Le choix musical de RFI

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By RFIMusic
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Le choix musical de RFI episodes

  • Mah Damba et Clément Janinet, une griotte malienne sous le ciel du jazz contemporain

    La chanteuse malienne Mah Damba et le violoniste français Clément Janinet unissent leurs univers dans Mah Under The Repetitive Skies, un album où la tradition mandingue dialogue avec les textures du jazz minimaliste. Un voyage contemplatif et habité, à découvrir également sur scène au festival Rhizomes, à Paris, le 17 juillet 2026.

    Entre héritage mandingue et exploration sonore contemporaine, Mah Under The Repetitive Skies réunit deux artistes que tout semblait séparer, sinon le goût du voyage et de la transmission. D'un côté, Mah Damba, grande voix de la tradition griotique malienne. De l'autre, Clément Janinet, violoniste français formé auprès de Didier Lockwood et au Conservatoire national supérieur de musique de Paris.

    À l'origine du projet, une envie : déplacer le chant mandingue vers de nouveaux horizons sonores. Aux côtés de son trio La Litanie des Cimes - violon, violoncelle et clarinette -, Clément Janinet construit un écrin musical inspiré par les compositeurs minimalistes américains tels que Steve Reich, Philip Glass ou John Adams. Des motifs répétitifs, des mouvements lents et une attention particulière aux nuances donnent son titre à l'album : Mah Under The Repetitive Skies.

    Des récits transmis depuis des siècles

    Dans cet espace sonore à la fois épuré et ample, la voix grave et puissante de Mah Damba déploie tout un patrimoine oral transmis depuis des siècles. Chantés en bambara, les sept titres de l'album puisent dans la mémoire du monde mandingue : épopées guerrières, récits historiques, conseils de sagesse ou histoires d'amour.

    Ainsi, « Jelibaba » célèbre l'héritage d'un grand guerrier tout en appelant la jeunesse à avancer avec noblesse et confiance. « Jarabi », l'un des grands classiques du répertoire mandingue, reprend quant à lui cette vieille vérité universelle : l'amour est une maladie contre laquelle il n'existe pas de remède. Plus sombre, « Kumbe » évoque la bravoure des guerriers, mais aussi la question plus délicate de la désertion.

    Une musique suspendue entre deux mondes

    Mystique, méditative et pourtant profondément vivante, la musique de Mah Damba et Clément Janinet navigue constamment entre lumière et gravité. Les arrangements minimalistes de La Litanie des Cimes mettent en valeur la richesse expressive du chant tout en ouvrant un espace de dialogue entre traditions africaines et création contemporaine.

    Mah Damba, Clément Janinet et La Litanie des Cimes présenteront Mah Under The Repetitive Skies en concert aux Arènes de Montmartre, à Paris, dans le cadre du festival Rhizomes le 17 juillet. Une invitation à lever les yeux vers le ciel et à écouter les histoires qu'il continue de porter.

    8 min
  • Sienna Spiro fait exploser Tik Tok avec sa néo-soul et son album «Visitor»

    La jeune Britannique Sienna Spiro est le nouveau phénomène de la néo-soul. Elle cumule plus de 27 millions d'écoutes mensuelles sur Spotify et sort son tout premier album, intitulé Visitor. Sienna Spiro cartonne sur Tik Tok auprès de la gen Z en chantant des mélodies inspirées du jazz des années 60. La chanteuse sera à Paris à la Salle Pleyel en mars 2027.

     

    À tout juste 20 ans, la Londonienne Sienna Spiro explore l'héritage de ses ancêtres divas du jazz, comme Nancy Sinatra et Etta James. Tout son univers nous fait voyager dans le temps, jusqu'à son brushing ultra volumineux à la Priscilla Presley.

    En 2024, Sienna Spiro se démarque sur les réseaux sociaux grâce à sa voix rauque et puissante. Elle sort le titre « Die on this Hill »  (« Mourir sur cette colline » en français) en octobre 2025. La chanson devient virale en quelques mois et est reprise par des milliers d'utilisateurs sur Tik Tok.

    De la chambre d’ado au studio d’enregistrement

    Avant ce succès, Sienna Spiro est une adolescente comme les autres, qui aime se filmer en train de chanter dans sa salle de bain, rêvant de se produire sur scène. En sweat large et en jogging, elle publie des reprises acoustiques de tubes comme « Billie Jean » de Michael Jackson ou « Redbone » de Childish Gambino. 

