Bookmakers : le making-of de la littérature

Bookmakers : le making-of de la littérature

By ARTE RadioArts
Download on the App Store
  • Ranking

    1st

    on Arts and Entertainment

  • Favorites

    51

    Followers

  • Typical duration

    50 min

    per episode

Based on Podcast App listening data

Bookmakers : le making-of de la littérature episodes

  • Paul B. Preciado : l’opération du langage (3/3)
    En mutation constante, dans le journal comme au cinéma

    Depuis 2013, toutes les deux ou trois semaines, Paul B. Preciado tient chronique dans Libération. Le philosophe y saborde l’usage d’un mot-valise bourré de haine (« féminazie »), suggère de déboulonner chaque statue de notre passé colonial, évoque avec tendresse sa mère âgée, déclare « la grève des utérus » ou son amour « pour le mouvement délicat d’une chenille sur l’écorce d’un arbre ». Il y raccourcit ses phrases et élargit son lectorat, qui ne se cantonne plus aux universitaires et aux camarades des luttes LGBTQIA+.

    En 2019, un recueil de ces textes, qui portent la mémoire de l’oppression sexiste, homophobe ou transphobe, écrits dans des hôtels ou des aéroports, rassemblés sous le titre Un appartement sur Uranus (Grasset), s’orne d’une préface de Virginie Despentes. L’autrice de King-Kong Théorie prévient : « L’idée n’est pas de vous laisser indemne, mais vous verrez, c’est sans violence. » La même année, Preciado provoque une polémique internationale lors d’un colloque de psychanalystes freudiens, en passant par Kafka. Le titre du livre qui en découle, Je suis un monstre qui vous parle, vendu à seize mille exemplaires, confirme sa propension à chanter « les mutations constantes », comme en témoigne encore Mon nom est Body, sa longue postface au témoignage anonyme d’une existence trans paru en 1907 en Allemagne sous le titre Mémoires des années de jeune fille d’un homme (Seuil, 2026).

    Mais où en est sa relecture du mythe d’Œdipe, Œdipe trans ? A-t-il quitté les éditions Grasset ? Comment est-il passé à la réalisation pour adapter si brillamment le roman Orlando de Virginia Woolf, quatre fois récompensé à Berlin en 2023 ? Comme le démontre ce troisième et dernier épisode, gloire au mélange des genres, surtout quand ça dérange.

    L’auteur du mois : Paul B. Preciado

    Né en 1970 à Burgos (Espagne), Paul B. Preciado est philosophe, écrivain, commissaire d’exposition et réalisateur. Depuis la sortie de son Manifeste contre-sexuel (Balland, 2000, réédité Au Diable Vauvert), ce sniper cérébral ne cesse de tirer sur les normes violentes du capitalisme hétéro-patriarcal. Titulaire d’un doctorat à l’université de Princeton (New Jersey), le précis et précieux Preciado troue les préjugés et déride notre époque, notamment au sujet de la transidentité, via une demi-douzaine de livres hybrides (dont Un appartement sur Uranus, chez Grasset en 2019, vendu à 25 000 exemplaires), un fabuleux documentaire (Orlando, ma biographie politique) ou ses articles pour Libération. Il vit et travaille à Paris, au rythme des ronflements de son chien Rilke.

    Enregistrements 

    juin 2026

    Entretien, découpage

    Richard Gaitet

    Prise de son

    Mathilde Guermonprez

    Montage

    Mathilde Guermonprez, Esteban Capron

    Réalisation, mixage

    Charlie Marcelet

    Lectures
    Elios Levy

    Musiques originales

    Samuel Hirsch

    Chant, clavier, pads

    Cha

    Illustration
    Sylvain Cabot

    Remerciements

    Andréa Cloutrier

    1 hr
  • Paul B. Preciado : soigner ses transitions (2/3)
    Penser la « frontière », en mouvement

    Globe-trotter polyglotte, Paul B. Preciado débarque à Paris à la fin des années 90 : sa lecture approfondie des philosophes Michel Foucault ou Gilles Deleuze lui a donné « envie de vivre dans la langue française ». Ce « contrebandier entre deux mondes » – qui, à ce moment-là, ne s’appelle pas encore Paul – publie en 2000 son Manifeste contra-sexuel, un essai illustré par ses soins sur l’histoire socioculturelle d’un objet « qui met mal à l’aise » aussi bien son psy que ses amies féministes : le gode. S’en suivra en 2008, après avoir contribué à importer en France la culture drag-king, un récit « auto-pornographique » intitulé Testo junkie (Grasset), vendu en France à vingt mille exemplaires, dans lequel il raconte le début de sa transition via des prises de testostérone ou les débuts de son histoire d’amour avec l’écrivaine Virginie Despentes, qui voit chez lui « une arrogance sexy, une arrogance joyeuse ».

