Le Grand Témoin

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By Louis DaufresneNews
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Le Grand Témoin episodes

  • Radiodon à Metz

    Raphaël PITTI, professeur agrégé de médecine d'urgence et de catastrophe, anesthésiste réanimateur, conseiller municipal de Metz en charge de l’accueil des réfugiés et de l’intégration, président de l'association de solidarité HUSOME, Humanité-Solidarité-Médecine

    « La France doit accepter de perdre ses enfants. » Nous ne sommes pas en 1914, ni en 1940 mais en 2025. La personne qui s’exprime n’est pas un agitateur de plateau télévisé ; c’est le chef d'état-major des Armées français, le général Fabien Mandon, homme lige du président de la République, chef des Armées lui-même. Le général Mandon s’exprimait hier lors du Congrès des maires de France. « Ce qu'il nous manque, et c'est là où vous avez avec un rôle majeur, c'est la force d'âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l'on est », a dit devant les maires le plus haut gradé français qui prédit un choc avec la Russie « dans trois, quatre ans ». La phrase clé de sa déclaration est la suivante : « Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production défense, alors on est en risque. Il faut en parler dans vos communes », a-t-il conclu. Médecin humanitaire, Raphaël Pitti analyse ces propos à l’aune de sa longue expérience des conflits et de sa connaissance des institutions internationales.

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    17 min
  • Radiodon à Dole (Jura)

    Rémi JOBARD, président RCF Jura 

    À mi-chemin entre Besançon et Dijon, Dole est l’ancienne capitale de la Franche-Comté jusqu’en 1676, date de son rattachement à la France. Avec sa collégiale et son parlement, la cité appartenait à la Bourgogne palatine, à l’époque où la Bourgogne descendait jusqu’à Marseille et englobait la Provence. Aujourd’hui, RCF Jura est la radio du réseau RCF dont la notoriété est le plus élevée. Sur 220000 habitants, la moitié connaît la radio, 35000 l’écoutent régulièrement et 10500 au moins une fois par semaine (sondage Médiamétrie). Passionné de ski de fond et de vélo, Rémi Jobard est pleinement engagé dans le marathon que représente aujourd’hui le développement d’une antenne dont les exigences augmentent, à la lumière d’investissements technologiques sur le DAB+, un enjeu pour rester en prise avec l’évolution des modes de consommation de la radio.

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    17 min
  • Radiodon à Valence

    Damien BOYER, réalisateur du documentaire Baroudeurs du Christ

    Installé à Montmeyran, près de Valence, Damien Boyer fait partager son enthousiasme de réalisateur, lui qui, après Sacerdoce, nous fait découvrir le visage de cinq baroudeurs du Christ, des prêtres des Missions étrangères de Paris qui donnent tout aux populations d’Asie et de Madagascar. Un éloge à l’humanité, à la radicalité et à la générosité. Sur cette réalité catholique, il pose son regard de protestant évangélique.

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    17 min
  • Le tour de France du radiodon démarre à Marseille

    Raffi DELANIAN, médecin, président de Dialogue RCF, représentant de l'église apostolique arménienne au comité oecuménique de Marseille

    S’il est une ville laboratoire qui vit l’œcuménisme en actes, c’est bien Marseille, métropole où toutes les communautés vivent intra muros, contrairement à Paris et à Lyon. Ici, les Arméniens représentent 10 % de la population, 80000 personnes, dit-on, car la France refuse les statistiques de nature ethnique ou religieuse. C’est la deuxième plus grande chrétienté à Marseille, avec trois branches qui se parlent et s’estiment depuis le 50e anniversaire du génocide de 1915 : l’église apostolique, les évangéliques et les uniates. L’église apostolique, héritière de saint Thaddée et saint Barthélémy, a son petit Vatican, à Etchmiadzin. Les Arméniens ont une connaissance aiguë du monde islamique, ayant vécu cinq siècles de dhimmitude. En terre d’islam, cela signifie qu’ils sont à la fois protégés et inférieurs. Les vagues de persécution ont laissé des traces et, pour la diaspora, ont contribué à souder les Arméniens, ceux qui en particulier ont débarqué à Marseille pour refaire leur vie et, souvent y faire de belles carrières, à l’image de Raffi Delanian, fils d’orphelin, devenu médecin et président de Dialogue RCF.