    La jeune fille se donne corps et âme à la musique. Elle s'inscrit à la prestigieuse école East London Arts and Music, mais abandonne ses études à 16 ans pour composer et tenter de lancer sa carrière. Seulement quatre ans plus tard, elle sort son premier album.

    Éternelle romantique

    Les paroles aux accents mélancoliques de Sienna Spiro, décrivent la difficulté à faire le deuil d'un amour de jeunesse ou à trouver sa place dans des relations éphémères. Dans le titre « Time, You and Me », elle s'adresse à son amant et lui reproche de laisser filer le temps sans profiter des instants avec ceux qu'il aime. 

    À l’heure, où tout s'accélère, où l'on consomme massivement des vidéos de vingt ou trente secondes, Sienna Spiro veut inciter à retrouver une certaine forme d'authenticité et d'intemporalité dans nos rencontres, mais aussi à travers la musique qu'elle offre à son public.

    7 min
  • Avec «Talk To Me», Molly Johnson tend la main à la nouvelle génération

    C'est l'une des plus grandes voix du Canada… La chanteuse Molly Johnson dévoile un nouvel album, son neuvième, intitulé Talk To Me. Après avoir passé les deux dernières décennies de sa vie à sortir des disques, la chanteuse de 67 ans n’a pris aucune ride musicalement parlant. Elle qui a déjà chanté devant le prince Charles, la princesse Diana, Nelson Mandela et Quincy Jones, s'adapte tout naturellement aux changements de notre époque. 

    Ces dernières années, Molly Johnson composait principalement des chants engagés, des protest songs. Aujourd'hui, elle sent que son public a un besoin de calme, de danse et de joie. Dans l'actualité négative et anxiogène,Talk To Me apparaît comme un moyen de regarder vers l'avenir avec confiance.

    La chanteuse a débuté sa carrière dans des groupes de rock, mais après un rapide détour par la pop, c'est grâce à ses morceaux jazz et blues qu'elle a vraiment séduit son public. Dans ce nouvel album, elle a un pied dans le passé et un autre dans le futur. D'un côté, elle reste fidèle à ses musiciens de longue date et rend hommage à plusieurs figures majeures de la musique canadienne en reprenant leurs chansons, comme The Tragically Hip, Jacksoul, Haydain Neale et Shawne Jackson. Et de l'autre, elle collabore avec toute une nouvelle génération d'artistes, comme le producteur émergent de 20 ans à peine, CUBE.

    Elle raconte : « J'aime les jeunes artistes. J'aime interagir avec eux et connaître leurs idées pour l'avenir. C'est très inspirant, très émouvant. Avec CUBE, la première fois que je l'ai rencontré, je lui ai demandé ce qu'il pensait de l'intelligence artificielle et il m'a dit que c'était juste un outil. Nous sommes passés de l’encrier à l’IA. C'est un crayon : si vous ne l'utilisez pas, si vous n'y mettez rien, ça reste là et ça ne fait rien. Et j'aime cette vision. Parce que nous, les vieilles personnes, nous sommes tellement inquiètes pour nos enfants dans ce monde. Mais les enfants vont bien. »

    Un dialogue intergénérationnel entre artistes

    C'est sûrement en partie grâce à ses collaborations avec la jeune génération que ce nouvel album ne sonne pas vieillot du tout, bien au contraire. Molly Johnson a beau garder ses racines ancrées dans le blues et le rock des années 1990 et l'exacte même voix rauque mezzo-soprano qu'à ses débuts, son cœur est ouvert à la nouveauté.

    Elle a notamment collaboré avec la jeune rappeuse Haviah Mighty sur le morceau qui donne son titre à l'album, « Talk To Me », dont elle raconte l'inspiration : « J'ai vu une œuvre d’art composée de deux petites sculptures : une vieille femme, assise, avec ses mains sur ses oreilles, et une jeune fille qui lui parlait. Et en tant que parent, je comprends parfaitement cette situation. Je dis toujours à mes enfants : "mais parlez-moi, dites-moi ce qui se passe". Et quand ils commencent à me parler, moi évidemment en tant que parent, je me sens obligée de parler par-dessus ce qu’ils disent (rires). Nous, les vieilles personnes, nous devons apprendre à écouter. Voilà de quoi parle cette chanson. »

    Talk To Me, le nouvel album de la chanteuse Molly Johnson venue de Toronto. 67 ans et l'envie, par-dessus tout, de créer un dialogue intergénérationnel entre artistes.

