La Maison de la Poésie

La Maison de la Poésie

By Maison de la Poésie ParisSociety & Culture
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La Maison de la Poésie episodes

  • Corinne Aguzou – La révolution par les femmes
    Rencontre animée par Sophie Joubert
    Angèle, Barbara, Mira, Mariette, Suzanne, Marouchka sont les victimes, diversement amochées, d’un monde où violence sexuelle et violence économique semblent indissociables. Armées de leur seule conscience politique – doublée d’un sens comique parfois involontaire – elles fomentent, avec l’aide de quelques hommes, dans les marges et sous-sols d’un grand ensemble appelé le Blockhaus, une révolution « post-féministe ».
    Ce premier roman, paru trop discrètement il y a vingt ans, continue à sidérer par sa vigueur politique, son originalité narrative et sa frénésie burlesque. Il exige d’être à nouveau lu, dans un contexte qui n’est (heureusement) plus du tout celui de sa première édition. On reproche souvent au féminisme et à la littérature féministe de rester trop « théorique » ou de manquer d’humour. La révolution par les femmes démontre avec éclat que ce n’est pas une fatalité.
    À lire – Corinne Aguzou, La révolution par les femmes, éd. Tristram, 2025
    53 min
  • Alexander Dickow & Alain Damasio – Langues siamoises
    Entretien mené par Christèle Couleau
    Alexander Dickow et Alain Damasio se sont rencontrés sur la frontière entre deux langues, l’anglais et le français qu’ils pratiquent et affectionnent tous les deux. Alexander Dickow, chercheur, poète, romancier, a le goût de l’étrange(r) et des monstres, jusque dans le caractère hybride de son écriture, savamment désarticulée à force de solécismes et de greffes linguistiques. De Caramboles (Argol éditions, 2008), recueil bilingue où les poèmes en miroir font mieux que se traduire, au Premier Souper (La Volte, 2021), prose où s’incarnent d’effrayantes altérités, son œuvre est traversée de voix venues d’ailleurs. Il lui revenait de relever le défi de traduire le chef-d’œuvre d’Alain Damasio, La Horde du contrevent (La Volte, 2004), dont la polyphonie narrative et la syntaxe rafalante requéraient une transposition créative plus qu’une simple transcription. Ce sont tout d’abord des extraits de cette traduction inédite, en écho avec le texte original, qui seront portés à deux voix par Alexander Dickow et Alain Damasio. Ce dernier partagera également avec le public les passages du Premier Souper qui lui tiennent le plus à cœur et nous expliquera ses choix. Alexander Dickow dévoilera enfin les premières pages de son nouveau roman, La Greffe : imaginant un monde où les carnosculpteurs travaillent la chair en chirurgiens et en créateurs, il poursuit son désir d’explorer jusqu’à l’extrême la plasticité des langues et des corps.
    À lire – Alexander Dickow, Premier Souper, La Volte, 2021 – Alexander Dickow, Appétits suivi de Un grenier, La Rumeur Libre, 2022 – Alain Damasio, Vallée du silicium, Seuil, 2024
    1 hr 59 min
  • Olivier Cadiot – Départs de feu
    Lecture par l'auteur
    Entretien mené par Colombe Boncenne
    « Seules les vies quotidiennes sont intéressantes. J’aurais dû écrire un journal. Trois lignes par jour, c’est pas la mer à boire. Mais très jeune, j’avais pensé qu’il était déjà trop tard pour commencer. J’avais d’emblée abandonné – comme certaines personnes qui pensent que tout est déjà trop tard. »
    Sous la forme d’un journal qui croise et traverse les époques, le livre d’Olivier Cadiot fait se télescoper saisons, révélations et sensations. On passe de la météo en 1775 à une représentation d’opéra en 1981, tout en évoquant l’entretien d’un jardin avant-guerre. D’un siècle ou d’une année à l’autre, le narrateur est en train de faire le tri des choses et des idées, de faire les comptes d’une existence imaginaire. Chaque chapitre de cet étrange journal ouvre une fenêtre sur un début de roman ou de nouvelles, comme autant de départs de feu. Mais cette diversité de points de vue finit par faire apparaître le foyer obscur du livre : la mort de la sœur de l’auteur. C’est la première fois qu’Olivier Cadiot a la possibilité d’évoquer plus profondément l’expérience de cette perte, moins pour faire tardivement son deuil que pour tenter de rentrer en communication avec les disparus. Cela se fera par l’intermédiaire de la nature et la bienveillance des arbres. « Mon père, se souvient le narrateur, parlait aux arbres pour communiquer avec ses morts ».
