Les 4 Vérités

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Les 4 Vérités episodes

  • Élections législatives, camps politiques distincts… Bruno Cautrès est l’invité de 29 juin 2024

    Ça y est. Le dimanche 30 juin se dérouleront le premier tour des élections législatives redouté par nombre de français. Un premier tour que personne n’imaginait il y a encore un mois, avant l’annonce d’Emmanuel Macron juste après le résultat des élections européennes. Invitée des 4 vérités, Bruno Cautrès, politologue et chercheur au CNRS et CEVIPOF, indique qu’il demeure beaucoup d’incompréhension au sujet de cette dissolution. Quelle était la principale motivation du chef de l’État ? Pourquoi a-t-il dissous ? Ils ne le comprennent pas bien. « En revanche (…) ils sont extrêmement conscients qu’il y a un choix extrêmement important à faire pour le pays ». Dans un sondage réalisé pour Science Po, 81% des Français disent avoir de l’intérêt pour cette campagne et réaliser l’enjeu de ces élections législatives pour le pays. En comparaison du précédent scrutin législatif, où le niveau de participation était de 50%, celle-ci se situe autour de 64% Le scrutin serait donc historique.

    On dénombre également beaucoup plus de procurations qu’en 2022 : 1 millions en plus qu’au dernier scrutin, soit 2 millions en tout. Un signal de la motivation supplémentaire de voter pour ces législatives.

    Pour l’instant, les sondages donnent largement le Rassemblement national en tête de ces législatives. Mais ces données devront se confronter au principe de réalité. D’autant, que, précise l’expert, les élections législatives sont des élections sur un scrutin majoritaire à deux tours. Ainsi, pour gagner, un parti doit obtenir au moins 50% des voix au premier tour, mais doit comptabiliser 25% des inscrits. L’autre donnée encore inconnue est l’agissement des différents mouvements politiques lors du second tour. Certains vont-ils se désister ? Choisir de faire barrage à telle ou telle formation politique ? Et surtout, quelle sera la réaction de l’électorat quant aux chiffres qui se dessinent ?

    À l'aube des législatives, quel avenir pour les trois blocs politiques principaux ?

    Ces dernières semaines, trois grands camps politiques se sont démarqués : le nouveau Front Populaire pour l'extrême gauche, le Rassemblement national pour l'extrême droite, et Renaissance pour le camp présidentiel. Une structuration en trois blocs, qui, rappelle Bruno Cautrès, « ne date pas de ces élections législatives. » Cette dynamique avait déjà pu être observée lors de la présidentielle de 2022. En revanche, se pose désormais la question de si ces différents blocs vont peser autant en sièges à l’assemblée. « On se doute que non ».

    Lors de cette campagne, le Rassemblement national reste dans la même trajectoire qu’habituellement. « C’est-à-dire la normalisation et dédiabolisation », juge l’expert. Cette fois, particulièrement le parti d’extrême droite a selon lui voulu prétendre « jouer le jeu des institutions ». À la tête du parti, Jordan Bardella, qui a joué une place majeure dans les élections européennes pour son camp, comme il l’avait déjà fait il y a cinq ans.

    Un des points marquants de cette campagne est également l’alliance d’Éric Ciotti avec le Rassemblement national contre l’avis d’à peu près tous les cadres de son parti. Les Républicains ont-ils encore un avenir après les élections ? « Grande question », juge le politologue, qui souligne quand même « la grande crise d’identité » actuellement vécue par le parti de droite. Une alliance est-elle à prévoir avec un autre parti pour 2027 ? Il s’agira surtout de voir comment les agendas politiques concordent.

    9 min
  • La préparation des Jeux Olympiques - Amélie Oudéa-Castera est l’invitée du 26 juin 2024.

    J-30 avant le début des Jeux Olympiques 2024. À un mois pile avant le lancement du plus grand événement sportif mondial, la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera assure leur bonne préparation, malgré la situation politique périlleuse du moment. « L’incertitude politique ne met pas en péril notre préparation », assure la représentante politique, qui se dit « concentrée sur l’exercice ». En bref, « tous les feux sont au vert » pour l’ancienne ministre de l’Éducation, même si elle rappelle qu’il faudra « savoir piloter les Jeux pendant l’événement ». 

