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In Vivo France Bleu RCFM episodes

  • Ferme aquacole Acquadea : du 17 au 23 octobre
    durée : 00:55:39 - Un site classé Natura 2000, à deux kilomètres des côtes de la Parata, à la pointe des Sanguinaires à Ajaccio. Une ferme aquacole quasi invisible à l’œil nu depuis la terre ferme, c'est ici qu'est implantée depuis plus de vingt ans Acquadea. Avec le site de Campomoru dans le Valincu, la ferme aquacole ajaccienne est la seconde zone de production en pleine mer du groupe Gloria Maris.
    Ici, on élève et on produit trois poissons : le loup, la daurade royale et le maigre Label Rouge. Du poisson qui sera ensuite vendu et exporté en Europe. Sur ses deux sites de Corse, Aquadea commercialise 95 % de la production insulaire, produit 8000 tonnes de poisson par an pour un chiffre d'affaire de 8 millions d'euros. En Corse, le groupe Gloria Maris compte 40 salariés répartis sur ses deux sites de production.
    Sur le marché insulaire, Acquadea fournit le poisson à deux grossistes mais aussi aux poissonneries de l'île, sans oublier les restaurateurs qui sont de plus en plus nombreux à travailler le poisson produit dans les deux fermes aquacoles insulaires.
    > En Corse ou sur le marché international, les retombées que nous avons sur la qualité du poisson concernent surtout la qualité exceptionnelle de sa chair
    Ici à la Parata, face au golfe d'Ajaccio, le site sauvage classé Natura 2000 possède de nombreux paramètres propices à l'élevage. Protégé des vents dominants avec un golfe très profond et une très forte courantologie, ces paramètres vont déterminer la qualité des eaux, l’oxygénation, le bien\-être animal et pérenniser l'élevage. « Ce qui garantit le respect de l'environnement et du site, c'est la pratique aquacole et d'élevage, nous avons de très faibles densités donc nous ne traitons pas sur plusieurs cycles. Les poissons sont nourris avec des aliments 100% naturels, tout cela préserve le milieu, toutes les espèces évoluent dans un bien\-être permanent » poursuit Colomba Loviconi.
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    ## Pêche de jour et de nuit
    Le site de la Parata compte une cinquantaine de cages, des grands filets à l’intérieur desquels évolue le cheptel. Sur cette zone, trois services assurent en permanence le bon déroulement des opérations : le service pêche, celui dédié à la manipulation et l'entretien du site et le service nourrissage qui s'occupe de nourrir les poissons. « Cela nécessite beaucoup de travail au quotidien, notamment pour la réparation des filets mais nous sommes rodés à l'exercice » affirme Bruno Cornet, le responsable du service pêche d'Acquadea. Son rôle ? Assurer la vente du poisson en temps et en heure, Bruno et son équipe pêchent plusieurs fois par semaine, nous le retrouvons ce matin, avec deux autres pêcheurs, sur une cage de maigres, leur journée a débuté la veille, à 23h. « Nous commençons à pêcher tard le soir jusqu'au lendemain matin 11h. Pêcher la nuit est bénéfique surtout en période estivale, cela nous permet de garder le poisson au frais et on travaille dans de meilleures conditions » poursuit Bruno.
    La nuit, à l'arrivée sur le site, les pêcheurs prennent d'assaut la cage où se trouve le poisson et mettent ensuite un filet afin de rabattre l'espèce contre la paroi de la cage. « Nous pêchons dedans avec une grosse épuisette, une fois le poissons pêché, nous le versons dans un bac à saumure sur le bateau, afin de l'abattre par choc thermique. Une opération que nous renouvelons plusieurs fois durant la pêche » explique le responsable.
    ## Géant de l'aquaculture
    Gloria Maris possède au total cinq sites, deux en Corse, deux sur le continent : en Bretagne et dans le Nord et un en Sardaigne, à Stintino, dans le Golfe d’Asinara. Le groupe compte 180 salariés et élève 4 espèces marines « Nous produisons 80 % de l'aquaculture marine en France, mais loin des gros pays exportateurs, nous sommes concurrencés par des pays qui font jusqu'à 80 000 tonnes, la Norvège, l'Espace, la Grèce ou encore la Turquie » précise encore Colomba Loviconi.
    Gloria Maris est une entreprise prospère, à laquelle on souhaite de continuer à naviguer, en Corse et ailleurs, sous les meilleurs auspices.