    De son Espagne natale à son appartement de Ménilmontant en passant par New York, Berlin, Athènes ou Zagreb, Preciado semble aussi fluide dans ses mouvements que dans ses idées « monstres ».  Mais comment écrit-il, dans un cabanon corse, un port des Cyclades ou son appartement de Ménilmontant en forme de U comme Uranus ? Cherche-t-il à atteindre une forme de transe, de transcendance, en transit perpétuel d’un pays à l’autre comme d’une langue à l’autre, au fil des heures à transcrire sur un clavier la vie de son corps et des concepts pour combattre les rapports de domination et la binarité de notre société ? Ce deuxième épisode sera-t-il pour vous comme une opération de transfusion de ses idées révolutionnaires ? Ne quittez pas, on vous transfert l’appel !

    L’auteur du mois : Paul B. Preciado
    Né en 1970 à Burgos (Espagne), Paul B. Preciado est philosophe, écrivain, commissaire d’exposition et réalisateur. Depuis la sortie de son Manifeste contre-sexuel (Balland, 2000, réédité Au Diable Vauvert), ce sniper cérébral ne cesse de tirer sur les normes violentes du capitalisme hétéro-patriarcal. Titulaire d’un doctorat à l’université de Princeton (New Jersey), le précis et précieux Preciado troue les préjugés et déride notre époque, notamment au sujet de la transidentité, via une demi-douzaine de livres hybrides (dont Un appartement sur Uranus, chez Grasset en 2019, vendu à 25 000 exemplaires), un fabuleux documentaire (Orlando, ma biographie politique) ou ses articles pour Libération. Il vit et travaille à Paris, au rythme des ronflements de son chien Rilke.

    Enregistrements 

    juin 2026

    Entretien, découpage

    Richard Gaitet

    Prise de son

    Mathilde Guermonprez

    Montage

    Mathilde Guermonprez, Esteban Capron

    Réalisation, mixage

    Charlie Marcelet

    Lectures
    Elios Levy

    Musiques originales

    Samuel Hirsch

    Chant, clavier, pads

    Cha

    Illustration
    Sylvain Cabot

    Remerciements

    Andréa Cloutrier

    51 min
  • Paul B. Preciado : pas son genre (1/3)
    Jeunesse et métamorphoses d’un « petit monstre heureux »

    Il se décrit parfois comme un « transfuge de genre », un « dissident du régime de la différence sexuelle », « ex-femme, ex-lesbien, exclamatif et exaspéré, exégète des textes perdus et des photographies brûlées ». Dans ce premier épisode, nous verrons comment Paul B. Preciado, penseur de la « croisée des chemins », a grandi « dans un film d’Almodóvar » et comment le fait d’être souvent vêtu « en bleu et en jean », son « uniforme de philosophe », est sans doute un hommage à son père garagiste. D’abord éduqué par des bonnes sœurs, celui qui voulait, enfant, « devenir prêtre ou torero, ou devenir le taureau » raconte aussi la façon dont il fut « sauvé », ado, par une école capable d’accueillir sa sensibilité, ainsi que la découverte des écrits « criminels » de Nietzsche ou de Jean Genet, le trouble que lui inspire Le corps lesbien de Monique Wittig, ses premiers articles dans les fanzines queers de Madrid ou son « évasion » aux États-Unis, ébloui par la pensée « cathédrale » de son mentor Jacques Derrida. Tout le monde en Paul-Position !

    L’auteur du mois : Paul B. Preciado
    Né en 1970 à Burgos (Espagne), Paul B. Preciado est philosophe, écrivain, commissaire d’exposition et réalisateur. Depuis la sortie de son Manifeste contre-sexuel (Balland, 2000, réédité Au Diable Vauvert), ce sniper cérébral ne cesse de tirer sur les normes violentes du capitalisme hétéro-patriarcal. Titulaire d’un doctorat à l’université de Princeton (New Jersey), le précis et précieux Preciado troue les préjugés et déride notre époque, notamment au sujet de la transidentité, via une demi-douzaine de livres hybrides (dont Un appartement sur Uranus, chez Grasset en 2019, vendu à 25 000 exemplaires), un fabuleux documentaire (Orlando, ma biographie politique) ou ses articles pour Libération. Il vit et travaille à Paris, au rythme des ronflements de son chien Rilke.