    Le Rassemblement National, mené par Jordan Bardella, demeure en tête des sondages pour les législatives à venir. Celui qui pourrait bien devenir Premier ministre le 7 juillet a annoncé sur X qu’il ne changerait rien aux Jeux : « J’accorde une totale confiance aux services de l’État pour l’organisation des #JO2024. En cas de victoire aux législatives, je ne modifierai pas le dispositif mis en œuvre depuis plusieurs mois. Cet événement se doit d’être un grand succès pour la Nation », tweetait-il sur le réseau social d’Elon Musk. En réaction aux propos de son opposant politique, notre invitée hausse le sourcil et estime la situation « assez cocasse », considérant que le président du Rassemblement National aurait « agité toutes les polémiques sur les Jeux depuis des mois ». 

    Prévenir contre les extrêmes 

    Amélie Oudéa-Castera fustige ainsi le leader d’extrême-droite, qu’elle place à égalité avec la gauche du Nouveau Front Populaire dans sa jauge de risques pour Paris 2024. Au micro de Thomas Sotto, elle se dit « inquiète » par la potentielle arrivée de Jordan Bardella au pouvoir, mais « tout autant inquiète » si la gauche était aux commandes du pays pendant les festivités. Elle craint notamment pour la sécurité si un gouvernement de gauche était élu, car ils auraient démontré « la plus grande inconsidération » pendant les mois passés à l’Assemblée Nationale. 

    Pas de remords pour autant du côté de la haute fonctionnaire et ancienne joueuse de tennis de haut niveau. La pupille d’Emmanuel Macron ne lui en veut manifestement pas d’avoir bouleversé l’équilibre politique en annonçant la dissolution de l’Assemblée nationale, un coup politique qui « n’affecte pas la préparation des Jeux », selon elle.  Elle considère néanmoins que « ce qui va sortir des urnes peut être un risque pour le déroulement des Jeux, avec un gouvernement composé de gens qui n’ont aucune expérience de l’État ».

    Pour elle, le plus important est que les Français s’expriment dans les urnes sur les valeurs qu’ils veulent que le pays représente. « Notre pays, qui a porté mieux que tout autre les valeurs de l’universalisme, de la liberté et de l’amitié entre les peuples » serait donc menacé par le supposé communautarisme de La France Insoumise ou la xénophobie fièrement prônée par le Rassemblement National. Les Jeux Olympiques seraient « une corde de rappel » sur ce que doit représenter la France à l’international ; la flamme serait de la même manière un symbole de bonheur, de cohésion nationale et de « moments de partage à travers les villes et les villages ». 

    Parmi les quelques scoops concédés par l’ancienne présidente d’Axa et Carrefour : son refus de faire partie d’un « gouvernement des extrêmes » à l’issue des législatives, à l’instar du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Elle reste également confiante en son projet d’après-midi baignade dans la Seine avec sa consoeur Anne Hidalgo, et assure de son déroulement dans les jours à venir. Enfin, elle lâche un nom : Céline Dion. La célèbre chanteuse canadienne pourrait faire partie du casting de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques ! Cette dernière pourrait-elle fédérer autour de l’événement et apaiser les tensions politiques ? 

    10 min
  • Redressement économique et lutte contre l'islamisme - Marine Le Pen est l'invitée du 26 juin 2024

    Le transfert de militants indépendantistes kanaks dans les prisons métropolitaines, entamé depuis ce samedi 22 juin, fait grincer des dents et est accusé d’attiser les tensions sur l’archipel. Des critiques contre la politique du gouvernement menée en Nouvelle-Calédonie qui ne sont pas l’apanage des représentants politiques de gauche ou d’extrême gauche. Marine Le Pen, invitée des 4 vérités, avoue les mêmes préoccupations. Selon elle, la situation est « terriblement préoccupante ». Elle évoque des Calédoniens « épuisés de défendre leur famille et leur domicile ». Une situation dans le territoire d’Outre Mer qu’elle considère être une conséquence directe d’une « série de maladresses » provoquées par la présidence de la République, à laquelle la seule réponse serait, selon elle, un gouvernement Rassemblement National. Pour la femme politique, seul son parti pourrait « tenter de renouer le lien », car il serait impossible d’envisager sous leur gouvernance un avenir « communauté contre communauté ». 

