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Or


Les deux propositions de loi sur les soins palliatifs et l’aide à mourir sont de retour au Sénat cette semaine. Si le texte sur les soins palliatifs semble faire consensus, celui sur l’aide à mourir s’annonce beaucoup plus incertain. Le 29 avril, la commission des Affaires sociales du Sénat a adopté une version plus stricte du dispositif. Les rapporteurs LR Alain Milon et Christine Bonfanti-Dossat ont transformé l’"aide à mourir" en "assistance médicale à mourir" limitée aux patients dont le pronostic vital est engagé à court terme, potentiellement dans les derniers jours de vie. En cas de désaccord durable entre députés et sénateurs, le gouvernement pourrait donner le dernier mot à l’Assemblée nationale, où une majorité favorable à l’aide à mourir existe déjà. On en parle avec Claire Fourcade, l’ancienne présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs auteur de "Fin de vie. Manuel de résistance" aux éditions Fayard. Elle est au micro d'Etienne Pépin.
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Le rapport Alloncle à la suite de la commission d'enquête sur la neutralité et le financement de l'audiovisuel public a été diffusé le 4 mai. Un rapport de près de 400 pages qui propose près de 80 mesures : la fusion de France 2 et France 5, de Franceinfo et France 24, des réseaux France 3 Régions et ICI (France Bleu), la suppression de France 4, le Mouv’ et Slash… Objectif : 1 milliard d’euros d’économies, soit plus d’un quart du budget de l’audiovisuel public, pour "doubler les crédits du programme budgétaire consacré à l’entretien du patrimoine et désendetter l’État". Charles Alloncle propose également de soumettre les figures de la télévision et de la radio publiques à une stricte neutralité, et de revenir à la nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par l'Élysée. On en parle avec Michel Goldstein, journaliste, ancien rédacteur en chef à France Télévisions. Co-auteur de Les intouchables de l’audiovisuel public - les révélations chocs de la commission d’enquête (L’Artilleur). Il est au micro d'Etienne Pépin.
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Cardinal Jean-Paul VESCO, archevêque d’Alger, dominicain
Le pape Léon XIV, un an déjà. Et déjà beaucoup de choses à dire et à partager, au fil d’une actualité dominée par des relations tendues avec Donald Trump, un premier voyage marquant en Afrique et une visite officielle en France qui se profile pour la fin du mois septembre, dans un contexte qui ne sera pas si éloigné que ça de l’élection présidentielle. Séquence marquante des débuts de ce pontificat : la visite en Algérie. Grand moment au cours duquel les Algériens se sont approprié la figure de Léon XIV dont l’attachement à saint Augustin représente une source de fierté pour tout un pays.
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Christophe BEAUDOUIN, juriste, ancien avocat, enseignant à l'Institut catholique d'études supérieures. Auteur de L’Europe sans corps – le défi démocratique (Manitoba - les Belles Lettres)
Samedi 9 mai, c’est la journée de l’Europe et à cette occasion, on va s’intéresser à la nature de cette organisation politique à laquelle on n’a pas suffisamment réfléchi et qui, à la lumière de décisions récentes d’ordre judiciaire et à visée constitutionnelle, prend de plus en plus le pas sur le droit des États. L'UE n'est ni véritable État fédéral, ni une simple organisation internationale, mais un système de gouvernance transnationale largement structuré par des logiques de gestion, de droit et de régulation plutôt que par le politique classique. C’est le modèle managérial qui est le principe de fonctionnement de l’UE. Cette réalité, peu auscultée par la science politique, sort du simple clivage entre souverainisme et fédéralisme et oblige à considérer que le gouvernement est remplacé par la gouvernance, le peuple par le réseau, le droit par la norme. On ne mesure pas les conséquences pour nos libertés de cette Europe sans corps, détachée mais intrusive dont l’identité constitutionnelle de l’UE s’impose de plus en plus comme une donnée opposable qui, de surcroît, se présente sous les traits d’un nouveau concept, celui de « bonne société », celle de l’individu global, nomade, délié, consommateur, fluide et créancier de droits subjectifs.
