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https://youtu.be/quUSjngSmN0
« Un jour on saura peut-être qu’il n’y avait pas d’art, mais seulement de la médecine ». La citation n’est pas de moi mais de Jean-Marie Gustave Le Clézio, qui ne croyait pas si bien dire. En 2019, l’Organisation Mondiale de la Santé confirmait son intuition en affirmant dans un rapport très remarqué que l’art est bel et bien bon pour la santé, physique et mentale. Pendant ce temps-là à Montréal, depuis 2018, les médecins québécois sont autorisés, voire encouragés, à délivrer des ordonnances un peu spéciales à leurs patients : des prescriptions muséales, c’est-à-dire des visites aux musées pour apaiser leurs tourments au contact de l’art plastique. Sur Nova, la musique, le groove vous soignent tous les jours, alors cette semaine, je vous propose de nous intéresser à l’art quand il guérit, l’art-thérapie, en compagnie d’une grande spécialiste.
France Schott-Billmann est psychanalyste mais elle est surtout l’une des pionnières française de la danse-rythme-thérapie, dont elle enseigne la théorie à l’université Sorbonne Paris Descartes et la pratique tous les jeudis soirs dans le 14e arrondissement de Paris. Directrice de l'association Danse, Rythme, Lien Social et Thérapie, France Schott-Billmann est également l’autrice de plusieurs ouvrages sur la question : “Quand la danse guérit : Approche anthropologique de la fonction thérapeutique de la danse”, “Le Besoin de Danser” ou encore “La thérapie par la danse rythmée : les bienfaits de la transe” publié en 2020 aux éditions Odile Jacob.
https://youtu.be/_tp2HFY7klk
Depuis leurs débuts et la sortie de leur premier album en 2015, les deux sœurs Diaz nourrissent leur musique de la mystique afro-cubaine léguée par leur père, l’immense et regretté percussionniste Miguel Anga Diaz, un héritage précieux cultivé par leur mère avec de nombreux allers-retours à Cuba. Après Ash en 2017, les jumelles Ibeyi sortaient Spell 31 au printemps dernier, un troisième opus lancé comme un pont au-dessus de l’Atlantique Noire. Toujours aussi habité par les esprits de la santeria cubaine, le disque s'inspire également du Livre des Morts des Anciens Égyptiens, une sorte de mode d’emploi de l’au-delà pour accompagner les antiques défunts du delta du Nil dans leur dernier voyage. Avant de retrouver le duo en live le 28 janvier au Transbordeur à Villeurbanne, le 2 février à Rouen et le 3 février à l'Olympia à Paris, Ibeyi se dévoile donc en magie au micro de Jeanne Lacaille.
Filles de Xangô et de Yemaya, Naomi et Lisa-Kainde Diaz reviennent dans cet épisode sur leur initiation à la santería cubaine et son influence majeure dans leur rapport à la musique. De là, nous filons sur le continent africain au cœur d'une cérémonie vaudou au Bénin, avant de rallier l'Egypte pour nous plonger dans le Livre des Morts des Anciens Egyptiens qui a inspiré à Ibeyi le répertoire de Spell 31, dernier opus en date du duo. En chemin, au carrefour des mondes visibles et invisibles, nous lançons quelques sorts et convoquons les esprits de figures tutélaires pour Naomi et Lisa-Kaindé, de leur père Miguel Anga Diaz à Rémy Kolpa Kopoul.
https://youtu.be/A_tJgRfrvKU
Révélée en 2016 sur le label InFiné avec Klabb, suivi du remarquable Khonnar, Deena Abdelwahed a fait ses armes dans les clubs underground de Tunis au sein du collectif World Full Of Bass, avant de rejoindre les rangs du collectif Arabstazy. Adepte d’une techno brute, expérimentale, turbulente, sombre et iconoclaste, Deena Abdelwahed avance depuis sans compromis, composant le futur de l’avant-garde électronique à chaque nouvelle production et répondant en écho à Pierre Boulez lorsqu’il disait “il faut aussi rêver sa révolution, pas seulement la construire.” Au terme de sa résidence à l’IRCAM, Deena Abdelwahed présentera en live, ce samedi 14 janvier à 22h30, le fruit de ses recherches soniques autour de la microtonalité de la voix et des percussions digitales pour le second volet de la soirée Electro-Odyssée dans le cadre du programme Ircam en Fête.