    Enregistrements 

    juin 2026

    Entretien, découpage

    Richard Gaitet

    Prise de son

    Mathilde Guermonprez

    Montage

    Mathilde Guermonprez, Esteban Capron

    Réalisation, mixage

    Charlie Marcelet

    Lectures
    Elios Levy

    Musiques originales

    Samuel Hirsch

    Chant, clavier, pads

    Cha

    Illustration
    Sylvain Cabot

    Remerciements

    Andréa Cloutrier

    55 min
  • Winshluss (3/3) : un punk au cinéma
    Dans les coulisses du film « Persepolis »

    Pour créer, Winshluss a besoin d’une « joie primitive »… qu’il ne trouve pas uniquement sur sa planche à dessins. Depuis 2003, l’homme signe aussi des films. Huit courts et cinq longs-métrages, passant de l’animation aux prises de vues réelles, parfois adaptés de ses bandes dessinées et souvent signés de son vrai nom, Vincent Paronnaud. Il y a de quoi rire devant la leçon d’humour noir d’Il était une fois l’huile (2010), être charmé face à La mort père et fils (réalisé avec Denis Walgenwitz, 2017) ou très ému devant Persepolis, d’après la BD de la regrettée Marjane Satrapi sur sa jeunesse en Iran, qu’il transposa avec elle à l’écran. Sélectionné à Cannes en 2007, ce drame expressionniste y récolte le prix du jury, puis deux César ainsi qu’une nomination aux Oscars, et attire en salles trois millions de personnes dans le monde.

    Comment Winshluss a-t-il attrapé du cinéma le virus, jusqu’à y croire mordicus ? Prépare-t-il, non pas un, mais deux films, en plus d’une nouvelle BD ? C’est le sujet principal de ce troisième et dernier épisode, évoquant aussi les menaces qui pèsent sur trois de ses maisons d’édition historiques : Les Requins Marteaux, Cornélius et L’Association.

    L’auteur du mois : Winshluss
    Né en 1970 à La Rochelle, Winshluss est auteur de BD, cinéaste, musicien et plasticien. Narrateur goguenard de nos grandes et petites apocalypses, il a notamment signé, depuis la fin des années 90, une douzaine de bandes dessinées grotesques et désespérées, bourrées de losers malchanceux, de militaires serviles et d’hommes d’affaires crapuleux, dont une relecture anticapitaliste et contemporaine de Pinocchio (Les Requins Marteaux, 2008), récompensée du fauve d’or du meilleur album au festival international d’Angoulême. Sous le nom de Vincent Paronnaud, il est aussi le coréalisateur avec Marjane Satrapi du film Persepolis, distingué de deux César et d’un prix spécial du jury au festival de Cannes en 2007. Il vit et travaille à Bordeaux.

    Cette conversation a été enregistrée en février 2026. Mais une semaine avant de la mettre en ligne, nous avons appris le décès de l'autrice et cinéaste Marjane Satrapi, souvent évoquée dans ce numéro de Bookmakers. Nous adressons donc toutes nos condoléances à ses proches, en particulier à son ami Winshluss.

    Remerciements :
    Adèle Tocquet, Studio Gong, ainsi que Pauline, Daniel, Victor, Chloé et Bastien pour les lectures.

    Enregistrements

    février 2026

    Entretien
    Richard Gaitet

    Montage
    Mathilde Guermonprez et Esteban Capron

    Réalisation et mixage
    Charlie Marcelet

    Musiques originales
    Samuel Hirsch

    Chant, toy-piano, synthétiseur, kalima, percussions
    Michael Liot

    Illustration
    Sylvain Cabot

    Production
    ARTE Radio

    45 min
  • Winshluss (2/3) : Pinocchio sans mentir
    Défaire les contes de fée : méthode

    Aux auteurs et autrices qui débutent, Winshluss conseille de « faire un max de trucs, même si ce n’est pas abouti. Pour avancer, il faut produire. Quand tu es publié, toutes les conneries que tu as pu faire te sautent au visage. C’est la meilleure façon de progresser ». Dans les années 2000, ce punk à lunettes sort sept albums de BD, à la fois foutraques et rigoureux, riches en gags potaches parfois d’abord écrits et dessinés pour Picsou Magazine ou le journal Ferraille illustré.

