Le Patrimoine Alsacien - France Bleu Elsass

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Le Patrimoine Alsacien - France Bleu Elsass episodes

  • Le sapin de Noël, épisode 3
    durée : 00:09:27 - **Le sapin de Noël, épisode 3**
    C'est à Sélestat qu'est conservée la plus ancienne mention connue au monde à ce jour en rapport avec une tradition d'arbre de Noël. Il s'agit d'une inscription datée du 21 décembre 1521 faisant état d'une dépense de 4 schillings pour la rémunération des gardes chargés de surveiller les meyen de la forêt communale. Le livre de comptes qui la contient est issu des archives de la ville de Sélestat et se trouve exposé à la Bibliothèque Humaniste. Cette mention, désormais célèbre, incline les Sélestadiens à revendiquer pour leur ville le mérite d'avoir introduit la tradition du sapin de Noël décoré ! En alémanique ancien, le mot meyen désigne assez clairement un arbre festif que l'on décore en signe de dévotion à l'éternel renouveau de la nature. Le sapin de Noël, qui depuis des décennies rayonne sur le monde entier, semble bien avoir pris naissance en Alsace. Il s'agit très probablement de la très lointaine tentative de christianisation d'une coutume d'origine païenne. Les Romains, au moment du solstice d'hiver et jusqu'après le 1er janvier, décoraient leurs maisons de branches vertes en l'honneur de leur dieu Janus. La chrétienté médiévale cherche à récupérer cette habitude antique et commence par dresser des sapins entiers dans les chœurs ou sur les parvis des églises. Porteurs de pommes et d'hosties, ces arbres constituent alors le décor de ces jeux sacrés appelés mystères. Puis ces arbres décorés apparaissent dans les salles municipales et dans celles des corporations : c'est l'orée d'une tradition qui continue d'émerveiller petits et grands, une coutume porteuse des aspirations les plus universelles, celles de l'amour et de la paix.
    • Début du 16ème siècle
    Petit à petit, les familles chrétiennes remplacent chez elles les branches de la tradition païenne par de jeunes arbres. Les conifères sont évidemment les plus adaptés, en raison de la persistance des aiguilles vertes qui, au début de l'hiver, restaurent l'espoir d'une vitalité nouvelle. Le décor se compose de deux éléments symboliques : la pomme rappelant le péché originel d'Adam et d'Eve, l'hostie non consacrée, appelée oublie, figurant la rédemption apportée par le sacrifice de Jésus. D'abord suspendu à une poutre du plafond, comme naguère l'avaient été les branches " païennes ", l'arbre de Noël sera bientôt placé dans une petite auge emplie de sable et de gravier.
    • Fin 16ème siècle
    Sous l'influence des milieux protestants et des bourgeoisies urbaines, la coutume des cadeaux de fin d'année se déplace de la Saint\-Nicolas (6 décembre) au 24 décembre. L'arbre de Noël est maintenant au centre des festivités. La symbolique de son décor demeure très chrétienne et ne suscite en conséquence, surtout dans le camp luthérien, qu'une opposition de principe.
    • 17ème siècle
    La fréquentation de l'Ancien Testament amène les protestants à souhaiter une évolution du décor. En plus des pommes rouges et des oublies, les sapins se garnissent progressivement de papillotes. Ces fleurs multicolores sont une allusion à un verset d'Isaïe où il est question du " rameau de Jessé ". Ce personnage étant le père de David, lui\-même ancêtre de Jésus Christ, la pratique devient symbolique de la filiation du Rédempteur. Un Père de l'église commentera plus tard ce passage d'Isaïe en ces termes: "En Marie, le rameau de Jessé a fleuri". Cette innovation florale est aussi en adéquation avec les paroles d'un cantique probablement composé à cette époque et qui, en allemand d'aujourd'hui, commence par ces mots : " Es ist ein Ros entsprungen ".
