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In Vivo France Bleu RCFM episodes

  • In Vivo
    durée : 00:56:00 - Un rituel pour Lucien Luciani. Le président du Club Ajaccien des Amateurs d’Astronomie emprunte comme chaque vendredi soir, aux alentours de 20h, l’escalier qui mène à la plateforme d’observation du centre scientifique de Vignola. Dans moins d’une heure, le président et son équipe accueilleront quelques dizaines de personnes désireuses de découvrir l’astronomie. Comme un réflexe, Lucien lève les yeux vers le ciel nocturne passagèrement voilé _« Ce soir, nous pouvons apercevoir Orion, le Grand Chien, le Petit Chien, les Gémeaux, le Taureau, je pense que cela va plaire aux visiteurs »_ se réjouit d’avance le président. Ce club, Lucien Luciani l’a vu naître. _« Un jour, Monsieur Poggi, un des créateurs du club en 1986 est venu dans mon magasin sur le cours Napoléon, et au hasard d’une discussion, m’a dit qu’il était passionné d’astronomie et qu’il avait créé un club avec des amis. Sans hésiter, j’ai sauté sur l’occasion et je les ai rejoints dans l’aventure, nous étions 5 au départ »._
    ## Des réunions publiques aux bancs des écoles
    Lucien Luciani finit d’installer le télescope qui servira dans les minutes qui viennent au public pour observer le ciel du soir. Le public se presse à l’entrée du centre, prend place pour écouter les membres du club dans leurs différents exposés. En maître de cérémonie, Lucien Luciani ouvre la soirée devant un public impatient. Auprès de lui, les membres du club qui viendront tour à tour prendre la parole et parler pour la plupart de leur spécialité. Parmi eux, Jean\-Pierre Roux. Cet ancien ingénieur du Centre National d’Etudes Spatiales guyanais durant 20 ans a participé aux lancements de la plupart des fusées Ariane, il a rejoint le club d’astronomie il y a plusieurs années et en est devenu, au fil du temps, l’une des chevilles ouvrières. _« J’ai rajouté mes compétences à celles de mes amis astronomes, il m’ont appris l’astronomie car j’étais plus sur la physique que sur l’astrophysique. Nous formons un pool de compétence tel qu’on arrive à intéresser les gens qui poussent les portes du centre par simple curiosité et sans connaître l’astronomie »_ se félicite l’ancien ingénieur.
    À ses côtés un autre ancien ingénieur, Paul Dedieu, lui aussi fait partie des forces vives du club d’astronomie. Ce spécialiste des « trous noirs » participe aux différentes activités du club hors les murs _« Nous intervenons dans les écoles primaires et au lycée Laetitia à Ajaccio. Nous essayons ici au centre ou en participant à diverses manifestations, d’être au plus près de la vérité car nous avons la concurrence des médias avec des chaînes de télévision qui proposent de très bons programmes sur l’astronomie. L’intérêt de ces soirées que nous organisons le vendredi à Vignola c’est qu’elles sont ouvertes au grand public, on accueille tout le monde et nous sommes là pour faire admirer le ciel »._
    ## Un public de tous âges
    Tout au long de la soirée, durant près de deux heures, c’est un public très attentif qui écoute les bénévoles du club. Après les différents exposés et les questions du public, les spectateurs ont le privilège d’observer le ciel au télescope pour le plus grand émerveillement des plus petits. _« Le ciel impressionne, il intrigue, il fait peur aussi mais en même temps il émerveille. Avec nos modestes connaissances, nous ouvrons une fenêtre sur ce monde inconnu. Je crois que les gens sont reconnaissants quand on les fait voyager dans cette immensité, à travers le mystère et la beauté du ciel »_ conclut Lucien Luciani.
    Cette nuit\-là et comme chaque vendredi, peu avant minuit, les spectateurs, enfants et adultes repartiront chez eux plus savants et des étoiles plein la tête et les yeux. Avec déjà l’impatience de se retrouver dès la semaine prochaine pour d’autres aventures dans le ciel ajaccien.
    56 min
  • U carnavale di Brandu : du 13 au 19 mars
    durée : 00:55:02 - Un rituel, une tradition qui dépasse aujourd’hui les frontières du Cap Corse. En ce samedi de février le soleil est au rendez\-vous, tout comme les spectateurs, massés sur la place du village du petit hameau d_’U Puretu_, qui attendent impatiemment le départ du cortège. Ils sont tous là, petits et grands, originaires du village et de la région bastiaise. _« Nous ne manquons pas chaque année l’évènement, nous venons en famille de Bastia, c’est une belle fête pour les enfants et cela permet de remettre au goût du jour nos traditions »_ s’exclame un spectateur.