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    56 min
  • À bord du Piana : du 10 au 16 octobre
    durée : 00:55:36 - Une vue imprenable sur toute la ville de Bastia, sur la passerelle de navigation, Christophe Chabillon ne se lasse pas du paysage qu'il redécouvre presque chaque jour depuis le port de commerce de Bastia où le _Piana_ est amarré. Ce quinquagénaire est l'un des deux commandants du _Piana_ : _« Du poste de commandement, nous gérons la partie nautique bien sûr, la sécurité, nous contrôlons tout le navire »._
    Ce bateau, il le connaît comme sa poche, Christophe est entré à _La Méridionale_ il y a 25 ans, après avoir navigué sur toutes les mers du Monde : _« C'est le navire que je préfère, le plus moderne, c'est un réel plaisir d'être à la barre de ce cargo\-mixte »_ poursuit\-il.
    Il n’est pas seul à la barre, la navigation du bateau est déléguée à deux officiers de quart. _« Les passagers sont souvent surpris de voir le commandant se balader dans les couloirs du bateau quand celui\-ci est en pleine mer, deux officiers gèrent la navigation en permanence, bien évidemment je dois être disponible à tout moment en cas de problème »_ affirme Christophe Chabillon.
    Le _Piana_ peut accueillir jusqu'à 750 passagers, 200 véhicules et 180 remorques, _« Nous devons nous adapter aux exigences de nos clients, le fret bien sûr mais également les particuliers, nous partons à 19h et nous arrivons tôt, ça arrange tout le monde »_ se satisfait le commandant.
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    ## Travailler au service de la Corse
    50 personnes composent l'équipage du navire, un chiffre qui varie selon le nombre de passagers. Une majorité de marins, notamment chez les plus jeunes, sont d'origine corse. Certains ont fait l'école de marine marchande pour être officier, d'autres le lycée maritime de Bastia pour devenir matelot ou ouvrier mécanicien, ou encore les écoles d’hôtellerie traditionnelles. Il est 17h, le fret est en cours de chargement, le ballet incessant et bruyant des camions dans les garages fait monter la pression, le bateau part dans deux heures. La course contre la monte débute. Quelques ponts plus haut, dans la salle des machines, Dominique Battini est devant les écrans d'ordinateur. Ce jeune Ajaccien de 26 ans est officier mécanicien, son rôle est de veiller au bon fonctionnement de la chaufferie, la production, la climatisation et l'électricité, aussi bien dans l'espace passager que dans le garage où sont stationnés les semi\-remorques : _« C'est une mission qui demande beaucoup de temps et d'organisation »_ souligne le jeune marin. Après l'obtention de son BTS électronique et de son concours à l'école de marine marchande du Havre, Dominique a rejoint _La Méridionale_.
    > En tant que Corse, c'est une fierté de travailler pour l'île et de participer à son économie, je me sens bien ici, la vie en communauté se passe bien .
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    ## Sur le pont 24h/24h
    18h, en cuisine, à quelques minutes d'accueillir les premiers passagers, l'ambiance monte d'un cran. Le Piana compte deux restaurants, Dominique Barbaro est le chef de cuisine, ce Marseillais a sept personnes sous sa responsabilité : _« L'adrénaline monte à moins d'une heure du départ, nous allons servir ce soir près de 400 personnes, à cela s'ajoutent les 50 membres d'équipage qui eux sont déjà venus dîner, c'est une usine ici ! »_. À quelques pas des cuisines, Gilles Capuano finalise les desserts, ce soir ce sera charlotte au chocolat ou baba au rhum : _« Nous élaborons un dessert différent par jour, nous confectionnons aussi les viennoiseries. Nous débutons notre journée de travail à 4h du matin, pendant que les passagers dorment et quand le bateau est encore loin d'accoster, comme dans une vraie pâtisserie !»._ Quelques étages plus bas, à la réception, les premiers passagers montent à bord et viennent récupérer la clé de leur cabine.
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    Charles\-Guillaume Costa, le commissaire de bord répond avec son équipe aux différentes sollicitations des clients. Le jeune homme d'origine bastiaise connaît bien la maison : _« Je suis un bébé CMN ! Je suis rentré dans la compagnie il y a 14 ans et j'ai eu la chance de gravir les échelons, c'est une fierté de travailler ici et de voir que les passagers sont contents de naviguer avec nous »._ Il est 19h, les lamaneurs du port de Bastia larguent les amarres, le Piana met le cap sur la cité phocéenne où il arrivera le lendemain matin à 7h, avant de revenir en terre bastiaise dans moins de 48h.