    Dans ses histoires infernales qui finissent toujours mal, Winshluss alterne un noir et blanc brutal avec un usage naïf de la gouache, pastiche les comics des années 30, se moque de dieu dans un livre aux allures de missel ou fait de la « Tête-à-Toto » un alter-ego flegmatique dans l’observation de nos cruautés quotidiennes. Sale gosse du 9e art, il nargue la mort dans Welcome to the death club (Cornélius, 2001), ricane des galères d’un chimpanzé du paléolithique dans Smart monkey (Cornélius, 2004), régale les mômes avec son compère Cizo via les idioties de Wizz & Buzz (Delcourt, 2006-2007), avant de décrocher la timbale grâce à Pinocchio (Les Requins Marteaux, 2008), sacré meilleur album à Angoulême et vendu à 65 000 exemplaires.

    Comment a-t-il construit cette version robot du mythique pantin de Collodi, ici balloté de catastrophe en catastrophe avec, en guise de conscience, un insecte écrivain alcoolo nommé Jiminy Cafard ? Comment expliquer la douceur féérique et si marrante de son album pour enfants, Dans la forêt sombre et mystérieuse (Gallimard, 2016), lauréat de la « pépite d’or » au salon de littérature jeunesse de Montreuil, qu’il adapta fort joliment sur grand écran en 2024 avec Alexis Ducord ? Les livres de Winshluss contiennent souvent un minimum de mots. Comment écrire le muet, se demandera-t-on dans le deuxième épisode de ce sérieux bavardage autour de sa mécanique, vissée « d’errances et de certitudes ».

    L’auteur du mois : Winshluss
    Né en 1970 à La Rochelle, Winshluss est auteur de BD, cinéaste, musicien et plasticien. Narrateur goguenard de nos grandes et petites apocalypses, il a notamment signé, depuis la fin des années 90, une douzaine de bandes dessinées grotesques et désespérées, bourrées de losers malchanceux, de militaires serviles et d’hommes d’affaires crapuleux, dont une relecture anticapitaliste et contemporaine de Pinocchio (Les Requins Marteaux, 2008), récompensée du fauve d’or du meilleur album au festival international d’Angoulême. Sous le nom de Vincent Paronnaud, il est aussi le coréalisateur avec Marjane Satrapi du film Persepolis, distingué de deux César et d’un prix spécial du jury au festival de Cannes en 2007. Il vit et travaille à Bordeaux.

    Cette conversation a été enregistrée en février 2026. Mais une semaine avant de la mettre en ligne, nous avons appris le décès de l'autrice et cinéaste Marjane Satrapi, souvent évoquée dans ce numéro de Bookmakers. Nous adressons donc toutes nos condoléances à ses proches, en particulier à son ami Winshluss.

    Remerciements :
    Adèle Tocquet, Studio Gong, ainsi que Pauline, Daniel, Victor, Chloé et Bastien pour les lectures.

    Enregistrements

    février 2026

    Entretien
    Richard Gaitet

    Montage
    Mathilde Guermonprez et Esteban Capron

    Réalisation et mixage
    Charlie Marcelet

    Musiques originales
    Samuel Hirsch

    Chant, toy-piano, synthétiseur, kalima, percussions
    Michael Liot

    Illustration
    Sylvain Cabot

    Production
    ARTE Radio

    50 min
  • Winshluss (1/3) : le goût de l’humour super noir
    Dans la matrice de sa pop culture empoisonnée

    Bienvenue dans le monde merveilleux de Winshluss ! Il était une fois un petit agité de Charente qui foutait le feu à ses jouets. L’école n’intéresse guère cet anarchiste en puissance, lecteur de Pif Gadget et du magazine Métal Hurlant ; il la quitte à dix-sept ans sans se douter des étranges aventures que lui fera vivre son talent monstrueux pour le dessin. Dès Super Negra, sa première BD publiée en 1999 aux Requins Marteaux, cet autodidacte énervé explosait les héros niais de Disney à la bombe nucléaire. Mais comment ce tatoué plutôt taiseux, « traumatisé » par David Lynch et obsédé par les ombres diaboliques du film La nuit du chasseur (Charles Laughton, 1955), a-t-il réussi à contaminer la société avec sa pop culture empoisonnée ? Au point d’exposer aujourd’hui son « goût de la matière noire » dans de très chics galeries d’art ? Quel double effet décisif eut sur lui le chef-d’œuvre d’Art Spiegelman, Maus ? Peut-on décider de « mal dessiner » pour bousculer les conventions ? C’est la toile de fond de ce premier épisode consacré à ce peintre rigolard de nos malheurs absurdes. Lumière, oui, sur les us et coutumes de Winshluss !