    Un succès que l’on doit à l’associu di u Carnavale di Brandu, sa présidente Valérie Casalta ne peut que se réjouir de l’engouement pour ce rendez\-vous désormais incontournable _« Nous avons remarqué que les gens sont attachés aux traditions, beaucoup de personnes du village participent chaque année au carnaval, soit en se déguisant ou en nous prêtant main\-forte, c’est devenu une fête populaire au\-delà du village »._
    ## Tradition ancestrale
    Fête païenne qui célèbre la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps, la tradition du carnaval est présente dans de nombreux pays du bassin méditerranéen et était vivace jadis en Corse. _« Sur l’île, il se faisait dans de nombreux villages et villes, une fête païenne qui ne plaisait pas aux pouvoirs religieux et politiques. Ici, à Brandu, le carnaval s’est fait jusque dans les années 50 »_ souligne Jean\-Yves Casalta, membre de _l’associu di u Carnavale di Brandu._ Afin de remettre au goût du jour la tradition, les membres de l’association ont fait un travail de recherche important. _« Nous nous sommes appuyés sur des documents, nous avons remarqué des ressemblances entre le carnaval tel qu’il était fait en Corse avec des fêtes dans d’autres régions, par exemple en Sardaigne, en Occitanie ou dans d’autres régions d’Europe »_ poursuit Valérie Casalta.
    À quelques minutes du départ du cortège, et à l’abri des regards, les acteurs du carnaval finissent de s’habiller. Enfants et adultes enfilent leur costume et leur masque en liège ou en courge, le but : ne pas être reconnus. _« C’est un jeu, l’objectif est de taquiner les spectateurs sans être démasqué, nous les embêtons gentiment, nous les faisons rire ou peur parfois »_ souligne François, carnavalier et habitant du village.
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    Nombreux personnages
    Les cloches de l’église retentissent, il est 15h. Sous les objectifs et les yeux émerveillés des enfants, le cortège festif aux sons des violons part de la petite église d’_U Puretu_, c’est parti pour un défilé qui mènera le carnaval dans les ruelles du hameau. Dans le cortège, une soixantaine d’ « acteurs » prêts à amuser les nombreux spectateurs avec des personnages emblématiques _u pellicciaru,_ celui qui lance la farine sur les gens, symbole de fertilité, le maire, _u prete vinaccia, u duttore ficcanasu, l’orchi_, moitié\-hommes, moitié animaux, _a sposa_ et bien sûr _u rè Rampuffu. « Chaque année, le roi représente une personnalité en lien avec l’actualité qui a fait parler de lui négativement, cette année nous avons choisi d’illustrer le roi par Donald Trump »_ souligne Valérie Casalta.
    Après le défilé dans le village, le cortège est de retour sur la place de l’église d’_U Puretu_, c’est l’heure du mariage de _Rampuffu._ S’en suivra le bal, et à la tombée de la nuit _a sentenza_ avec la traditionnelle mise au feu du roi, accompagnée en chanson par les villageois.
    Une tradition à nouveau respectée avec ferveur dans le petit hameau capcorsin d’_U Puretu._ Et déjà, une impatience de se retrouver l’année prochaine. _« À ùn antr’annu, à un’antr’annu o Carnavà »._
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    56 min
  • Station d'épuration de Campu dell'Oru : du 6 au 12 mars
    durée : 00:56:00 - Une usine orangée sur la route de Bastia, à quelques mètres de l'aéroport d'Ajaccio Napoléon Bonaparte. C'est ici qu'est implantée la station d'épuration de Campo dell'Oro. Une structure moderne qui vient soulager depuis fin 2011 la station des Sanguinaires. _« Cette STEP a été construite sur le mode de la conception\-réalisation, cela veut dire que c'est l'entreprise attributaire du marché qui a fait à la fois la conception et la réalisation des travaux. Nous avons eu de fortes contraintes car nous sommes situés à proximité de l'aéroport, dans les servitudes aériennes, le phasage du chantier a été assez compliqué »_ précise Michèle Orlandi, directrice générale adjointe du pôle technique à la CAPA.
    Construite pour une population de 40 000 personnes et extensible à 65 000, la station d'épuration reçoit à ce jour la pollution des quartiers Est de la ville d'Ajaccio, du port Charles Ornano aux Salines, en passant par les quartiers Saint Jean, des Cannes, Saint Joseph et le Vazzio.
    ## Fonctionnement 24/24 et 7/7
    Nicolas Champoussin est responsable d'exploitation pour l'assainissement chez Kyrnolia. Il s'occupe avec une vingtaine de personnes des deux stations d'épuration de la ville, des réseaux et des postes de relevage sur la CAPA, particulièrement sur la commune d'Ajaccio.
    > _Notre travail ici est de recevoir les eaux usées de la ville, de les traiter c'est\-à\-dire d'enlever la pollution pour rejeter au milieu naturel une eau qui va être épurée, pas propre, pas potable, mais qui répond à des caractéristiques, à des normes fixées par l'Union Européenne._
    Des normes fixées par un cahier des charges qui a été déposé par la police de l'eau avec un arrêté préfectoral. _« Nous avons à l'entrée et à la sortie de l'usine des préleveurs qui nous permettent de faire des contrôles, ces derniers sont effectués 52 fois dans l'année »_ poursuit Nicolas Champoussin.
