La Story Nostalgie

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La Story Nostalgie episodes

  • Madonna, True Blue et Sean Penn : la déclaration d'amour sincère de la star mondiale en 1986
    1986 a été une des très grandes années de l’industrie mondiale de la musique. On commence à vendre beaucoup de CD, c’est vrai, dont pas mal de rééditions d’albums et puis, et puis les nouveautés par palettes grâce aux clips vidéos, aux radios et aux magazines musicaux, on n’a jamais vendu autant de disques.

    Et donc après les tubes de l’été, arrivent les grands enjeux de la rentrée avec, au bout, les fêtes de Noël où les gens s’offrent des vinyles et des CD par millions. Ça tombe bien puisque le monde de la création connaît au milieu de ces années 80, une effervescence dans la créativité qui ne sera jamais égalée. On est toujours sous le choc du Thriller de Michael Jackson et de sa suite qu’on attend avec impatience, de la toute puissance de Phil Collins et son groupe Genesis, puis David Bowie, Prince, Kate Bush, Whitney Houston, Lionel Richie, Metallica, U2, allez on arrête là, de toute façon c’est des tonnes de révélations chaque semaine.

    Et Madonna, dans tout ça ? C’est vrai que depuis son second album, Like A Virgin, c’est la nouvelle star mondiale. Un peu trop d’ailleurs. Depuis le triomphe de son film Recherche Susan désespérément, et de son mariage tumultueux avec Sean Penn, la surmédiatisation devient pesante.

    Car on ne parle plus que des exactions, beuveries et bagarres de son mari, acteur hollywoodien au caractère particulier. Les photographes les traquent jour et nuit, c’est infernal, car plus il en fait, plus les journaux paient chers pour une photo, provoquant les pires intrusions dans leur vie privée, ce qui les énerve encore plus et ainsi de suite. Et donc, Madonna les supporte de moins en moins car elle en finit par être plus un personnage de magazine people qu’une chanteuse.

    Pourtant, derrière la porte du studio où elle prépare son prochain album, c'est l’autre Madonna qui apparaît. Une jeune femme de vingt-huit ans amoureuse et heureuse. Et parmi les nouvelles chansons, il y en a une qui lui ressemble plus qu'aucune autre : True Blue.

    En anglais, être true blue, ça veut dire être fidèle jusqu'au bout, loyal, quelqu'un sur qui l'on peut compter. Une expression que Sean Penn emploie souvent. Alors Madonna la reprend pour le titre de son album et de cette chanson qu'elle lui dédie. Pour elle, Sean n'est pas le mauvais garçon qui fait les gros titres des médias. C'est l'homme qu'elle vient d'épouser et avec qui elle s'imagine passer toute la vie.

    Lorsque True Blue arrive en radio en cette rentrée 1986, et qu’on entend cette chanson d'amour légère et lumineuse, loin de l’esprit provoc de Madonna, on est très touché d’entendre cette déclaration sincère. Et c’est d’autant plus touchant que personne ne peut imaginer la suite de l’histoire.

    4 min
  • ABBA et le tube mondial de la rentrée 1976 : comment "Boogaloo" est devenu un chef-d'oeuvre intemporel
    On connaît tous l’expression Tube de l’été, on l’a tous utilisée. Mais bizarrement, on ne parle jamais de tubes de la rentrée. Pourtant y en a ! Chaque année, et depuis des décennies, depuis que les classements existent.

    Et en 1976, il y a cinquante ans exactement, les tubes mondiaux sont toujours soit américains et soit britanniques. On n’imagine pas un N°1 mondial belge, espagnol, allemand et encore moins, suédois, à moins d’une exception, et quand ça arrive, toujours sans lendemain. Non, les seules grandes machines à produire des tubes à la chaîne viennent de Grande-Bretagne et des Etats-Unis.

    Pourtant, il y a deux ans, un groupe suédois a réussi l’exploit de réaliser l’impossible. Sa victoire au concours eurovision lui a permis non seulement de se hisser au sommet des classements en Europe mais aussi d’entrer dans le Top 10 canadien et américain. Et au lieu de retourner dans l’oubli juste après, comme tous les autres vainqueurs de ce concours, Abba a réussi à aligner cinq autres tubes en Europe. L’Amérique, c’est plus dur. Pourquoi ? Et bien parce que le groupe ne rentre pas vraiment dans les canons du rock. Avec son look scintillant, propret et souriant façon Colgate, Abba est très loin des Rolling Stones, Pink Floyd ou David Bowie, on ne les prend pas au sérieux dans les médias.