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Marin de VIRY, journaliste, critique au Figaro magazine et à la Revue des Deux Mondes. Auteur de Notre Royaume, enquête sur l’actualité de l’idée monarchique (Salvator)
Qu’on le déplore ou qu’on l’approuve, l’imaginaire français n’est pas insensible à l’idée monarchique. L’Élysée, ce palais, n’est-il pas décrit familièrement comme « le château » ? L’idée est d’autant plus familière que les catholiques parlent toujours du « royaume de Dieu ». La France elle-même demeure un royaume à travers les splendeurs que viennent révérer des millions de touristes. Du Louvre à Notre-Dame, la cérémonie des Jeux olympiques de Paris, tant décriée, s’était déroulée dans un cadre architectural magnifié par l’histoire longue. À quelques mois de l’élection présidentielle, le royaume est-il encore au cœur de l’expérience nationale, même de manière inconsciente ? Pour Marin de Viry, il y aurait une fécondité sociale à ne pas refouler ce passé qui dure, d’autant que le royaume n’est incompatible ni avec la République ni avec la démocratie. Le but n’est pas du tout de ressusciter des controverses autour de la doctrine monarchiste véhiculée par l’Action française. Il s’agit plutôt de reconnaître un état d’esprit, une part de nous-mêmes, d’en mesurer la dimension vivifiante et apaisante, et de cesser, en politique, de tout attendre d’un sauveur dont on sait qu’il ne sauvera rien du tout.
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Dany ROBERT-DUFOUR, philosophe, professeur honoraire à l’université Paris VIII. Auteur de Sadique époque - comment en sommes-nous arrivés là ? (le cherche midi)
Notre époque serait entrée dans une nouvelle ère dominée par la brutalisation, que ce soit dans les relations sociales, internationales ou dans le champ des media cannibalisés par la politique. Trait supplémentaire : cette brutalisation serait décomplexée, affichée par ses promoteurs. C’est le cash et le clash. Et si cette libération des pulsions ressuscitait un auteur au nom quelque peu suranné, le marquis de Sade ? C’est la réflexion que pose le philosophe Dany Robert-Dufour, dans Sadique époque - comment en sommes-nous arrivés-là ? Sade n’a rien à voir avec Casanova. Le sexe n’est pas non plus son sujet. Sade, c’est une théoricien de l’appropriation frénétique, du pouvoir sans limite. Sade a fondé la modernité libérée de tout. Sans foi ni loi, l’âme devient mécaniquement perverse. Un demi-siècle après 68, sans interdit pas de liberté.
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Jean-Dominique SÉVAL, prospectiviste, ex-président de la French Tech de Pékin, cofondateur de Topos, cabinet spécialisé dans les innovations de rupture. Auteur de La fin de Babel et autres effets inattendus de la révolution numérique (L’Harmattan)
« L'Astrologue ou Les faux présages », une pièce écrite « à la manière de Molière » et en vieux français avec l'aide de l'intelligence artificielle (IA), est présentée demain à l'Opéra royal du Château de Versailles, après trois années de gestation. Cette farce en trois actes est née de la rencontre entre La Sorbonne et Obvious, un collectif de trois artistes friands de nouvelles technologies. Leur idée : écrire une pièce que le dramaturge, emporté en 1673 par une maladie pulmonaire, aurait pu créer. La révolution numérique n’est pas une farce mais l’ironie la caractérise. Car, parmi ses effets inattendus, figure une sorte de « retour vers le passé ». C’est la thèse paradoxale défendue par le prospectiviste Jean-Dominique Séval, ex-président de la French Tech de Pékin, enseignant à l’École des Ponts, cofondateur d’un cabinet spécialisé dans les innovations de rupture, dont le nom s’appelle Topos en hommage au génie des mathématiques Alexandre Grothendieck. Ce retour vers le passé est un point d'arrivée, lequel se traduira par une prédominance de l'oralité numérique. Une nouvelle civilisation se met en place – qui relègue le texte et la lecture, même médiatisé par l'écran. Elle commande de mieux utiliser les outils de l'IA, comme la Chine s'emploie à le faire dès l'école primaire.
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Christophe DICKÈS, historien, vaticaniste. Auteur de Pour l’Église - ce que le monde lui doit (Perrin)
C’était il y a quatre mois, le 8 mai : le prélat américain Robert Francis Prevost devenait le 267e pape de l’histoire, succédant ainsi au pape François. Le mot qui accompagna son apparition médiatique fut celui d’ « apaisement ». Dans « apaisement », il y a paix : paix à l’extérieur, la paix des armes à laquelle le pape ne cesse d’appeler. Encore récemment, le 31 août, il fustigeait la « pandémie des armes ». Paix à l’intérieur, dans l’Église, chahutée par le caractère autoritaire et solitaire du précédent pontificat. Des livres sont très vite sortis sur le nouveau pontife, sans dissiper un certain mystère qui continue d’entourer les orientations qui sont les siennes. À 69 ans, il a certes du temps devant lui, sauf que le temps médiatique est toujours enclin à en vouloir davantage. Ce pontificat est jugé « sobre » et « tout en retenue ». Au bout de quatre mois, dispose-t-on déjà d’éléments permettant d’esquisser les chemins ouverts par Léon XIV ? Le pape écrit tout ce qu’il dit, se tient à l’écart des mises en scène et de l’improvisation. Il apparaît comme un homme d’écoute et de dossiers capable de faire la synthèse et de concilier les oppositions.