    Le programme de l’extrême droite 

    Pour notre invitée, la campagne du Rassemblement National dans le but de gagner ces législatives imminentes est axée sur trois grands points : l’immigration, l’insécurité et le pouvoir d’achat. À propos de ce dernier, elle souhaite mettre en place un programme économique ambitieux, dont l’une des mesures phares serait la baisse de la TVA sur les énergies à 5,5%, ce qu’elle estime faisable d’ici juillet. Elle veut également s’attaquer aux 12 milliards d’euros de niche fiscale, et revenir sur l’indemnisation du chômage, dont elle estime la réforme menée par Gabriel Attal « profondément injuste ». De la même manière, elle veut inciter les jeunes à rester en France et construire leur vie ici, et se lamente de la « richesse intellectuelle » perdue lors de l’immigration des cerveaux. 

    Au sujet de l’interdiction du voile dans l’espace public, évoquée sur le plateau de Télématin, l’ancienne présidente du Rassemblement National précise qu’il est un engrenage parmi une lutte plus globale contre les idéologies islamistes menée par son parti. Ainsi, si Jordan Bardella devenait Premier ministre le 7 juillet suite à une victoire électorale, son gouvernement d’extrême droite entendrait mener « un combat efficace contre l’islamisme », dont les tenants et aboutissants précis sont pour l’instant tus par Marine Le Pen. Quant au projet de loi sur la fin de vie, « ce n’est pas l’urgence » pour cette dernière. Un sujet qui passe donc après la stabilisation des finances publiques et la lutte contre l’islamisme. 

    Les représentants de la majorité présidentielle ont tour à tour évoqué, d’interview en interview, le risque d’émeutes, voire de guerre civile, si un élu des « extrêmes » prenait ses quartiers à Matignon. Pour la fille de Jean-Marie Le Pen, le véritable risque se trouve à gauche de l’échiquier politique : « l’extrême gauche agit depuis toujours par la violence. Maintenant, ils se mettent à manifester contre les élections. Ils vont faire quoi après ? Prendre le Capitole ? », s’insurge-t-elle. Elle prend à parti le président de la République, ainsi que Thomas Sotto, et les appelle à faire respecter les règles républicaines et les résultats d’élections, avant de s’adresser directement à ses électeur et de leur rappeler : « On peut gagner, c’est le moment d’aller voter ».

    13 min
  • Le camp présidentiel persiste : les extrêmes au pouvoir, présage le chaos - Chrisitian Estrosi est l'invité des 4V du 25 juin 2024

    Au moment où des fortes intempéries ont frappé la région du vice-président du parti Horizons, Christian Estrosi se veut rassurant. Ce lundi 24 juin, la commune de Saint-Martin-Vésubie, dans les Alpes-Maritimes, a été touchée et 52 personnes ont été évacuées par les pompiers. Une situation qui devrait revenir à la normale d’ici à la fin de la journée,  « au plus tard dans les 48h »  assure le Maire de Nice.

    En réponse au score majoritaire du Rassemblement National lors des élections Européennes, le président Emmanuel Macron a décidé de laisser le pouvoir aux électeurs et a dissous l’Assemblée Nationale ce dimanche 9 juin 2024. Conséquence : une campagne très brève, en trois semaines, dont les premiers résultats seront connus ce dimanche 30 juin avec le premier tour du scrutin. Christian Estrosi remarque dans le programme enfin dévoilé par Jordan Bardella ce lundi 24 juin une certaine incompétence. Celui-ci  « montre son inaptitude, son inexpérience à gouverner » . Le maire de Nice en est convaincu :  « Il ne pourra pas tenir ses engagements » . Face au camp de Marine Le Pen, l’Union Populaire constitue pour le membre du parti Horizons, une autre extrême, porteuse d’antisémitisme et d’outrance. L’accession de l’un de ses deux pôles au pouvoir serait un  « chaos total »  déclare Christian Estrosi au journaliste Thomas Sotto qui se veut très critique face au mouvement de gauche.