    Déjà, ils n’ont pas emménagé à Londres mais sont restés à Stockholm. Stockholm, vous imaginez ? Non ! Et ben justement, personne n’imagine un groupe de rock dans une ville pareille. Si déjà, on pouvait l’imaginer, cette ville, mais on ne la connaît pas. Et quand on la connaît, avec ses ilots et ses canaux, ses cafés et restaurants qui ferment tôt et ses rues silencieuses et noires en hiver alors qu’il n’est que 15 heures, ça ne fait pas très “écrin de groupe pop star mondiale”.

    D’ailleurs, c’est bien simple, devant l’entrée du Polar Studios où Abba enregistre pour l’instant, il n’y a pas de fans qui font le pied de grue pour les accueillir, on dirait l’entrée d’une étude de notaire. Et c’est là qu’on fabrique des tubes ? Non ! Des plans pour la nouvelle Volvo, oui, mais un tube mondial !

    Et pourtant… Derrière cette façade sans histoire, il y a deux hommes, deux musiciens. Benny, au piano avec Björn tournant autour de lui avec un carnet. Depuis deux ans, ils ont un objectif : prouver que Waterloo n'était pas un accident.

    Et justement, la tournée australienne terminée, Benny est rentré à Stockholm avec une idée qui ne le lâche plus. Ce n'est pas une mélodie mais un balancement qui lui trotte en tête depuis qu’il y a entendu Rock Your Baby de George McCrae à la radio. Et Benny cherche ce même mouvement, ce groove, au piano. Alors, pendant plusieurs jours, il part à sa recherche sur le clavier et puis un matin, avec Björn, ils sentent qu’ils tiennent enfin quelque chose. Ils se le disent, sans oser s’avouer qu’ils tiennent quelque chose de fort, de très fort. Sur la boîte de la bande magnétique, ils écrivent un titre provisoire : Boogaloo.

    Dans quelques semaines, ce morceau portera un autre nom. Ce sera le tube mondial de la rentrée, y compris aux Etats-Unis et cinquante ans plus tard, tout le monde aura encore cette furieuse envie de le chanter.

    4 min
  • La Story Nostalgie fête 25 ans : les coulisses des rencontres avec Eddie Mitchell et Michel Sardou
    Pour les 25 ans de La Story Nostalgie, Brice Depasse lève le voile sur les coulisses de ses rencontres les plus marquantes. Un micro en panne face à un Eddie Mitchell intimidant à l'hôtel Lutetia à Paris. Une première visite chez Michel Sardou, attendu comme un homme difficile, et découvert comme un homme affable, rieur et profondément humain. Des anecdotes jamais racontées sur antenne, parce qu'elles relèvent du making-of, parce qu'on redoute de casser la magie... ou simplement parce qu'elles n'appartiennent qu'à ceux qui les ont vécues. 25 ans de stories, de surprises et de rencontres inoubliables avec les plus grands artistes francophones.
    5 min
  • La Story Nostalgie fête ses 25 ans : Brice Depasse raconte ses plus belles rencontres avec Sardou, Hallyday, Souchon et bien d'autres
    Les 25 ans de Story écoulées m’ont valu bien des surprises que j’espère avoir été en mesure de traduire en mots dans mes séquences. Bon il y a aussi des trucs qu’on ne raconte pas sur antenne. Parce que ça relève du making of, qu’on redoute de casser la magie ou plus généralement que cela n’en vaut pas la peine, ça ne concerne que nous.

    Ainsi de ma première rencontre avec Eddy Mitchell qui débarque avec son attaché de presse au milieu du bar de l’hôtel Lutetia, Rive gauche, à Paris. Un Eddy Mitchell qui s’apprête à sortir de plusieurs années où il n’a pas parlé à la presse et qui arrive avec le regard noir de ses lunettes de soleil, un grand chapeau de cowboy vissé sur la tête et les mains accrochées à son ceinturon tel John Wayne sorti de Rio Bravo.

    Alors vous vous installez à une table face à lui qui commande au garçon une menthe à l’eau mais vous ne réagissez pas car votre micro ne fonctionne pas, que se passe-t-il ?, et, zut, la batterie est presque à plat, vous avez oublié de couper l’alimentation. Alors, pendant que vous vous démenez, Eddy ôte ses lunettes noires, pose les coudes sur la table et le visage entre ses mains tout en vous fixant sans piper un mot. Y a de quoi partir en sucette car vous devez ramener 30 minutes de bon produit à passer sur antenne pour une journée spéciale !