« Si vous êtes une femme et que vous osez regarder à l’intérieur de vous-même, alors vous êtes une sorcière. » C’est sur cette citation issue du manifeste du mouvement féministe américain W.I.T.C.H. que s’ouvre Sorcières, la puissance invaincue des femmes, essai culte de Mona Chollet publié en 2018 aux éditions La Découverte qui, avec ses 300000 exemplaires vendus, est devenu l’un des essais féministes les plus lus de ces cinq dernières années. Ah, vous ne l’avez pas lu ?
Pas de panique ! D’abord, parce qu’il n’est pas trop tard, mais aussi car en 2019, le collectif A Définir Dans Un Futur Proche, fondé par Elodie Demey, Mélissa Phulpin et Géraldine Sarratia, adaptait pour la scène la plume et la pensée de Mona Chollet sous la forme d’une lecture musicale intitulée Sorcières. Au plateau, des comédiennes et des musiciennes en alternance, des sorcières plurielles parmi lesquelles Anne Paceo, Clara Ysé, Clotilde Hesme, Pomme, Safia Nolin, Franky Gogo, Constance Dollé, Ariane Ascaride, Valérie Donzelli, Fishbach, Lucie Antunes, Léonie Pernet ou encore Mélissa Laveaux. Après un premier round couronné de succès à l’automne dernier, Sorcières est de retour pour 4 dates exceptionnelles au Théâtre de l’Atelier à Paris, du 10 au 14 janvier.
A 37 ans, Rocio Marquez connaît ses classiques et les canons du flamenco orthodoxe sur le bout des doigts. Raison de plus, sans doute, pour les sublimer en les amenant ailleurs. Ailleurs, mais où ? Sur des terrains d’expérimentations soniques toujours plus libres, que la native de Huelva partage avec toute une galaxie d’artistes espagnols, une génération iconoclaste qui compte notamment dans ses rangs le producteur Raúl Refree, le cantaor cósmico Niño de Elche, le danseur et chorégraphe Israël Galvan, ou encore, plus pop, C.Tangana et Rosalia. Depuis ses débuts en 2013, Rocio Marquez triture, transcende, interroge, rénove, explore, innove, et tous ses disques sont devenus des incontournables du flamenco contemporain, qu’elle rende hommage à la légende Pepe Marchena avec El Niño en 2015, se frotte au futur du baroque en collaborant avec le gambiste Fahmi Alqhai pour le disque Diálogos de Viejos y Nuevos Sones en 2018 ou qu’elle fouille les brocantes en quête de mémoire pour l’excellent Visto en El Jueves, qui offrait d’ailleurs à Rocio Marquez une Victoire de la Musique en 2020. Aujourd’hui, Rocio Marquez est de retour avec un disque exceptionnel : Tercer Cielo, composé en collaboration avec Bronquio, un enfant de Jerez passé du punk à la techno. Un troisième ciel ovni, radical, hanté, viscéral et hautement vibratoire qui explore tous les possibles du chant flamenco.
https://youtu.be/D63VeKrZzfw
Dans La Potion cette semaine, Nduduzo Makhathini qui, en plus d’être un pianiste virtuose, est aussi enseignant, chercheur et guérisseur traditionnel initié par ses aïeux sangomas. À 40 ans, cet enfant du royaume zulu est également le premier artiste africain signé, en 2020, par Blue Note Records, le légendaire label de jazz américain. Après Thelonious Monk ou John Coltrane, place à Nduduzo Makhathini, qui rayonne au cœur de la vibrante scène jazz sud-africaine et déploie dans sa musique une vision du monde éminemment cosmique, un jazz spirituel pleinement connecté aux croyances et aux pratiques rituelles de ses ancêtres zulu.
