Gros plan sur l'émission d'économie de RFI, Eco d'ici Eco d'ailleurs, qui reçoit aujourd'hui sa grande invitée RFI-Jeune Afrique puisqu'il s'agit de Sylviane Guillaumont Jeanneney, co-fondatrice du Centre d'études et de recherche en économie du développement, le CERDI, à Clermont-Ferrand.
Le centre d'études et de recherche fondé par Sylviane Guillaumont Jeanneney et son mari Patrick Guillaumont est aujourd'hui l'un des plus influents qui soit en matière d'économie du développement. Les derniers travaux de Sylviane Guillaumont Jeanneney portent sur le Sahel. En sont issues des recommandations, par exemple sur l'éducation.
« Il y a eu un très gros effort des bailleurs de fonds en faveur de l’éducation, raconte Sylviane Guillaumont. Les taux de scolarisation ont énormément augmenté mais, très curieusement, quand on regarde ce qui se passe, on s’aperçoit que depuis quatre ou cinq ans, l’effort de la communauté international s’est réduit. On a moins dépensé pour l’éducation ; mais d’autre part, les gouvernements, mais aussi les bailleurs de fonds, parce que c’est plus facile à justifier, ont voulu faire du quantitatif, c'est-à-dire augmenter les taux de scolarisation. Mais on ne s’est pas beaucoup préoccupé de la qualité. », analyse-t-elle.
« Le systrême de change de la zone franc est extrêmement moderne »
Le statut du franc CFA fait en ce moment l'objet de nombreuses attaques que Sylviane Guillaumont Jeanneney ne partage pas.
« Moi, je dirai que puisque cela existe depuis très longtemps, c’est que ce n’est pas si mauvais. Et je pense que le système de change de la zone franc n’est pas désuet. Au contraire, il est extrêmement moderne », déclare la co-fondatrice du CERDI. Puis elle ajoute : « Vous savez quand le FMI fait des prêts à des pays, il met des conditions assez strictes à ces prêts. Alors que le système du compte d’opération, c’est exactement l’inverse. Il n’y a pas de conditions aux tirages sur les comptes d’opération lorsque les pays n’ont plus de réserves. »
Les zones côtières de Tunisie au service du développement intérieur du pays
Concernant l'économie tunisienne, qui a fait l'objet d'une réunion au début de la semaine, les espoirs de la grande invitée de l'économie sont précis. Exemple.
« Il y a le déséquilibre territorial, le fait que la production est surtout sur les zones côtières et que les parties intérieures sont dans une situation beaucoup plus difficiles et donc ce qu’on pourrait espérer c’est que cet argent qui va venir ne va pas seulement être investi dans les zones côtières mais surtout va servir au développement de l’intérieur de la Tunisie. », dit-elle.
Sylviane Guillaumont Jeanneney considère que l'Afrique transformée ces dernières années mais que ses dirigeants doivent mettre l'accent sur l'essor des petites et moyennes entreprises, premières sources d'emploi.
Retrouvez l'intégralité de l'interview de Sylviane Guillaumont Jeanneney à 12h10 heure de Paris, 11h10 TU.