    Quel décalage quand quelques années et pas mal d’interviews plus tard, un verre de whisky dans sa loge avant un concert, une chope de bière belge partagée lors d’une avant-première au cinéma, je me trouve dans son bureau à Paris, en riant de cette histoire, du plan qu’il a fait pour me stresser, et dont il dit ne pas se souvenir. Eddy est très attaché au passé, ce n’est un secret pour personne et c’est un grand raconteur d’histoires, il m’a donné du grain à moudre, permis d’écrire des Story étonnantes qui font revivre des quartiers entiers de Paris, une époque où les gens vivaient ensemble.

    Et que dire de celui qui m’a réservé la plus grosse surprise de ma carrière : Michel Sardou. Premier rendez-vous, première rencontre, chez lui. Carrément. Son nouvel album est une bombe, on l’a bien senti en l’écoutant, il va d’ailleurs lui valoir 2 ou 3 N°1, donc, il ne faut pas se louper. Mais il est infernal, m’a-t-on dit. Il en a viré plus d’un au bout d’une minute. Je confirme, je vais y assister un jour.

    Et c’est vrai que dans le hall d’entrée, l’accueil est poli, mais la poignée de main est virile et ses traits bien fermés, exactement l’image publique d’un homme qu’on a tant vu à la télévision depuis trente ans.

    On me fait entrer dans le salon, magnifique demeure dans un quartier privé, où j’attends qu’on vienne me chercher. Et là, quinze minutes plus tard, il surgitd’une porte passe devant moi, s’arrête et me demande si on m’a proposé quelque chose à boire. L’attention a beau être minimale, le ton dans la voix n’est plus celui du Sardou qui répond aux questions du JT, c’est celui auquel je vais avoir droit lors de chaque rencontre. Car à mon grand étonnement, on est très loin du gars cassant, c’est au contraire un homme affable, rieur et blagueur, et je comprends pourquoi il a aussi longtemps été le meilleur ami d’un vrai gentil comme Johnny Hallyday. Je n’ai pas un disque de Sardou chez moi mais c’est l’artiste que j’ai le plus aimé retrouver dans ce métier.

    4 min
  • Freddie Mercury aurait eu 80 ans : la story de l'immigré devenu roi du rock
    Si Freddie avait fêté ses 80 ans ce 5 septembre, aurait-il encore porté son manteau d’hermine lors des rappels ? On a tous cette image de lui revenant à la fin du concert habillé en Queen ou en King du Royaume-Uni sous les acclamations d’un public innombrable et conquis.

    Quelle revanche pour lui, l’immigré de 18 ans arrivé à Londres, fuyant un ex-territoire de l’Empire britannique, et tombant au bas de l’échelle. Il n’y songe même pas, tout cela est oublié, a été gommé. C’est pour cela qu’autant le manteau que la couronne doivent être crédibles.

    L’ensemble lui est livré depuis Londres par la couturière elle-même, lors du concert à Paris, dans sa suite à l'Hôtel Royal Monceau. Ça ne peut pas mieux tomber. A deux pas de l’Arc de Triomphe voulu par l’empereur Napoléon, relancé par Louis XVIII et inauguré par son successeur le roi Louis Philippe, Freddie Mercury voit la costumière sortir une vraie couronne du carton et la lui poser sur la tête. Une fois drapé dans son manteau de traîne de plus de dix kilos qui recouvre élégamment son peignoir jaune entrouvert, Freddie prend une pose grandiloquente provoquant les rires de son entourage qui s’était réuni pour prendre le thé.

    Mais le métier reprend vite ses droits, voulant mettre au point une allure royale de rockstar, il saisit une banane dans la corbeille de fruits en guise de micro et se met à marcher dans la pièce. Mais cette suite n’est pas digne d’un roi, trop exiguë, alors d’une main assurée, Freddie ouvre la porte de la chambre et arpente le couloir de l’étage, déambulant royalement sous les regards éberlués de clients de l’hôtel qui regagnent ou quittent leur chambre.

