Le Grand Témoin

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By Louis DaufresneNews
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Le Grand Témoin episodes

  • La France n’a pas voté un budget en équilibre depuis 52 ans

    Jean-Baptiste LÉON, journaliste, directeur des publications de l'association Contribuables associés. Auteur de Le Livre noir de l’argent public : les secrets d’un État en faillite (Hugo Doc)

    Épilogue d'un pénible marathon parlementaire de quatre mois, le budget de l'État pour 2026 devrait être adopté définitivement aujourd’hui, après le rejet probable des dernières motions de censure contre le gouvernement qui aura fait passer le texte par 49.3, grâce à la mansuétude des socialistes. La dette publique de la France dépasse 110 % du PIB, l’une des plus hautes d’Europe. Pour la Première présidente par intérim de la Cour des Comptes Carine Camby, il est « urgent d'agir », et de réduire les dépenses publiques. À ses yeux, il est « vain de parler de souveraineté alimentaire, numérique, industrielle ou sanitaire, quand notre souveraineté budgétaire est mise en péril par notre charge de la dette ». Mais qui s’en préoccupe vraiment ? Il faudrait poser le principe d’un budget « base zéro », c’est-à-dire partir de l’intention politique, dans un pays qui n’a pas voté de budget en équilibre depuis 52 ans (1974). Mais qui le fera ? Pour comprendre la France, il faut relire Frédéric Bastiat : « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » L’État ne produit rien par lui-même, tout ce qu’il distribue, il l’a d’abord pris aux citoyens (impôts, taxes, dettes) et chacun essaie d’obtenir par la loi ce qu’il n’obtiendrait pas librement. Ce système est malsain, immoral et fabrique de l’irresponsabilité. Peut-on en sortir et comment ? Jean-Baptiste Léon dirige les publications de Contribuables Associés, première association de contribuables de France créée en 1990 par des figures libérales historiques Benoîte Taffin et Alain Dumait. Il a également coécrit le documentaire « Trois mille milliards : les secrets d’un État en faillite » diffusé sur YouTube.

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    17 min
  • Euthanasie : on ne pactise pas avec la mort !

    Jacqueline KELEN, écrivain. Auteur de On ne pactise pas avec la mort -Guy Trédaniel)

    De quel côté se trouve le sentiment d’humanité ? Pour les uns, l’euthanasie est perçue comme l’apogée de la société du bien-être, qu’exprime le geste de l’ultime autonomie, celui d’une « fin de vie libre, universelle, gratuite, décidée par les personnes en grande souffrance », selon les propres mots du président de la Ligue contre le cancer, Philippe Bergerot. Pour les autres, l’euthanasie, en levant l’interdit de tuer, nous fait basculer dans un autre monde – qui ne dit pas encore son nom – mais qui, mue par une logique cynique, comptable et matérialiste, éliminera les indésirables. Le texte du député Olivier Falorni, voté avec une majorité claire à l'Assemblée au printemps dernier, va retourner au Palais Bourbon en deuxième lecture dès le 16 février dans la version adoptée il y a près d'un an. Le Sénat, en tergiversant puis en rejetant la proposition de loi sur l'aide à mourir, aura juste montré que les deux assemblées n’étaient pas alignées. Néanmoins les dissensions sénatoriales invitent à croire que l’opinion est peut-être en train de sortir d’une certaine somnolence. Tout l’enjeu est d’éveiller la conscience morale. Avec Blaise Pascal, Jean Pic de la Mirandole ou Étienne de La Boëtie, Jacqueline Kelen, familière des grands récits et des figures mystiques, réfléchit au mystère de la mort et à la responsabilité qui nous incombe envers nous-mêmes et envers autrui. « Tu ne tueras pas » demeure le fondement de la vie en société. En 2020, Jacqueline Kelen avait reçu le prix de la liberté intérieure. Elle montre que la « dignité » – dont se parent soi-disant les partisans de l’euthanasie – est piétinée par le monde orwellien qui se mettra inexorablement en place.