    Un passage possible pour le camp centriste ?

    L’ex-ministre de Nicolas Sarkozy mentionne une prise de parole de Pierre Arditi dans La Tribune du Dimanche, paru ce dimanche 23 juin, dans lequel le comédien exprimait son incapacité à rejoindre le camp de l’Union Populaire, alors qu’il avait toujours fait partie des socio-démocrates. Une position qui serait partagée par certains électeurs de gauche. Tandis que Christian Estrosi s’indigne de propos qui auraient été tenus par Jean-Luc Mélenchon incitant à une révolution, l’ancien candidat LFI à la présidentielle s‘est, quant à lui, positionné devant Caroline Roux ce lundi 24 juin et a affirmé qu’il respecterait le suffrage électoral. Une déclaration qui ne convainc pas le niçois.  « Je n’en crois pas un mot », signale Christian Estrosi.

    À propos d’Éric Ciotti ayant trahi les Républicains pour s’allier avec l’extrême droite, l’ancien du RPR et de l’UMP est très réprobateur et n’a pas beaucoup d’espoir pour son avenir politique : « dans quelques semaines ou dans quelques mois, il aura atteint définitivement une impasse ». 

    Le vice-président du parti fondé par Edouard Philippe semble incertain face à la possible menace d’une guerre civile. Pour lui, la situation permettrait de proposer un autre chemin.  « Je crois qu’il y a un passage », affirme-t-il. Toutefois, Christian Estrosi regrette le mouvement du chef de l’État :  « c’est un drame qu’il y ait eu une dissolution un peu trop précipitée du président Macron ». Un rendez-vous raté pour le maire de Nice. Néanmoins, il souhaite s'engouffrer dans cette  « opportunité pour recoller les morceaux et reconstruire une véritable majorité de droite républicaine dans notre pays ». Préoccupé par l’état actuel des institutions, il souhaite leur redonner de la stabilité en continuant à travailler selon les idées Gaullistes dont il est l’héritier.

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  • Les Républicains, l'alternative modéré et sages des législatives - Xavier Bertrand est l'invité des 4V du 25 juin 2024

     

    Depuis l’annonce de la dissolution de l’Assemblée Nationale suite aux résultats des élections européennes, c’est le grand chambardement dans les différentes familles politiques. Tandis que le RN caracole en tête des sondages et que la gauche s’est réuni sous la banderole du Nouveau Front Populaire, le parti gaulliste des Républicains fait pâle figure. À cinq jours du premier tour des élections législatives, Xavier Bertrand le président des Républicains de la région des Hauts-de-France apparaît très critique face à la stratégie politique d’Emmanuel Macron qui évoquait une possibilité de guerre civile.

    Des propos inappropriés pour l’élu de la droite : « Il a perdu pied le président. Ce n’est pas en faisant peur aux français comme ça que ça changera quoique ce soir à la colère qu’il y a dans le pays ».  Pour Xavier Bertrand, le président Macron est responsable de la situation politique actuelle et de la place du Rassemblement National en haut des sondages. Les pronostics mettent l’Union Populaire et le Rassemblement National au coude à coude, avec, dans l’inconscient collectif, l’idée que ces deux voies sont les seules possibles.

    Emmanuel Macron a tenté, dans un dernier élan, de rassembler les électeurs. Ce dimanche 23 juin, le chef de l’État a adressé une lettre aux français dans laquelle il évoquait une troisième voie : celle du bloc central, modéré et loin des extrêmes. Ce qui protégerait la France de tomber dans le chaos ainsi que le camp présidentiel le martèle depuis le début de cette campagne législative expresse. Une main tendue du président que Xavier Bertrand ne souhaite pas prendre :« si c’est pour dire : on va faire un peu autrement mais comme avant, c’est non. » Le député des Hauts-de-France affirme que les français souhaitent sanctionner la politique du président avec une cohabitation et assure que les Républicains se saisiront des questions qui préoccupent le pays. « Les français veulent vivre en sécurité, ils veulent vivre de leur travail, des services publics qui fonctionnent efficacement », proclame Xavier Bertrand. C’est pourquoi il invite les électeurs à voter pour sa famille politique afin que la droite républicaine puisse obtenir un maximum de sièges à l’Assemblée.