    8 min
  • A6el, le rap suisse en quête de légitimité

    Comme tous les vendredis de cet été, ce sont les Médias francophones publics (MFP) qui partagent leurs coups de cœur musicaux. L'organisation fête cette année ses dix ans, elle réunit les radios publiques de Suisse, de France, de Belgique et du Quebec. Et aujourd'hui, nous allons écouter le rappeur A6EL, coup de cœur de notre consœur de la Radio-Television Suisse (RTS), Karine Vouillamoz. 

    C'est sans doute le plus gros coup de cœur de l’année 2026 de Karine Vouillamoz. C’est A6el. 

    Avant de vous parler de lui, il faut dire un mot de l’histoire du rap en Suisse romande. Elle débute dans les années 90, à Renens, tout près de Lausanne, avec un groupe qui s’appelle Sens Unik. Grâce à eux, non seulement le rap suisse existe mais en plus, il s’exporte. Aujourd’hui, depuis quatre ou cinq ans, c’est surtout la scène de Genève qui marque les esprits et, encore une fois, qui réussit à taquiner le public étranger. Les représentants de ce rap genevois s’appellent Di Meh, Slimka, et puis Makala.  

    A6el, lui, habite à Lausanne, et se pose des questions de légitimité. Est-ce qu’on a le droit de faire du rap dans un pays riche ? Il constate que la nouvelle garde genevoise est fière, au contraire, de ses origines. Lorsqu’ils montent sur scène, ces artistes font même flotter le drapeau genevois. Ça le fait réfléchir, lui qui parle notamment du Lac de Renens. Et puis un jour, sa psy lui annonce qu’elle n’a plus de temps à lui consacrer, alors il n'a pas le choix, il décide de se confier… à son téléphone. C’est comme ça que naissent ses premières chansons. Plus pop que hip hop, très profondes, très ancrées dans son quotidien, dans son vécu, des chansons qui nous parlent directement. A6el, c’est comme un pote qui nous appelle pour nous raconter ses histoires. Il y a une connexion immédiate. 

    A6el, ça s’appelle « Soleil » et ça pèse plus de 12 millions d’écoutes sur Spotify, et plus d’un million de vues sur Youtube. Pour un artiste suisse, cela fait une jolie performance... dans les chansons d’A6el, il y a le style, le phrasé, la voix, en un mot l’interprétation, il y a la qualité de l’écriture. Mais s’il nous touche autant, c’est aussi parce qu’il raconte des histoires universelles. On n’a peut-être pas traversé exactement les mêmes épreuves, mais ça nous rappelle forcément quelque chose. Par exemple, lorsqu’il s’adresse à sa maman. 

    Et puis il n’y a pas que le nombre de streams dans la vie. A6el est déjà prophète en son pays. Ici en Suisse, on l’a repéré du côté des Tataki Awards, des récompenses décernées par le jeune public. La Radio Télévision Suisse en a fait un artiste radar, donc un artiste à suivre de très près. Mais ça va déjà plus loin : en France, il a été invité sur France Inter et sa tournée fera escale à Paris, à la Cigale (27 octobre 2026). Le rap suisse s’exporte, une nouvelle fois. Et cette fois grâce à celui qu’on appelle déjà le Prince suisse : A6el.

    7 min
  • Elektre fait revivre le rébétiko à l'heure de l'électro

    Des mélodies grecques, des rythmes brésiliens, des influences congolaises et des sonorités électroniques : avec son premier EP Néon, le trio franco-gréco-congolais Elektre revisite le rébétiko, ce blues urbain né dans les ports et les quartiers populaires grecs. Un voyage musical métissé et envoûtant, entre mémoire, modernité et cultures en mouvement.

    Des sonorités orientales portés par des rythmes brésiliens et une voix soul qui chante en grec : dès les premières notes, Elektre affirme une identité musicale à part. Le trio réunit la chanteuse et percussionniste franco-grecque Maïlys Mallet, la guitariste et chanteuse gréco-congolaise Monika Kabasele et le bassiste breton Clément Buffière.