    • 18ème siècle
    En Alsace, la référence chrétienne tend à s'estomper. Les pommes disparaissent et sont remplacées par des friandises rondes (noix fourrées, par exemple). Les oublies deviennent des bredele (gâteaux secs alsaciens), des gaufres, des pains d'épices, des confiseries en tous genres. Les formes de ces douceurs sont de plus en plus diversifiées. La garniture du sapin s'adresse désormais au monde enfantin. Vers la fin du siècle, les bambins sont d'ailleurs invités à secouer l'arbre de Noël sitôt passée la fête de l'Epiphanie. Bien entendu, cette sympathique opération s'effectuera pour le plus grand bonheur de leur juvénile gourmandise.
    • 19ème siècle
    La crèche est une lointaine idée de Saint\-François d'Assise (13ème siècle). Les premiers personnages des crèches d'Ombrie sont vivants. La crèche à santons ou à figurines en terre cuite devient une mode au début de ce siècle. On l'installe généralement au pied du sapin, dans un petit espace délimité par une clôture de bois : la référence chrétienne réapparaît timidement, car cette clôture est symboliquement celle qui aurait entouré le paradis terrestre. Vers la fin du siècle, l'invention du sucre\-glace permet d'enrichir les bredele de glaçure blanche, souvent saupoudrée de petits granulés colorés.
    • 20ème siècle
    La pointe de l'arbre s'orne à présent d'un ange en papier doré, avec une banderole où se lit généralement les mots latins Gloria in excelsis Deo. La peur de l'incendie n'étant plus aussi vive, les bougies deviennent la règle, ainsi que les cierges magiques : c'est peut\-être dangereux, mais quel enchantement de lumières ! Les pommes du sapin des origines reviennent, sous l'aspect délicat de boules multicolores. Et avec elles, toutes sortes d'objets en verre soufflé, tels que clochettes, fuseaux ou noix. Au cours des deux dernières décennies de ce siècle, le décor va évoluer vers des représentations de plus en plus déconnectées du message chrétien primitif. Mais l'espoir d'un retour à la tradition la plus authentique semble désormais pouvoir inverser le cours des choses.
    10 min
  • Le sapin de Noël, épisode 2
    durée : 00:08:36 - **Le sapin de Noël, épisode 2**
    C'est à Sélestat qu'est conservée la plus ancienne mention connue au monde à ce jour en rapport avec une tradition d'arbre de Noël. Il s'agit d'une inscription datée du 21 décembre 1521 faisant état d'une dépense de 4 schillings pour la rémunération des gardes chargés de surveiller les meyen de la forêt communale. Le livre de comptes qui la contient est issu des archives de la ville de Sélestat et se trouve exposé à la Bibliothèque Humaniste. Cette mention, désormais célèbre, incline les Sélestadiens à revendiquer pour leur ville le mérite d'avoir introduit la tradition du sapin de Noël décoré ! En alémanique ancien, le mot meyen désigne assez clairement un arbre festif que l'on décore en signe de dévotion à l'éternel renouveau de la nature. Le sapin de Noël, qui depuis des décennies rayonne sur le monde entier, semble bien avoir pris naissance en Alsace. Il s'agit très probablement de la très lointaine tentative de christianisation d'une coutume d'origine païenne. Les Romains, au moment du solstice d'hiver et jusqu'après le 1er janvier, décoraient leurs maisons de branches vertes en l'honneur de leur dieu Janus. La chrétienté médiévale cherche à récupérer cette habitude antique et commence par dresser des sapins entiers dans les chœurs ou sur les parvis des églises. Porteurs de pommes et d'hosties, ces arbres constituent alors le décor de ces jeux sacrés appelés mystères. Puis ces arbres décorés apparaissent dans les salles municipales et dans celles des corporations : c'est l'orée d'une tradition qui continue d'émerveiller petits et grands, une coutume porteuse des aspirations les plus universelles, celles de l'amour et de la paix.