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    56 min
  • Les beurrières de Nebbiu : du 3 au 9 octobre
    durée : 00:55:30 - Une micro ferme en plaine de Vallecalle, à quelques encablures du lac de Padule. Au loin, quatre vaches et un taureau ruminent paisiblement à l'ombre sous les chênes.
    Il est 11h, dans son atelier construit entièrement en bois, Philippe Wilson lance sa deuxième baratte de la matinée. L'agriculteur s'active car il vendra son beurre dès demain au marché. Fils d’immigrés irlandais et siciliens, ce quinquagénaire est arrivé en Corse _« par hasard »_. Après plusieurs vies professionnelles sur le continent, qui l'ont amené à être éleveur de chiens de traîneaux et conducteur d'attelage dans les Alpes ou encore psychoclinicien pour les enfants, Philippe a eu envie, avec son épouse, de changer de vie.
    _« Nous sommes arrivés en Corse avec un Renault trafic et nos trois enfants. Nous n'avions pas d'ambitions particulières avec ma femme, sauf de mettre à profit notre amour pour la terre »_ souligne l'artisan. La famille Wilson a été aidée à son arrivée dans le Nebbiu : les voisins, le maire, les gens du village leur ont prêté main forte. _« On nous a fourni une aide mécanique et matérielle, ça a été une chance, il y a eu une solidarité paysanne »._
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    ## 4 vaches jersiaises et 1 taureau
    Aujourd'hui, la famille vit sans aucune aide extérieure, sans subvention ni prime. _« Nous avons mis de l'argent de côté pour un projet agricole. Aujourd'hui, nous vivons sans crédit ni dette, nous sommes également autonomes au niveau alimentaire, nous produisons ce que nous consommons »._
    Midi approche, Philippe Wilson verse le lait dans la baratteuse, un de ses rituels quotidiens. Ce lait, il le doit à ses quatre vaches, des Jersiaises, des ruminants sélectionnés sur l'Île de Jersey en Angleterre, une race du même berceau que la vache corse et la Noire de l'Altas. _« Quand nous avons débuté notre activité ici, nous avons été surpris de ne pas voir de vaches laitières, on nous a dit qu'il n’en n’a pas toujours été ainsi. Notre choix s'est porté naturellement sur la Jersiaise, une vache adaptée au climat de l'île »._
    Des vaches productives, nourries d’herbe à 98%, qui peuvent donner en pleine lactation jusqu'à 20 litres de lait au quotidien. _« Ce sont des beurrières, leur lait a un très fort taux de matière grasse, qui avoisine les 51%, c'est idéal pour faire du beurre »._
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    ## Paysan militant
    Dans son petit atelier de fabrication, l'agriculteur finit la deuxième baratte de la matinée. L'élaboration du beurre n'est pas un secret : _« On le fait en maturation lente, sans conservateurs ni ferments, du coup, la date limite de consommation est très courte, je le fabrique le jeudi pour le vendre sur les marchés en fin de semaine, c’est un produit vivant, non pasteurisé »._
    La famille Wilson vend son beurre mais aussi son fromage, uniquement en vente directe, soit à la ferme ou sur les marchés. Les produits des beurrières du Nebbiu sont présents sur les étals des marchés de la microrégion en période estivale, et dans le courant de l'automne sur le marché de Bastia.
    > Nous sommes en permaculture depuis 10 ans. Au\-delà de la technique, c'est une philosophie, notre but est de valoriser au maximum ce que l'on a. Nous produisons notre propre nourriture, l'autonomie n'a aucun sens si on est dépendant de nos besoins primaires. Pour nous ce n'est pas une souffrance, c'est viable et possible, nous sommes des paysans militants mais nous ne sommes pas seuls en Corse dans ce cas.
    56 min
  • Facteur dans les Deux-Sorru : du 26 septembre au 2 octobre
    durée : 00:55:44 - Vicu. Neuf heures. Comme chaque matin, Saveria Angelini et ses collègues, guettent l'arrivée du camion postal en provenance de Sagone. Saveria connaît bien ce rituel car elle est tourneur depuis quelques années. Son travail consiste à remplacer les sept tournées de la plaque de Vicu. _« Je ne connais pas de routine car je ne vois jamais les mêmes gens dans les villages. C'est ça que j'aime, pouvoir changer de tournée chaque semaine »_ affirme la trentenaire.