    Même le nom du groupe raconte cette volonté de mêler les références. « Elektre » renvoie certes à la mythologie grecque, mais pas à la célèbre héroïne tragique. Maïlys Mallet préfère évoquer une autre figure : celle des filles de l'Harmonie, créatures mi-oiseaux, mi-sirènes. Le nom joue également sur l'idée d'une musique « électrique », traversée d'éclairs sonores et d'expérimentations contemporaines.

    Sur les traces des cafés « néon » de Smyrne

    L'EP tire son titre d'une histoire familiale. Dans le morceau « Eubée », du nom de la grande île grecque, on entend la voix de la grand-mère de Maïlys Mallet. Ancienne professeure d'histoire de la Grèce antique à l'université Paris-Sorbonne, elle a transmis à sa petite-fille sa passion pour l'histoire et la culture grecques.

    Parmi ces récits figure celui des cafés néon de Smyrne, dans l'ancien Empire ottoman. Ces établissements occupent une place particulière dans la mémoire culturelle grecque. Les femmes pouvaient y chanter et les musiciens y mêlaient influences savantes et populaires, contribuant à l'émergence du rébétiko.

    Le rébétiko, chronique musicale des marges

    Aussi qualifié de « blues grec », le rébétiko est né dans les quartiers populaires, les ports, les tavernes et même les prisons. Il raconte la vie quotidienne, les joies, les peines, l'exil, l'amour, mais aussi les activités illégales et les petits trafics.

    Elektre reprend notamment « Kokaini », un célèbre rébétiko des années 1930. Comme de nombreux morceaux du genre, il fut victime de la censure. Ces chansons fonctionnaient comme de véritables chroniques urbaines, témoignant sans filtre de la réalité sociale de leur époque.

    Un laboratoire musical métissé

    Plutôt que de reproduire fidèlement ce patrimoine musical, Elektre choisit de le faire dialoguer avec des influences contemporaines et internationales.

    Les racines congolaises de Monika Kabasele apportent les couleurs de la rumba. Clément Buffière navigue entre instruments traditionnels, comme le bouzouki et le baglama, et les possibilités offertes par les machines électroniques. Maïlys Mallet accompagne parfois son chant avec des cuillères en bois venues de Cappadoce en Turquie.

    Le résultat est un univers que le groupe revendique comme gréco-rétrofuturiste, où se croisent rébétiko, trap, reggaeton, sonorités arabes traditionnelles et expérimentations électroniques.

    Une célébration collective

    L'EP s'achève avec « Sta Tria », morceau inspiré des panigiria, ces grandes fêtes populaires qui rythment encore la vie de nombreux villages grecs. Des rassemblements où toute une communauté se retrouve dans la danse, le chant et le partage.

    Une conclusion festive et fédératrice pour un disque qui célèbre les circulations entre les cultures, les époques et les territoires.

    7 min
  • L'insolente ascension de Vulfpeck, éternels adolescents de la funk

    C'est un groupe parti de presque rien, qui a gravi les échelons de l'industrie musicale dans une indépendance totale... Après une absence des salles parisiennes depuis 2018, le collectif de funk américain Vulfpeck sera en concert demain soir jeudi 9 juillet 2026, à l'Accor Arena.

    Le groupe Vulfpeck a été fondé en 2011 à Ann Arbor dans le Michigan, par quatre étudiants encore à l'université. Joe Dart à la basse, Woody Goss aux claviers, Théo Katzman au chant, batterie et guitare et le leader Jack Stratton à la guitare, batterie et claviers. Quatre musiciens tous un peu bizarres avec une idée en tête : créer une version allemande imaginaire des musiciens de studio américains des années 1960 comme The Wrecking Crew ou les Funk Brothers, et retrouver l'esprit des sections rythmiques live de cette époque.

    Pourquoi une version allemande ? Personne ne sait vraiment, d'ailleurs il ne faut jamais chercher la logique chez eux. Toujours est-il que le nom du groupe serait la prononciation à l'allemande de ce groupe imaginaire nommé « wolf pack », soit meute de loups en français, transformé donc en « Vulfpeck ».

    Les quatre musiciens à l'origine du groupe seront rapidement rejoints par quatre autres : Cory Wong à la guitare, Joey Dosik au saxophone et Antwaun Stanley et Jacob Jeffries au chant. Ensemble ils vont trouver leur son, très joyeux, au croisement de la funk, du jazz et de la pop, comme Snarky Puppy avant eux.