    • Début du 16ème siècle
    Petit à petit, les familles chrétiennes remplacent chez elles les branches de la tradition païenne par de jeunes arbres. Les conifères sont évidemment les plus adaptés, en raison de la persistance des aiguilles vertes qui, au début de l'hiver, restaurent l'espoir d'une vitalité nouvelle. Le décor se compose de deux éléments symboliques : la pomme rappelant le péché originel d'Adam et d'Eve, l'hostie non consacrée, appelée oublie, figurant la rédemption apportée par le sacrifice de Jésus. D'abord suspendu à une poutre du plafond, comme naguère l'avaient été les branches " païennes ", l'arbre de Noël sera bientôt placé dans une petite auge emplie de sable et de gravier.
    • Fin 16ème siècle
    Sous l'influence des milieux protestants et des bourgeoisies urbaines, la coutume des cadeaux de fin d'année se déplace de la Saint\-Nicolas (6 décembre) au 24 décembre. L'arbre de Noël est maintenant au centre des festivités. La symbolique de son décor demeure très chrétienne et ne suscite en conséquence, surtout dans le camp luthérien, qu'une opposition de principe.
    • 17ème siècle
    La fréquentation de l'Ancien Testament amène les protestants à souhaiter une évolution du décor. En plus des pommes rouges et des oublies, les sapins se garnissent progressivement de papillotes. Ces fleurs multicolores sont une allusion à un verset d'Isaïe où il est question du " rameau de Jessé ". Ce personnage étant le père de David, lui\-même ancêtre de Jésus Christ, la pratique devient symbolique de la filiation du Rédempteur. Un Père de l'église commentera plus tard ce passage d'Isaïe en ces termes: "En Marie, le rameau de Jessé a fleuri". Cette innovation florale est aussi en adéquation avec les paroles d'un cantique probablement composé à cette époque et qui, en allemand d'aujourd'hui, commence par ces mots : " Es ist ein Ros entsprungen ".
    • 18ème siècle
    En Alsace, la référence chrétienne tend à s'estomper. Les pommes disparaissent et sont remplacées par des friandises rondes (noix fourrées, par exemple). Les oublies deviennent des bredele (gâteaux secs alsaciens), des gaufres, des pains d'épices, des confiseries en tous genres. Les formes de ces douceurs sont de plus en plus diversifiées. La garniture du sapin s'adresse désormais au monde enfantin. Vers la fin du siècle, les bambins sont d'ailleurs invités à secouer l'arbre de Noël sitôt passée la fête de l'Epiphanie. Bien entendu, cette sympathique opération s'effectuera pour le plus grand bonheur de leur juvénile gourmandise.
    • 19ème siècle
    La crèche est une lointaine idée de Saint\-François d'Assise (13ème siècle). Les premiers personnages des crèches d'Ombrie sont vivants. La crèche à santons ou à figurines en terre cuite devient une mode au début de ce siècle. On l'installe généralement au pied du sapin, dans un petit espace délimité par une clôture de bois : la référence chrétienne réapparaît timidement, car cette clôture est symboliquement celle qui aurait entouré le paradis terrestre. Vers la fin du siècle, l'invention du sucre\-glace permet d'enrichir les bredele de glaçure blanche, souvent saupoudrée de petits granulés colorés.
    • 20ème siècle
    La pointe de l'arbre s'orne à présent d'un ange en papier doré, avec une banderole où se lit généralement les mots latins Gloria in excelsis Deo. La peur de l'incendie n'étant plus aussi vive, les bougies deviennent la règle, ainsi que les cierges magiques : c'est peut\-être dangereux, mais quel enchantement de lumières ! Les pommes du sapin des origines reviennent, sous l'aspect délicat de boules multicolores. Et avec elles, toutes sortes d'objets en verre soufflé, tels que clochettes, fuseaux ou noix. Au cours des deux dernières décennies de ce siècle, le décor va évoluer vers des représentations de plus en plus déconnectées du message chrétien primitif. Mais l'espoir d'un retour à la tradition la plus authentique semble désormais pouvoir inverser le cours des choses.