    À l'entrée de la station nous retrouvons des eaux usées provenant des différents réseaux de la ville, des eaux brutes chargées en divers détritus : feuilles, pierres, bouts de bois, papiers et de la pollution dissoute qui vient de nos WC et douches. _« La STEP est exploitée par six personnes à l'année qui travaillent en semaine, mais la station reçoit des eaux usées tout le temps. Toutes nos machines sont dédoublées, si une machine tombe en panne, le traitement lui continue d'être performant »._
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    ## Poursuite du maillage du territoire
    Nicolas Champoussin tient à mettre en garde les usagers et rappeler quelques bonnes règles _« dans les égouts et les eaux usées, certaines choses n'ont rien à y faire. Par exemple, on ne jette pas de l'huile de vidange, des lingettes, des serviettes hygiéniques, des coton\-tiges dans les toilettes. Le risque est de voir s'accumuler ces déchets dans les postes de relevage et dans les tuyaux. Si cela vient à se boucher, les agents sont obligés d'intervenir avec des moyens lourds et sont de ce fait exposés à des dangers, et cela peut provoquer des désagréments pour la population »._
    La station d’épuration de Campo dell'Oro permettra de disposer d’une capacité suffisante pour assainir de nouveaux secteurs de la CAPA d'ici 2020\. _« Des travaux sont en cours sur Baleone, ce sera le cas plus tard le long de la route territoriale 20 sur les plaines de Peri, Sarrola\-Carcopino et Cuttoli. Ce triangle de Baleone permettra d'accueillir les effluents des maisons qui sont situées le long de la RD 81, en direction de Cargese, nous devons assurer l'assainissement de cette route jusqu'au col du Listincone. Le maillage du territoire sera assuré sur ces trois grands axes d'ici 3 ans »_ précise Michèle Orlandi.
    La station d'épuration de Campo dell'Oro, un ouvrage tourné vers l’avenir en intégrant les perspectives de développement du territoire ajaccien.
    56 min
  • Au restaurant d'application : du 27 février au 5 mars
    durée : 00:55:37 - Un soir comme les autres au restaurant d'application de Montesoru. Les élèves de l'école hôtelière sont sur le pont pour accueillir dans les meilleures conditions la fidèle clientèle bastiaise. _« Nous venons ici très régulièrement entre amies, nous ne manquons pas les soirées à thème, nous passons toujours de très bons moments ! »_ s'exclame Jeanine, une habituée des lieux.
    Au lycée Fred Scamaroni, ils étaient l'année dernière 280 à avoir choisi la filière hôtellerie\-restauration et à venir mettre à profit leurs acquis au restaurant d'application de la cité technique de Montesoru. Leur objectif : devenir cuisinier, chef, commis, barman ou encore serveur. Gilles Rousier est le chef de travaux, autrement dit le responsable de l'école hôtelière. C'est lui encadre les enseignants en cuisine, dans le restaurant et dirige les élèves _« Ici, au restaurant d'application, toutes les formations du lycée sont représentées, cela va du CAP au BTS, la structure permet aux élèves de mettre en application les techniques enseignées tout au long de la semaine »_ souligne le responsable.
    ## Comme dans un vrai restaurant
    Ici, tout est fait pour que le client se sente comme dans un vrai établissement de restauration. Une quarantaine de couverts sont servis quasi quotidiennement. Il y a le service du petit déjeuner, deux services à midi \- une brasserie de la mi\-journée uniquement réservée aux enseignants de la cité technique \- et le traditionnel service du soir, sur réservation, avec ses soirées thématiques organisées régulièrement _« Sous l’œil bienveillant de leurs enseignants, une vingtaine d'élèves travaillent en cuisine, autant en salle. Même si ils sont en apprentissage, les jeunes ont tout à fait conscience qu'ils sont ici pour travailler, ils sont d'ailleurs notés sur leurs travaux pratiques »_ précise Gilles Rousier.
    Côté théorie, les enseignements sont divers et variés, les élèves retrouvent sur les bancs du lycée les même enseignants qui les suivent tout au long de l'année au restaurant d'application. Des cours sur l’œnologie, la technique culinaire, les produits identitaires, les sciences appliquées, l'hygiène ou encore des cours de langues étrangères comme l'anglais, l'espagnol, l'italien et le corse. Ensuite, les élèves iront se former dans les établissements de restauration partenaires de la cité technique afin de continuer à apprendre le métier en entreprise.
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    ## Taux de réussite encourageant
    Structure de l'éducation nationale, les enseignants de l'école hôtelière sont tous issus de la profession. Même si on déjeune ou on dîne comme dans un vrai restaurant, ici, on ne parle pas d'argent _« le restaurant d'application n'a pas un objectif de rentabilité. L'argent des repas sert tout juste à couvrir la marchandise notamment »_ souligne Gilles Rousier.
    Le chef de travaux tient également à rappeler quelques règles _« Le restaurant d'application est avant tout une classe, c'est pourquoi nous demandons à notre clientèle d'être ponctuelle. L'établissement ouvre ses portes à 19h30 et ferme à 22h. Nous sommes tenus de respecter ses horaires car les jeunes qui finissent leur service à 22h, ont cours le lendemain matin à 8h. C'est pour le bien des étudiants que nous devons être à cheval sur les horaires. Aussi, nous demandons à nos clients de réserver obligatoirement avant leur venue pour des raison d'organisation»._
    Le chef de travaux peut être fier. Dans la filière hôtellerie\-restauration, la cité technique de Montesoru avoisine chaque année aux examens 95% de réussite au BTS, 85% au bac technologique et jusqu'à 90 % au CAP. Le restaurant d'application de Montesoru, un bel exemple de réussite qui mise sur l'avenir, à la recherche des professionnels et talents insulaires de l'hôtellerie\-restauration de demain.
