Le Plat de Résistance

Le Plat de Résistance

By La Clé des OndesSociety & Culture
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Le Plat de Résistance episodes

  • L'incendie est-il social dans les Landes girondines ?
    Le mercredi 12 juillet en milieu d’après-midi un incendie démarrait à Landiras plus exactement sur la D115 à côté du lac de Troupin. Ce feu a ravagé plus de 13600 ha et nous annonçait un été brûlant en Gironde car dans le même temps la forêt brûlait à la Teste de Bûche où l’on décompte plus de 20 800 ha atteint par les femmes avec son lot de maisons ravagées par le feu et des milliers de personnes déplaçaient de leurs foyers.
    Cet été fut traumatisant, le réchauffement climatique a favorisé des dizaines de départs de feu en brasiers immenses, la forêt a brûlé sur tout le territoire girondin jusqu’à la semaine dernière. La pluie se fait attendre pour que cet épisode cesse.
    Alors que les pompiers s'affairaient à éteindre la forêt de nombreuses personnes se sont posées cette question “ mais qui a mis le feu? et pourquoi? durant tout l’été nous avons entendu dans les médias des spécialistes en tout genre nous faire le portrait psychologique d’une personne mentalement dérangée. On ne va pas faire la liste de ces portraits psychologiques des pyromanes, on va plutôt revenir avec Marie Desmartis sur sa thèse de doctorat publiée en 2012 et rééditée cette année aux éditions Anacharsis intitulée Une chasse au pouvoir, chronique politique d’un petit village de France. Cette étude se passe entre Landiras et Origne en Gironde, plus précisément dans un village nommé Olignac pour l’occasion de la recherche afin de préserver l’anonymat des personnes qui se sont confiées à l'anthropologue.
    Propos recueillis par Rémi Philton
    La forêt de pins des Landes de Gascogne est le fruit d’une histoire douloureuse et complexe, marquée depuis son origine par de nombreux incendies, mais aussi par de violents conflits, les deux étant parfois liés.
    Le feu est un événement multifactoriel dont la propagation et l’ampleur dépendent d’un certain nombre d’éléments, notamment l’état de sécheresse de la végétation, les conditions météorologiques, l’entretien de la forêt et les moyens à disposition pour le combattre. Au moment de la Seconde Guerre mondiale, les forêts de pins du Sud-Ouest avaient ainsi été en proie à de terribles incendies, qui, entre 1937 et 1949, ravagèrent 450 000 hectares, soit à peu près la moitié du potentiel total. Des très nombreux sinistres (plus d’un millier) qui se déclarèrent au cours de cette période, c’est assurément celui qui déferla aux alentours de la commune de Cestas, aux portes de Bordeaux, qui reste gravé dans les mémoires. Et pour cause : en août 1949, il brûla autour de 50000 ha et coûta la vie à 82 sauveteurs. Les conditions étaient alors toutes réunies pour favoriser ce désastre : trois années consécutives de sécheresse, discontinuité dans l’entretien de la forêt et des coupe-feu en raison de la mobilisation des hommes et de l’exode rural, manque de forces vives et de moyens pour lutter.
    Pour qu’un incendie se propage il faut néanmoins d’abord une étincelle. Et, dans 9 cas sur 10, on sait que celle-ci est d’origine humaine (la foudre se charge, en France, du reste). Si une proportion non négligeable est le fait de négligences ou d’accidents malencontreux, un certain nombre sont, pourtant, volontaires. Et ces derniers ont, à leur tour, deux causes majeures, à savoir, d’une part, les actes relativement rares de pyromanes souffrant d’une pathologie psychiatrique et, d’autre part, les actes de malveillance qui sont le fait d’incendiaires. A l’orée des années 2000, le petit village d’Olignac, qui s’est trouvé cet été à nouveau directement aux prises avec les flammes, avait ainsi éveillé mon attention d’ethnologue débutante. Dans le journal Sud-Ouest il avait été question de trois palombières incendiées simultanément au cours d’une nuit d’octobre, après qu’un autre sinistre se fut mystérieusement déclenché quelques semaines auparavant, pendant que la fête de la Saint-Jean battait son plein sur l’airial voisin. Or le contexte local n’était pas alors des plus apaisés, c’est le moins qu’on puisse dire. Des élections municipales houleuses avaient en effet placé à la tête de la commune une notable de la région, propriétaire de nombreux hectares de pins et de deux des parcelles alors ravagées, que ses opposants, le clan des « chasseurs », cherchaient à tout prix à faire démissionner. Les villageois ne se posèrent donc pas longtemps la question de l’origine de ces incendies. Et il me fallut quatre années d’intensives recherches pour démêler tous les fils de ce qui se révéla bien plus compliqué qu’une simple querelle de clocher, et dont ces incendies étaient en réalité le symptôme.