    9 min
  • Les sapins de Noël, épisode 1
    durée : 00:08:24 - **Les sapins de Noël, épisode 1**
    C'est à Sélestat qu'est conservée la plus ancienne mention connue au monde à ce jour en rapport avec une tradition d'arbre de Noël. Il s'agit d'une inscription datée du 21 décembre 1521 faisant état d'une dépense de 4 schillings pour la rémunération des gardes chargés de surveiller les meyen de la forêt communale. Le livre de comptes qui la contient est issu des archives de la ville de Sélestat et se trouve exposé à la Bibliothèque Humaniste. Cette mention, désormais célèbre, incline les Sélestadiens à revendiquer pour leur ville le mérite d'avoir introduit la tradition du sapin de Noël décoré ! En alémanique ancien, le mot meyen désigne assez clairement un arbre festif que l'on décore en signe de dévotion à l'éternel renouveau de la nature. Le sapin de Noël, qui depuis des décennies rayonne sur le monde entier, semble bien avoir pris naissance en Alsace. Il s'agit très probablement de la très lointaine tentative de christianisation d'une coutume d'origine païenne. Les Romains, au moment du solstice d'hiver et jusqu'après le 1er janvier, décoraient leurs maisons de branches vertes en l'honneur de leur dieu Janus. La chrétienté médiévale cherche à récupérer cette habitude antique et commence par dresser des sapins entiers dans les chœurs ou sur les parvis des églises. Porteurs de pommes et d'hosties, ces arbres constituent alors le décor de ces jeux sacrés appelés mystères. Puis ces arbres décorés apparaissent dans les salles municipales et dans celles des corporations : c'est l'orée d'une tradition qui continue d'émerveiller petits et grands, une coutume porteuse des aspirations les plus universelles, celles de l'amour et de la paix.
    • Début du 16ème siècle
    Petit à petit, les familles chrétiennes remplacent chez elles les branches de la tradition païenne par de jeunes arbres. Les conifères sont évidemment les plus adaptés, en raison de la persistance des aiguilles vertes qui, au début de l'hiver, restaurent l'espoir d'une vitalité nouvelle. Le décor se compose de deux éléments symboliques : la pomme rappelant le péché originel d'Adam et d'Eve, l'hostie non consacrée, appelée oublie, figurant la rédemption apportée par le sacrifice de Jésus. D'abord suspendu à une poutre du plafond, comme naguère l'avaient été les branches " païennes ", l'arbre de Noël sera bientôt placé dans une petite auge emplie de sable et de gravier.
    • Fin 16ème siècle
    Sous l'influence des milieux protestants et des bourgeoisies urbaines, la coutume des cadeaux de fin d'année se déplace de la Saint\-Nicolas (6 décembre) au 24 décembre. L'arbre de Noël est maintenant au centre des festivités. La symbolique de son décor demeure très chrétienne et ne suscite en conséquence, surtout dans le camp luthérien, qu'une opposition de principe.
    • 17ème siècle
    La fréquentation de l'Ancien Testament amène les protestants à souhaiter une évolution du décor. En plus des pommes rouges et des oublies, les sapins se garnissent progressivement de papillotes. Ces fleurs multicolores sont une allusion à un verset d'Isaïe où il est question du " rameau de Jessé ". Ce personnage étant le père de David, lui\-même ancêtre de Jésus Christ, la pratique devient symbolique de la filiation du Rédempteur. Un Père de l'église commentera plus tard ce passage d'Isaïe en ces termes: "En Marie, le rameau de Jessé a fleuri". Cette innovation florale est aussi en adéquation avec les paroles d'un cantique probablement composé à cette époque et qui, en allemand d'aujourd'hui, commence par ces mots : " Es ist ein Ros entsprungen ".