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    56 min
  • Jean-Paul Costa, coiffeur et roi de la macagna : du 20 au 26 février
    durée : 00:56:00 - Mardi matin, 9h dans le petit salon de Jean\-Paul Costa. Le téléphone n'arrête pas de sonner, début de semaine oblige. _« Allo ? Oui comment vas\-tu ? Oui, j'imagine bien que tu ne m'appelles pas pour me commander une calzone ! »_
    Jean\-Paul Costa fait partie de ces gens attachants, ces personnages qu'on adore et qui sont gravés dans la mémoire d'une ville ou d'un village. Coiffeur depuis 45 ans, originaire de Zigliara et d'Alzilone, ce sexagénaire est installé depuis 1979 rue Bonaparte à Ajaccio. Quand on lui parle d_'u carrughju drittu_, ses yeux se remplissent de nostalgie : _« j'ai vu changer la rue, ce n'est plus celle des années 80, avant c'était un village, il y avait plus de convivialité, de commerces de proximité, et surtout on parlait corse. Aujourd'hui c'est catastrophique, hormis l'été avec les touristes et la Maison Bonaparte, ici l'hiver c'est désert »_ souligne avec amertume l'artisan.
    ## L'art de la macagna
    Battì vient chez Jean\-Paul depuis 25 ans _« c'est devenu un ami, on passe toujours un moment agréable ici, en plus on se connaît pratiquement tous entre habitués du salon. Jean\-Paul a toujours quelques histoires à nous raconter. Quand on vient ici, on est obligé de rire, on plaisante, on parle de tout, de sport comme de politique »_ souligne le client.
    Il faut dire que dans le salon de Jean\-Paul Costa, _a macagna_ et _a flacchina_ ont toujours eu une place de choix. Le coiffeur est considéré comme l'un des derniers piliers de la _macagna_ ajaccienne « ici, on en a fait tant et plus de _scherzi_, on pourrait écrire un livre ! » s'exclame Jean\-Paul. _« La macagna est un art, il faut savoir rester correct et ne pas franchir une certaine limite. Il faut savoir en faire mais il faut également être prêt à d'éventuelles représailles, ça fait partie du jeu »._
    Jean\-Paul Costa ne compte plus les _macagne_ _« il y en a une bonne trentaine qui sont restées mythiques. Je me souviens d'un ami avocat qui, rentrant de vacances, était revenu avec un coup de soleil sur le crâne. Il est rentré furieux dans le salon et a commencé à faire un scandale devant les clients interloqués en disant qu’il avait perdu ses cheveux à cause moi, après un shampoing. Devant ce spectacle, les clients stupéfaits et très inquiets qui attendaient leur tour, sont sortis un à un du salon et bien sûr ne sont jamais plus revenus ici»._
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    ## La politique s'invite chez le coiffeur
    Comme beaucoup de salons de coiffure, celui de Jean\-Paul Costa ne déroge pas à la règle, ici on parle de tout notamment de politique.
    > _En période électorale, on passe toujours des moments particuliers, le salon de coiffure est une oreille, vous n'avez pas besoin de commander de sondages. D'ailleurs, lors des dernières élections municipales d'Ajaccio, on a eu tout bon sur le résultat !_
    Il y a plusieurs années, Jean\-Paul a eu son heure de gloire, quand ses amis ont eu la bonne idée – sans le prévenir, _macagna_ oblige – de l'inscrire aux élections municipales _« Ils avaient décoré la vitrine du salon pour la campagne électorale avec des banderoles, et avaient créé un slogan : Ne coupons pas les cheveux en 4, ne soyez pas de mèche, votez Jean\-Paul Costa. Le téléphone n'a fait que sonner durant plusieurs jours, je ne vous cache pas qu'à la fin j'ai craqué ! »._
    Entre _macagne_ et nostalgie, Jean\-Paul Costa revient à ce qui le préoccupe, l'avenir du salon _« j'ai encore quelques années devant moi avant la retraite, je compte bien la prendre afin de m'occuper de ma fille, de ma maison au village et faire des voyages en famille. Je ne sais pas ce qui il y aura après moi, l'avenir nous le dira peut\-être »._
    D'ici là, la _flacchina_ ajaccienne a encore de bons jours devant elle, et les _macagneurs_ n'ont qu'à bien se tenir _« ici, la macagna arrive quand on ne s’y attend pas »_ conclue le coiffeur. Avis aux amateurs !
    56 min
  • Bertrand Filhol, coutelier à Evisa : du 13 au 19 février
    durée : 00:55:50 - Une petite maison isolée, en pierre, à deux kilomètres du centre du village d'Evisa. Une vue imprenable sur les montagnes revêtues pour l'occasion de leurs plus belles couleurs hivernales. C'est ici que s'est installé depuis quelques années Bertrand Filhol. Comme chaque matin, le jeune coutelier\-forgeron démarre sa journée en allumant la forge à charbon _« Le traditionnel rituel, il faut maintenant attendre que ça chauffe »._
    Bertrand a passé son enfance, entre Marseille et la Corse, un pur produit de la microrégion qui a été formé à la coutellerie de Piana, à une quarantaine de kilomètres d'Evisa. _« Je suis resté une dizaine d'années chez Kevin Muzikar, c'est mon oncle, c'est lui qui m'a formé. Cela a été pour moi une magnifique expérience. J'ai commencé chez lui en tant qu'apprenti, j'ai fini par être son associé »_ poursuit le jeune coutelier.
