Improvisations (le podcast)
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Improvisations (le podcast) episodes

  • Tutoyer le monde
    C'est pourquoi la catastrophe écologique nous heurte et nous blesse plus profondément que nous ne saurions le dire, plus profondément peut-être que nous n'en avons conscience. Ce n'est pas seulement la survie de l'homme en tant qu'espèce ou ses conditions de vie futures qui nous préoccupe et nous touche dans la destruction à laquelle nous assistons ; c'est la blessure qui nous est à nous-mêmes infligée et que nous ressentons comme telle : quelque chose de nous-même est affecté, quelque chose de nous-même s'effiloche, se corrompt et se perd dans ces animaux qui disparaissent et cette terre qui s'immondice. C'est à nous-même que le coup est porté.
    7 min
  • Joie
    Depuis que l'homme est homme, probablement, il conçoit le monde, pense et vit selon deux directions opposées : l'une qui est lumineuse et joyeuse ; l'autre sombre et austère. Ainsi, l'écologie est ce qui nous pousse à épouser la cause du monde, à défendre sa beauté, son infinie diversité, sa somptueuse richesse, l’immense joie de la création. Mais certains jettent sur cet élan une chape de bien-pensance et étouffent ce dynamisme sous une sorte d'ordre moral au gré duquel il faudrait faire repentance et pénitence car nous avons avons été trop joyeux, trop plein d'énergie, pas assez humbles et modestes.
    7 min
  • Encratisme
    Il y a, au coeur des religions révélées d'occident, un point aveugle, officiellement rejeté comme hérétique et qui pourtant imprègne et irrigue toute la pensée et tous les comportements des croyants : l'encratisme.
    10 min
  • Pénombre
    Entrer dans le silence pour pouvoir entendre la douceur qui se chuchote, épouser la nuit pour y apercevoir la lueur de la tendresse, faire silence et calme en moi-même pour ressentir ce qui est humble, et fragile, et subtil, et terriblement important.
    6 min
  • Déchirures
    Il y a des choses : paysages, toucher ou entendre celle que j'aime, visages d'enfants, de femmes ou d'être chers, ou cette chanson, qu'on a entendu en introduction et qui, dès la première écoute, m'a fait tressaillir - il y a des choses qui, on ne sait pas pourquoi, bouleversent et font monter en nous, de façon irrépressible, une sorte de sanglot, ouvrent une déchirure.
    7 min
  • Ecouter ses ennemis
    L'amour des ennemis, c'est peut-être cela. C'est au moins en partie cela : savoir les écouter et ne pas se fermer à eux sous prétexte qu'ils sont nos ennemis. Ne pas cloisonner nos oreilles au motif que ce qu'ils diraient serait forcément faux puisqu'ils sont du mauvais côté.
    9 min
  • Chercher la vérité ou noyer le poisson
    Rien ne ressemble plus à la vérité que le mensonge et rien ne ressemble plus à l'effort entrepris pour dégager la vérité de sa gangue, la révéler dans toute sa richesse, que l'effort fait pour l'enterrer et noyer le poisson.
    10 min
  • La Pointe Prime au matin
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180819prime.mp3
    C'était hier à la Pointe Prime, cet îlot relié à l'île par un isthme de sable à mi-chemin du port et de la plage d'argent.
    Le soleil matin se levait au dessus de la crête des Mèdes et la mer comme le ciel étaient d'or.
    On ne voit plus, dans nos villes, ces spectacles ; on n'entend plus ces bruits et ces sons, simples et doux. Or ils nous manquent car ils sont une partie de nous-mêmes et, sans eux, sans leur présence réelle et physique, charnelle, comme celle des personnes que nous aimons, nous ne nous sentons pas complets.
    7 min
  • Des diamants dans la nuit
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180817nuit.mp3
    Quand on marche la nuit sur les chemins de Porquerolles (et bonjour à Pierre et Anne-Marie Laurès, croisés hier, grands découvreurs de ces chemins), on voit ça et là briller, dans l'herbe et sur la terre, des sortes de diamants.
    En s'en approchant, on se rend compte qu'il s'agit d'araignées, des araignées-loups, dont les multiples yeux reflètent la lumière et la font miroiter.
    Ce sont de grosses araignées à longues pattes velues, qui possèdent un gros abdomen rayé. Et de loin, pourtant, ce sont de purs joyaux.
    Qu'il est bon de redécouvrir, dans la nuit noire, les beautés et les frayeurs nocturnes : les crissements des grillons, le cri des petits ducs, l'immensité de la voûte étoilée et la splendeur des étoiles filantes, l'ombre angoissante des arbres et ces perles multicolores dont la vue lointaine ravit et la vue proche effraie.
    0 min
  • Les Chevreaux – la mer
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180816chevreaux.mp3
     
    Au sud-ouest de l'île, entre le Cap d'Armes et la Gorge du Loup, les Chevreaux, espace pierreux et dénudé couvert de petits cailloux, de rochers mille-feuilles, où poussent, rares et belles, des touffes d'immortelles et de cinéraires maritimes, leurs cousines marines.
    Je me suis réfugié au creux d'un rocher fait de lamelles empilées, arrondi comme un ventre, pour m'abriter du vent et regarder la mer qui emplissait, sous le ciel, l'horizon :
    La mer ! Elle appelle à tant de banalités qui néanmoins se révèlent vraies! Elle se prête à tant de discours et de mots, de paroles qu'on pourrait croire fausses et seulement héritées mais qu'à chaque fois on redécouvre, et auxquelles le plus juste est finalement peut-être de se laisser aller en mettant de côté notre vanité.
    La mer,  si belle avec sa houle puissante, cette longue respiration calme avec laquelle, peu à peu, on entre comme en symbiose.
     
    Je me souviens de la chanson Comme à Ostende de Jean-René Caussimon. Il y chantait les chevaux de la mer.
    6 min

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Foin des préparations et des textes pensés ! Voici des mots cueillis aux lèvres.