    Dix ans après avoir mis au point ce God Save the Queen qui clôturait le disque A Night At The Opera façon Jimi Hendrix, que Freddie avait découvert, par hasard, lors d’un concert d’Eric Clapton dans les années 60, Freddie met enfin la touche finale, manquante au tableau de fin des concerts. Il ne s’agit plus de dire au public, c’est fini, il n’y aura plus de rappel, vous pouvez y aller, mais d’assumer pour le groupe que, oui, la star, c’est Freddie. Même s’il n’est rien sans les autres comme vient encore de prouver son album solo.

    Non, ils ne sont rien l’un sans l’autre. Freddie avait d’abord connu Roger dans les années 60, partageant la même coloc à Kensington, puis avait découvert le groupe qu’il formait avec Brian et qu’il avait rejoint, avant que John ne vienne compléter le quatuor. Inséparables. Cette année-là, Freddie dira sur scène au public de Wembley, on ne se séparera jamais, on jouera tant qu’on sera en vie. Et à un journaliste qui lui demande pourquoi il continue encore, il répond avec son tac-au-tac légendaire : Parce que je ne sais rien faire d’autre.



    4 min
  • Freddy Bulsara à Londres : le jour où tout a commencé pour celui qui allait devenir Freddie Mercury
    5 septembre 1964, Freddie Bulsara fête ses dix-huit ans, à la maison, avec sa sœur et ses parents. C’est vraiment ici qu’on va vivre ? Tels ont été ses premiers mots quand ils se sont retrouvés quelques mois plus tôt, face à une toute petite maison de briques encastrée dans la longue enfilade monotone d’une cité ouvrière.

    C’est ça Londres ? Ça ne ressemble pas du tout à ce qu’il avait imaginé, à ce qu’il en avait vu dans des films, des images de magazines, des livres. A deux pas de l’aéroport d’Heathrow, 3 chambres, un séjour, une cuisine, une sdb minuscule et un jardin prétexte, tout ça sous un ciel triste et froid, il n’aurait jamais imaginé que cela puisse être comme ça. Freddie n’a connu que la plage blanche et la mer turquoise, une grande maison avec des domestiques à Zanzibar. Même l’internat en Inde passe pour un paradis à côté de ce quartier.

    Mais ils sont vivants et c’est le principal. Des milliers de personnes ont massacrées lors de la révolution. Son père étant fonctionnaire de l’empire britannique, il était une cible toute désignée. La famille avait pris la fuite pour l’Inde, abandonnant tout derrière elle dans sa précipitation.

    Comment Freddie pourrait-il alors imaginer que cette ville où il traîne son désespoir de jeune adulte, va lui offrir tout ce qu’un ex-adolescent a pu rêver : le succès, la gloire, la fortune. Et bien, je vais vous étonner, c’est justement Freddie qui, le premier, alors que son père est proche de baisser les bras, lui qui n’est plus rien qu’un immigré iranien, ou paki selon les gars qui lui parlent mal, dans cette ville de l’autre monde, se voit en terre promise.

    Car c’est vrai, leur quartier, le climat, c’est pas ça, mais bon sang, il a été élevé, reçu une éducation de Britannique à l’autre bout du monde, et le voilà à présent au cœur de l’Empire. C’est une chance !

    Mais quand même, il exagère, trouve son père, il pousse trop loin l’intégration, là. Mais que croit-il ? Que les Anglais vont le reconnaître comme un des leurs ?

    Bomi Bulsara voit son fils s’habiller comme les Beatles, puis les Stones, Pink Floyd, Deep Purple, avec des jeans serrés, des blousons, des foulards et se fondre dans la masse. Ainsi de ce soir où il va avec des potes, voir jouer Cream, le nouveau groupe d’Eric Clapton, celui-ci appelle sur scène, un jeune guitariste noir américain : Jimi Hendrix. Freddie ne rate rien des moments où il joue les mains dans le dos, puis avec les dents, ou fait le grand écart en plein solo. Le désespoir des premiers jours a fait place à une fête permanente car Londres est, en plus de ses musées, galeries d’art, magasins de fringues, devenue la ville qui swingue. Des jeunes arrivent du monde entier en espérant croiser les stars du moment, alors que lui, il y vit toute l’année !

    Non, vraiment, il va y arriver, il y est déjà dans sa tête comme ce matin, avant les cours, où il se tient debout sur un banc de son école supérieure à mimer les gestes d’Hendrix pour montrer ce qu’il a vu, à ses camarades de classe. C’est alors qu’un prof entre dans la classe et voyant ce maigre garçon s’agiter avec ses grandes dents, s’écrie “Descends de là, Freddie, et assieds-toi, tu ne seras jamais une rock star.”