    Kevin Muzikar lui a tout appris, le travail du métal, de la corne et du bois sans oublier la technique du damas _« elle consiste à prendre plusieurs aciers, on les soude entre eux à la forge en tapant dessus, on étire, on replie et on ressoude à cinq reprises comme un mille\-feuille. Cela permet d'obtenir des motifs dans la lame et aussi d'augmenter la qualité »._
    ## Du Curnicciolu au couteau en wootz
    Bertrand Filhol travaille beaucoup avec des matériaux de récupération. _« De tout temps, les forgerons ont recyclé car produire de l'acier a toujours été difficile. Je recycle des limes ou des spirales d'amortisseurs de voitures, je le dis à mes clients qui sont parfois surpris »_ souligne le jeune artisan. Bertrand confectionne plusieurs styles de couteaux _« je ne refais jamais le même, chacun est donc une pièce unique»._ Dans sa gamme, on peut retrouver le couteau de berger, u curnicciolu, le couteau de chasse en wootz _« c'est l'ancêtre du damas, on fait fusionner plusieurs aciers dans un creuset. Je fais aussi pas mal de bas\-fourneaux, je pars directement du minerai pour obtenir au final une lame, c'est un vrai travail de forgeron et c'est très plaisant »._
    > Mes couteaux sont garantis à vie, je veux qu'ils soient solides et qu'ils soient de bons compagnons. Le meilleur moyen d'entretenir un couteau c'est de l'utiliser régulièrement.
    Le jeune coutelier peut compter sur une clientèle fidèle et éclectique, composée de bergers, de chasseurs ou encore de collectionneurs. L'artisan fixe le prix de chacune de ses créations en fonction du temps passé et de la difficulté technique _« le damas, le wootz et le bas\-fourneaux sont des techniques qui peuvent faire grimper le prix d'un couteau »_
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    ## Evisa chevillé au cœur
    Après une dizaine d'années passées à Piana, le jeune homme a voulu voler de ses propres ailes en ouvrant son atelier. Une belle opportunité s'est offerte à lui à Evisa. _« Le maire a su que je cherchais à m'installer dans la microrégion, il a sauté sur l'occasion et m'a proposé de m'installer sur sa commune, il me fallait une petite maison isolée pas trop loin du village pour ne pas trop déranger les habitants. C'est lui qui m'a trouvé cette petite maison en location, il est content d'accueillir un nouvel artisan dans son village et moi je suis heureux de pouvoir travailler ici »_ confie Bertrand.
    Le jeune coutelier\-forgeron est installé avec sa compagne, elle\-même artisan, _« elle est potière, son atelier est juste à côté du mien, en ce moment elle s'occupe de notre petite fille, née il y a quelques mois »._
    Le souhait de Bertrand Filhol : poursuivre sur ce bon chemin _« ça n'a pas été facile au départ mais à présent je commence à pouvoir en vivre. Je veux continuer à proposer des pièces uniques, fabriquées à la main, dans la plus pure tradition du couteau corse, sans pour autant trop développer ma gamme. J'aimerais faire encore plus de bas\-fourneaux et des pièces d’exception avec toujours autant de plaisir»._ Bertrand Filhol, un artisan passionné qui ne demande qu'à vivre de sa passion, dans les montagnes paisibles des Deux\-Sevi.
    56 min
  • Corse Composites Aéronautiques : du 6 au 12 février
    durée : 00:55:00 - Jean\-Yves Leccia peut être fier du chemin accompli mais le directeur général de Corse Composites Aéronautiques garde la tête froide. _« Nous avons eu des phases difficiles après 10 ans d'existence où nous avons bien failli disparaître car nous étions mal positionnés sur le marché. Puis on a pris un virage stratégique au lancement de l'Airbus 380, nous avons identifié que la production pure n'était plus rentable dans les pays développés, nous avons choisi d'axer nos efforts sur notre partie bureau d'étude et développement, de manière à offrir à des clients prestigieux comme Airbus, la capacité de développer des sous\-ensembles complexes en matériaux composites »_ souligne le dirigeant.
    Corse Composites Aéronautiques compte aujourd'hui 200 salariés sur son site du Vaziu à Ajaccio, un tiers de l'effectif travaille sur la production, deux tiers sur la partie support\-développement constituée en grande partie d'ingénieurs. À ces 200 salariés, il faut rajouter les partenaires locaux de CCA, constitués dans le pôle des industries aéronautiques corses, et l'usine de production située en Tunisie employant près de 100 personnes.
    ## Préparer l'avenir
    Aujourd'hui, Corse Composites Aéronautiques produit et développe trois familles de produits dans lesquels l'entreprise est reconnue pour son savoir\-faire, parmi lesquelles les trappes de train d’atterrissage avant, les éléments de voilures ou de fuselage appelés « Karmans / Fairings » ou encore les pièces de révolution de type « barrels » pour les nacelles moteurs. _« Pour développer ces ensembles, nous allons faire travailler notre bureau d'étude qui va concevoir, dessiner, tester puis certifier nos pièces, et ensuite nous les produisons en série. Il y a quelques années, nous avions 25 concurrents en France, aujourd'hui, nous n'en avons plus qu'un, les autres se trouvent dans le monde entier»_ poursuit Jean\-Yves Leccia.