    C’est que, déjà en 1858, le registre des délibérations du conseil municipal de Pompogne (dans le tout proche Lot-et-Garonne) explicitait cette brûlante tradition : « Dans la contrée, le faible opprimé a toujours exercé sa vengeance par le feu et l’incendie de forêt. » Il faut dire que, le 19 juin 1857, avait été votée la Loi d’assainissement et de mise en culture des Landes de Gascogne qui donna un violent coup d’accélération à un profond bouleversement des rapports sociaux en cours dans la région. Là où, auparavant, les habitants réussissaient à vivre de l’agriculture rendue possible par l’élevage extensif de moutons sur les terres communales (système agro-pastoral), la privatisation de ces mêmes terres pour les vouer à la sylviculture rompit brutalement un équilibre certes précaire mais avéré. Toute une partie de la population se trouva alors privée de ses moyens de subsistance, au bénéfice des plus aisés et des plus influents. La réponse à cette violence économique et sociale fut spectaculaire : durant quinze années les semis de pins furent incendiés, parfois dans leur intégralité. Les notables finirent pourtant par l’emporter, les pins devinrent monoculture, et les paysans et bergers autrefois indépendants furent contraints de se mettre au service des propriétaires en tant que métayers ou résiniers. Leur resta néanmoins l’incendie comme moyen de contestation et d’action. C’est pourquoi, dans un article publié en 1982, Bernard Traimond pouvait, sans ambages, affirmer que « Les incendies servent, dans cette région, à régler des comptes et à punir la transgression » . Et, dans un jeu politique dans lequel les dés sont inévitablement pipés, où certains disposent invariablement de plus de moyens que les autres pour faire valoir leurs intérêts, il s’avère que la menace et la peur de l’incendie, à défaut d’être homologuées par les règles officielles de la démocratie, ont parfois une réelle efficacité et influencent le cours de l’histoire locale. Il se trouve d’ailleurs que les landais ne sont pas les seuls à le savoir, cette pratique ayant été observée par d’autres chercheurs en d’autres temps et en d’autres lieux (Andrea Schulte en Haute-Bavière au XIXe et André Abbiateci en France au XVIIIe par exemple).
    Loin de n’être qu’un fait divers malencontreux, les incendies sont donc parfois, dans la forêt de pins des Landes comme ailleurs, la face émergée de tensions sociales à l’œuvre localement. Les changements climatiques en cours exigent une réflexion urgente, qui devra porter notamment sur l’entretien de la forêt. Mais sans préjuger des causes de l’étincelle qui mit le feu aux poudres landaises cet été, on ne pourra pas faire l’économie d’une analyse du jeu politique local dans une région où les inégalités socio-économiques sont criantes. Les landais, comme les autres, devront renoncer à cette vieille tradition de contestation par l’incendie s’ils ne veulent pas brûler eux-mêmes au cœur du brasier. Incidemment, la démocratie et l’équité sociale pourraient également y gagner.
    1Le nom du village a été modifié ici comme dans mes autres publications, conformément à ce qui se pratique souvent en ethnographie pour respecter l’anonymat des personnes qui se confient au chercheur.
    2 Il s’agit des cabanes utilisées pour la chasse aux palombes.
    3 Celles-ci ont donné lieu à une thèse de doctorat, et à la publication de Une chasse au pouvoir. Chronique politique d’un petit village de France aux éditions Anacharsis (Toulouse, 2012, rééd. 2022).
    4 « La chasse à la palombe dans les Landes », Etudes rurales 87-88, p. 92.
    5 André Abbiateci, 1970, “Les incendiaires dans la France du XVIIIe”, Annales ESC n°1, pp. 229-248; Regina Schulte, 1984, “Les incendiaires”, Actes de la recherche en sciences sociales n°51, pp. 55-66.