    4 min
  • Freddie Mercury fête ses 38 ans : la soirée légendaire du 5 septembre 1984
    5 septembre 1984, Freddie fête son 38ème anniversaire avec ses copains de Queen et les 11.000 spectateurs du Wembley Arena. C’est la deuxième des quatre dates londoniennes à guichets fermés, la tournée de l’album Works et le succès phénoménal des singles et des clips de Radio Gaga et I Want To Break Free dont le public a interprété par chœur le premier couplet sans que Freddie ait eu à chanter le premier mot.

    Et donc, 38 ans, ça se fête. Freddie en organise une démesurée, folle, dans la boîte à la mode, le Xenon. Située sur Piccadilly, là où dans quelques semaines on fêtera la sortie du deuxième album de Wham! en présence de George et Andrew, évidemment, ce 5 septembre, ce sont 500 invités qui attendent Freddie. Je vous laisse imaginer l’ambiance. Le voilà qui arrive dans ce qui semble être une tenue de scène rouge, laissant apparaître de larges épaules musclées une fois son blouson de cuir ôté.

    Le gâteau est bien évidemment à la hauteur de l’événement, en forme d’un modèle vintage de Rolls Royce, mais de la taille d’un cuistax, c’est dingue. Freddie donne le premier coup de couteau et de dent aussi, quelle image, pour un type qui semble croquer la vie à pleine dents, qu’il a bien visibles.

    Parmi les invités, on reconnaît beaucoup de stars du rock, bien sûr, mais aussi Mary Austin, qui huit ans après leur séparation n’est jamais loin. Comment peuvent-ils deviner que le portrait d’eux pris ce soir à la sauvette, avec Freddie la tenant dans ses bras, sera le plus diffusé dans les médias trente ans plus tard, qu’on parlera encore de leur histoire.

    Oh, il y a aussi tous les amis de bringue de Freddie, les fidèles et ceux d’un soir mais ce n’est pas eux qui attirent le plus l’attention, non, c’est une femme dont il est très proche et avec il partira au milieu de la nuit en la tenant par la main.

    En Allemagne, il ne se trouve personne pour ignorer son nom, Barbara Valentin est une enfant star, une comédienne. Autrefois le profil type de la petite bavaroise blonde, aujourd’hui les traits fatigués de quelqu’un qui a trop bu pour accompagner sa solitude de vedette, dépassée par un nouveau cinéma qui ne la reconnaît plus.

    Barbara a plu à Freddie dès leur première rencontre à Munich. Lors d’une soirée dans un bistrot, elle avait brûlé son manager avec sa cigarette sans le faire exprès. Il était monté dans une rage folle mais cela n’avait pas eu l’heur d’impressionner la comédienne. Freddie l’avait invitée à boire un verre, ils avaient parlé jusqu’au bout de la nuit, il l’avait raccompagnée chez elle, et était sorti de son appartement marqué par sa présence.

    Ils emménagent rapidement ensemble à Munich, leur vie commune est atypique mais c’est un nouvel ancrage pour Freddie. Mary s’est montrée très froide ce soir du 5 septembre face à Barbara, qui, même si elle modère Freddie lorsd e leurs virées, le fait rentrer quand il va trop loin, est aussi une habituée des lieux de débauche.
    4 min
  • Freddie Mercury aurait 80 ans : retour sur l'été 1978, de New York à la Côte d'Azur
    Ce 5 septembre 2026, Freddie Mercury aurait fêté ses 80 ans. Incroyable, hein ? On ne l’imagine pas à 80 ans. Son image, ses images sont figées avant la cinquantaine pour l’éternité. Alors on va y retourner dans ce passé légendaire, nous sommes le 5 septembre 1978, Freddie fête son 32ème anniversaire.

    Nous nous trouvons dans une région familière pour un grand nombre d’entre nous, la Côte d’Azur, précisément, à Saint-Paul-de-Vence, dans la maison de Bill Wyman, le bassiste des Rolling Stones. Une fête à laquelle se joignent pas mal d’amis de Freddie, venus de Londres et de New York.