    Originaire de Guagnu, Saveria a toujours vécu au village même si pour des raisons pratiques, elle s'est installée depuis peu à Vicu. La jeune mère de famille a eu plusieurs vies avant d'intégrer La Poste. Tour à tour gérante d'un bar à Guagnu, assistante de vie scolaire au collège de Vicu, animatrice dans une maison de retraite, Saveria ne regrette pas d'avoir rejoint La Poste. _« C'est un métier qui me correspond car j'adore le contact avec les gens, c'est ma motivation. J'aime parler notamment avec les anciens dans les villages, j'apprends beaucoup avec eux car je suis sensible aux traditions et à la langue corse. En plus, pouvoir exercer un métier qu'on aime dans sa région c'est une réelle chance »_ poursuit la postière.
    Cette semaine, Saveria Angelini a en charge la tournée de Murzu, elle ira également à Soccia, Guagnu et sur la route de Muna. Dans le petit bureau de Vicu, Saveria et ses collègues s'affairent pour trier le courrier et les colis du matin. Bientôt 11h, il est temps de partir en tournée.
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    ## Lien social
    11h30\. Direction Murzu. La factrice fait un arrêt à l'entrée du village où est attablé sur sa terrasse, Antoine Nivaggioli. Le restaurateur attend impatiemment comme chaque matin son courrier. _« C'est toujours un plaisir d'échanger brièvement avec les facteurs. C'est vrai que l'on ne voit jamais les mêmes, mais on les connaît tous car majoritairement ce sont des jeunes de la microrégion »_ affirme Antoine.
    Saveria connaît tout le monde dans le canton. _« Mes parents ont tenu une épicerie et mon père distribue le Corse Matin dans la région. Plus jeune, on allait aux fêtes des villages. Ici, on se connaît tous, on a tissé des liens d'amitié avec tout le monde »_ dit la factrice.
    Pas de temps à perdre. Saveria remonte dans sa fourgonnette jaune pour continuer la distribution du courrier. La suite de la tournée se fera à pied, dans les ruelles de Murzu. Prochaine étape chez Santa. Habitante à l'année dans le canton, l'octogénaire vit seule. _« Saveria est un rayon de soleil »_ s'exclame Santa. _« Elle est gentille et sérieuse. Elle me monte le courrier à la maison car je ne peux plus trop me déplacer. C'est toujours agréable de discuter avec elle ou avec les autres facteurs. Vous savez ici nous voyons peu de monde et les hivers sont longs »_ souligne l'habitante de Murzu. Le rôle social de La Poste dans le rural est primordial. Saveria Angelini en est consciente.
    ## Avenir du métier
    Saveria finira sa tournée aux alentours des 12h30\. La journée n'est pas pour autant terminée. _« Le métier est plaisant au\-delà des rencontres que l'on peut faire. Je n'aurais jamais pu travailler derrière un bureau toute la journée. Il y a quelques inconvénients dans le métier de facteur, le temps tout d'abord avec la pluie ou la neige l'hiver. Nous travaillons aussi six jours sur sept. »_ souligne la factrice.
    > Le facteur n'apporte pas qu'une lettre ou un colis. Nous rendons aussi visite aux gens. Beaucoup se retrouvent seuls ou malades dans les villages. Nous essayons toujours de leur rendre service. Il m'est arrivé de les aider dans une tâche ménagère. Si il faut prendre le temps, nous le prenons.
    Sur tout le territoire national, le trafic du courrier diminue. En cause, internet et les nouvelles technologies. La Poste doit faire face et s'adapter. Le métier de facteur est en passe d'évoluer. _« Sur le continent, les facteurs relèvent les compteurs ou font les courses pour les gens. On risque de faire la même chose chez nous »_ poursuit Saveria.
    La jeune factrice souhaite évoluer dans le métier, peut\-être un jour troquer l'habit de facteur pour un autre poste. _« Je veux rester à La Poste et dans mon canton. J'aimerais pouvoir changer de fonction, mais quoi qu'il en soit, je veux garder contact avec la population »_ dit\-elle.
    Il est temps pour Saveria de remonter dans sa fourgonnette et rejoindre le bureau de Poste de Vicu où l'attendent ses collègues. Avant de repartir demain pour une nouvelle tournée, toujours sur les routes des Deux\-Sorru.