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    17 min
  • Quand l’élite de l’Europe était une cousinade

    Charles-Alexandre de la TOUR et TAXIS, descendant des rois de Grèce et de Danemark, des tsars de Russie et des princes allemands. Auteur de C’était une autre Europe - souvenirs de famille (Flammarion)

    Nul ne peut disconvenir que l’Europe, au-delà de l’Union européenne, traverse une crise existentielle inédite, marquée notamment par la dénatalité et désindustrialisation, ainsi qu’« un effacement civilisationnel ». Que l’expression vienne de Donald Trump ne suffit pas à la récuser. D’ailleurs, cet effacement ne date pas d’hier. La guerre froide, par la discipline qu’elle imposait au camp occidental, avait masqué les fragilités de l’Europe. Notons que les États-Unis jouent à son égard un jeu très pervers : ils veulent que l’Europe soit un vassal, qu’elle ne soit jamais un rival. Le Vieux continent a le privilège de la profondeur du temps et de l’histoire. Si tout se délite, faut-il changer d’élite ? Faut-il revenir à l’Europe des cousins ? Renouer avec les familles aristocratiques permettrait-il de réconcilier des peuples en plein désarroi, laissés comme orphelins, abandonnés aux extrêmes. On a tous besoin d’un père. La chose toutefois n’est pas si simple : les familles régnantes, qui n’ont pas réussi à empêcher la guerre de 14, ne sont pas faites pour gouverner mais pour incarner, pour peu qu’elles aient une très haute idée de leur rôle et des servitudes qu’il impose. L’inverse du monde des people et autres célébrités.

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    17 min
  • Et si on faisait sa fête à saint Thomas d’Aquin ?

    Père Grégoire FROISSART, vicaire à la paroisse Notre-Dame de Clignancourt, professeur au Collège des Bernardins, docteur en théologie et spécialiste de saint Thomas d’Aquin

    Entre des traditionalistes qui la déforment et des modernistes qui l’ostracisent, la pensée de saint Thomas d’Aquin souffre quelque peu, surtout en France, pays du schisme intellectuel. Peut-on réconcilier tout ça ? Sorti d’un monde d’enluminure, on imagine mal le fameux docteur Angélique errer dans les souterrains de la post-modernité, sans âme, chaotique, vulgaire et bas de plafond. C’est pourtant dans ce monde que nous vivons – qui s’organise très bien sans Dieu, source et sommet de la pensée thomiste. Saint Thomas mise sur notre intelligence en nous invitant à concilier foi et raison. On ne peut se satisfaire d’arguments d’autorité pour parler à nos contemporains de loi naturelle et de vérités éternelles. Un colloque aura lieu le 21 mars au collège des Bernardins, en partenariat avec la Revue thomiste et sous les auspices du père Grégoire Froissart, auteur d’une thèse sur « L'homme image de Dieu chez Thomas d'Aquin » (à paraître bientôt chez les Dominicains du Cerf). 

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    17 min
  • Les Français ne sont majoritairement favorables ni à l'euthanasie ni au suicide assisté, selon la Fondapol

    Dominique REYNIÉ, politologue, professeur des universités à Sciences-Po, président de la Fondapol

    La question de la fin de vie continue son chemin parlementaire au Sénat. Après avoir rejeté la semaine dernière la proposition de loi sur l’aide à mourir, la chambre haute examine celle sur les soins palliatifs, texte du député macroniste Annie Vidal. Alors qu'une dizaine de départements n’en sont pas équipés, l’élu propose de créer des « maisons d'accompagnement et de soins palliatifs ». Les deux propositions de loi seront mises au vote demain. Depuis le début de ce débat largement escamoté, les media relaient le plus souvent le discours des partisans de l’euthanasie et du suicide assisté, en particulier celui de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), ce qui tend à inhiber les représentants de la nation, quand ceux ne sont pas résignés ou craintifs à l’idée de prendre un risque politique en s’opposant à une réforme sociétale. Pourtant, contrairement à ce que ce discours fait infuser dans les esprits, l’opinion n’est pas du tout acquise à une rupture de l’ordre éthique, juridique et politique. Du point de vue du droit, l’euthanasie est un meurtre voire un assassinat puisqu’il y a préméditation. La représentation parlementaire ne peut ignorer ou présumer l’état de l’opinion. En tout cas, une enquête amène à considérer que la mort administrée ne répond pas à une demande pressante d’une majorité de Français. Cette enquête réalisée en octobre par la Fondapol, laboratoire d’idées « libéral, progressiste et européen », montre un tout autre visage de la question. Elle s’intitutle : « Les Français n’approuvent pas la proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté ». Le sondage a fait l’objet d’un partenariat avec les AFC, les Associations familiales catholiques.