Sans trop de surprises, on retrouve Nduduzo Makhathini aux côtés du britannique Shabaka Hutchings, sur les deux derniers albums du collectif Shabaka and The Ancestors, et en solo, le pianiste sud-africain dévoilait un peu plus tôt cette année In The Spirit Of Ntu, un 9e album studio carrément cosmique.
Cinéaste indépendant, vidéaste des marges, explorateur sonore, hobo 3.0 ou baladin céleste… Mathieu Saura, alias Vincent Moon, multiplie les casquettes comme les terrains d’exploration. Depuis près de vingt ans, Moon filme comme il respire : les stars du rock indé pour commencer, en réalisant plusieurs centaines de Concerts à Emporter — les fameux Take Away Show de la Blogothèque — avant de se tourner, toujours avec sa caméra, vers l’exploration des cultures chamaniques, des rituels mystiques et des cérémonies de transe via la collection Petites Planètes, co-fondée en 2009 avec Priscilla Telmon.
https://youtu.be/H1p1H-8DxSA
A 43 ans, Vincent Moon poursuit aujourd’hui sa mission d’ethnographie expérimentale et ses aventures nomades sur les cinq continents, en quête de vibrations mystiques, d’extase, de transcendance artistique. Sa dernière passion-obsession ? Le ciné-transe improvisé, dont nous parlerons au fil de ce nouvel épisode. Une Potion qui nous emmènera aussi prendre une claque au cœur d'une cérémonie zâr au Caire, filmer la magie ordinaire dans un parc de Buenos Aires ou encore, interroger la vie après la mort avec la regrettée Lhasa de Sela à Montréal.
Tous les travaux, audio et vidéo, de Vincent Moon sont disponibles en libre accès ici : www.vincentmoon.com et www.petitesplanetes.earth
https://youtu.be/VzMi3f1x70Y
Afrodescendante, rituelle, identitaire et contestataire, la culture gwoka est née parmi les esclaves importé.e.s d’Afrique. Après avoir été longtemps réprimée par les maîtres blancs et les colons, la culture ka est revenue sur le devant de la scène dans les années 60 en Guadeloupe grâce aux syndicats agricoles et au mouvement nationaliste. Aujourd’hui, elle continue de vibrer très fort dans tout l’archipel.
L'épine dorsale du gwoka, c'est d’abord le tambour ka et ses sept rythmes, l'apprentissage de toute une vie qui traditionnellement commence toujours avec une initiation auprès des anciens, des grands maîtres comme Vélo, Kristen Aigle ou Mira Délos. Le gwoka se joue, se chante et se danse, et il est indissociable de la vie des guadeloupéens quasiment à chaque instant, d’autant qu’il les soutient aussi dans leurs luttes sociales et politiques, en étant quasi systématiquement la bande-son des grèves, des révoltes et des manifestations depuis le début du 20e siècle. Mais comme la musique de la nuit guadeloupéenne, la culture gwoka a aussi une dimension mystique.
Secret d’initiés, pouvoir transcendantal du tambour, cultes aux ancêtres, langages codés, réminiscence des rites yoruba ou arme de décolonisation des croyances… De quoi parle-t-on exactement ? Pour en savoir plus, j’ai mené l’enquête, de la Grande-Terre à la Basse-Terre, auprès d’artistes guadeloupéen.ne.s qui vivent le gwoka comme un sacerdoce : le groupe Indestwas Ka, Sadi Sainton du groupe 7 Son @ To, Bled Miki, Marie-Héléna Laumuno de l'ensemble Fanm Ki Ka et Lukuber Séjor.
https://youtu.be/FSrEHtmGDKM
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Dans La Potion, Jeanne Lacaille explore les mondes invisibles de ses invité.e.s. Une expérience initiatique, sensorielle et mystique pour découvrir une nouvelle facette de vos artistes…
Au programme de cette formule désormais hebdomadaire et augmentée : spiritualité et magie, musiques rituelles, musiques du vivant et musiques sorcières, rythmes thérapeutiques, transes traditionnelles ou contemporaines, ancestralités, ésotérisme, transmission et pharmacopées alternatives.

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