    À lire – Olivier Cadiot, Départs de feu, POL, 2025
    1 hr 7 min
  • Marie Nimier – Le côté obscur de la Reine
    Lecture par Florence Loiret Caille - Entretien mené par Sophie Joubert
    « Comme je l’aimais, comme nous nous aimions. Cela va sans dire, et l’écrire me serre le cœur. Ma mère, ma maman, il n’y a qu’une femme au monde que je peux appeler ainsi. Quel dommage. Quel gâchis. (…) Ma mère m’occupe, ses lamentations me submergent, sa mauvaise foi, ses chantages, son agressivité déguisée en tendresse, sa façon de retourner le monde à son désavantage. Je sors de mes visites lessivée. Je pleure souvent, j’ai du mal à travailler.
    Alors j’essaye de comprendre, pour garder la tête hors de l’eau. J’en parle à Gilles, mon grand frère né d’un premier mariage. Il ressent la plainte maternelle comme un rempart contre la réalité. Il dit au passage, et je me rends compte que je ne l’ai jamais entendu aussi clairement : Se plaindre, c’est demander de l’amour. Le demander de façon chronique, de façon lancinante. Un amour absolu, cet amour qui relie l’enfant à sa mère, la petite fille à sa maman. »
    Marie Nimier
    À lire – Marie Nimier, Le côté obscur de la Reine, Mercure de France, coll. « Traits et portraits », 2025
    1 hr 20 min
  • Dominique Fourcade
    En dialogue avec Marielle Macé & Arno Bertina
    Qu’il écrive « à chaud » à partir des photos de prisonniers irakiens humiliés, ou à partir de l’agression de l’Ukraine par les Russes, ou encore de la guerre à Gaza, à chaque fois le poète Dominique Fourcade se pose la question de la place du poème dans un contexte à ce point violent ou désespérant. Quand les armes ne se taisent pas, que peut la poésie ? Quand les violents l’emportent, l’émotion du poète est-elle audible ? Que maintient-elle à flot qui nous est nécessaire, contre l’effondrement.
    « Le résultat est forcément incertain, risqué même, mais d’une beauté qui renverse les doutes », écrivait Fabrice Gabriel dans Le Monde des livres, en avril dernier. Interrogé par l’essayiste Marielle Macé et le romancier Arno Bertina, Dominique Fourcade reviendra sur trois de ses derniers livres, et l’importance de l’actualité aux yeux du poète qu’il est depuis la parution de son premier recueil en 1961.
    Soirée proposée par l’EHESS.
    À lire – Dominique Fourcade, Ça va bien dans la pluie glacée ?, P.O.L, 2024 – Marielle Macé, Respire, Verdier, 2023 – Arno Bertina, Ceux qui trop supportent, Verticales, 2021
    1 hr 20 min
  • Nancy Huston – Adam et les nymphes
    Lecture par l’autrice avec Francis Jolly (images) & François Marillier (musique)
    Soit, au départ, deux textes de Nancy Huston :
    Les nymphes, méditation poétique sur le plaisir féminin et son refoulement au long des âges, appel fervent à retrouver la myopie de Monet et ses Nymphéas, à ressusciter la joyeuse sensualité des nymphes contre l’atroce précision du regard scientifique et pornographique.
    Adam, terrifiant monologue d’une mère enjoignant son rejeton, neuf mois, à respecter pour l’instant les règles éthiques de base, sachant qu’une fois grand, vu qu’il fait partie des classes dominantes, il aura le droit de les fracasser allègrement.
    Mis côte à côte, ces deux textes explorent et déplorent le passage du polythéisme aux monothéismes…
    Et quand on y ajoute de la musique et les photographies de Francis Jolly, mots et images s’entrecroisent, se parlent, se renforcent, et cela devient un spectacle mordant, éclatant et troublant : Adam et les nymphes !
    À lire – Nancy Huston, Adam et les nymphes, images de Francis Jolly, éd. Langage Pluriel, 2024
    1 hr
  • Sophie Loizeau – Lectures paniques
    Lecture par l’autrice
    Avec Laure Gauthier, Marielle Macé, Maud Thiria, Julia Lepère, Martin Rueff & Estelle Dumortier
    Piano : Héléna Gourzoulidou