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    13 min
  • "Les auteurs de violence conjugale que j'ai rencontré prétendent ne pas être l'auteur de vraies violences"
    Marche contre les violences sexistes et sexuelles à Paris, novembre 2016 (
    Jeanne Menjoulet
    / CreativCommon / Flickr
    "Je serai toujours du côté des victimes et pas des agresseurs." - Pascale Martin, députée.
    Extraits de l'entretien avec la députée, Pascale Martin :
    - "Les violences sexistes et sexuelles ne sont pas qu'en politique mais dans toute la société. Mon communiqué de presse va dans ce sens : on peut toutes être concernées par les violences sexuelles et les violences conjugales."
    - "Mon groupe politique a un programme vis à vis de cette question. Entre la théorie et la pratique il peut y avoir des écarts, mais il y a des formations aux violences sexistes et sexuelles qui étaient déjà prévues. Que tous les autres groupes en face autant!"
    - "Mon combat est là : je serai toujours du côté des victimes et pas des agresseurs."
    - "Aussi, la manipulation politique qui est faite est insupportable. Je suis membre LFI et députée Nupes et nous sommes montrés du doigt parce que nous ne ferions rien alors que nous sommes ceux qui font le plus"
    - "Les réseaux sociaux peuvent être une plaie notamment quand je lis qu'une "gifle n'est rien"... Il faut accueillir la parole de celles qui parlent et aussi en faire quelque chose"
    - "Le féminisme est politique au même titre que tous nos actes. Que la gauche se préoccupe de cette question tant mieux à nous car ce n'est pas le cas dans l'autre camp qui met la poussière sous le tapis."
    - "Quand il s'agit d'un ami, d'un proche, on passe par une phase de sidération. Nous, la Nupes, dans son ensemble vit un électrochoc. J'espère que nous allons en sortir grandis."
    "Le collectif Relève Féministe est soudé dans un objectif commun pour évoluer vers un monde meilleur en toute sécurité et faire de la politique." - Sihem, membre du collectif.
    Extraits de l'entretien avec la membre de Relève Féministe, Sihem :
    - "Je salue le courage de Mme Pascale Martin de s'exprimer"
    - "La Relève Féministe est un regroupement de militants, femmes et personnes non-binaires, de gauche qui souhaitent faire avancer les choses dans nos partis et mouvements en réaction des tweets de M. Jean-Luc Mélenchon"
    - "Le patriarcat nous aliène tous. Le milieu politique est particulier car il y a la présence du pouvoir et de personnalités intouchables"
    - "C'est déjà très bien qu'à gauche on se soit doter de commission, la faiblesse est qu'elle soit gérée par des membres des partis. Il faut renforcer la formation et écouter la parole des femmes et que des mesures disciplinaires soient prises"
    - "Il y a beaucoup de beauté dans le collectif Relève Féministe qui est soudé dans un objectif commun pour évoluer vers un monde meilleur en toute sécurité et faire de la politique"
    - "Pascale Martin évoquait la dangerosité des réseaux sociaux mais c'est aussi un outil de militantisme et de revendications. On essaie de l'utiliser à bon escient"
    "Une femme sur 7 est victime de violence, ce qui veut dire sans doute qu'un homme sur 7 est acteur de violence." - Marine Delaunay, sociologue.
    Extraits de l'entretien avec la chercheuse, Marine Delaunay :
    - "Une femme sur 7 est victime de violence, ce qui veut dire sans doute qu'un homme sur 7 est acteur de violence."
    - "Les auteurs de violences conjugales que j'ai rencontré dans mes travaux ont fait l'objet d'alternative au poursuite un stage de responsabilisation. Dans leur trajectoire personnelle, ils s'incarnent comme un individu ordinaire. Dans leur manière de parler des récits, ils se tiennent à distance de l'image archétypale de l'auteur de violence. Cette image est d'ailleurs désincarnée car on n'a pas représentation de ce monstre violent - tout au plus on voit une ombre menaçante."
    - "Les auteurs de violences prétendent ne pas avoir "exercé de vraies violences, ni fabriqué de de vraies victimes", ils ne seraient pas des auteurs de violence. Il y a un double déni : de préjudice, de victime et bien qu'ils soient passés par le maillage judiciaire où la justice leur a dit qu'ils sont "auteurs de violence", c'est une étiquette qu'ils refusent."