    L’auteur du mois : Winshluss
    Né en 1970 à La Rochelle, Winshluss est auteur de BD, cinéaste, musicien et plasticien. Narrateur goguenard de nos grandes et petites apocalypses, il a notamment signé, depuis la fin des années 90, une douzaine de bandes dessinées grotesques et désespérées, bourrées de losers malchanceux, de militaires serviles et d’hommes d’affaires crapuleux, dont une relecture anticapitaliste et contemporaine de Pinocchio (Les Requins Marteaux, 2008), récompensée du fauve d’or du meilleur album au festival international d’Angoulême. Sous le nom de Vincent Paronnaud, il est aussi le coréalisateur avec Marjane Satrapi du film Persepolis, distingué de deux César et d’un prix spécial du jury au festival de Cannes en 2007. Il vit et travaille à Bordeaux.

    Cette conversation a été enregistrée en février 2026. Mais une semaine avant de la mettre en ligne, nous avons appris le décès de l'autrice et cinéaste Marjane Satrapi, souvent évoquée dans ce numéro de Bookmakers. Nous adressons donc toutes nos condoléances à ses proches, en particulier à son ami Winshluss.

    Remerciements :
    Adèle Tocquet, Studio Gong, ainsi que Pauline, Daniel, Victor, Chloé et Bastien pour les lectures.

    Enregistrements

    février 2026

    Entretien
    Richard Gaitet

    Montage
    Mathilde Guermonprez et Esteban Capron

    Réalisation et mixage
    Charlie Marcelet

    Musiques originales
    Samuel Hirsch

    Chant, toy-piano, synthétiseur, kalima, percussions
    Michael Liot

    Illustration
    Sylvain Cabot

    Production
    ARTE Radio

    49 min
  • Dans les coulisses de « Bookmakers »
    Notre podcast littéraire fête son anniversaire !

    Printemps 2026 : Bookmakers a 6 ans. Comme c’est à cet âge-là qu’on apprend à lire et à écrire, n’est-ce pas le moment de se pencher sur la fabrique du podcast des « écrivain·e·s au travail » ? Déjà quarante numéros que Richard Gaitet interroge en profondeur celles et ceux qui font naître – dans des conditions souvent précaires – des romans, des poèmes, du théâtre, des essais ou des bandes dessinées, en invitant parfois d’autres acteurs et actrices du monde du livre pour parler de traduction, d’édition ou de critique.

    Mais comment ces discussions XXL, très documentées, se préparent-elles ? Combien de temps dure l’enregistrement initial, le montage, la production ? Comment « habille-t-on » une lecture ? Faut-il couper la moindre bafouille ? Charlie Marcelet cache-t-il vraiment « le son d’un cheval qui passe » dans chaque numéro ?

    Pour répondre à ces questions cruciales, les deux auteurs de Bookmakers dévoilent leur propre making-of dans l’auditorium de la Gaîté Lyrique (Paris), le temps d’une conversation publique menée par Perrine Kervran (directrice éditoriale d’ARTE Radio) et entrecoupée d’archives ou de savantes interventions de l’assistance.

    Les invités du mois : Richard Gaitet & Charlie Marcelet

    Né à Lyon en 1981, Richard Gaitet est écrivain et journaliste. Après douze ans sur Radio Nova aux commandes de l’émission Nova Book Box ou du podcast La danse du zèbre, il crée Bookmakers en 2020 pour ARTE Radio, sans aucune maîtrise de la prise de son et du montage (ce qui n’a pas beaucoup changé depuis). Le pari de ces longues conversations hors promotion est de « soulever le capot de la littérature, pour voir comment le moteur tourne » et personne ne lui a jamais reproché cette métaphore automobile (alors qu’il n’a pas le permis). En 2025, il a publié Comme un malpropre (éditions Esquif) et Les ours blancs ne perdent pas le Nord (avec les dessins d’Anne-Hélène Dubray, éditions L’École des Loisirs).

