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www.aufonddelaclasse.com
Cet épisode s'intéresse au premier grand geste rhétorique du Discours de la servitude volontaire : avant même de défendre la liberté, La Boétie commence par montrer que son ennemi n'a pas de nom.
On attendrait un texte qui célèbre la liberté et appelle à la combattre. La Boétie fait le contraire : il part du constat que ce qui menace la liberté résiste à toute désignation — c'est précisément « ce que la nature désavoue et que la langue refuse de nommer ». Le titre du Discours — servitude volontaire — n'est d'ailleurs pas de La Boétie lui-même : c'est Montaigne qui l'a donné au texte après la mort de son ami. Et dans le discours, l'expression n'arrive que tardivement, au terme d'une démonstration qui la rend inévitable.
Au cœur de cet épisode, le paradoxe logique du titre : servitude et volontaire se contredisent. La servitude est par définition subie, imposée — comment peut-elle être volontaire ? Ce paradoxe désigne quelque chose de troublant : la tyrannie ne tient pas par la force, mais par le consentement de ceux qui s'y soumettent. Pour le faire sentir, La Boétie commence par réduire le tyran à sa réalité dérisoire — un « hommelet », dit-il, incapable même de « satisfaire la moindre femmelette » — afin de déplacer entièrement la question : non plus pourquoi le tyran est-il si puissant ? mais pourquoi lui laissons-nous cette puissance ?
L'épisode se termine sur l'analyse du passage le plus vertigineux de ces premières pages : la démonstration par élimination, où La Boétie cherche un mot pour nommer ce vice, récuse successivement tous ceux qui se présentent, et aboutit au constat que ce vice est innommable — contraignant ainsi le lecteur à trouver lui-même la seule formule possible.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Cet épisode s'intéresse au premier grand geste rhétorique du Discours de la servitude volontaire : avant même de défendre la liberté, La Boétie commence par montrer que son ennemi n'a pas de nom.
On attendrait un texte qui célèbre la liberté et appelle à la combattre. La Boétie fait le contraire : il part du constat que ce qui menace la liberté résiste à toute désignation — c'est précisément « ce que la nature désavoue et que la langue refuse de nommer ». Le titre du Discours — servitude volontaire — n'est d'ailleurs pas de La Boétie lui-même : c'est Montaigne qui l'a donné au texte après la mort de son ami. Et dans le discours, l'expression n'arrive que tardivement, au terme d'une démonstration qui la rend inévitable.
Au cœur de cet épisode, le paradoxe logique du titre : servitude et volontaire se contredisent. La servitude est par définition subie, imposée — comment peut-elle être volontaire ? Ce paradoxe désigne quelque chose de troublant : la tyrannie ne tient pas par la force, mais par le consentement de ceux qui s'y soumettent. Pour le faire sentir, La Boétie commence par réduire le tyran à sa réalité dérisoire — un « hommelet », dit-il, incapable même de « satisfaire la moindre femmelette » — afin de déplacer entièrement la question : non plus pourquoi le tyran est-il si puissant ? mais pourquoi lui laissons-nous cette puissance ?
L'épisode se termine sur l'analyse du passage le plus vertigineux de ces premières pages : la démonstration par élimination, où La Boétie cherche un mot pour nommer ce vice, récuse successivement tous ceux qui se présentent, et aboutit au constat que ce vice est innommable — contraignant ainsi le lecteur à trouver lui-même la seule formule possible.
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