Version longue de la voix off pour l’article
Récemment, j’échangeais avec une de mes clientes sur son expérience lors d’un partenariat d’affaires. Elle était partie dans cette optique de tester un format pour la première fois lors d’un événement de groupe et à l’issue, de croiser les audiences pour se référer mutuellement des clients.
On garde en tête ici que ma cliente et son collaborateur du moment sont tous les deux dans des secteurs différents et que rien ne fait concurrence.
L’événement se tient, l’expérience est bonne sur le moment, mais la déconvenue se présente rapidement à la porte.
Je te passe les détails ici, mais il y a eu de gros manquements de la part de l’autre personne et ma cliente s’est grandement questionnée sur cette mésaventure.
Nous avons discuté ensemble et mis à jour plusieurs points qui pourront t’aider toi aussi dans tes démarches futures.
Cette expérience, même si c’est différent pour chacun d’entre nous, nous l’avons déjà vécue pour beaucoup.
On fait l’effort de :
* Se rendre disponible
* Réfléchir activement à l’organisation
* Préparer du contenu, des supports, des visuels
* Rechercher des participants
* Communiquer régulièrement sur les réseaux
* Etc.
Et puis, à la suite de l’événement, du partenariat ou de l’accord engagé, on commence à repérer des choses qui ne vont pas dans la direction prévue au départ.
Ça peut commencer par de petites choses comme prendre un peu plus en charge les actions, compenser des manques, ajuster seul de son côté, sentir un désengagement de la part de l’autre ou encore sentir que la conversation tourne surtout autour de l’autre et non de soi.
Face à cette situation, on peut rapidement :
* Se sentir ridicule de remettre en question les choses
* Avoir peur de se faire avoir
* Ne pas oser s’exprimer sur ce qui ne fonctionne pas
* Justifier les écarts en supposant des excuses
* Etc.
La situation je la comprends tellement car j’ai eu l’occasion de la vivre moi-même à plusieurs reprises.
Je me souviens encore comme si c’était hier de cette organisation dont je tairais le nom qui me contacte pour leur préparer un support d’information et de soutien destiné à leurs bénéficiaires.
Apporter mon expertise à un projet porteur de sens ? J’en suis ! Comptez sur moi.
Tout du moins, jusqu’à l’appel de clarification que j’ai demandé.
Ma demande était simple. Faire un point sur ce qui est attendu et comprendre la place que je pouvais prendre sur ce que j’allais produire à 100% de mon côté.
La réponse m’a choqué.
Avec mes mots, la conversation a donné ceci :
“On attend de vous que vous fassiez un livret de X pages dans lequel vous allez apporter votre expertise pour couvrir les sujets X Y Z. Le tout sera publié sous notre nom et sans référence vous concernant. Ni votre nom, ni votre activité ou votre contact ne pourront être présents sur ce document.”
Ma réponse a été directe :
“Parfait, si je comprends ce que vous demandez, je vais passer plusieurs heures à structurer un document, pour vous permettre d’apporter de la valeur à votre cible et de vous approprier en intégralité le fruit de mon expertise et de mon travail ? Et le tout, sans attendre le moindre retour, c’est bien ça ?”
Je les ai gentiment envoyés ch*** 💩
Être sous le couvert d’une association ne donne pas le privilège de tout obtenir sans contrepartie. Même si, tu peux te sentir à ce stade de ta progression comme “pas encore suffisamment légitime”.
Respect de soi, de son temps et de sa valeur avant tout !
Pourquoi ça arrive aussi souvent alors ?
Cette anecdote que je te partage ici, nomme un point important. Il faut comprendre que le problème qui se pose est rarement une preuve de mauvaise foi ou de vouloir tirer toute la couverture à soi.
C’est surtout un problème de cadrage.
Beaucoup de partenariats commencent par une intuition portée par la sympathie de la connexion ou de l’échange : “On devrait faire un truc ensemble un de ces jours”
Puis, on continue avec une mise en action concrète, qui vient surtout de l’un plus que l’autre.
On peut parier que c’est la personne qui est la plus à l’aise avec la communication, la créativité, la générosité, le don de soi... Qui prend les devants dans ces moments-là.
L’autre va suivre, du moins pendant un temps. Il va prendre du retard, l’écart va s’agrandir de plus en plus et au final les frustrations et les reproches vont s’installer.
