Le terme même d’addiction est relativement moderne. C’est un vocabulaire usité en médecine au XXème siècle, plus sûrement d’ailleurs en France dans la seconde moitié de ce siècle.
Cela lui donne naturellement une connotation médicale, se dessine l’idée de pathologie, mais aussi l’idée d’un problème de société, qu’il faut chercher à résoudre.
Le terme renvoie aussi plus simplement à l’idée de dépendances, et en cela y réfléchir ouvre d’autres perspectives : une vision historique, humaine, individualiste, une perception parfois moins sévère ou lourde comme la passion, l’excès ou simplement le besoin.
C’est un prisme pour regarder la société, certains en profiteront pour la juger, juger l’autre, mettre en évidence la déliquescence, la dépravation des temps modernes, oubliant que les dépendances, et les addictions constituent un problème de tous les temps, fortement documentés et illustrés à tous les niveaux de la société.
Certes, immédiatement l’on pense à la drogue comme exemple, aux junkys, aux salles de shoot, aux seringues… une image sévère, on oublie, la sympathie que l’on a à l’égard de Sherlock Holmes, le héros de Arthur Conan Doyle, qui aimait prendre de la cocaïne, de la morphine ou encore de l’héroïne, Sherlock Holmes junky. Charles Beaudelaire aussi évoquait dans son œuvre « les paradis artificiels » et sa relation très étroite avec les drogues. On parle de hashish ou encore de l’opium.
La drogue n’est pas la seule substance addictive que l’on trouve dans la littérature, on pense aussi à « L’assommoir » de Zola et les ravages de l’alcool dans le monde ouvrier, ou encore à l’addiction au sexe dans « Les jardins de l’ogre » de Leila Slimani.
Les addictions touchent toutes les populations jusqu’aux célébrités, j’apprécie beaucoup pour ma part, un artiste, Macklemore qui a fait parler de lui s’agissant de consommations de drogues : on pense à son titre « Otherside », traduit en ces termes « l’autre côté », ses paroles évoquent la consommation de produits addictifs.
Le film « le dernier pour la route » : film français de Philippe Goudeau, sorti en 2009 avec François Cluzet qui raconte le combat contre l’alcool. François Cluzet a confessé qu’il était un ancien alcoolique, avoir pu interpréter son propre rôle à certains égards, cela faisait écho à sa propre histoire.
Les addictions touchent des personnes politiques, quand le pouvoir n’est pas lui-même considéré comme une addiction, en lien avec le syndrome de l’hubris.
D’autres dépendances sont tout aussi connues et sont aujourd’hui considérées comme problématiques : l’addiction aux jeux, aux réseaux sociaux, au travail et même aux sports ou à l’effort physique (on a pu dire de votre serviteur il y a quelques années, que j’étais work addict et c’était sans doute réalité).
Bref, le sujet des addictions est vaste et complexe, sociétale, politique mais aussi directement en lien avec l’humain, l’individu. Un sujet indissociable d’autres maux de notre temps.
Pour envisager ce thème d’envergure donc, j’ai le plaisir de recevoir Charlotte Lepaisant, CPIP et intervenante au sens de la Prépa ISP.