    Face aux difficultés du pays, les Républicains constituent le camp de l’expérience

    Une option qui semble compliquée à envisager. Les Républicains de Xavier Bertrand sont estimés à 7% d’intention de vote, et ceux qui ont rejoint Éric Ciotti dans leur alliance avec le parti de Marine Le Pen sont à 4%. En réponse à cela, Xavier Bertrand rappelle que les candidats de son camp « ne sont pas responsables de ces sept dernières années et ils proposent une autre voie ». Le président LR des Hauts-de-France pointe l’incompétence du Rassemblement National qui, ce lundi 24 juin, a présenté son programme aux électeurs. Jordan Bardella souhaite mettre la priorité sur la lutte contre l’insécurité, l’instauration d’une peine minimale et peine plancher en cas de récidive, le port de l’uniforme, la baisse des prix de l’énergie ou encore la baisse des prix de production. 

    Suite à la fuite d’Éric Ciotti vers l’extrême-droite, Xavier Bertrand ne s’inquiète pas pour son camp politique qui a « de l’expérience sur les dossiers ». Alors que le pays fracturé cumule trois mille milliards de dettes et fait face à la guerre aux frontières de l’Europe, il martèle qu’il est nécessaire d’avoir des gens expérimentés à la tête du pays.

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  • Zemmour, Bardella... Pour qui roule Marion Maréchal ? - Marion Maréchal est l'invitée des 4V du 24 juin 2024

    Oui mais non, mais non mais oui… C’est un éternel yoyo entre Marion Maréchal et son ex famille politique qu’est le Rassemblement National. L’ancienne tête de liste Reconquête! qui s’est hissée au rang des députés européens il y a quelques semaines semble désormais faire campagne pour le RN au vue des législatives ce dimanche 30 juin 2024. Cette dernière ne cache plus son soutien au bloc RN-Ciotti afin de « concentrer les forces ». « Nous incarnons un courant à droite qui a un certain nombre de convergences avec ce bloc national. Ce qui nous rassemble est plus important de ce qui nous sépare au regard de ce qui nous menace à savoir le Nouveau Front Populaire dont rien n’exclut totalement qu’il puisse remporter une majorité » explique notre invitée. Un aveu de dé« Zemmour » pour le chef de file de Reconquête qui l’accuse ouvertement de trahison, prête à sacrifier leurs idéaux sur l’autel de l’opportunisme politique. « Il y a eu un désaccord politique avec Eric Zemmour à l’issue de ces élections […] À défaut d’avoir trouvé un accord entre Reconquête! et le RN, il a fallu faire un choix très rapide […] Je pense que c’est une mauvaise décision parce qu’une fois de plus c’est prendre le risque de réconforter la coalition d’Emmanuel Macron ou du Nouveau Front Populaire » explique la députée européenne. Entre Marion Maréchal et Éric Zemmour, la rupture semble bel et bien consommée. En effet, ces tensions internes auront eu raison de leur couple politique, conduisant le polémiste à exclure sa favorite dont la proximité avec le RN a précipité sa chute. Le torchon brûle, donc, au sein de Reconquête!, plus fragilisé que jamais. 

    Dernière ligne droite avant le premier tour des législatives. Une semaine jour pour jour avant le scrutin, Emmanuel Macron a tenu à adresser une lettre aux Français dans laquelle il exprime ses inquiétudes concernant la montée des extrêmes, mettant au passage un signe égal entre le RN et Le Nouveau Front Populaire. Dans ce dernier tour de vis pour tenter de consolider l’ancienne majorité présidentielle, le président de la République n’a pas hésité à pointer du doigt le Rassemblement National qui constitue selon lui une menace pour la nation française « en opposant ceux qu’elle nomme de vrais Français et des Français de papier ». Une prise de position que condamne Marion Maréchal au regard de son statut : « Il aurait dû tenir une forme de réserve […] mais il nous a habitués depuis longtemps à ne pas être à la hauteur du costume présidentiel qu’est le sien » fustige notre invitée. 