Le problème est là. Personne n’a défini le cadre d’échange et d’engagement au départ. Il s’est développé au fil de l’avancée du projet. Et comme dans notre métier nous sommes seuls à gérer notre activité, la prise en main naturelle de l’un va régulièrement effacer celle de l’autre.
Et ça, sans parler d’un autre frein qui est la gêne à réclamer de la réciprocité. On a l’impression que demander un retour d’ascenseur, c’est transactionnel, presque grossier, alors qu’on est censé être dans une logique de générosité et d’entraide entre pairs.
Le résultat de tout ça, est qu’on se tait, on continue de donner, et on espère que l’autre finira par comprendre tout seul.
🔒 Les 3 profils de partenaires à repérer avant de t’engager
Avant de parler cadrage, il y a un travail de tri que l’on peut effectuer en amont. Certains profils sont statistiquement plus susceptibles de créer un déséquilibre dans l’équation. Pas parce qu’ils sont mauvais en soi, mais plus parce qu’ils ont un mode de fonctionnement automatique qui va rapidement limiter la véritable collaboration.
Le débordé :
Il est sincère dans son enthousiasme de départ et déborde d’idées de collaboration. Le problème est que son agenda ne suit pas le rythme car il est déjà au bord de l’implosion.
On peut le repérer assez facilement car il propose beaucoup mais n’exécute que très peu, et chaque relance de ta part est accueillie avec un “oui, tu as raison, il faut qu’on fasse ça”. Ce qui n’aboutit à rien en bout de ligne.
La posture à adopter face à ce profil est de ne jamais baser ta propre visibilité sur les actions à venir de sa part. Avance sur ce que tu maîtrises de ton côté, et laisse-le rattraper le rythme ou pas.
Le contributeur dépendant :
Il reçoit avec une gratitude chaleureuse, remercie sincèrement, mais ne pense jamais à entreprendre un geste de son côté. Ce n’est pas tant qu’il est dans l’ingratitude face à ce que tu proposes. C’est plutôt que donner en retour ne lui vient pas à l’esprit tant que ce n’est pas nommé.
La posture que tu peux adopter avec ce profil est de poser un cadrage explicite dès le départ. Ça fonctionne très bien avec lui, car il n’a pas un problème de volonté. Il a surtout besoin qu’on lui dise clairement quoi faire et ce qui est attendu de sa part.
Le réseauteur compulsif :
Ce profil multiplie les partenariats en parallèle et distribue son attention par petites doses.
La plupart du temps, les échanges avec lui restent superficiels et te laissent avec l’impression d’être un contact parmi cinquante autres.
La posture à adopter avec ce personnage est d’accepter la collaboration pour ce qu’elle est. Un partenariat très léger et ponctuel. Pour toi, ça ne mènera nulle part d’entretenir l’espoir que ça devienne prioritaire pour lui.
Dans les trois cas, la question à se poser avant de s’engager reste la même : “Est-ce que ce que je vis et ressens dans les trois premiers échanges ressemble à ce que je veux avoir comme expérience dans les six prochains mois ?”
Tu connais cet adage qui dit :
“La première impression est toujours la bonne, surtout quand elle est mauvaise”
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Les points d’alerte qu’un partenariat est en train de déraper
Il arrive qu’un partenariat commence dans les bonnes conditions, et que certains indices apparaissent avant que le déséquilibre ne pèse sur la relation.
Apprendre à les repérer tôt évite d’accumuler des mois de frustration qui finissent par exploser au bout d’un moment.
Le premier, c’est quand tu es systématiquement celui ou celle qui relance. Pour faire simple, si chaque étape du partenariat pour la prochaine action, le prochain partage, le prochain point, tout part de ton initiative, la collaboration ne tient que par ta propre énergie. On sait toi et moi, que ça a ses limites.
Le deuxième, c’est ce qu’on appelle l’asymétrie de visibilité. Tu parles de l’autre plus souvent qu’il ou elle ne parle de toi. Ça peut arriver, sans pour autant devenir une récurrence. Mais si rien ne s’ajuste quand tu en parles et que tu fais la remarque. C’est que le problème n’est pas près de s’arrêter en chemin.
Le troisième, c’est le sentiment de devoir prouver que tu mérites la réciprocité. Un peu comme si chaque action de l’autre devait être méritée par trois fois plus d’investissement de ta part en amont. Ce déséquilibre est souvent le plus difficile à repérer. La raison est simple, il trouve racine dans ton propre rapport à ta légitimité.