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    56 min
  • Les Eaux d'Orezza : du 19 au 25 septembre
    durée : 00:56:00 - Ses yeux pétillent. Marie\-Laurence Mora, PDG des Eaux d'Orezza, ne cache pas sa fierté. Assise devant le kiosque rose orangé à Rapaghju, d'où jaillit l'eau ferrugineuse, pour la plus grande curiosité des touristes, l'épouse du regretté chef d'entreprise se souvient. _« Nous nous sommes lancés avec mon mari dans un pari fou. Au départ, nous avons investi plus de 2 millions d'euros avec une exploitation provisoire ! Cela a été une aventure humaine incroyable. Je suis fière avec ma famille et mes employés d'avoir fait des Eaux d'Orezza un fleuron de la Corse »_ souligne la dirigeante.
    ## Un poumon économique pour le canton
    Propriété du Conseil Départemental de Haute\-Corse, la source de l'_Acqua Citosa_ est gérée par délégation de service public. La concession prend fin cette année. La société des Eaux d'Orezza compte aujourd'hui 28 salariés. Elle produit 12 millions de bouteilles par an pour un chiffre d'affaire de 8 millions d'euros. 90 % des ventes sont faites sur la Corse, 9 % sur le continent français ainsi qu'en Europe, et 1 % à l'international comme au Japon.
    Jean\-Louis Rossi est le directeur industriel de l'usine. Devant le balai incessant de la machine d'embouteillage et les va\-et\-vient des techniciens dans l'enceinte du bâtiment datant de Napoléon III, le responsable du site a aussi le regard fier. _« Nous sommes devenus la locomotive de la région, c'est un miracle économique ! »_ s'exclame Jean\-Louis Rossi. _« Dès le lancement de l'aventure, François\-Xavier Mora a signé un pacte moral avec les salariés. Il a voulu faire travailler prioritairement des gens de son canton, aujourd'hui, la grande majorité des salariés de l'usine est originaire des villages environnants. Cette année encore, nous avons embauché deux jeunes de la région »_ poursuit le directeur industriel.
    Des rayons des supermarchés aux tables des prestigieux restaurants étoilés, en passant par le comptoir d'un bar de village ou les couloirs de grands centres médicaux sur le continent et à l’étranger, la bouteille au bouchon bleu ciel est partout. _« Nous travaillons à flux tendu mais il y a un savoir\-faire. Nous avons investi dans des machines à la pointe de la technologie, ce qui nous permet aujourd'hui de faire face et tout se passe très bien »_ souligne le responsable de l'usine.
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    ## Nouvelle délégation de service public
    En cette belle matinée d'août où le ciel bleu azur est de la couleur des Eaux d'Orezza, les techniciens et manutentionnaires s'affairent pour charger au plus vite le semi\-remorque. Carl'Antò Guastalli est employé à l'Acqua Citosa depuis 1999, cet Orezzincu est l'un des plus anciens dans l'entreprise. _« Je travaille ici depuis le début, je suis polyvalent, c'est indispensable. Quand François\-Xavier Mora cherchait des gens du canton, je n'ai pas hésité à postuler»_ souligne le quadragénaire_._  Jean\-Jacques Rocchi est technicien, Casinchese originaire de Loretu, il travaille à Rapaghju avec son épouse. _« C'est une entreprise familiale, tout le monde se connaît, simu trà Casinchesi è Orezzinchi è dunque simu tutti parenti ! »_ s'exclame le jeune employé.
    > J'habite à Piazzole et suis à 10 minutes de chez moi, comme disait un ami à l'époque, avoir une fiche de paie à Orezza c'est quelque chose d'extraordinaire !»  Carl'Antò Guastalli, salarié.
    La nouvelle concession pour l'exploitation des Eaux d'Orezza se fait attendre. D'autres entreprises insulaires ont répondu à l'appel d'offre du Conseil Départemental de Haute\-Corse pour la nouvelle délégation de service public. Pour autant, Marie\-Laurence Mora est sereine. _« Je ne redoute pas grand\-chose, je suis déterminée à continuer l'aventure. Nous avons mis, avec les salariés, toute notre âme et notre passion et ce n'est pas terminé : nous avons d'autres projets dans les cartons avec notamment des créations d'emplois »_ affirme la PDG de la société.
    L'avenir de l'_Acqua Citosa_ sera connu probablement d'ici la fin de l'année, en attendant, l'Orezza peut continuer à pétiller en Corse et dans le monde entier.