    Un insolent pied de nez à Spotify

    Après trois EP publiés au début des années 2010, Mit Peck, Vollmilch et My First Car, le groupe trouve une faille dans le système de rémunération des plateformes de streaming musical.

    Le groupe voulait à la fois rester indépendant, et proposer une tournée gratuite à son public. Alors en 2014, il publie sur Spotify l'album Sleepify, composé de 10 pistes de 31 secondes. Sa particularité ? C'est un album entier... de pur silence. Vulfpeck a demandé à ses fans de jouer le disque en boucle pendant leur sommeil. 5 millions d'écoutes plus tard, le groupe reçoit 20 000 dollars de la part du site, ce qui finance leur album suivant et leur tournée gratuite, avec des dates dans les villes où l'album a été le plus écouté.

    Eternels adolescents

    Vulfpeck continue de monter et ce en totale indépendance, sans contrat avec un grand label de l'industrie du disque, sans management et sans tourneur. Mais avec des refrains solaires, des boucles de basse entêtantes, une capacité à jammer sur deux accords pendant cinq minutes, et un humour absurde d'éternels adolescents.

    Sur scène ils sont souvent présentés les uns après les autres comme des joueurs de catch devant la foule en délire, ils jouent parfois en peignoir que le chanteur retire pour performer dans une baignoire remplie de glaçons... Bref, leur indépendance leur permet de tout oser artistiquement, et ils ne s'en privent pas.

    Le groupe américain Vulfpeck sera en concert demain jeudi 9 juillet 2026 à l’Accor Arena à Paris.

    7 min
  • Alewya, révélation du r'n'b, part de zéro et arrive au sommet

    À 29 ans, Alewya livre son premier album Zero, cinq ans après son premier single « Sweating ». Le nouveau projet mêle sonorités éthiopiennes, hip-hop et funk. Depuis sa sortie le 26 juin 2026, la critique ne tarit pas d’éloges.

    Par Fatou-Laure Diouf

    Alewya, fait une entrée fracassante dans le paysage du r'n'b, avec son premier album Zero. La foi est au cœur de l’identité de cette jeune Britannique, dont la mère est éthiopienne. Avec ses longues tresses et son cou couvert de tatouages ancestraux, elle propose une musique syncrétique entre les chants coraniques que lui faisait écouter son père égyptien, et les chansons chrétiennes transmises par sa mère éthiopienne, le tout mélangé à l’influence des stars du r'n'b comme M.I.A ou Beyoncé.

    Sur le titre « Eshi » – qu'on peut traduire par « d'accord » en français – on entend le masenqo, célèbre violon à une corde des azmaris, les poètes-musiciens éthiopiens. La sonorité a été retravaillée au synthé. Alewya glisse entre plusieurs styles musicaux avec une grande facilité. Oscillant entre prières à sa terre d’origine et ce côté très cool, voire grunge, à la londonienne.

    Avant d'en arriver à la musique, Alewya réalise tout un parcours dans la mode. Réfugiée, elle arrive à 5 ans avec sa famille en Angleterre. À l’adolescence, elle devient mannequin, pose pour le magazine Vogue Amérique et découvre les clubs électro alternatifs. Cette ambiance lui permet de démarrer sa carrière musicale, avec le single « Sweating » , en 2021. Le morceau compte plus de 11 millions de streams sur Spotify.

    Zero : manifeste de liberté

    La jeune chanteuse ne s'est pas toujours destinée à la musique. Elle a étudié les maths et la philosophie au prestigieux King's College de Londres, avant de se consacrer entièrement à son projet musical.

    Le nom du premier album d'Alewya, Zero, est un clin d'œil à sa passion pour les maths et la philosophie. Le zéro, en mathématiques, c'est à la fois le début, le milieu et la fin. Pour la chanteuse, il représente l’ouverture vers l’infini, vers tous les possibles. 

    Alewya, voulait se laisser porter par son instinct pour ce projet et surtout se libérer de la pression des attentes de l’industrie musicale. Pour y parvenir, il lui a fallu cinq ans. Zero est un album un peu éclectique, certes, mais il est peut-être aussi, l'album de la maturité.