    Car figurez-vous qu’il vient de s’enticher de New York. En effet, début décembre 77, lors du second concert de Queen à Madison Square Garden, il reçoit la visite d’une fan de marque : Liza Minnelli. Imaginez le choc pour Freddie qui juste après avoir reçu l’aval de Groucho des Marx Brothers, il reçoit après concert les félicitations de la fille de Judy Garland, LA dorothée du Magicien d’Oz et, du grand réalisateur Vincente Minnelli. Tous les gars de sa génération ont vu les films des parents de Liza. Il est si impressionné qu’il décide de rester à New York pour se rendre à une représentation sur Broadway d’un Musical dans lequel elle tient le premier rôle.

    Pour Freddie, Liza, c’est la star de Cabaret, un film qui l’a terriblement marqué cinq ans plus tôt, et pas seulement parce qu’elle y est prodigieusement sexy et émouvante, mais aussi parce qu’il montre le Berlin Gay des années 30 face à l’intolérance nazie. Cette nuit-là, Freddie découvre une communauté new yorkaise libérée, dans des bars qui ne sont désormais plus considérés comme “louches”. C’est pour lui, une révélation.

    Il décidera bientôt de poser ses valises dans cette ville où on peut y sortir toute la nuit pour briser sa solitude sans être importuné parce qu’on est une star de la musique. Mais pour le moment, la tournée continue, en Europe, et après avoir notamment donné les mythiques premiers concerts à Forest National, les membres de Queen s’entendent dire par leur manager qu’ils gagnent désormais trop d’argent pour le fisc anglais. Ils doivent, pour les mêmes raisons que les Rolling Stones, quelques années plus tôt, expatrier leurs sources de revenus.

    Et donc ? Et donc, il y a un studio d’enregistrement à vendre à Montreux. Un studio avec de sacrées références de Deep Purple à Led Zeppelin en passant par David Bowie.

    Montreux est une ville pour enfants riches de 20.000 habitants, il n’y a rien à faire la nuit, à part un casino et un bar dont le groupe va se faire virer d’ailleurs, un soir, par conséquent, vous y serez d’autant plus concentrés quand vous enregistrerez. De plus vous aurez tout le temps, il sera à vous.

    Et donc, Montreux, Saint-Paul-de-Vence c’est à un saut de puce qui permet à Freddie d’assister au passage du Tour de France, certains disent à Montreux, d’autres à Nice, alors qu’il loge à l’hôtel Negresco.

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    4 min
  • Freddie Mercury aurait eu 80 ans : retour sur le destin d'une icône intemporelle
    Ainsi donc, ce 5 septembre 2026, Freddie Mercury aurait dû fêter ses 80 ans. On imagine les quatre membres de Queen se retrouver pour l’occasion, Freddie étant plus âgé que ses comparses, le passage de ce cap n’en aurait été que plus important.

    Peut-être ne résiderait-il plus aujourd’hui dans sa maison de Kensington où viennent encore chaque jour se recueillir de nombreux fans. Ni à Montreux dans la maison au bord du lac, avec le fameux hangar à bateau. Mais peu importe, le miracle est là, 35 ans après sa disparition, Freddie n’a jamais été aussi populaire, comme en atteste le succès du biopic Bohemian Rhapsody, tellement prodigieux qu’il en a lancé une mode dont on ne voit pas la fin.

    Freddie Mercury est une icône, un superhéros des années rock’n’roll star, un personnage historique pour des milliards d’humains du XXI° siècle. Une destinée d’autant plus improbable qu’il a durant toute sa carrière dû subir les attaques d’un milieu rock alors tout puissant qui ne le reconnaissait pas comme un des siens. Moqué par les critiques parce qu’il ne s’embarrassait pas des codes et du cloisonnement des genres musicaux, poursuivi par les tabloïds à cause de son immense popularité, Freddie est un héros tragique qui a dû ajouter un destin brisé à son parcours atypique.

    Aujourd’hui sa maison natale, dans son paradis perdu de Zanzibar est devenu un hôtel de caractère, avec ses chambres de charme au bord d’un océan de carte postale. Le monde de nos années 2020 oscille entre son émerveillement pour ses créations, ses performances vocales, sa présence sur scène toujours inégalée et l’admiration pour l’ostracisme qu’il a subi dans son existence pour le Paki Homo qu’il était.

    Le monde d’alors était ainsi fait que Freddie a dû se cacher au prix de se perdre avant d’enfin se trouver, s’assumer dans une décennie de libération qu’il a fini par incarner visuellement dans des clips, aujourd’hui du patrimoine.

