Les régions organisent nos transports du quotidien, financent les lycées, accompagnent les entreprises, participent à l’aménagement du territoire et sont devenues des acteurs incontournables de la transition écologique. À chaque élection régionale, les responsables politiques nous expliquent que cet échelon est désormais stratégique pour l’avenir du pays.
Pourtant, si tout le monde connaît la région, peu de personnes seraient capables de dire précisément ce qu’elle est.
Est-elle une simple collectivité territoriale parmi d’autres ? Est-elle devenue un véritable pouvoir local ? Constitue-t-elle un contrepoids à l’État central ou demeure-t-elle un relais de son action ? Et d’ailleurs, lorsque l’on parle de la région, parle-t-on de la collectivité territoriale dirigée par un conseil régional ou de la circonscription administrative dirigée par un préfet de région ?
Car derrière un mot familier se cache une institution dont l’histoire est relativement récente et dont la place dans l’organisation territoriale française n’a cessé d’évoluer. Longtemps dominée par le couple État-département, la France a progressivement fait de la région un acteur majeur de l’action publique. Les grandes réformes territoriales des dernières décennies lui ont confié de nouvelles compétences, renforcé son rôle économique et modifié en profondeur sa place dans l’architecture institutionnelle de la République.
Bref envisageons ensemble la région aux travers de ses compétences, mais aussi de ses transformations qu’elle révèle de l’État français lui-même. Car derrière la question régionale se trouvent en réalité des interrogations plus vastes : comment organiser le territoire ? Jusqu’où décentraliser ? Quelle articulation entre unité de la République et diversité des territoires ? Quelle place accorder aux collectivités territoriales dans la conduite des politiques publiques ?
Pour répondre à ces questions, j’ai la chance de recevoir les deux publicistes en chef de la Prépa ISP, à savoir Jean-Paul Gélin et Grégory Portais.…