    • 18ème siècle
    En Alsace, la référence chrétienne tend à s'estomper. Les pommes disparaissent et sont remplacées par des friandises rondes (noix fourrées, par exemple). Les oublies deviennent des bredele (gâteaux secs alsaciens), des gaufres, des pains d'épices, des confiseries en tous genres. Les formes de ces douceurs sont de plus en plus diversifiées. La garniture du sapin s'adresse désormais au monde enfantin. Vers la fin du siècle, les bambins sont d'ailleurs invités à secouer l'arbre de Noël sitôt passée la fête de l'Epiphanie. Bien entendu, cette sympathique opération s'effectuera pour le plus grand bonheur de leur juvénile gourmandise.
    • 19ème siècle
    La crèche est une lointaine idée de Saint\-François d'Assise (13ème siècle). Les premiers personnages des crèches d'Ombrie sont vivants. La crèche à santons ou à figurines en terre cuite devient une mode au début de ce siècle. On l'installe généralement au pied du sapin, dans un petit espace délimité par une clôture de bois : la référence chrétienne réapparaît timidement, car cette clôture est symboliquement celle qui aurait entouré le paradis terrestre. Vers la fin du siècle, l'invention du sucre\-glace permet d'enrichir les bredele de glaçure blanche, souvent saupoudrée de petits granulés colorés.
    • 20ème siècle
    La pointe de l'arbre s'orne à présent d'un ange en papier doré, avec une banderole où se lit généralement les mots latins Gloria in excelsis Deo. La peur de l'incendie n'étant plus aussi vive, les bougies deviennent la règle, ainsi que les cierges magiques : c'est peut\-être dangereux, mais quel enchantement de lumières ! Les pommes du sapin des origines reviennent, sous l'aspect délicat de boules multicolores. Et avec elles, toutes sortes d'objets en verre soufflé, tels que clochettes, fuseaux ou noix. Au cours des deux dernières décennies de ce siècle, le décor va évoluer vers des représentations de plus en plus déconnectées du message chrétien primitif. Mais l'espoir d'un retour à la tradition la plus authentique semble désormais pouvoir inverser le cours des choses.
    9 min
  • Sainte-Odile, épisode 3
    durée : 00:07:52 - **Sainte\-Odile, épisode 3**
    Elle est la fille de Etichon\-Adalric, duc d'Alsace, mort vers 689, et de son épouse Berswinde ou Behrésinde. Son père attendant un hériter mâle est si violent qu'Odile, qui est née aveugle et donc déshonore sa famille, doit mourir. Sa mère réussit toutefois à la confier à une nourrice et à éloigner sa fille de son époux, et Odile est élevée dans le monastère de Palme. Puis, le comte Hugues, un de ses frères, devient victime de cette violence en faveur d'Odile, en laissant trois fils en bas\-âge, dont Remi, futur évêque de Strasbourg. À la suite de cette catastrophe, Etichon\-Adalric regrette profondément. Enfin, pour sa rédemption, il reçoit joyeusement sa fille.
    Avec l'appui de son père, elle crée dans les années 680, près du château de Hohenbourg, un établissement religieux qui devient ensuite l'abbaye de Hohenbourg. Odile devient abbesse de Hohenbourg vers 700\. On situe la date de sa mort vers l'an 720.
    Selon le texte de la Vie de sainte Odile, l'enfant n'a alors pas encore reçu le baptême. Or, c'est le moment où le moine irlandais Erhard, évêque d'Ardagh (Comté de Longford), parcourant la Bavière, a une vision dans laquelle Dieu lui ordonne de se rendre à Baume afin de procéder à ce baptême. Ce qu'il fait quelques jours plus tard : au moment où l'huile sainte touche les yeux de l'enfant, celle\-ci retrouve la vue. C'est à ce moment qu'elle reçoit le nom d'Odile, qui signifie « fille de la lumière ».
