Raffi DELANIAN, médecin, président de Dialogue RCF, représentant de l'église apostolique arménienne au comité oecuménique de Marseille
S’il est une ville laboratoire qui vit l’œcuménisme en actes, c’est bien Marseille, métropole où toutes les communautés vivent intra muros, contrairement à Paris et à Lyon. Ici, les Arméniens représentent 10 % de la population, 80000 personnes, dit-on, car la France refuse les statistiques de nature ethnique ou religieuse. C’est la deuxième plus grande chrétienté à Marseille, avec trois branches qui se parlent et s’estiment depuis le 50e anniversaire du génocide de 1915 : l’église apostolique, les évangéliques et les uniates. L’église apostolique, héritière de saint Thaddée et saint Barthélémy, a son petit Vatican, à Etchmiadzin. Les Arméniens ont une connaissance aiguë du monde islamique, ayant vécu cinq siècles de dhimmitude. En terre d’islam, cela signifie qu’ils sont à la fois protégés et inférieurs. Les vagues de persécution ont laissé des traces et, pour la diaspora, ont contribué à souder les Arméniens, ceux qui en particulier ont débarqué à Marseille pour refaire leur vie et, souvent y faire de belles carrières, à l’image de Raffi Delanian, fils d’orphelin, devenu médecin et président de Dialogue RCF.
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