    - "Ils ont les moyens de la refuser. ils mobilisent différentes logiques discursives. Ils racontent par exemple que l'épisode de violence est issu d'un dérapage ponctuel qui se solutionnerait tout seul par la séparation ou par l’élaboration de nouveaux arrangement conjugaux. Ils construisent une représentation de l'auteur de violence comme étant un criminel monstrueux et qui fonctionne comme un miroir déformant. Ils se justifient justement en opposition à ce miroir."
    - "Ils minimisent le passage à l'acte, la violence et ne se mettent jamais à la place de la victime en disant que seuls les coups sont à comptabiliser et pas les effets psychologiques pour ces victimes. ils estiment que la responsabilité de ces tensions conjugale est partagée et donc, pour la plupart, que les victimes devraient aussi faire un stage de responsabilité. Ils ont une représentation très relationnelle des violences."
    - "Enfin, une autre représentation qui m'a beaucoup surprise dans les discours collectés c'est qu'ils reconnaissent eux-même que les violences conjugales sont très banales et ordinaires. Beaucoup d'entre eux dans leurs réseaux amicaux ont d'autres auteurs de violences. L'auteur de violence conjugale n'a donc pas qu'une figure repoussoir au cours des entretiens, ils deviendraient aussi monsieur tout le monde. Eux-mêmes reconnaissent que l'auteur de violence serait donc un monstre et monsieur tout le monde."
    Sihem ne souhaitait pas que son nom apparaisse.
    Production et réalisation de l'émission : Baptiste Giraud
    44 min
  • François Ruffin : "auxiliaires de vie et caristes peuvent être fiers de tenir le pays debout"
    La Clé des Ondes : Pourquoi cette rentrée fracassante à travers votre livre et ces déplacements dans les départements à la rencontre des gens ?
    François Ruffin : Ce n'est pas nouveau. Ça fait 23 ans que je tourne dans le pays. Je suis sur le front de la Somme où 8 circonscriptions sur 17 sont tombées dans le Rassemblement National, sans que ça soit une surprise pour moi. Je comprends ce qui se passe dans le bassin industriel, mais il s'agissait de comprendre en symétrique ce qui se passe dans le Gard, le Tarn, en Dordogne, en Gironde, la France du Sud et le front de l'Ouest.
    Vous mettez au centre la question de la valeur travail...
    L'un des carburants du Rassemblement National, c'est le ressentiment. Ce ressentiment c'est quand le train n'est pas là, pas à l'heure ou qu'on n'a pas de place assise. Ce ressentiment, c'est quand on doit envoyer ses fiches de paie à la Carsat pour la retraite mais qu'on n'a personne en face de soi. Ce sont des décharges électriques qu'on reçoit tout au long de la journée avec le sentiment d'être méprisé. Cela installe en quelque sorte cette putréfaction des âmes.
    Le travail est aussi le lieu de ça. Les gens espèrent s'y réaliser, consacre de l'énergie et une bonne part de fierté. J'ai croisé des camionneurs qui ont une plaque d'immatriculation sur leur véhicule avec marqué "Jojo 60, fier de mon métier".
    Ils sont fiers et ont beaucoup de tristesse quant à la manière dont on leur fait faire leur métier. L'hôpital crève de ça, des horaires, des salaires mais surtout de gens qui ont envie de bien faire leur travail pour soigner comme il faut mais qu'on empêche de soigner comme il faut.
    Cela créé un ressentiment. Et je sais vers quoi nous mène le ressentiment si on n'est pas là pour le transformer en espérance.
    Cette espérance passe par voir les gens sur le terrain, victimes des politiques ultralibérales qui les marginalisent...
    Je ne peux pas déconnecter mes pieds et ma tête. Je pense avec mes pieds en allant écouter les gens et pas juste en planant dans le monde harmonieux des idées. C'est ma démarche de député-reporter. Des tas de personnes éprouvent un sentiment d'abandon et de ne pas être représenté.