    7 min
  • «Fais ton boucan»: la nouvelle maison des musiques afro sur RFI

    Sur RFI, la nouvelle émission Fais ton boucan donne la parole aux musiques afro, entre Afrique, Caraïbes et scènes afro‑descendantes. Porté par Délia Coliné et James Woka, ce rendez‑vous musical démarre le 6 juillet 2026 à 22h10, heure de Paris, avec un concentré d’énergie et de couleurs sonores.

    Avec Fais ton boucan, RFI ouvre un nouveau rendez‑vous quotidien entièrement dédié aux musiques afro. À partir du 6 juillet 2026, du lundi au jeudi à 22h10, heure de Paris (20h10 TU), la « radio du monde » propose une émission musicale qui met en lumière les scènes africaines, afro‑caribéennes et afro‑descendantes, portée par le duo Délia Coliné et James Woka.

    Le programme ouvert « à tout le monde, surtout aux amoureux de la musique », s’annonce comme un espace où les sonorités africaines, vibrations afro‑caribéennes, créations afro‑descendantes pourront résonner dans toute leur diversité. L’idée est simple : faire du boucan, au sens le plus joyeux du terme, en laissant parler l’énergie des artistes et des scènes qu’ils représentent. Faire son boucan, c’est aussi se produire, briller, et c’est bien ainsi que seront mis en avant les artistes et les cultures afro.

    Délia et James insistent : il y aura « un petit peu de tout », avec « beaucoup de couleurs » et la volonté de représenter « toutes les régions ». Au programme : des invités, un « petit journal du boucan » dédié aux dernières actus musicales, des dossiers consacrés à des artistes… le tout dans un revendique un état d’esprit léger et convivial, presque familial. « Venez comme vous êtes, on vous accueille », résume Délia Coliné. Fais ton boucan se présente ainsi comme un espace accueillant pour les auditeurs, mais aussi pour les artistes et les scènes afro, dans une approche accessible et chaleureuse.

    Le générique de l’émission donne une dernière clé de lecture : les animateurs ont choisi « Nuevayol » de Bad Bunny comme signature sonore. Un morceau qui, par son énergie et son hybridité, s’inscrit dans ce paysage global des musiques afro et urbaines que Fais ton boucan veut explorer et défendre sur les ondes de RFI.

    Délia Coliné et James Woka : un duo soudé au service du boucan

    Délia Coliné et James Woka se connaissent depuis près de six ans. Ils ont déjà travaillé ensemble dans un autre média et ont vite compris que le courant passait entre eux : ils aiment collaborer, se soutenir et se pousser mutuellement. Après avoir longtemps espéré, un jour, pouvoir vraiment travailler ensemble sur un projet commun, ils se retrouvent réunis derrière les micros de Fais ton boucan et ne cachent pas leur enthousiasme.

    Pour eux, c’est la force de leur duo qui fera la différence par rapport aux autres rendez‑vous musicaux. L’émission entend ainsi faire résonner la complémentarité de leurs sensibilités qui sera mise en avant lors des « battles » auxquelles il se livreront – sur un thème donné, chacun proposera la chanson qu’il juge la plus pertinente, et ce sera aux auditeurs d’arbitrer.

    Fais ton boucan promet des soirées où l’on fait du bruit, dans le sens le plus musical, chaleureux et vivant du terme. À suivre, dès le 6 juillet 2026, du lundi au jeudi, à 22h10 heure de Paris sur RFI.

    7 min
  • Eurockéennes: Amy Winehouse en moins, Joy Crookes en plus

    Joy Crookes, le nouveau joyau de la couronne britannique est l’une des têtes d’affiche des Eurockéennes 2026. La Londonienne débarque au festival de Belfort avec un luxe devenu rare : une identité soul que personne d'autre ne peut revendiquer.

    Les Eurockéennes, un des festivals les plus emblématiques d’Europe déroule le tapis rouge à la voix soul habitée et magnétique de Joy Crookes. La presse britannique s'entête à la comparer à Amy Winehouse. Elle, revendique plutôt le  jazz des divas noires Billie Holiday et Nina Simone. Mais reconnaît en revanche partager avec la star mondiale morte à 27 ans en 2011, la même quête d’amour absolu.

    Vingt-sept ans, c'est justement l’âge de Joy Crookes, aujourd'hui. En à peine neuf ans de carrière, avec seulement deux albums salués par la critique, Skin puis Juniper, la jeune femme s'impose comme la nouvelle égérie de la soul britannique.