    L'entreprise est positionnée juste derrière les grands donneurs d'ordre que sont Airbus ou Dassault, et est un partenaire privilégié lorsque les constructeurs lancent de nouveaux programmes européens.
    > Les programmes que nous développons sont relativement longs, cela peut prendre jusqu'à 4 ans, et la montée en puissance des livraisons d'avions dure 3 ans. Il peut se passer entre 5 et 7 années entre le moment où l'on va être retenu sur un programme et celui où l'on va livrer les avions.
    Un investissement important pour la société qui finance près de 10 millions d'euros sur ses fonds propres. _« Nous sommes notamment aidés par l'ADEC pour ces investissements. Si un programme vient à ne pas tenir ses objectifs ou si un donneur d'ordre ne livre pas comme prévu autant d'avions qu'il aurait souhaité, on peut ne pas totalement amortir la totalité de nos développements, c'est un risque. À l'inverse, c'est un positionnement qui est très enviable »_ affirme le directeur.
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    ## À l'assaut du continent nord\-américain
    Pas de quoi s'endormir sur ses lauriers, même si l'entreprise bénéficie aujourd'hui des investissements en terme de positionnement d'il y a une quinzaine d'années. _« Nous sommes aujourd'hui en train de préparer les années futures. Nous ne sommes pas dans une situation critique mais pour ne pas l'être demain il faut trouver le bon positionnement. Nous axons notre priorité sur le continent nord\-américain, nous allons taper à la porte de gros donneurs d'ordre comme Boeing. Nous continuons à mettre toute notre énergie en développant notre secteur Recherche et Technologie »._ Corse Composites Aéronautiques, une entreprise résolument tournée vers l'avenir.
    55 min
  • Marc Memmi, vétérinaire de campagne : du 30 janvier au 5 février
    durée : 00:55:02 - 9h à Ponte Leccia, la clinique vétérinaire de Marc Memmi accueille déjà sa première patiente de la journée : une chatte qui va être stérilisée : _« La saison des amours approche ! C'est une opération que nous faisons régulièrement entre octobre et avril, ce qui représente une centaine de stérilisations. L'opération consiste à enlever l'ovaire, c'est très rapide, cela me prend une dizaine de minutes, je conseille fortement à mes clients la stérilisation, qui évite de nombreux problèmes »._
    Sa passion pour les animaux ? Marc a découvert sa vocation tout jeune. Le quinquagénaire est aussi exploitant agricole, entre Tralonca et Corte, sa ville d'origine : _« J'ai été pratiquement élevé au milieu des bêtes, mes oncles étaient bergers, j'ai repris l'exploitation familiale avec mon épouse, nous avons des chèvres et nous vendons notre lait à une entreprise bastiaise qui confectionne du fromage. Si je n'avais pas été vétérinaire, j'aurais été berger à plein temps »._
    ## Métier de terrain
    La journée de Marc Memmi débute très tôt, sur son exploitation agricole au\-dessus de Corte où il se rend chaque matin avant d'ouvrir sa clinique vétérinaire de Ponte Leccia : _« Le rythme est soutenu mais c'est un métier plaisant. Ce qui me plaît le plus c'est d'aller sur le terrain, à la rencontre des bergers et agriculteurs, je ne pourrais pas rester dans mon cabinet toute la journée à ne m'occuper que de chiens et de chats »._
    Après avoir accueilli ses premiers patients de la matinée à Ponte Leccia, Marc Memmi enfile ses vêtements de travail et monte à bord de son 4X4, direction la commune d'U Salgetu, à une dizaine de kilomètres de la clinique, où l'attend Antoine Saliceti, un exploitant agricole : _« Une fois par an, je me rends chez Antoine pour le contrôle obligatoire de ses chèvres contre la brucellose, ce que l'on appelle également la fièvre de Malte. Je réalise ce contrôle en faisant des prises de sang sur une partie de ses chèvres et nous les envoyons ensuite à un laboratoire pour analyse»._
    La chèvre, un animal qui passionne Marc Memmi depuis toujours : _« J'ai des chèvres et j'en ai fait ma spécialisation. J'interviens bien entendu sur d'autres animaux comme les vaches ou les chevaux, en revanche rarement sur les nouveaux animaux de compagnie, les « N.A.C. »_ sont moins nombreux ici dans le rural qu'en ville »
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    ## Métier d'avenir
    Marc Memmi peut compter depuis quelques temps sur le renfort de Giulia, la jeune femme vient d'Italie pour prêter main\-forte au vétérinaire : _« Dans le rural, nous devons être spécialisés dans les ovins et caprins, c'est primordial. Malheureusement, en France, les jeunes vétérinaires se désintéressent de cette spécialisation, ils préfèrent soigner uniquement les animaux de compagnie, cela devient un réel problème pour l'avenir. Sur le Continent, les vétérinaires spécialisés dans les vaches et chèvres viennent de Belgique pour pallier le manque. L'année dernière, j'en avais un du Val d'Aoste, cette année c'est Giulia qui est avec nous »._
    En France, les écoles de vétérinaire sont nombreuses : Toulouse, Nantes ou encore Maisons\-Alfort, la profession connaît un certain succès. _« Les écoles se valent toutes aujourd'hui. Les jeunes, surtout les filles sont de plus en plus intéressés par le métier, le concours national n'est pas facile, vous ne pouvez le passer que deux fois, ensuite, il faut s'installer, ce n'est pas évident non plus »_ souligne le Cortenais. Le Centre\-Corse compte 4 vétérinaires, un besoin qui se fait sentir : _« Notre secteur est constitué de nombreux bergers, nous avons de quoi nous répartir la clientèle, sans compter les animaux de compagnie. Pour autant, je pense que nous sommes arrivés à une certaine limite d'un point de vue économique._
    > Vous savez, pour gagner réellement votre vie, il vaut mieux s'installer dans les grandes villes qu'en campagne.
