Issu de la tribu prestigieuse de Benjamin, Paul, membre du parti puissant des pharisiens, avait si fortement adhéré aux idées de ce parti religieux qu’il en était devenu le fervent défenseur, au point de lutter contre quiconque, à ses yeux, n’en respectait pas les règles (6). Après sa rencontre avec le Christ, l’apôtre Paul a décidé de considérer tous les privilèges liés à sa condition de naissance comme un handicap, alors qu’il les percevait précédemment comme un grand avantage (7). Loin d’être mauvais en soi, ces privilèges produisaient en lui un faux sentiment de justice. Une telle assurance n’était nullement fondée sur la foi en la grâce de Dieu manifestée en Jésus-Christ (5). D’autres que Paul (2), partageant pourtant la foi en Christ, déconsidéraient tous ceux qui ne pouvaient se targuer d’une telle condition, au point de leur imposer, comme une voie de rattrapage, la pratique des rites stipulés par la loi de Moïse (2). Sans recourir à l’argumentation présentée dans l’épître aux Galates, Paul ne fait aucune allusion à la révélation extraordinaire qu’il a reçue près de Damas. En agissant ainsi, il veut éviter tout excès d’autorité et s’interdire toute gloriole pour ne pas agir comme les faux circoncis qu’il dénonce (2). (...)