 10 ans en France. Or il y a un certain nombre de proximités structurelles entre le monde des startups et celui des industries créatives. Comment se structure l’inspiration et l’ouverture ? Où est la frontière entre ce qui est formalisable et ce qui relève de l’intuition, entre les processus et l’individu créatif ?
    Une conférence de Thomas Paris, professeur affilié à HEC Paris, chercheur au CNRS, chercheur associé à i3-CRG École Polytechnique, co-auteur, avec Jean-François Caillard, de "La fabrique des start-up" (Pearson, 2018).
    58 min
  • Le marché de la mode vintage
    La fripe a des origines populaires, ancrée notamment en Seine-saint-Denis (Saint-Ouen, Montreuil) ou à l'est de Londres. Aujourd'hui, le marché de la revente de vêtements est en pleine croissance et pourrait dépasser celui de la "fast fashion" à horizon de 2030. L'exigence écologique et la résonance de belles pièces "vintage" avec les tendances contemporaines expliquent l'engouement du marché. Il est d'ailleurs important de ne pas confondre "seconde main" et "vintage", car les marques les plus revendues aujourd'hui sont Sézane, Zara, Sandro, Maje etc. alors que le vêtement "vintage" désigne une réalité plus ancienne (de 1900 à 1980).
    Une conférence d'Estelle Dupuis, fondatrice et dirigeante de Fashion Heritage on Demand (FHOND) : https://fhond.com/
    1 hr 1 min
  • Une exploration de la théosophie
    La théosophie, qui se concevait comme une religion englobant toutes les religions, fut créée en 1875 à New York, puis transférée en Inde en 1900. Son influence a été considérable sur les milieux cultivés autour de 1900-1920. Elle avait des adeptes partout dans le monde au début du XXe siècle, parmi lesquels Jacques-Emile Blanche, Jean Cocteau, Vassili Kandinsky ou encore Boy Capel, amant de Coco Chanel. Son principal représentant spirituel, Jiddu Krishnamurti (1895-1986) s'est progressivement transformé en emblème du développement personnel jusqu'à devenir une icône des campus américains après la Seconde Guerre Mondiale.
    Une conférence d'Edouard Launet, journaliste et écrivain (également animateur du site Délibéré http://delibere.fr/
    56 min
  • Aviateurs et aviatrices, "beautiful people" des Années Folles
    Les pionniers de l’aviation ont aussi été des pionniers en matière d’habillement et une histoire de la mode peut s’écrire à travers les images de leurs vies et de leur exploits.
    Le style de la « garçonne » peut être relié à des exemples comme celui de Ruth Elder (1902-1977), une aviatrice américaine qui fut la première femme à tenter de traverser l'Atlantique en avion.
    Charles Lindbergh a défini un style qui se décline encore aujourd’hui dans la joaillerie de luxe. Hommes ou femmes, Européens ou Américains, les pilotes ont été de grandes stars à l’époque des premières traversées transatlantiques. Dans la presse des années 1920/1930, il y avait des rubriques de « mode aéronautique ». Cheveux courts, pantalons, combinaisons de vol… Entre les deux guerres, les terrains d'aviation ont été des refuges pour des femmes audacieuses qui ne pouvaient pas garder leur tenue de pilotes « en ville »… Des figures comme Amy Johnson et Amelia Earhart ont incarné cet idéal féministe au cours des années 1930/1940.
    Par Guillaume De Syon, historien, qui enseigne au Albright College (Reading, Pennsylvanie, Etats-Unis) et qui poursuit des recherches au Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés, LATTS (Ecole des Ponts ParisTech/Universite Paris-Est Marne-la-Vallée).
    1 hr 2 min
  • L’amour assisté par ordinateur au Japon
    Quel est l’avenir de nos relations amoureuses à l’âge des interfaces numériques et des rencontres « assistées par ordinateur » ? Une machine peut-elle provoquer l'amour entre des inconnus ?
    Au Japon, des expériences étonnantes sont menées autour de tous ces sujets, avec des dispositifs de rencontres automatisées qui s’insèrent naturellement dans la culture traditionnelle de la « rencontre arrangée ». Comment peut-on accepter de se laisser guider ou manipuler par une machine, y compris pour déterminer ses relations amoureuses ? Au Japon, cette idée semble trouver un terreau favorable, même si ces expériences restent encore marginales... Dans un croisement fascinant entre les traditions culturelles et les innovations technologiques, les interfaces numériques japonaises offrent la possibilité bienvenue de revêtir un « masque », un écran pour dissimuler qui on est (à l’opposé du moi occidental « intime » qu'il faut dévoiler)… Cependant, ces explorations japonaises illustrent un risque contemporain plus global, celui de « caresser plus souvent son écran que la personne aimée ».
    Agnès Giard est anthropologue et journaliste (Libération). Elle enseigne à la Freie Universität de Berlin.
    Auteure de livres consacrés au Japon, Agnès Giard a successivement publié un décryptage de la société japonaise (par le biais de son rapport au corps, au sexe et au sacré), un Dictionnaire (« Les 400 mots-clés de la culture japonaise ») et un livre de design (tissant le lien entre objets de culte, jouets sexuels et gadgets pour otaku). Elle a également publié en 2012 « Les histoires d’amour au Japon (éditions Glénat). En 2015, Agnès Giard a soutenu une thèse de doctorat d'anthropologie à l'Université de Nanterre (Directrice : Laurence Caillet). Cette thèse consacrée aux objets anthropomorphiques au Japon porte sur les « love dolls » (recherches sur le lien entre les poupées, l'amour et la mémoire au Japon).
    http://sexes.blogs.liberation.fr/
    http://japinc.org/
    https://twitter.com/AgnesGiard
    1 hr 29 min

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L’Institut Français de la Mode (IFM) est un établissement d’enseignement supérieur privé à but non lucratif, un centre de formation d’apprentis et de formation continue, ainsi qu’un centre d’expertise pour les industries du textile, de la mode et du luxe. Il propose des formations allant du CAP au master, en décloisonnant la création, le management et les savoir-faire.

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