    Le miracle fait grand bruit, mais ne suffit pas à apaiser Adalric. Loin de se réjouir lorsqu'Odile revient le voir, accompagnée de son frère Hugues, il se met dans une telle fureur qu'il tue ce dernier. Plus tard, il se repent et donne à Odile son château de Hohenbourg, qu'elle transforme en monastère, l'abbaye de Hohenbourg. Les bâtiments étant construits sur une montagne, beaucoup de fidèles, notamment les malades, ont du mal à y accéder. Aussi Odile fait\-elle construire pour eux un second établissement appelé Niedermünster, c'est\-à\-dire le « monastère d'en bas ».
    Elle est canonisée par le pape Léon IX, élu en 1049 et mort en 1054\. La fête de sainte Odile a longtemps été célébrée le 13 décembre, qui était aussi la fête de sainte Lucie, elle aussi invoquée par les fidèles pour guérir les maladies oculaires ; on a préféré reporter la fête d'Odile au 14 décembre, pour distinguer les deux fêtes. En 1946, sainte Odile est proclamée « sainte patronne de l'Alsace » par le pape Pie XII.
    8 min
  • Sainte-Odile, épisode 2
    durée : 00:09:27 - **Sainte\-Odile, épisode 2**
    Elle est la fille de Etichon\-Adalric, duc d'Alsace, mort vers 689, et de son épouse Berswinde ou Behrésinde. Son père attendant un hériter mâle est si violent qu'Odile, qui est née aveugle et donc déshonore sa famille, doit mourir. Sa mère réussit toutefois à la confier à une nourrice et à éloigner sa fille de son époux, et Odile est élevée dans le monastère de Palme. Puis, le comte Hugues, un de ses frères, devient victime de cette violence en faveur d'Odile, en laissant trois fils en bas\-âge, dont Remi, futur évêque de Strasbourg. À la suite de cette catastrophe, Etichon\-Adalric regrette profondément. Enfin, pour sa rédemption, il reçoit joyeusement sa fille.
    Avec l'appui de son père, elle crée dans les années 680, près du château de Hohenbourg, un établissement religieux qui devient ensuite l'abbaye de Hohenbourg. Odile devient abbesse de Hohenbourg vers 700\. On situe la date de sa mort vers l'an 720.
    Selon le texte de la Vie de sainte Odile, l'enfant n'a alors pas encore reçu le baptême. Or, c'est le moment où le moine irlandais Erhard, évêque d'Ardagh (Comté de Longford), parcourant la Bavière, a une vision dans laquelle Dieu lui ordonne de se rendre à Baume afin de procéder à ce baptême. Ce qu'il fait quelques jours plus tard : au moment où l'huile sainte touche les yeux de l'enfant, celle\-ci retrouve la vue. C'est à ce moment qu'elle reçoit le nom d'Odile, qui signifie « fille de la lumière ».
    Le miracle fait grand bruit, mais ne suffit pas à apaiser Adalric. Loin de se réjouir lorsqu'Odile revient le voir, accompagnée de son frère Hugues, il se met dans une telle fureur qu'il tue ce dernier. Plus tard, il se repent et donne à Odile son château de Hohenbourg, qu'elle transforme en monastère, l'abbaye de Hohenbourg. Les bâtiments étant construits sur une montagne, beaucoup de fidèles, notamment les malades, ont du mal à y accéder. Aussi Odile fait\-elle construire pour eux un second établissement appelé Niedermünster, c'est\-à\-dire le « monastère d'en bas ».
    Elle est canonisée par le pape Léon IX, élu en 1049 et mort en 1054\. La fête de sainte Odile a longtemps été célébrée le 13 décembre, qui était aussi la fête de sainte Lucie, elle aussi invoquée par les fidèles pour guérir les maladies oculaires ; on a préféré reporter la fête d'Odile au 14 décembre, pour distinguer les deux fêtes. En 1946, sainte Odile est proclamée « sainte patronne de l'Alsace » par le pape Pie XII.