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    17 min
  • L’aéronautique française sur le « champ de bataille » du spatial

    Nicolas BILLECOCQ, polytechnicien, directeur des opérations de HyPrSpace, start-up du spatial

    Brouillages massifs, espionnage de satellites, menace d'armes nucléaires dans l'espace : face aux agissements russes, Emmanuel Macron a annoncé mercredi l'octroi de 4,2 milliards d'euros supplémentaires pour renforcer la défense spatiale française, un effort nettement inférieur à celui de l'Allemagne. En présentant la nouvelle stratégie française dans l’espace à horizon 2040, le chef de l'Etat a reconnu que le spatial est devenu « un champ de bataille ». Il a prôné le développement des futurs lanceurs européens réutilisables pour gagner en compétitivité face à SpaceX du milliardaire Elon Musk. Polytechnicien et passionné d'aéronautique et de spatial, Nicolas Billecocq a commencé sa carrière à Vernon sur le programme Ariane 5, puis s’est expatrié 5 ans à Seattle pour y développer des technologies innovantes appliquées aux trains d’atterrissage du Boeing 787. Après avoir rejoint l’activité moteurs d’hélicoptères de Safran Helicopter Engines à Pau, il a pris la responsabilité de Directeur de Programme pour les moteurs Arriel et Arrius, les best-sellers de l’entreprise. Son goût pour l'innovation l’a poussé vers Bordeaux et l'univers des start-up avec Azur-Drones, leader européen du drone autonome, puis récemment HyPrSpace, qui se lance dans la course à l'espace avec une solution innovante de propulsion hybride. 

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    17 min
  • Face au Bataclan ou Charlie, ils préfèrent quitter l’islam

    Sonya ZADIG, psychologue, psychanalyste, linguiste. Auteur de Les enfants perdus de la République (fayard) 

    Tous les terroristes se disent musulmans, tous les musulmans ne sont pas terroristes, et en ce 13 novembre, il est opportun de le rappeler, de refuser l’amalgame. Car, comme tout un chacun, les esprits sont capables de réfléchir et de prendre leur autonomie, y compris par rapport à la pression de la religion et à l’encadrement social qu’elle exerce. Le christianisme a déjà connu cette phase - dont il est sorti, pour accéder à cette maturité moderne qui fait que ne sont chrétiens que ceux qui le désirent vraiment. Le monde musulman est-il en train de connaître une évolution comparable ? Au contact de l’Occident, un partie de ses croyants opèrerait une démission silencieuse; ce que les Anglais nomment dans le monde du travail le quiet quitting, la grève du zèle, laquelle amène tout simplement à abandonner sa croyance, ce qui signifie pas que l’on se convertit à une autre religion, même si le vide lié au statut d’apostat conduit le plus souvent à se convertir au christianisme. Pour bien comprendre ce phénomène, Sonya Zadig, psychologue d’origine tunisienne, considère l’islam comme une loi, une culture, un droit, pas une religion au sens du lien personnel, intime qu’une âme entretient avec Dieu. Sur les 1500 personnes que compte le cercle des apostats, en elle a rencontré 280 d’où elle a tiré des entretiens très puissants. Son enquête est dédiée à Boualem Sansal, libérée grâce à l’Allemagne. Elle observe que la France abandonne ceux qui veulent vivre dans la République, en assignant les musulmans au ghetto de leur culture.

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    17 min
  • Procès du groupe Lafarge : la France avait encouragé l'entreprise à rester en Syrie

    Jean-Marie SCHMITZ, ancien directeur général adjoint du groupe Lafarge

    Le procès du groupe Lafarge reprendra la semaine prochaine, le 18 novembre. Les débats avaient été suspendus au deuxième jour, le tribunal correctionnel de Paris ayant reconnu l’existence d’une irrégularité de procédure. Ce procès pose la question de la responsabilité des entreprises en zone de conflit : dans quelle mesure le cimentier français pouvait-il agir en Syrie en zone de guerre sans être tenu responsable du financement des groupes armés avec lesquels il devait composer ? Aux États-Unis, Holcim (qui avait avalé Lafarge en 2015) a  plaidé coupable d’ « avoir conspiré pour fournir un soutien matériel à des organisations terroristes étrangères » en acceptant de payer environ 777 millions de dollars d’amende pour ne pas se voir interdire le marché américain. 

    En France, Lafarge est poursuivi en tant que personne morale, avec huit anciens responsables, soupçonnés d'avoir payé des groupes jihadistes en Syrie jusqu'en 2014 pour maintenir l'activité de sa cimenterie de Jalabiya, dans le nord du pays. Le groupe français est soupçonné d'avoir versé plusieurs millions d'euros à des groupes rebelles jihadistes – dont l'État islamique et Jabhat al-Nosra, classés comme « terroristes ». Vont devoir s’expliquer l'ancien PDG Bruno Lafont, dont la ligne de défense consiste à dire qu’il ne savait pas, cinq ex-responsables de la chaîne opérationnelle ou de la chaîne de sûreté et deux intermédiaires syriens, dont l'un est visé par un mandat d'arrêt international. En France, l’affaire avait été déclenchée par une plainte déposée il y a neuf ans, en novembre 2016, par 11 anciens salariés syriens, accompagnés des ONG Sherpa et ECCHR (Centre européen pour les droits constitutionnels et humains). Pour Jean-Marie Schmitz, ancien DG adjoint de Lafarge, groupe qui se prévalait du catholicisme social, ce procès est désolant, d’autant que la diplomatie française et Laurent Fabius avaient encouragé l’entreprise à rester en Syrie pour recueillir du renseignement sur la situation en pleine guerre civile.