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    17 min
  • Marek Halter fête ses 90 printemps, des projets plein la tête

    Marek HALTER, écrivain. Auteur de Le juif (Fayard)

    « Je vais fêter mes 90 ans mais j'ai encore de quoi faire », relève Marek Halter, auteur d’un 39e roman, sobrement intitulé « Le Juif » (Fayard), opus qu'il compare à « une parabole ». C'est « l'histoire d'un homme qui n'était pas juif », relate l'écrivain à succès qui célébrera son anniversaire demain dans son appartement du Marais, à Paris, où il réside depuis six décennies. Enfant, le héros de Marek Halter, Jean-David Dupuis, fut circoncis pour raisons médicales. Il devient « juif malgré lui, par le regard des autres ». Un roman sur la quête d'identité. Ce roman pose la question de savoir comment vivre avec une étiquette qu'on ne peut s'arracher. Parallèlement, Marek Halter continue à se battre pour la paix car il faut « rester optimiste, malgré tout », en particulier sur les relations entre juifs et palestiniens. L’écrivain né en Pologne et naturalisé français en 1980 organisera le 22 mars une nouvelle marche contre le terrorisme, avec des musulmans. Marek Halter pense que l’on peut critiquer Israël sans verser dans l’antisémitisme, même s’il attend de voir comment sera rédigée la proposition de loi qui, en voulant répondre à « l'explosion des actes antisémites en France » depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, prévoit de créer un nouveau délit réprimant les appels à la disparition d'un État. Ce texte est porté par Caroline Yadan, députée d'une circonscription des Français de l'étranger englobant Israël. Il figure à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale aujourd’hui. « Dans l'histoire, argue-t-elle, les Juifs sont toujours coupables : trop riches ou trop pauvres, empoisonneurs de puits, voleurs d'organes, assassins d'enfants, meurtriers de Jésus. Il y a toujours, hélas, une bonne raison de haïr les Juifs. Aujourd'hui, cette bonne raison se nomme Israël. » 

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    17 min
  • Le Mahomet de l'histoire n'est pas que chef de guerre, c'est aussi un mystique

    Mohammad Ali AMIR-MOEZZI, professeur des universités, directeur d’études émérite à l’EPHE, spécialiste du chiisme. A codirigé l’ouvrage collectif le Mahomet des historiens (éditions du Cerf)

    Dans les sociétés occidentales, et par la force de leur démographie, les musulmans occupent un espace de plus en plus important, et la présence de leur religion, difficile à cerner tant elle s’imbrique dans la culture, devient par endroit fort visible. On doit pouvoir étudier les racines et les ressorts de ce phénomène et faire en sorte que les travaux sur l’islam, qu’il s’agisse de Mahomet ou du Coran, continuent à être un objet d’étude, de débat, de critique. Cinquante chercheurs de renommée mondiale ont réfléchi à la figure du Mahomet, sous les auspices de deux universitaires, Mohammad Ali Amir-Moezzi et John Tolan. Professeur des universités, directeur d’études émérite à l’EPHE, spécialiste du chiisme, Mohammad Ali Amir-Moezzi avait déjà produit un très remarqué Coran des historiens de près de 4000 pages. Dans une société pluraliste, toutes les croyances sont disponibles, laissées au libre choix de la consommation spirituelle. Aussi aucun texte, aucune histoire n’est-il intouchable par essence, n’est inaccessible à l’œuvre de la raison. Le christianisme s’est largement plié à l’exercice, même contre son gré, et s’en sort plutôt bien. Il n’y a pas de raison que l’islam échappe à ce regard critique historique, d’autant que les représentations de Mahomet sont extrêmement variées et que la dimension mystique du personnage permet de compenser des ardeurs guerrières que l’islam politique a tendance à sélectionner de manière exclusive. Si la violence est dans les sources de cette religion, aucun musulman n’est invité à y recourir par principe. Ce travail est une invitation au savoir, à l’intelligence, au travail et à la nuance.

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    17 min
  • L'épopée du RPR peut-elle (encore) inspirer la droite ?