    10 min
  • Sainte-Odile, épisode 1
    durée : 00:08:36 - **Sainte\-Odile, épisode 1**
    Elle est la fille de Etichon\-Adalric, duc d'Alsace, mort vers 689, et de son épouse Berswinde ou Behrésinde. Son père attendant un hériter mâle est si violent qu'Odile, qui est née aveugle et donc déshonore sa famille, doit mourir. Sa mère réussit toutefois à la confier à une nourrice et à éloigner sa fille de son époux, et Odile est élevée dans le monastère de Palme. Puis, le comte Hugues, un de ses frères, devient victime de cette violence en faveur d'Odile, en laissant trois fils en bas\-âge, dont Remi, futur évêque de Strasbourg. À la suite de cette catastrophe, Etichon\-Adalric regrette profondément. Enfin, pour sa rédemption, il reçoit joyeusement sa fille.
    Avec l'appui de son père, elle crée dans les années 680, près du château de Hohenbourg, un établissement religieux qui devient ensuite l'abbaye de Hohenbourg. Odile devient abbesse de Hohenbourg vers 700\. On situe la date de sa mort vers l'an 720.
    Selon le texte de la Vie de sainte Odile, l'enfant n'a alors pas encore reçu le baptême. Or, c'est le moment où le moine irlandais Erhard, évêque d'Ardagh (Comté de Longford), parcourant la Bavière, a une vision dans laquelle Dieu lui ordonne de se rendre à Baume afin de procéder à ce baptême. Ce qu'il fait quelques jours plus tard : au moment où l'huile sainte touche les yeux de l'enfant, celle\-ci retrouve la vue. C'est à ce moment qu'elle reçoit le nom d'Odile, qui signifie « fille de la lumière ».
    Le miracle fait grand bruit, mais ne suffit pas à apaiser Adalric. Loin de se réjouir lorsqu'Odile revient le voir, accompagnée de son frère Hugues, il se met dans une telle fureur qu'il tue ce dernier. Plus tard, il se repent et donne à Odile son château de Hohenbourg, qu'elle transforme en monastère, l'abbaye de Hohenbourg. Les bâtiments étant construits sur une montagne, beaucoup de fidèles, notamment les malades, ont du mal à y accéder. Aussi Odile fait\-elle construire pour eux un second établissement appelé Niedermünster, c'est\-à\-dire le « monastère d'en bas ».
    Elle est canonisée par le pape Léon IX, élu en 1049 et mort en 1054\. La fête de sainte Odile a longtemps été célébrée le 13 décembre, qui était aussi la fête de sainte Lucie, elle aussi invoquée par les fidèles pour guérir les maladies oculaires ; on a préféré reporter la fête d'Odile au 14 décembre, pour distinguer les deux fêtes. En 1946, sainte Odile est proclamée « sainte patronne de l'Alsace » par le pape Pie XII.
    9 min
  • Sainte-Lucie et le Christkindel, épisode 2
    durée : 00:08:07 - **Sainte\-Lucie et le Christkindel, épisode 2**
    La Sainte\-Lucie (Sankta Lucia en suédois, mais communément appelé Lucia) est une fête ayant lieu le 13 décembre en honneur de la fête de sainte Lucie de Syracuse. Elle marque, avec l'Avent, le début de la saison de Noël. Traditionnellement une fête importante dans toute la Chrétienté occidentale, elle est aujourd'hui célébrée en Scandinavie et en Europe méridionale, particulièrement en Suède, au Danemark, en Norvège, en Finlande, en Italie, en Islande et en Croatie.