    Pour les plus anciens, le Queen de Freddie Mercury, c’est un 45 Tours entendu à la radio, une vidéo à la télé qui a fait s’arrêter les aiguilles du temps l’espace de quelques minutes. Un concert à Forest National qui leur a donné l’impression d’être dans un autre monde, électrisé par un charisme qui n’a jamais connu d’équivalent, porté par une musique dont on ignorait qu’elle pouvait être poussée à une telle puissance. Queen, ce sont des 33, des 45 Tours, des CD, des cassettes échangés dans la cour de l’école pour découvrir des enregistrements qu’on n’avait pas les moyens de se procurer avec notre argent de poche.

    Alors, on ne va pas se lamenter sur toutes les chansons de Queen qu’on n’entendra jamais car Freddie n’a pas eu le temps de les enregistrer, de les laisser pousser dans nos vies. En vingt ans de carrière, il a eu l’occasion de nous en offrir assez pour éclairer une existence, pas vrai ? Et tenez celle-ci, l’a-t-il écrite pour quelqu’un en particulier ou pour nous tous ?

    4 min
  • La Story Nostalgie fête ses 25 ans : Harry Potter et Le Seigneur des Anneaux, la naissance d'un âge d'or du cinéma
    Quand je vous ai raconté les premières Story à la rentrée 2001, il a surtout été question des années 70 et 80. Et oui, c’était déjà tendance il y a 25 ans, les enfants, c’est plus une mode, ça. Mais bon, 2001, au présent, c'était aussi une sacrée époque. On parlait de nouveautés sans imaginer qu'elles allaient nous accompagner pendant un quart de siècle, et le reste.

    Ainsi, souvenez-vous, en novembre 2001, un petit sorcier anglais débarquait au cinéma. Et quelques semaines plus tard, un hobbit quittait la Comté pour détruire un anneau maléfique. Oui, Harry Potter et Frodon Sacquet, petits par la taille, ont été les grands héros de deux films très attendus du début du XXI° siècle. Vingt-cinq ans plus tard, ce sont devenus des personnages aussi célèbres que Tintin ou Luke Skywalker, si pas Ulysse et le Roi Arthur.

    Et pourtant, à l’automne 2001, ce n’est pas gagné.

    Si les livres pour enfants de Harry Potter cartonnent déjà, rien ne dit que Hollywood ne va pas décevoir des millions de lecteurs. C’est pour cela que l'auteure, J.K. Rowling refuse que son univers soit américanisé. Elle exige des acteurs britanniques, des décors fidèles, et garde un droit de regard inhabituel dans une adaptation. Quant au choix du petit Daniel Radcliffe, il fait débat : beaucoup le trouvent trop fragile, pas assez ressemblant au héros des romans. Et pourtant, quelques semaines après sa sortie, les critiques sont unanimes : la magie fonctionne, c’est le cas de le dire.

    Mais c’est en décembre qu’arrive un autre pari, encore plus fou. Adapter Le Seigneur des Anneaux, le roman le plus vendu de l’Histoire, considéré depuis toujours comme impossible à porter à l'écran. Peter Jackson a dû convaincre le studio de tourner les trois films d'un seul coup, en Nouvelle-Zélande. Une décision complètement folle pour l'époque, vu la somme investie avant même de savoir si le premier film marchera.

    Alors, malgré la merveilleuse surprise de ces deux réussites, personne ne peut deviner fin 2001 que la saga Harry Potter va nous passionner de plus en plus durant huit films, que l’univers du Seigneur des Anneaux va nous fasciner durant six très longs métrages de plus de 3 heures 30 et remporter dix-sept Oscars. Depuis, on sait que les mêmes studios ont échoué recréer un nouvel Harry Potter ou un nouveau Seigneur des Anneaux".

    Oui, cet automne 2001 a marqué la naissance d'un nouvel âge d'or du cinéma populaire. Si on y ajoute le Star Wars II qui raconte la jeunesse d’Anakin Skywalker, ces personnages créés au siècle dernier vont devenir des héros universels. Les enfants qui découvraient Harry Potter à onze ans ont aujourd'hui des enfants qui découvrent Harry à leur tour. Quant à Frodon, Gandalf ou Aragorn, ils sont entrés dans notre imaginaire collectif.

    Qui aurait dit que cette première saison de La Story, consacrée à des histoires du passé, allait être aussi le témoin de l'Histoire d’une Pop Culture alors en train de naître.

    4 min

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Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Ce podcast incontournable vous fait voyager à travers les époques, en…

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