    Né à Orsay en 1983, Charlie Marcelet est réalisateur pour ARTE Radio où, selon la légende, il travaille en chaussettes. Depuis son arrivée au studio en 2008, il a notamment signé la réalisation de La reine des pirates de Claire Richard (2022) et reçu la mention spéciale du prix Italia 2022 (catégorie documentaire) pour Gilles ma sœur et moi de Camille Descroix ou la médaille d’or du prix Radio Urti 2025 pour Le chant de l’extinction de Jeanne-Marie Desnos. Précis et patient, il a réalisé et mixé trente-cinq numéros de Bookmakers en suivant ce principe de samouraï : « Une coupe – qui ne doit pas s’entendre – toutes les trois secondes. »

    Enregistrements

    mars 2026

    Entretien
    Perrine Kervran

    Prison de son
    Mathilde Guermonprez

    Réalisation, montage, mixage
    Charlie Marcelet

    Musiques originales
    Samuel Hirsch

    Générique
    Eve Girard (chant, claviers), Sogol Mirzaei (târ), Brice Perda (flugabone), Florence Kraus (saxophone), monté par Timothée Lerolle & Esteban Capron

    Illustration
    Sylvain Cabot

    1 hr 11 min
  • Baptiste Morizot : pleure-moi une rivière (3/3)
    Pister les animaux, pour twister sa réflexion

    Pendant plus de deux ans, Baptiste Morizot a observé des castors. En compagnie de la paysagiste franco-américaine Suzanne Husky et d’une escouade de camarades, ils-elles ont appris les techniques de ce petit ingénieur rongeur pour échafauder à leur tour des barrages, susceptibles de régénérer des rivières « abîmées » et trop « contrôlées », dans la Drôme ou aux États-Unis. C’est l’un des axes essentiels du passionnant et très accessible Rendre l’eau à la terre, son essai sur des « alliances possibles » face au chaos climatique, parcouru de sublimes aquarelles, sorti en 2024 et vendu à 21 000 exemplaires.

    « Chacun, chacune doit prendre en charge la défense de son milieu, explique le philosophe. Ne perdons pas trop de temps à nous demander si c'est déjà cuit, si on ferait mieux d'aller siroter des mojitos (…) Nous sommes à un moment pivot, analogue à la Renaissance ou les Lumières, à l’orée d’inventer (…) une nouvelle pensée de l’action technique qui permettrait de vivre de manière soutenable. »

    Dans son dernier ouvrage, Le regard perdu (2025), il écrit qu’être une personne « décente » consiste peut-être « à vouloir être honnête, respecter les mots, dire ce qu’on pense calmement, être ferme et accepter avec souplesse de s’être trompé, ne pas vouloir occuper l’esprit des autres avec des choses viles faites seulement pour capter l’attention (…) Penser comme si c’était la chose la plus importante au monde et, simultanément, ne pas se prendre trop au sérieux (…) Penser, juste pour la joie de vivre l’aventure d’une idée. Penser comme un chien court sur la plage. » C’est l’attitude à suivre lors de ce troisième et dernier épisode, qui ne manque pas de flair.

    L’auteur du mois : Baptiste Morizot
    Né en 1983 à Draguignan (Var), Baptiste Morizot est philosophe et maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille. De pelage brun, de taille moyenne, cet homo sapiens a choisi de quitter son biotope de bibliothèques vernies pour partir à la rencontre des « créatures fabuleuses » et des lieux merveilleux qui peuplent notre Terre, afin de mieux comprendre et réagir à la crise écologique. De ses aventures au grand air, en Pologne, au Kirghizstan ou en Californie, il ressort déjà dix livres depuis Les diplomates (Wild Project, 2016) jusqu’au Regard perdu (Actes Sud, 2025), en passant par Manières d’être vivant (2020, vendu à près de 90 000 exemplaires). Il vit et travaille dans son « dojo » près de Valence, dans la Drôme.

    Remerciements :
    Adèle Tocquet, Studio Gong, Rodolphe Alexis.

    Enregistrements

    décembre 2025

    Entretien, découpage

    Richard Gaitet

    Prise de son, montage

    Mathilde Guermonprez

    Enregistrements de terrain
    Rodolphe Alexis

    Réalisation, mixage

    Charlie Marcelet

    Lectures

    Chloé Assous-Plunian

    Musiques originales

    Samuel Hirsch

    Chant, synthétiseur, ukulélé, flûte, marimbas, percussions

    Émilie Rambaud

    Illustration

    Sylvain Cabot

    43 min
  • Baptiste Morizot : pense avec les loups (2/3)
    Frère castor, raconte-nous une histoire

    Baptiste Morizot a pisté des bisons ou des grizzlys, des élans ou des corbeaux, couché dans des buissons du Wyoming ou du Vercors, au fil d’une première décennie d’enquêtes « diplomatiques » réalisées les genoux dans la boue, hors des sentiers battus, pour créer de nouveaux concepts bientôt débattus. Plus calmement, il a aussi étudié la sociologie des lombrics dans sa cuisine. « Aujourd'hui, dit-il, nos relations aux autres êtres vivants sont toxiques, pour eux et pour nous. La question est donc de réapprendre à faire attention, à brancher sa sensibilité sur les pollinisateurs, la faune des sols, les forêts… »