Le quatrième point est le plus simple à observer et pourtant le plus ignoré de tous. Tu ressens une pointe d’agacement ou de lassitude à chaque fois que tu reçois un mail ou une notification de sa part. Si ton corps réagit ainsi, c’est un point qu’il ne faut pas négliger.
🔒 Les 3 questions à poser avant de dire oui à un partenariat
Tu l’as compris, le meilleur moment pour cadrer un échange, ce n’est pas des mois après le démarrage du projet. C’est avant de t’engager à dire oui.
Voici trois questions que je t’invite à poser de manière claire et directe dès la proposition initiale :
* “Concrètement, à quoi ça ressemble de notre côté à chacun ?” Cette question va pousser l’autre à sortir de l’intention floue (“on pourrait se recommander”) pour aller vers du concret.Je te propose la formulation suivante pour t’aider lors de ta prochaine rencontre : “J’adore l’idée. Pour que ce soit clair pour nous deux, on se dit quoi exactement : un partage par mois chacun ? Un atelier commun ?” Si la réponse reste vague de son coté, c’est une information sur le niveau d’engagement réel de l’autre.
* “À quelle fréquence on refait le point ?” Un partenariat sans point de suivi finit toujours par dériver.
Pour ça, tu peux le formuler ainsi : “On se cale un point rapide dans deux ou trois mois pour voir comment ça tourne, ça te va ?” Cette question, posée dès le départ, amorce la réévaluation de l’équilibre plus tard dans le processus. Ça évitera d’arriver comme un cheveu sur la soupe quand le déséquilibre est déjà installé.
* “Qu’est-ce qui se passe si l’un de nous deux est moins disponible à un moment ?” Cette question importante désamorce à l’avance la culpabilité et l’accumulation de frustration.
Une manière que tu as de formuler la demande : “Si à un moment l’un de nous est débordé, es-tu d’accord pour qu’on se le dise tout de suite pour éviter de laisser traîner ?” Cette demande installe, dès le premier échange, la légitimité de nommer un déséquilibre sans que ce soit reçu comme un reproche.
Si tu souhaites accéder à ces questions clés, tu peux devenir membre premium dès aujourd’hui et soutenir mon travail 🙏
Si jamais tu es en cours de partenariat, tu peux ressentir le besoin de recadrer. Voici comment faire pour éviter de braquer l’autre et d’assurer une belle continuité du projet.
Dans de nombreuses situations de déséquilibre, la bonne nouvelle est qu’il n’est presque jamais nécessaire de rompre le partenariat pour le corriger. La plupart des gens ne mesurent pas consciemment l’écart qu’ils créent.
Pour cette raison, un recadrage direct et sans reproche suffit la plupart du temps à remettre les affaires en ordre.
Voici le principe que je t’invite à garder en tête :
* Nommer un fait observable, et ne rien supposer.
* Dire “je remarque qu’on a fait X ensemble et Y de mon côté”, ça aide pour ouvrir le dialogue.
* Ne jamais affirmer des choses du genre “tu ne fais jamais rien pour moi”. Ça ferme la porte immédiatement et il y a peu de chances que la collaboration puisse reprendre après ça.
L’autre principe, même si je sais qu’il est souvent perçu comme contre-intuitif, c’est de proposer une nouvelle règle du jeu. En fait, au lieu de réclamer ton dû et de vouloir rétablir justice sur ce qui n’a pas été fait, on va remplacer les règles pour qu’elles servent notre cause immédiate. Le déséquilibre passé ne se rattrape généralement pas et chercher à le faire crée une dette relationnelle inutile. Ce qui compte, c’est de redéfinir ensemble ce que sera l’échange à partir de maintenant.
Évidemment, ceci est valable uniquement si tu souhaites pousser plus loin la collaboration.
🔒 Le mini-plan d’engagement et la grille de suivi de réciprocité
Un partenariat sain n’a pas forcément besoin d’un contrat signé, mais au minimum, que les choses soient dites à voix haute et que chacun montre qu’il en a compris pleinement le sens.
Je te propose ici un canevas en 5 points à passer en revue avant de démarrer ta prochaine collaboration, même si tu l’envisages de manière informelle.