    Une enfance nourrie de contrastes

    Joy Crookes est une chanteuse, autrice-compositrice, guitariste, pianiste et bassiste autodidacte. Son histoire commence par une belle rencontre. À Londres, sa mère bangladaise, livrait des sandwiches en entreprise. Un jour, elle croise un ingénieur irlandais. Il deviendra son époux. À la maison, son père écoute du punk. Sa maman préfère la musique bengalie.

    Entre les deux styles, la jeune fille découvre le trip hop de Massive Attack sur MTV. Ce croisement d'influences irrigue le titre « 19th Floor », en référence au dix-neuvième étage de la tour où vivait sa grand-mère, arrivée du Bangladesh au Royaume-Uni dans les années 1970 et à qui elle rend hommage pour son intégration réussie. 

    Des textes intimes et engagés

    L'amour familial, les racines, un ex-petit ami devenu gay après leur rupture,   nourrissent son répertoire. Au-delà de ces souvenirs personnels, l'artiste évoque aussi sa peau métisse et dénonce le racisme ainsi que les politiques migratoires britanniques.Chez Joy Crookes, la soul a du cœur et des convictions comme en témoigne « Kingdom ».

    On aurait vite fait de la ranger dans le sillage d'Amy Winehouse.Sauf que la Londonienne refuse le costume d'héritière et avance seule, au rythme nerveux de sa ville. La preuve avec « Pass The Salt » sur un sample de « Requiem pour un con ». Ce clin d'œil au chef d’œuvre de Serge Gainsbourg aurait pu s'arrêter à un simple effet de style, mais ici Londres se connecte à Paris, le présent répond au passé, et tout reprend vie avec Joy Crookes.

    Joy Crookes en concert aux Eurockéennes de Belfort le 3 juillet 2026.

    6 min
  • Olivia Rodrigo chante toutes les nuances de la passion amoureuse

    Avec Billie Eilish et Lana del Rey, c'est l'une des jeunes pop stars américaines qui cartonne : Olivia Rodrigo.
    Son troisième album solo, sorti le 12 juin 2026, s'est déjà imposé dans le top 200 du Billboard. Son titre : You Seem Pretty Sad For A Girl So In Love.

    Sur la pochette de ce nouvel album, Olivia Rodrigo se balance, tête en bas, sur un trapèze, en robe rose vintage. Une façon d'illustrer le titre You Seem Pretty Sad For A Girl So In Love que l'on pourrait traduire par « tu as l'air bien triste pour une fille si amoureuse ». La chanteuse de 23 ans livre un album expérimental en treize titres sur toutes les étapes de la passion amoureuse. Les premières chansons exaltant l'euphorie des premiers temps d'une rencontre.

    Sur le premier titre, Drop dead, Olivia Rodrigo chante : « Tu ressembles à un ange des murs de Versailles, Je ne me suis jamais sentie aussi vivante, Mais embrasse-moi et je pourrais tomber raide morte ». Sur le clip, on la voit courir dans la grande galerie du château de Versailles, et cela donne une idée de son poids dans l'industrie musicale.

    Son compte Instagram compte plus de 40 millions d'abonnés, ses vidéos YouTube totalisent plus de 6 milliards de vues. La chanteuse, qui a commencé à prendre des cours de chant et de comédie dès ses 6 ans, et est apparue d'abord dans des sitcoms ou films Disney s'est fait connaître en 2021 avec le titre « Drivers licence ».

    Déconvenue amoureuse

    Sur ce troisième album elle explore toutes les nuances de la passion, de la jubilation des débuts, à l'amertume, la rupture puis la reconstruction. Et musicalement, celle que l'on croyait héritière du rock FM des années 1990, sillonne aussi d'autres influences musicales. Comme la new wave par exemple sur « Maggots for the brains », où l'on peut déceler des influences du groupe britannique The Cure, période « A Forest ».

    Il y a d'ailleurs un titre intitulé « The Cure » sur ce nouvel album, signe que le groupe britannique fait partie de ses références. Olivia Rodrigo, qui avait interprété deux titres avec le leader du groupe, Robert Smith, sur scène à Glastonbury l'an dernier, crée la surprise sur son album avec un titre chanté en duo : « What's wrong with me ».

    7 min

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