    Pierre MANENTI, normalien, ancien directeur de cabinet ministériel. Auteur de Le RPR - une certaine idée de la droite (Passés composés)

    Il y a cinquante ans, en décembre 1976, un certain Jacques Chirac démissionnait du gouvernement pour fonder le RPR, le Rassemblement pour la République, une écurie à la mesure de cet étalon de la politique auquel il faudrait vingt ans pour conquérir l’Élysée. Alors que la droite au Sénat, dans une sorte de sursaut, s’est rappelé la figure d’Antigone, la question est : le RPR peut-il encore inspirer cette droite dont on mesure mal la consistance, le charisme et l’empâtement sur la vie politique, mangée par la macronisme à gauche et confinée par le RN à droite ? La marque RPR (qui existe encore) évoque ce puissant parti de masse de quelque 900000 adhérents. L’épopée s’achèvera en 2002 par la fusion avec l’UDF dans un nouvel ensemble appelé UMP. Quels enseignements cette histoire peut-il procurer à la période de désarroi que vit la droite LR aujourd’hui ? Par ailleurs, quelle influence réelle ce grand parti a-t-il pu exercer sur les mœurs, les « conquêtes » sociétales de la gauche étant rarement contestées, en tout cas jamais remises en cause, par la droite de gouvernement ? La question migratoire et l'horizon européen restent aussi des sortes de points aveugles qui contribuèrent à renforcer le futur RN, si férocement combattu par Jacques Chirac tout au long de sa vie.

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  • La paix ne peut venir que de la souveraineté du Christ, dit Pie XI dans Quas Primas

    Philippe PELLET, chercheur franco-hongrois à l’Université de Budapest. Auteur de Royauté sociale du Christ et laïcité - relire Quas primas cent ans après (éditions Saint-Léger)

    Dans ces temps de confusion des repères, dans un monde sans boussole, la question de la royauté sociale du Christ paraît extrêmement disruptive. Et elle l’est. Il y a cent ans, le pape Pie XI publiait l’encyclique Quas Primas instaurant la fête du Christ-Roi. C’est à cette occasion que le mot laïcisme fut utilisé pour la première fois, afin de distinguer une saine laïcité d’une laïcité agressive et corrosive. Face aux tensions internationales et à la sécularisation continue des sociétés occidentales, comment actualiser cette pensée ? Philippe Pellet a entrepris ce travail à la croisée de la théologie et de la philosophie politique. D’une mère hongroise ayant fui son pays après le soulèvement de 1956, il passa trente ans de sa vie dans le domaine du développement durable, en Afrique, en Asie et en France. Il vit en Hongrie depuis vingt ans. Philippe Pellet collabore parallèlement avec Hungary Helps, l’agence gouvernementale d’aide humanitaire internationale aux communautés chrétiennes persécutées.

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  • Le monde d'après : qu’adviendrait-il si l’euthanasie devenait notre quotidien ?

    Matthieu NOLI, journaliste, romancier. Auteur de Chroniques euthanasiques (Salvator)

    Peut-on imaginer le monde d’après ? Qu’adviendrait-il si l’euthanasie était légalisée et entrait ainsi dans la vie quotidienne des Français ? C’est à cet exercice que s’est livré Matthieu Noli, non sans une certaine forme d’humour noir, puisqu’il s’agit de pointer les situations qu’un déplacement de la norme, celle de l’interdit de tuer, va engendrer, presque mécaniquement. Son récit vise à déminer les arguments en faveur de la mort provoquée. Journaliste, Matthieu Noli faillit mourir à l’âge de 30 ans lorsque dans les rues de Toulouse, victime d’une agression, il reçoit deux coups de couteau. Il restera entre la vie et la mort. Nul doute que cette expérience fut décisive. Matthieu Noli pointe un « secourisme à l’envers » et le caractère sirupeux du discours pro-euthanasique, alors qu’en vérité, les personnes les plus fragiles subiront une pression sociale telle qu’elles sentiront en devoir de se supprimer elles-mêmes. L’écrivain voudrait poser deux questions aux sénateurs : si leur mère leur demandait de mourir, la tueraient-ils ? Et seraient-ils capables de tenir la seringue eux-mêmes ? Matthieu Noli croit au miracle et se dit persuadé qu’après deux reports, cette proposition de loi en connaîtra un troisième et qu’au bout du compte, elle ne passera pas. 

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