    Depuis la création du calendrier grégorien, qui a mis fin à la dérive du calendrier julien au XVIe siècle, la fête correspond au premier jour à partir duquel le soleil se couche plus tard que la veille dans l'hémisphère nord. Le dicton "à la sainte Lucie, le jour avance du saut d'une puce" correspond à cette observation.
    En Suède, pays où la fête est la plus répandue, elle est originaire du Västergötland, dans le sud\-ouest du pays, et s'est progressivement étendue à tout le pays, puis au XXe siècle aux territoires finlandais suédophones comme Åland, et dans une certaine mesure dans d'autres pays tels le Danemark et la Norvège.
    Lucie est un prénom venant du latin lux, lucis, désignant la lumière, et la lumière est à l'honneur lors de ces célébrations. À cette fête, il n'y a pas de cadeaux comme au noël Canadien.
    9 min
  • Sainte-Lucie et le Christkindel, épisode 1
    durée : 00:08:33 - **Sainte\-Lucie et le Christkindel, épisode 1**
    La Sainte\-Lucie (Sankta Lucia en suédois, mais communément appelé Lucia) est une fête ayant lieu le 13 décembre en honneur de la fête de sainte Lucie de Syracuse. Elle marque, avec l'Avent, le début de la saison de Noël. Traditionnellement une fête importante dans toute la Chrétienté occidentale, elle est aujourd'hui célébrée en Scandinavie et en Europe méridionale, particulièrement en Suède, au Danemark, en Norvège, en Finlande, en Italie, en Islande et en Croatie.
    Depuis la création du calendrier grégorien, qui a mis fin à la dérive du calendrier julien au xvie siècle, la fête correspond au premier jour à partir duquel le soleil se couche plus tard que la veille dans l'hémisphère nord. Le dicton "à la sainte Lucie, le jour avance du saut d'une puce" correspond à cette observation.
    En Suède, pays où la fête est la plus répandue, elle est originaire du Västergötland, dans le sud\-ouest du pays, et s'est progressivement étendue à tout le pays, puis au XXe siècle aux territoires finlandais suédophones comme Åland, et dans une certaine mesure dans d'autres pays tels le Danemark et la Norvège.
    Lucie est un prénom venant du latin lux, lucis, désignant la lumière, et la lumière est à l'honneur lors de ces célébrations. À cette fête, il n'y a pas de cadeaux comme au noël Canadien.
    9 min
  • La Couronne de l'Avent, épisode 2
    durée : 00:10:06 - **La Couronne de l'Avent, épisode 2**
    La Couronne de l’Avent est une tradition chrétienne symbolisant l’Avent. Selon certaines sources, la couronne de l'Avent est une tradition pré\-chrétienne issue d'Allemagne. Elle devient chrétienne dès le XVIe siècle.
    Selon d'autre sources, elle fut inventée par le pasteur luthérien Johann Heinrich Wichern (1808\-1884). Éducateur et théologien de Hambourg, il fonde la Mission intérieure d’Allemagne. Cette institution recueillait des enfants très pauvres dans le Rauhe Haus près de Hambourg, une vieille ferme et il s’occupait d’eux. Comme, pendant le temps de l'Avent, ils lui demandaient toujours quand Noël allait enfin arriver, il fabriqua en 1839 une couronne de bois, avec vingt petits cierges rouges et quatre grands cierges blancs. Chaque matin, un petit cierge de plus était allumé et, à chaque dimanche d’Avent, un grand cierge.
    Depuis 1860, l’année où est née officiellement la couronne de l'Avent[réf. nécessaire], on utilise des branches de sapin ; depuis le début du XXe siècle, elle est devenue en Allemagne une des traditions de Noël. En Alsace, elle apparaît entre les deux guerres mondiales, introduite par des mouvements de jeunesse protestants. En Autriche, la coutume ne s’est introduite qu’après 1945.
    11 min

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Emilienne Kauffmann vous décrit les traditions et le patrimoine alsaciens à l'aide de ses souvenirs, des anecdotes, et ses incroyables connaissances