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    17 min
  • Albert Roche, le soldat méconnu

    Julien HERVIEUX, scénariste de « Albert Roche, héros de guerre » - dessin : Éric Stalner (Grand Angle)

    Albert Roche (1895-1939), engagé volontaire en 1914, a été surnommé « le premier soldat de France » par le maréchal Foch. À lui seul, ce paysan de la Drôme aura capturé plus de 1180 soldats allemands ! Julien Hervieux et Éric Stalner retracent ses faits d’armes dans une BD trépidante. « On vit dans ce monde très étrange où des personnages extraordinaires tombent dans l’oubli », dit Julien Hervieux, comme si être patriote, courageux et humble, était incongru.

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    16 min
  • Le Je & le Nous, une histoire de la pensée politique, à l'heure où les politiques ne pensent plus

    François HUGUENIN, historien des idées, docteur en histoire et en sciences sociales, spécialiste de l’histoire du catholicisme. Auteur de Le Je & le Nous - une histoire de la pensée politique des origines à nos jours (éditions du Cerf)

    En cette semaine du 11 et du 13 novembre, le temps est propice pour réfléchir à la tension perpétuelle entre le Je et le Nous, pour faire dialoguer la personne et la communauté. La première date rappelle l’apocalypse de la Grande Guerre, la seconde la vague d'attentats islamistes visant le Stade de France, des terrasses de café et la salle de spectacle du Bataclan à Paris. La question est de savoir ce qui nous tient encore ensemble. Un premier âge de la pensée politique a culminé avec le Nous, tandis que la modernité ne cesse d’exalter le Je au point de se rebeller contre la nature elle-même pour idolâtrer une idée identité subjective perpétuellement indécise. Mais, en s’affranchissant de tout, y compris de sa nature, ne détruit-on pas à la fois l’essence, ce que nous sommes, et le sens, ce qui nous est commun avec autrui et justifie que nous entrions en relation avec lui. Face à cela, le bien commun promu par l’Église, bien qui ordonne celui du tout et des parties, prend en compte le donné anthropologique, la réalité, afin de concilier le Je et le Nous, à savoir la communauté et la liberté, dans une tension qui soit le plus harmonieuse possible.

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    17 min
  • L'Institut Montaigne dit où en sera la France en 2040

    Marie-Pierre de BAILLIENCOURT, directrice générale de l’Institut Montaigne, docteur en géopolitique, chargée de l'enseignement "Les entreprises de souveraineté" à Sciences Po

    Où en sera la France en 2040 ? La date peut paraître lointaine, vu la défiance que suscite le monde politique et l’impéritie qui caractérise l’action publique. Le 16 juillet, l’Institut Montaigne, fondée par Claude Bébéar (1935-2025), publiait une étude de quelque 500 pages intitulée « France 2040 : Projections pour l’action politique » (juillet 2025), premier volet d’un triptyque qui va se déployer jusqu’à l’élection présidentielle. 13 tendances structurantes ont été identifiées au fil de 18 mois de travail, le tout étayé par plus de 800 sources. Les deux autres volets consisteront à produire des notes préparatoires pour 2027 et à chiffrer les propositions des candidats. « France 2040 » commence par la démographie sur laquelle repose notre modèle social. Le rapport prévoit qu’à cet horizon les personnes de 65 ans ou plus représenteront entre 27 % de la population, et que le ratio « actifs/inactifs » pourrait s’approcher de 50 %. Le système actuel n’est pas tenable. Le message de cette étude, portée par Marie-Pierre de Bailliencourt, est qu’il n’y a pas de solution toute faite. L’offre politique actuelle n’est pas satisfaisante. Quant à l’ingouvernabilité du pays, elle prend une dimension tout à fait préoccupante et d’autant plus scandaleuse que les patrons ne sont pas entendus par l’exécutif. Seul le narratif de la taxe Zucman s’impose dans l’espace médiatique, alors que des économistes de renom pointent son caractère destructeur. La croissance, le train de vie repose sur les entreprises que l’État maltraite ou ignore. En fin d’étude, l’Institut Montaigne esquisse 5 scénarios : le renoncement (prolongement de l’inaction sans aucun virage politique ou économique, ce qui conduit à l’enlisement du pays), le repli (posture de protectionnisme limitant les coopérations extérieures), la retouche (réformes modestes, sans changement systémique), la rupture (réformes de fond ambitieuses mais risque de coûts sociaux et de tensions), et la révocation (remise à plat ou rupture sévère : communautarisme, décroissance, voire démilitarisation). Ce que montre cette étude, plus largement, c’est que « gouverner, c’est prévoir ». Tout simplement.

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    17 min

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