Tous les soirs c’est pareil, on ne sait plus quoi regarder, entre le ciné, la TV et les plateformes de streaming… Y a trop de choix ! Le vendredi, Cathy vient vous filer quelques recommandations à mater le week-end histoire de ne pas passer son temps à chercher ! On dit merci qui ? Merci Cathy !
"LA PIECE RAPPORTEE :
Une comédie burlesque et décalée qui fait souffler un sacré vent de fraicheur au genre éculé du vaudeville.
Nous sommes dans le très chic 16ème arrondissement parisien, Philippe Katerine incarne un vieux garçon mollasson qui vit sous le joug de sa richissime et autoritaire maman, jouée par Josiane Balasko. Il tombe amoureux d’une guichetière du métro et l’épouse très vite. Mais la reine-mère, c’est le surnom de l’acariâtre Balasko, est loin d’être enchantée par cette union avec une jeune fille d’un autre milieu. Les deux femmes vont se livrer une guerre sans merci délicieusement mesquine (pensez à Tatie Danielle ou Tanguy). Le casting de pièce rapportée est canon, Balasko est impériale. Le scénario lui regorge d’inventivité, de situations et de dialogues absurdes et mordants sans oublier, en filigranes, une satire sociale qui égratigne la bourgeoisie.
C’est furieusement drôle, fantaisiste et enlevé ! Enfin, une comédie française qui sort du lot !
LES CHOSES HUMAINES
Signé Yvan Attal. Au casting : sa femme Charlotte Gainsbourg et leur fils Ben qui a 24 ans. Il y a aussi Mathieu Kassovitz et Pierre Arditi . Adaptation de la nouvelle de Karine Tuil, Prix Interallié et Prix Goncourt des Lycéens en 2019. Un film au cœur de l’actualité brulante puisque la trame narrative s’articule autour d’une accusation de viol. Le film questionne la notion de consentement, la parole des femmes et l’emballement médiatique autour de ce genre d’affaire. Car les parents du jeune homme accusé sont des figures du paysage médiatique français : Charlotte Gainsbourg incarne une philosophe féministe invitées sur tous les plateaux télé, Pierre Arditi lui joue un journaliste télé politique très populaire. La grande difficulté du film et sa grande réussite, c'est de ne pas choisir de camp : accusation et défense sont traitées de la même manière, dans leurs forces comme dans leurs failles... Un peu l'inverse de ce que propose notre époque où il faut trancher à tout prix, faire du clash ou du buzz... Le film se divise ainsi en trois parties : « Lui », « Elle », « Le Procès ». Les deux premières sont consacrées successivement aux deux protagonistes. Le spectateur est ainsi invité à connaître et comprendre chacun d’eux. La troisième est consacrée aux plaidoiries. Il n’y a pas non le cruel accusé et la gentille victime. Un film qui fait confiance à l’intelligence du spectateur à qui il appartiendra de se forger une opinion après la projo. On est mis dans la peau du juré."