    56 min
  • Randonnée aux Pozzi : du 12 au 18 septembre
    durée : 00:55:51 - Un matin d'été à la station du Val d'Ese. La lumière du soleil baigne déjà les montagnes. Une légère brise effleure les randonneurs qui s'apprêtent à s'élancer sur les chemins des "Pozzi". Le temps est idéal pour aller se balader. Marie Arrighi donne les dernières informations à son petit groupe de marcheurs amateurs avant le départ pour le "grand air". Un rituel pour cette professionnelle de la montagne.
    ## Faire découvrir la Corse autrement
    Après des études littéraires et une ancienne vie dans l'immobilier, Marie a décidé il y a une quinzaine d'années de faire de sa passion son métier. "J'arpente la montagne depuis l'adolescence. Mon intérêt pour la nature m'a poussée à passer le diplôme d'accompagnateur en montagne. Dès que j'ai eu l'examen, je n'ai plus fait que ça. Au départ j'ai travaillé pour des structures et puis j'ai eu envie de monter la mienne" souligne la quadragénaire.
    Aleria Randonnée, c'est le nom de sa société. Marie propose aujourd'hui, en tant qu'opérateur de voyage, des séjours à la carte basés sur la randonnée mais aussi des balades à la journée, tout au long de l'année. "Bien évidemment le GR 20 est très demandé. Cependant mon but est de faire découvrir également des endroits moins connus des touristes et aussi des locaux. Il y a tellement de choses à faire et à voir en Corse." poursuit l'accompagnatrice en montagne.
    Sur le sentier des Pozzi, le silence règne. Seul le bruit des pas des randonneurs, sur le chemin caillouteux se fait entendre. Les Pozzi ne sont pas encore en vue. Le chemin est encore long mais le paysage est déjà splendide.
    "C'est une randonnée qui se fait en 5h environ, en comptant la pause déjeuner. C'est une balade familiale. Je fais des groupes d'une douzaine de personnes par sortie. C'est pour moi le maximum. Il faut bien avoir en tête que l'on exerce un métier et que nous sommes responsables des gens. Je suis là pour leur donner du plaisir, pour leur faire découvrir la Corse. J'aime échanger et discuter avec eux, il faut que cela soit convivial pour eux comme pour moi" insiste la montagnarde.
    Marie connaît très bien le secteur du Val d'Ese. L'été, elle y vient 2 à 3 fois par semaine. L'hiver, elle propose des sorties en raquette à neige, une activité qui a connu un essort fulgurant ces dernières années. "La montagne n'est jamais la même. La routine n'existe pas. Vous ne verrez jamais les mêmes paysages l'été comme l'hiver" poursuit Marie.
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    ## Rencontre du terroir
    Malgré une légère fatigue, les pas des randonneurs se font de plus en plus pressants. Tous se languissent d'arriver aux Pozzi, à plus de 1740 mètres d'altitude. Les efforts sont vite récompensés par une première halte aux bergeries.
    Première étape chez Jean\-François Battistelli, "u pastore di i Pozzi". Marie le connaît très bien. Elle passe lui dire bonjour à chacune de ses venues. Jean\-François, c'est la figure incontournable du lieu. Cheveux blonds et barbe blanche, le berger nous acccueille dans sa cuisine autour d'une grande table en châtaigner. "Sò quì dapoi anni è anni, cunnoscu ogni petra !" s'exclame le gardien des lieux. "Pastore per noi, ùn hè micca un mistieru, ghjè una scelta di vita" affirme fièrement Jean\-François Battistelli. Il est temps de laisser le berger à ses occupations, mais nous ne partirons pas sans avoir goûté son yogourt au lait de brebis, un produit qui fait sa renommée.
    Il est temps de se remettre en route. I Pozzi ne sont plus très loin. Quelques mètres les séparent des bergeries. Marie Arrighi est très sensible aux rencontres qu'elle peut faire à longueur d'année en montagne.
    > "J'apprends beaucoup avec les bergers. Cela me permet de m'enrichir de leurs connaissances sur le lieu. J'écoute toujours ceux qui ont quelque chose à dire. À notre petit niveau, nous participons également à l'économie de la montagne. Les personnes que nous emmenons en randonnée, à la rencontre des bergers, en profitent toujours pour leur acheter un de leurs produits. Nous sommes aussi là pour ça".