    Pas le temps de trop s'étendre sur le sujet. Marc Memmi quitte l'exploitation agricole d'U Salgetu pour retourner à Ponte Leccia, le temps d'enlever ses bottes, son vêtement de travail et de remonter dans son 4X4\. Les patients n'attendent pas.
    56 min
  • Fromagerie Xavier Baldovini : du 23 au 29 janvier
    durée : 00:55:47 - U Pitrosu, le hameau de Salastracu dans le canton de Vezzani. C'est ici, au bord de la rivière de Tagnone, que vivent et travaillent Xavier Baldovini et son épouse Martine. Né à quelques kilomètres d'ici, à Vezzani, Xavier a fondé de ses propres mains sa fromagerie à la fin des années 90\. Ancien berger durant 20 ans avec son épouse originaire de Belgique, le fromager a débuté le pastoralisme avec son frère à l'âge de 17 ans, un métier transmis de génération en génération. _« Mon père et mes oncles étaient bergers, mon père faisait les tribbiere à l'époque à pied, de Vezzani à Sotta. C'est tout naturellement qu'avec mon frère Jean, nous avons pris ce chemin. Après 20 ans dans le pastoralisme, j'ai décidé de quitter le métier de berger, pas assez rentable pour ma femme et moi »_ souligne le fromager.
    ## Du lait de brebis 100 % corse
    Xavier décide avec sa femme de monter sa propre fromagerie aux normes européennes, une structure d'environ 500m². Il travaille aujourd'hui avec sept bergers de la région qui lui vendent leur lait de brebis. _« Nous sommes basés sur du lait cru, la traçabilité doit être irréprochable, c'est notre cheval de bataille »._ Xavier Baldovini a une fierté : proposer à ses clients du fromage avec du lait 100 % corse.
    > Le lait corse est payé à la qualité, on paye la matière grasse, la protéine, la flore totale afin que le lait arrive dans notre fromagerie 100% naturel. Nous avons une entière confiance en nos berger qui sont devenus des amis, ils font partie intégrante de notre entreprise et nous les aidons du mieux que l'on peut. Il faut que tout le monde y trouve son compte. Nous travaillons avec des jeunes, d'autres le sont moins. C'est une profession qu'il faut aider, je crois en l'avenir du métier
    Le lait cru est traité tous les jours. 200 000 litres de matière première brute franchissent chaque année les portes de la fromagerie Baldovini, pour une production de 40 tonnes de fromages : _« Ce n'est pas énorme par rapport à d'autres structures mais on s'en contente »_ confie le fromager.
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    ## Priorité à l'export
    8h du matin. Xavier Baldovini fait le tour de la structure où s'activent depuis quelques heures ses trois salariés : _« quand on fait du fromage, il faut une certaine température, entre 20 et 25°C pour faciliter l'égouttage, au préalable nous avons chauffé le lait à 32°C, nous y avons mis des ferments sans oublier quelques secrets de fabrication. L'emprésurage se fait une demi\-heure après avoir inclus les ferments. Près d'une heure plus tard, nous allons commencer à casser le caillé. Mais c'est l’œil et le nez qui vont déterminer ensuite le fromage »._
    Le secret de Xavier Baldovini ? Assurément la passion : « nous vivons fromage du matin au soir, on le redécouvre tous les jours » confie l'artisan. _« La matière doit se travailler très vite, c'est une matière qui est humble, humide, souple, si on attend trop, les ferments vont tirer dessus et on va avoir des pâtes sèches déshydratées et granuleuses »._
    Avec ses 40 tonnes de fromages produits, la fromagerie Baldovini propose une gamme très variée : P’tit Baldo, tomette, petit brebis, brocciu, brocciu passu ou encore pâte forte, des fromages vendus en très grande partie à l'export, par choix confie le fromager. « _Nous sommes en train de nous retirer progressivement des hypermarchés en Corse car nous sommes inondés par la production locale, nous sommes trop nombreux dans les grandes surfaces et nous devenons quasi invisibles notamment en période estivale. Nous privilégions aujourd'hui l'export, nous vendons nos fromages dans de nombreuses villes du continent et sur le marché de Rungis, nous en exportons aussi en Belgique »._
    L'avenir ? Xavier Baldovini ne compte pas finir ses vieux jours dans sa fromagerie. _« Mon père a souffert du métier de berger et nous a quittés jeune. Même si les conditions de travail ne sont pas les mêmes car ici les machines travaillent pour nous, je compte bien prendre ma retraite, je me donne encore dix ans. J'espère que mon fils qui a vingt ans reprendra le flambeau »._
    Mais Xavier et son épouse Martine n'en sont pas là. L'avenir leur appartient encore, avec ce désir de continuer à faire connaître leurs fromages, notamment aux nombreux visiteurs qui viennent les rencontrer à Salastracu. Une passion qui n'est pas prête de s'éteindre.