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Bénédicte DELELIS, diplômée de l’École du Louvre, enseignante en théologie au collège des Bernardins, chroniqueur à Famille Chrétienne. Auteur de Pier Giorgio Frassati (éditions de l’Emmanuel)
Sans oublier ceux qui sont en bas, on peut monter très haut. Parcourir les taudis et gravir les sommets. En voilà un premier de cordée ! À force de monter, il finit par toucher le Ciel et à y demeurer, dès l’âge de 24 ans. Il y a du saint François d’Assise dans cette courte vie de Pier Giorgio Frassati, mort en 1925. Sa famille ne comprit point jusqu’où allait sa générosité. C’est à sa mort, due à une poliomyélite foudroyante, que les pauvres de Turin, affluant à ses funérailles, rendirent le premier hommage aux vertus de ce jeune italien, passionné d’alpinisme, béatifié par Jean-Paul II en 1990 et canonisé par le pape Léon XIV le 7 septembre 2025. Son père, fondateur du journal La Stampa, appartenait à la haute société piémontaise. Il sera aussi ambassadeur à Berlin. Il voulait que son fils lui succédât mais n’osa jamais le lui dire en face. Sa mère, moralement stricte, préférait qu’il fût mort plutôt que prêtre. Pier Giorgio Frassati était joyeux, parlait fort et chantait faux (on le surnommait « fracassati »). Sa tendresse et son espièglerie répondaient aux injonctions de son milieu. Il devait réussir, alors qu’il peinait dans ses études, et ne pourrait épouser celle que son statut social lui interdisait. Avec sa Compagnie des types louches, groupe d'amis chahuteurs qui partent souvent en montagne, il donna des jambes à son esprit de foi, lequel portait son engagement social et secret dans les quartiers défavorisés de Turin. Sa mort surprendra tout le monde. Le bon Dieu cueillit son « ange des pauvres » comme un edelweiss sur le fumier de la misère. Sa soeur Luciana, qui mourut à 105 ans en 2007, contribua beaucoup à sa mémoire.
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Jean-Louis ANDRÉ, normalien, journaliste, réalisateur de documentaire. Auteur de Notre chez-soi : la maison des français depuis les Trente Glorieuses (Odile Jacob)
Peut-être avez-vous déménagé en cette rentrée. C’est alors le moment d’occuper l’espace d’un nouvel intérieur. Y mettrez-vous un bouddha ou un crucifix ? Notre chez soi ne se résume pas à quatre murs surmontés d’un toit. Dans nos espaces intimes s’écrivent nos vies. Mais ceux-ci sont aussi des projections mentales, l’œuvre d’architectes et d’urbanistes qui ont les ont pensés. Comment ? Pourquoi ? L’architecture nous reflète, nous conditionne aussi. Depuis la Seconde Guerre mondiale, on est passés des papiers peints fleuris aux murs blancs, du Formica à Ikea, des grands ensembles aux pavillons. Normalien, journaliste, réalisateur de documentaire, Jean-Louis André refait cette histoire de la maison des Français depuis les Trente Glorieuses. C’est depuis l’appel de l’abbé Pierre en 1954 que l’État s’implique massivement dans une politique du logement qui, pendant vingt ans, va couvrir la France de grands ensembles. Valéry Giscard d’Estaing y met fin en 1974. Le consumérisme, allié au clocher de la France tranquille des années Mitterrand, inaugure une ère nouvelle, plus individualiste, celle des lotissements pavillonnaires, lesquels sont décriés aujourd’hui pour leur empreinte écologique. Le pavillon demeure toutefois le rêve des Français. Le chez soi est aussi une source de tensions, qu’il s’agisse des résidences secondaires ou des AirBnB.
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Chaque jour, Louis Daufresne apporte convivialité et regard positif, dans un esprit critique, sur l'actualité au sens large, en compagnie d'une personnalité reconnue et issue du monde intellectuel,…
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