Le canevas d’accord que tu peux appliquer :
* Ce que chacun apporte concrètement (compétence, audience, temps)
* La fréquence des actions de part et d’autre
* La durée d’essai avant le premier bilan (deux ou trois mois suffisent en général)
* Ce qu’on fait si l’un des deux ralentit temporairement
* Comment on se dit les choses si ça ne fonctionne pas et avant même que ça arrive
Tu n’as pas forcément besoin de l’écrire dans un document. Si c’est OK pour toutes les parties, tu peux évidemment l’envisager.
Ensuite, voici la grille de suivi de réciprocité :
Chaque mois, note simplement ce que chacun a fait pour l’autre. Tu n’as pas forcément besoin de tout détailler car l’idée n’est pas de compter les points. Juste, tu poses un chiffre ou une croix. L’objectif est d’avoir un repère factuel plutôt qu’une simple impression, au moment du bilan.
Voici un exemple :
* Moi → Partenaire : 1 post + 1 recommendation
* Partenaire → Moi : 1 post
Mois d’avril :
* Moi → Partenaire : 1 post
* Partenaire → Moi : 0 post
Mois de mai :
* Moi → Partenaire : 0 post, 1 recommendation
* Partenaire → Moi : 1 post
L’idéal de ce suivi est que si au bout de deux mois consécutifs tu vois se préciser un déséquilibre, tu ouvres la conversation sans attendre et tu réajustes les règles du jeu.
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Et notre responsabilité dans l’histoire ?
Tout ce qu’on a nommé jusqu’ici touche surtout le déséquilibre de l’autre personne. C’est vrai dans beaucoup de cas, mais on ne peut pas considérer uniquement sur ce qui se joue chez l’autre.
Il y a un deuxième angle à ce sujet. Comment nous agissons nous-mêmes et quels sont nos propres angles morts dans l’équation.
Que ce soit vouloir tout contrôler, par exemple. Reprendre la main sur chaque détail d’une action commune parce qu’on n’est pas sûr que l’autre le fera “bien”. Ou encore se retrouver, sans l’avoir choisi consciemment, à tout porter soi-même.
Parfois, on peut avoir tendance à tout prendre en charge parce que ça nous rassure. C’est plus confortable de se sentir utile et indispensable que d’exister dans un partenariat où on reçoit sans avoir peut-être le sentiment de mériter ce qui arrive. Certains d’entre nous donnent en excès, non pas parce que l’autre le demande, mais parce que recevoir met mal à l’aise.
On peut avoir le besoin de ralentir aussi. Sans le partager à l’autre, pendant qu’il continue avec son envie d’avancer. Que ce soit en raison de nos peurs, d’un manque de temps réel, ou encore de doutes portés sur la valeur de ce qu’on apporte. L’autre se retrouve à avancer, à proposer, à relance, et nous, on freine sans le montrer directement en faisant croire que le rythme suit son cours.
Dans les difficultés qui nous incombent, on retrouve un manque de clarté chez nous. Un problème très répandu, qui nous met dans le flou sur notre propre offre ou notre propre positionnement.
Difficile de défendre un échange équilibré quand on n’arrive pas soi-même à formuler ce qu’on apporte de spécifique. On finit par se sous-évaluer dans la négociation, tout simplement parce qu’on ne sait pas nommer notre propre valeur.
Et puis il y a l’attente en silence, qui porte souvent le costume de la patience, alors qu’en réalité c’est surtout un phénomène d’évitement. Un espoir nourri intérieurement que l’autre remarque de lui-même le déséquilibre, plutôt que de le nommer.
C’est amusant car c’est un réflexe qu’on demande à l’autre d’éviter, et que pourtant nous appliquons également.
Rien de tout ce que je te donne ici ne disqualifie ce qui a été nommé sur les profils à repérer. Les deux angles de perception sont importants. Chacun a sa part, et nous avons la nôtre.
On peut s’engager ici envers nous-mêmes, qu’avant de pointer un partenaire du doigt, de se poser cette question simple :
“Dans ce partenariat précis, qu’est-ce que je fais, moi, qui rend un déséquilibre possible ou qui l’entretient sans que je m’en rende compte ?”
Pour conclure, un partenariat qui déséquilibre, c’est surtout le signe d’un cadrage qui n’a jamais eu lieu. Heureusement, ce cadrage peut se faire à n’importe quel moment du partenariat. Dans l’idéal avant de commencer, ou en cours de route sans qu’on ait besoin de faire tout exploser.
Je rappellerai également un point central, dans une relation, peu importe sa nature, on est dans une équation où chaque membre joue un rôle et influence le résultat final.
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C’était Merlin 🧙♂️
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