    56 min
  • Une matinée aux Restos du coeur : du 16 au 22 janvier
    durée : 00:55:22 - _« Aujourd'hui, on n'a plus le droit, ni d'avoir faim, ni d'avoir froid »._ Qui n'a jamais fredonné l'hymne des Enfoirés, porte\-étendards des Restos du Cœur ? Malheureusement en 2017, c'est toujours le même refrain, les Restos ont entamé en novembre dernier leur 32ème campagne d'hiver. À Ajaccio, les bénévoles en sont à leur 14ème hiver.
    C'est un mardi matin de janvier comme les autres, à quelques minutes de l'ouverture du centre des Salines aux accueillis, Marie\-Jeanne Ollandini, la responsable du site d'Ajaccio, fait un briefing de la journée avec la vingtaine de bénévoles. C'est parti pour une journée de distribution à un rythme effréné. Direction la salle d'accueil où attendent, patiemment assis, les accueillis munis de leur chariot de courses ou de leurs cabas. _« Je vais m'amuser ce matin, à les compter !»_ s'exclame Marie\-Jeanne Ollandini. L'énumération n'en finit plus, la responsable du centre ajaccien dénombre 40 accueillis dans la salle. _« Ce n'est que le début de la journée ! Il y en aura autant lors de l'accueil de 10h. L'après\-midi, c'est la même chose et c'est aussi comme ça le jeudi, lors de la deuxième distribution de la semaine »_ poursuit la responsable.
    ## Une épicerie solidaire
    9h. Dans la salle de distribution, les bénévoles sont en place, derrière leur étal. À quelques mètres d'ici, d'autres bénévoles appellent un par un les accueillis par leur nom. Conserves, produits frais, légumes, fruits, viandes, desserts, pains, les bénéficiaires sillonnent durant de longues minutes les différents étals de la salle. Un geste de réconfort, un sourire, une plaisanterie, chaque semaine, les accueillis trouvent plus qu'une simple aide alimentaire de la part des Restos du Cœur. _« Nous tentons de leur apporter un peu plus de chaleur, nous voulons les voir partir de chez nous malgré tout avec le sourire. Notre souhait ce serait de ne plus les voir franchir notre porte. »_ poursuit Marie\-Jeanne Ollandini.
    Jean\-Pierre est bénévole, il s'occupe particulièrement du stock, autrement dit de réceptionner toutes les denrées alimentaires qui vont être distribuées quasiment dans la foulée. « _Lors de la distribution, notre but est d'orienter la personne tout en la laissant choisir. Il faut qu'on puisse proposer à la personne du jeudi soir la même chose qu'à celle du mardi matin. Nous devons faire des répartitions assez équitables entre les accueillis que nous servons chaque demi\-journée »_ souligne le bénévole.
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    ## « Sans eux ? Inimaginable !»
    Elle, vient toutes les semaines, elle fait partie des habitués. Aujourd'hui, elle se plaît même à plaisanter avec les bénévoles : _« Il faut bien rigoler vous savez ! Dans le monde où l'on vit, ce n'est pas facile tous les jours »._ Chaque année, la quinquagénaire s'inscrit aux Restos du Cœur. _« Je ne peux plus travailler et je suis en invalidité, j'ai travaillé toute ma vie. Je vis avec 820 euros par mois, mais toute ma pension d'invalidité passe dans mon loyer. J'ai demandé un logement social mais je ne suis pas prioritaire car je suis seule sans enfants, il faut que je fasse avec. Les Restos du cœur me permettent de faire des achats que jamais je ne pourrais faire. Sans eux, je ne sais pas comment je ferais »_ poursuit l'accueillie.
    Il est bientôt 11h, la salle d'accueil ne désemplit pas. Au fond, deux bénévoles s'occupent de la cafétéria. Dumè et Malou font patienter les bénéficiaires en leur offrant café, croissants et pains au chocolat.
    > « Ça fait 14 ans que nous sommes là. Certains bénéficiaires viennent depuis l'ouverture du centre. Je n'ai pas peur de le dire, nous en avons fait des amis » Dumè, bénévole
    Malou se rend également dans les villages de Corse\-du\-Sud pour apporter de l'aide aux plus démunis : _« On retrouve également dans les villages des femmes seules avec des enfants, des retraités et des personnes isolées dans la précarité, il n'y a pas qu'en ville que la pauvreté existe, mais dans le rural la honte est plus présente. Les gens ont plus peur du regard de l'autre »_ poursuit Malou.
    La journée aux Restos du Cœur des Salines à Ajaccio n'est pas encore terminée. Les bénévoles continueront à s'activer jusqu'au soir, sous l’œil bienveillant de Coluche, placardé sur la porte. Avant de tous se retrouver jeudi pour une nouvelle journée de distribution.
    56 min

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