    Entrer dans la poésie de Sophie Loizeau est comme pénétrer dans une forêt dense et secrète. Ou plutôt un enchevêtrement de bosquets touffus où se cachent animaux sauvages et farouches, déesses, dieux, fées et esprits. Voici Diane qui prend son bain sous la clarté de Séléné, et Pan, qui de la chèvre, ou du bouc, a le côté fantasque, et de l’homme le désir. C’est par une écriture audacieuse et provocatrice, quand elle n’est pas inédite, que Sophie Loizeau magnifie le corps et la nature. C’est ainsi que s’ouvre cette anthologie, faisant une large part à ses trois premiers livres publiés, avec en final de cette « trilogie du corps et de la bête », une véritable fête au bouc, ode au dieu Pan qui donne son nom à cette anthologie. Dans une langue crue s’exalte une féminité triomphante, qui passe par une sexualité assumée et libre de toute contrainte.
    À lire – Sophie Loizeau, Poèmes paniques (1999- 2020), éd. Lanskine, 2024
    1 hr 14 min
  • Michel Murat – Les Javelots de l’avant-garde, poésie en France 1960-1980
    Lecture par Julia Lepère
    Entretien mené par Pierre Vinclair
    Les javelots de l’avant-garde : des œuvres lancées comme des projectiles pour abattre la poésie, cette maison commune, tandis que d’autres essayaient d’en saper les fondements, d’autres au contraire d’en consolider l’édifice. Beaucoup de ces traits se sont perdus ; certains au contraire se sont fichés en nous profondément. Denis Roche et Jacques Roubaud, les poètes du « Chemin » et ceux de L’Éphémère, puis les tenants de la « modernité négative » – parmi eux quelques femmes brillant d’un éclat singulier – ont dessiné de 1960 à 1980 et au-delà le paysage de la poésie en France ; à tous l’innovation s’imposait comme un mot d’ordre. Leurs intentions et leurs réalisations sont examinées dans ce livre avec une attention libre de nostalgie.
    À lire – Michel Murat, Les Javelots de l’avant-garde, poésie en France 1960-1980, éditions Corti, 2024
    56 min
  • Jacques Darras & Jacques Bonnaffé
    « Sur terre et sur mer, au large ou au près »
    Navigation poétique de Jacques Darras avec la complicité de Jacques Bonnaffé.
    Nous les Jacques faisons des bilans réguliers depuis un mémorable duo au Théâtre de la Bastille à Paris au printemps 2004. Vingt ans plus tard, il était temps de se poser à nouveau. À force d’avoir suivi le cours de la Maye sur la longueur de huit livres depuis 1988, moi Jacques Darras je suis en effet parvenu sur les plages du littoral, que je ne quitte plus avant l’embarquement définitif. Aucune nostalgie de ma part. Plutôt la recherche constante d’un équilibre entre action et méditation. Oserai-je parler d’une sagesse ? Ce soir l’autre Jacques et moi-même nous répondrons donc l’un l’autre. Lui incarnera mon côté terre avec son sens de la danse, du mouvement, de la frappe du pied contre le sol comme un danseur de Brueghel, moi j’épouserai, en contrepoint, la force douce de la vague, l’ondulation répétitive du temps, le regard sur l’infini.
    À lire – Jacques Darras, L’Indiscipline de l’eau, Poésie/Gallimard, 2016 – Je m’approche de la fin, NRF/Gallimard, à paraître
    1 hr 6 min
  • « Chantal Akerman, Œuvre écrite et parlée »
    Avec Cyril Béghin, Sandra Alvarez de Toledo & Anaïs Masson
    Un parcours dans l’œuvre de Chantal Akerman au travers d’un montage de lectures de ses textes, de projections d’images et de films, d’extraits radiophoniques. Une proposition de Cyril Béghin, Sandra Alvarez de Toledo et Anaïs Masson.
    « J’ai toujours eu le désir d’écrire. Des nouvelles, des romans ou des textes comme ça, sans qu’il y ait forcément une histoire. Du langage. Un mot après l’autre. Cela peut s’appeler récit, monologue. N’importe. Simplement, j’ai eu peur de ne faire que ça. La peur de rester chez soi et de se perdre. Je savais qu’en écrivant des films, je sortirais de ma chambre. »
    « Angles de vues », Entretien avec Chantal Boiron, Les Lettres françaises, n°19, avril 1992
    À lire – Chantal Akerman, Œuvre écrite et parlée, édition établie par Cyril Béghin, L’Arachnéen, 2024
    1 hr 18 min

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La Maison de la Poésie de Paris est une scène de lectures, de rencontres et de création dédiée à la voix des poètes et des écrivains. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en…

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