    La crise Covid a mis en lumière les essentielles du pays : les auxiliaires de vie, les assistantes maternelles, les caristes, les camionneurs, les caissières, les ouvriers de l'industrie agroalimentaires. Il y a 17 métiers ainsi identifiés dans un rapport. C'est cinq millions de travailleurs ! Mais dans la campagne présidentielle, quand a-t-on parlé d'elles et d'eux ? Quand a-t-on remercié les caristes sans qui on n'a plus de papier Q dans nos supermarchés ? Jamais !
    De la même manière que le Parti Communiste dans l'après guerre avait héroïsé le mineur ou le métallo en disant qu'ils reconstruisent le pays et peuvent être fiers d'être des acteurs de l'histoire, là on doit parler aux gens pas seulement victimes ou qui subissent un sort détestable mais aussi leur dire qu'ils sont acteurs et peuvent être fiers de tenir le pays debout.
    En quoi, c'est important pour vous ce soutien aux métiers tenus par des femmes, comme on a pu le voir dans 'Debout les femmes' ?
    Mon combat sur les auxiliaires de vie et les aides à domicile est un triple combat. C'est un combat social avec des centaines de milliers de travailleuses qui sont souvent sous le seuil de pauvreté. C'est un combat féministe car c'est métiers sont méprisés car ils sont des métiers de femmes et dans l'inconscient collectif il y a l'idée qu'elles ont fait ça gratuitement à la maison pendant des siècles s'occuper des enfants, des malades ou des personnes âgées et elles pourraient continuer de le faire dehors en étant un peu payée mais sans nous emmerder en plus. Ça c'est l'inconscient de la société. Et puis c'est un combat écologique qui nous permet de dire c'est quoi le progrès ?
    Est-ce que le progrès c'est toujours plus de biens avec le téléphone portable 6G connecté au frigo et qui écrit à Carrefour quand il y a plus d'olive ? Ou est-ce que c'est mieux de liens, plus de soin, de relations de la naissance à la mort ? Si on fait basculer la notion de progrès du côté des liens plutôt que des biens, c'est aussi un progrès moins chargé en matière et qui consomme moins d'énergie.
    Il faut dire qu'on gagne un petit peu contre la dévalorisation sur ces métiers. Chez les auxiliaires de vie, elles ont obtenu l'avenant 43 qui fait gagner 50, 100, 150 euros selon l'ancienneté. Ce n'est pas nul, ça fait des pleins de caddies donc on prend. Mais ça ne bouleverse pas la donne dans le respect profond de ce métier là.
    Dans votre réunion publique ce mercredi soir, vous avez mis au centre l'alliance de la Nupes et notamment sur la circo de Bordeaux Caudéran. Cette dynamique peut elle perdurer et se développer ?"
    Il faut qu'elle dure maintenant, c'est une condition nécessaire mais non suffisante. Les gens n'en ont rien à secouer de l'unité. Si elle n'est pas là, ils diront pourquoi vous n’êtes pas ensemble. Si elle y est, elle y est mais les gens n'ont pas envie d'entendre "on est uni". Qu'est-ce que vous mettez dans mon assiette ? Comment je vais mieux vivre ? Quelle retraite je vais avoir ? Voilà ce dont il faut parler aux gens. Pour les gens, on est uni c'est bien mais maintenant qu'est-ce qu'on fait ensemble ?
    Propos recueillis par Graziella Danguy pour la Clé des Ondes
    8 min
  • "En plus de montrer notre mécontentement, c'est aussi un moyen de rassembler des éco-anxieux, des fatalistes et montrer que c'est possible."
    Quelques extraits de l'entretien à retrouver complètement en podcast :
    "C'est peut être une plus grande majorité de femmes qui se mobilisent. C'est plutôt égalitaire dans l'organisation. L'inquiétude écologique n'a pas de genre."
    "En plus de montrer aux politiques notre mécontentement, c'est aussi un moyen de rassembler des éco-anxieux, des fatalistes et montrer que c'est possible."
    "La lutte climatique passe par une lutte sociale"
    "Je n'ai pas d'image idéale de ce qu'il faudrait mais il faut montrer qu'on est surtout de plus en plus à vouloir un changement maximal"
    "Ce n'est plus en faisant pipi sous la douche qu'on changera quelque chose. Socialement, on ne va pas demander aux pauvres de couper le Wifi..."
    "Ces petites actions faites de chaque côté on sera bien content mais ce qu'il faut c'est se rassembler"
    Evènement sur demosphère
    13 min

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