    I Pozzi sont devant nous. Les yeux ébahis et le sourire aux lèvres, les clients de Marie sont arrivés à destination. La curiosité est telle que tous ne manquent pas l'instant d'aller fouler les pelouses herbeuses denses et rases, où paissent vaches et chevaux en liberté, dans ce joyaux de la montagne corse, au coeur du massif du Renosu
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    56 min
  • Alix Gauffreau, sellier-harnacheur : Du 5 au 11 septembre
    durée : 00:56:00 - Une villa à Agosta Plage, à quelques centaines de mètres de la mer. C'est dans un petit garage, transformé pour l'occasion en atelier, sous la maison familiale, qu'Alix exerce son métier. Le cheval est sa passion. Elle monte depuis l'âge de 3 ans. Cet enfant de la rive sud d'Ajaccio a toujours voulu faire de son passe\-temps son métier. Au départ, son rêve était d'intégrer la garde républicaine à cheval. Un désir qui n'a pu se concrétiser. _« J'étais trop petite de taille pour intégrer ce corps de la Gendarmerie Nationale »_ dit\-elle avec un brin de déception.
    Alix ne baisse pas les bras. Une autre idée lui vient à l'esprit : rendre service aux cavaliers et aux propriétaires d'équidés. _« Je me suis aperçue qu'il n'y avait plus de sellier\-harnacheur en Corse. Le dernier à Ajaccio a cessé son activité il y a 20 ans »_ poursuit la jeune femme.
    Ayant pris conscience d'une « place à prendre » dans ce domaine, Alix décide de partir sur le Continent pour se former. Direction Donzy, un petit village à proximité de Cluny en Bourgogne. La jeune femme y apprend toutes les techniques de la profession, avec un sellier\-harnacheur expérimenté, durant 2 ans en formation continue. _« L'examen portait sur la fabrication à la main et il fallait avoir quelques connaissances équines de base »_ argumente l'artisan.
    Son CAP en poche, Alix Gauffreau est de retour en Corse et décide de s'installer chez elle, à Albitreccia. Elle y trouve l'aide de ses parents. _« Ils m'ont toujours soutenue dans mes projets. Mon père m'a laissé le garage, on a bricolé pour faire mon atelier avec du matériel de récupération, une vieille cuisine a fait l'affaire »_ se souvient la jeune femme. L'entreprise est créée. Elle prend le nom d'Atelier Atletico. _« C'est le nom de mon cheval »_ dit Alix amusée.
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    ## Qui veut voyager loin, ménage sa monture
    Aujourd'hui, Alix est la seule diplômée en Corse à exercer le métier de sellier\-harnacheur. Elle commence à avoir sa clientèle. Des particuliers de toute la Corse l'appellent.      _« C'est un métier qui fonctionne beaucoup grâce au bouche à oreille. Le monde équestre insulaire est un microcosme. Je travaille beaucoup avec les particuliers et les écuries de propriétaire. En revanche très peu avec les centres équestres car cela a un coût pour eux »_ affirme la jeune femme.
    Alix se déplace également chez ses clients mais aussi dans les foires. Elle a sillonné cet été les plus grandes foires agricoles de l'île _« Une occasion pour rencontrer ma clientèle et faire découvrir mon activité»_ souligne\-t\-elle.
    > _« Il y a souvent un caractère urgent dans les commandes. Je travaille uniquement à la main dans la plus pure tradition de la sellerie française, c'est un métier qui demande souvent du temps et de la patience. C'est très physique mais on prend vite l'habitude. D'ailleurs aujourd'hui sur le Continent, il y a de plus en plus de femmes qui exercent ce métier»_ .
    Selles, licols, bridons de randonnée, autant de petites ou grosses réparations qui rythment le quotidien de la jeune femme.
    Alix Gauffreau est aussi une créatrice et propose des produits pour les hommes et les femmes. Sur les foires, en commande, elle fabrique et créée ceinture, ceinturon, porte\-carte, sous\-main, étui couteau en cuir. _« Ça me permet de me diversifier. Je suis quelque part une artiste, les fabrications viennent de mon esprit ou de celui du client »_ poursuit le jeune sellier\-harnacheur.
    Cet automne, Alix franchira à nouveau la Méditerranée pour continuer à se former durant plusieurs mois. Pendant ce temps, son papa, celui qui lui a mis le pied à l'étrier, tiendra boutique. Avant de se remettre en selle pour satisfaire de nouveaux cavaliers insulaires.
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