    Attention, attention. En 2020, le succès de Manières d’être vivant le rendit connu comme le loup blanc auprès dans les sphères militantes de gauche. Dans son « recueil de novellas philosophiques », ce talentueux passeur multipistes veut « contourner en sifflotant les dualismes entre science et fiction, poésie et exactitude, pour forger une sorte d’alliage incandescent : les sens les plus aiguisés, le corps le plus mobilisé, l’imagination la plus sauvage, les raisonnements les plus serrés. » En postface, son ami romancier Alain Damasio encense son goût du terrain. « C’est un philosophe embarqué et situé. Hautement concret. L’inverse d’un parleur perché. »

    Toujours « sur le qui-vive », Baptiste Morizot retrace dans ce deuxième épisode quelques scènes fondatrices de son désir animé de « cosmopolitesse » inter-espèces, dans laquelle nous, primates humains, pourrions peut-être, à force d’exercices empathiques, « en changeant de pratique, changer de métaphysique ».

    L’auteur du mois : Baptiste Morizot
    Né en 1983 à Draguignan (Var), Baptiste Morizot est philosophe et maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille. De pelage brun, de taille moyenne, cet homo sapiens a choisi de quitter son biotope de bibliothèques vernies pour partir à la rencontre des « créatures fabuleuses » et des lieux merveilleux qui peuplent notre Terre, afin de mieux comprendre et réagir à la crise écologique. De ses aventures au grand air, en Pologne, au Kirghizstan ou en Californie, il ressort déjà dix livres depuis Les diplomates (Wild Project, 2016) jusqu’au Regard perdu (Actes Sud, 2025), en passant par Manières d’être vivant (2020, vendu à près de 90 000 exemplaires). Il vit et travaille dans son « dojo » près de Valence, dans la Drôme.

    Remerciements :
    Adèle Tocquet, Studio Gong, Rodolphe Alexis.

    Enregistrements

    décembre 2025

    Entretien, découpage

    Richard Gaitet

    Prise de son, montage

    Mathilde Guermonprez

    Réalisation, mixage

    Charlie Marcelet

    Lectures

    Chloé Assous-Plunian

    Musiques originales

    Samuel Hirsch

    Chant, synthétiseur, ukulélé, flûte, marimbas, percussions

    Émilie Rambaud

    Illustration

    Sylvain Cabot

    57 min
  • Baptiste Morizot : sa tanière d’être (1/3)
    Comment devient-on philosophe ?

    « Un philosophe est un artisan qui fabrique des concepts et, dans mon cas, des cartes pour s’orienter », dit Baptiste Morizot, 42 ans. Porté par sa bougeotte, cet intellectuel de terrain entend produire des « textes-boussoles » susceptibles de « faire bouger les lignes du souci » vis-à-vis du vivant et de nos relations avec lui. Comment interagir au sein de cette infinie canopée de « cohabitants dont nous dépendons dans toutes les dimensions de notre existence » ? « Ce n’est pas là-bas dehors, mais sous nos pieds. Ce n’est pas l’arrière-plan d’un selfie, mais un lieu de géopolitique complexe, multi-espèces. Que signifie écrire face à la crise écologique  ? Je ne cesse de chercher la réponse. Chaque texte est un tâtonnement », se demande l’auteur de Raviver les braises du vivant (2020) ou de S’enforester (avec les photographies d’Andrea Olga Mantovani, 2022). Mais comment s’est formée sa pensée, son éthique, à la confluence primordiale de Spinoza, Nietzsche et Deleuze ? A-t-il été ce jeune écrivain contrarié, borgésien, doublé d’un survivaliste amateur de baies sauvages ? C’est le sujet de ce premier épisode, bâti autour des rhizomes pas tristes de Baptiste Morizot.

    L’auteur du mois : Baptiste Morizot
    Né en 1983 à Draguignan (Var), Baptiste Morizot est philosophe et maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille. De pelage brun, de taille moyenne, cet homo sapiens a choisi de quitter son biotope de bibliothèques vernies pour partir à la rencontre des « créatures fabuleuses » et des lieux merveilleux qui peuplent notre Terre, afin de mieux comprendre et réagir à la crise écologique. De ses aventures au grand air, en Pologne, au Kirghizstan ou en Californie, il ressort déjà dix livres depuis Les diplomates (Wild Project, 2016) jusqu’au Regard perdu (Actes Sud, 2025), en passant par Manières d’être vivant (2020, vendu à près de 90 000 exemplaires). Il vit et travaille dans son « dojo » près de Valence, dans la Drôme.

