Sonya ZADIG, psychologue, psychanalyste, linguiste. Auteur de Les enfants perdus de la République (fayard)
Tous les terroristes se disent musulmans, tous les musulmans ne sont pas terroristes, et en ce 13 novembre, il est opportun de le rappeler, de refuser l’amalgame. Car, comme tout un chacun, les esprits sont capables de réfléchir et de prendre leur autonomie, y compris par rapport à la pression de la religion et à l’encadrement social qu’elle exerce. Le christianisme a déjà connu cette phase - dont il est sorti, pour accéder à cette maturité moderne qui fait que ne sont chrétiens que ceux qui le désirent vraiment. Le monde musulman est-il en train de connaître une évolution comparable ? Au contact de l’Occident, un partie de ses croyants opèrerait une démission silencieuse; ce que les Anglais nomment dans le monde du travail le quiet quitting, la grève du zèle, laquelle amène tout simplement à abandonner sa croyance, ce qui signifie pas que l’on se convertit à une autre religion, même si le vide lié au statut d’apostat conduit le plus souvent à se convertir au christianisme. Pour bien comprendre ce phénomène, Sonya Zadig, psychologue d’origine tunisienne, considère l’islam comme une loi, une culture, un droit, pas une religion au sens du lien personnel, intime qu’une âme entretient avec Dieu. Sur les 1500 personnes que compte le cercle des apostats, en elle a rencontré 280 d’où elle a tiré des entretiens très puissants. Son enquête est dédiée à Boualem Sansal, libérée grâce à l’Allemagne. Elle observe que la France abandonne ceux qui veulent vivre dans la République, en assignant les musulmans au ghetto de leur culture.
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