    Remerciements :
    Adèle Tocquet, Studio Gong, Rodolphe Alexis.

    Enregistrements

    décembre 2025

    Entretien, découpage

    Richard Gaitet

    Prise de son, montage

    Mathilde Guermonprez

    Réalisation, mixage

    Charlie Marcelet

    Lectures

    Chloé Assous-Plunian

    Musiques originales

    Samuel Hirsch

    Chant, synthétiseur, ukulélé, flûte, marimbas, percussions

    Émilie Rambaud

    Illustration

    Sylvain Cabot

    47 min

About Bookmakers : le making-of de la littérature

From the publisher's feed

Lecture, écriture, style : Bookmakers est un podcast littéraire qui propose d’écouter les écrivains et les écrivaines détailler leurs secrets d’écriture. C’est le récit d’un récit, les coulisses de fabrication d’un livre majeur dans la carrière d’un auteur ou d’une autrice, qui dévoile sa discipline, son rythme et ses méthodes de travail. C’est quoi, le style ? Comment construit-on une intrigue, un personnage ? Où faut-il couper ?

Best of Bookmakers : le making-of de la littérature

Ranked by our users in the last 21 days

More shows like Bookmakers : le making-of de la littérature

Toute une vie by France Culture

Toute une vie

65 Listeners

Profils : des récits uniques by ARTE Radio

Profils : des récits uniques

23 Listeners

A voix nue by France Culture

A voix nue

57 Listeners

Le masque et la plume by France Inter

Le masque et la plume

114 Listeners

Les Pieds sur terre by France Culture

Les Pieds sur terre

226 Listeners

LSD, La série documentaire by France Culture

LSD, La série documentaire

94 Listeners

Les Midis de Culture by France Culture

Les Midis de Culture

26 Listeners

La 20e heure by France Inter

La 20e heure

54 Listeners

Le mike et l'enclume by ARTE Radio

Le mike et l'enclume

2 Listeners

Pelles et râteaux by ARTE Radio

Pelles et râteaux

0 Listeners

Un podcast à soi by ARTE Radio

Un podcast à soi

78 Listeners

Sex and sounds by ARTE Radio

Sex and sounds

48 Listeners

Les braqueurs by ARTE Radio

Les braqueurs

8 Listeners

Crackopolis by ARTE Radio

Crackopolis

0 Listeners

Y'a deux écoles by ARTE Radio

Y'a deux écoles

3 Listeners

Que sont-ils devenus ? by ARTE Radio

Que sont-ils devenus ?

5 Listeners

Guillemette by ARTE Radio

Guillemette

0 Listeners

La Grande Librairie by France Télévisions

La Grande Librairie

45 Listeners

A suivre : histoires et séries à binger by ARTE Radio

A suivre : histoires et séries à binger

5 Listeners

Double vie by ARTE Radio

Double vie

3 Listeners

Le goût de M by Le Monde

Le goût de M

67 Listeners

Vivons heureux avant la fin du monde : des idées pour repenser nos modèles de société by ARTE Radio

Vivons heureux avant la fin du monde : des idées pour repenser nos modèles de société

38 Listeners

L'Insomniaque by ARTE Radio

L'Insomniaque

3 Listeners

Les histoires de quartier d’Oxmo Puccino by ARTE Radio

Les histoires de quartier d’Oxmo Puccino

9 Listeners

Folie Douce - politiser la santé mentale by Lauren Bastide

Folie Douce - politiser la santé mentale

21 Listeners

La Chute de Lapinville - Une fiction quotidienne by ARTE Radio

La Chute de Lapinville - Une fiction quotidienne

11 Listeners

Les idées larges by ARTE Radio

Les idées larges

3 Listeners

Polissons : le podcast jeunesse by ARTE Radio

Polissons : le podcast jeunesse

0 Listeners

Le Book Club by France Culture

Le Book Club

2 Listeners

Tomber Love : l'amour dans le rap et le R'n'B by ARTE Radio

Tomber Love : l'amour dans le rap et le R'n'B

0 Listeners

Quand l’histoire fait dates by ARTE Radio

Quand l’histoire fait dates

0 Listeners

Beatmakers : dans la fabrique des tubes by ARTE Radio

Beatmakers : dans la fabrique des tubes

0 Listeners