    Lutter contre l’immigration et l’insécurité : le Rassemblement National entonne la même rengaine à chaque campagne. Avec un arrière-goût de préférence nationale, le RN propose une réduction drastique des flux migratoires, notamment en limitant l'asile et en renforçant les contrôles aux frontières. Le parti prône également la suppression du droit du sol et la mise en place d'une politique de rémigration, visant à inciter les étrangers à retourner dans leur pays d'origine. Un programme à géométrie variable jugée irréaliste par l’ancienne majorité présidentielle et la gauche. « Il y a des priorités qui ont été présentées par Jordan Bardella et Éric Ciotti. C’est d’abord réduire drastiquement l’immigration légale et illégale, s’attarder en priorité sur la question de l’insécurité et donc de la réforme pénale qui s’impose dans notre pays » défend notre invitée. Si le RN campe sur ses positions nationalistes, quid de leurs propositions sur le plan économique ? « Il y a deux engagements qui ont été pris : d’une part la réduction de la dépense publique pour ne pas faire courir l’endettement et d’autre part l’engagement de ne pas augmenter les taxes et les impôts » explique  Marion Maréchal. Des idées loin de convaincre Gabriel Attal, le Premier ministre, qui compare le programme du RN à un oignon. Selon lui, Jordan Bardella recule chaque jour sur une mesure à l’instar de l’interdiction du port du voi

    9 min
  • Législatives : l'heure du choix - Laurent Berger est l'invité des 4V du 24 juin 2024

    Il y a presque un an jour pour jour, Laurent Berger cédait son siège de dirigeant de la CFDT à Marylise Léon. Si cette ancienne figure syndicale a déserté l’espace politique, elle est pourtant au cœur de nombreuses conversations à gauche. À moins de six jours des législatives, l’ancien patron de la CFDT se dit inquiet par la montée en puissance de l’extrême-droite et la « possible arrivée du Rassemblement National au pouvoir dans ce pays ». Ce dernier tient à alerter l’opinion publique sur les conséquences d’un tel virage politique, au moment même où les Français sont invités à se rendre aux urnes pour le premier tour des élections ce dimanche 30 juin 2024. Particulièrement attaché aux droits des salariés qu’il a défendu sous la bannière de la CFDT pendant plusieurs années, Laurent Berger souhaite recentrer le débat sur les réels problèmes qui gangrènent actuellement le pays, à savoir « l’inflation, le logement, la sécurité ». Parmi les nouveaux enjeux prioritaires, la transition environnementale préoccupe particulièrement l’ancien secrétaire général de la CFDT : « Face à ces angoisses, il faut co-construire et avoir des réponses à hauteur de femmes et d’hommes […] Le Rassemblement National, c’est le parti de la peur. Face à ces peurs, il faut apporter des solutions concrètes et des perspectives plus positives. Ce n’est malheureusement pas ce qu’il se passe » explique Laurent Berger. Si ce dernier refuse catégoriquement de défendre les couleurs de quelque parti que ce soit, il s’oppose néanmoins fermement au RN. 

    Dans un dernier élan pour rassembler les électeurs autour de l’ancienne majorité présidentielle, Emmanuel Macron a adressé une lettre aux Français, ce dimanche 23 juin 2024. Et le chef d’État n’a pas hésité à égratigner la nouvelle alliance à gauche qu'il considère comme une coalition hétéroclite et instable. Mis dos à dos avec le Nouveau Front Populaire, le chef de file de Renaissance a critiqué ces adversaires pour leurs positions économiques et sociales qu'il juge irréalistes et dangereuses pour la stabilité du pays. En effet, le président de la République affirme noir sur blanc que cette alliance « refuse la clarté sur la laïcité et l’antisémitisme ». Des propos que ne semblent pas vouloir contredire Laurent Berger qui note lui-aussi, quelque carences de ce point de vue : « Il en manque dans certaines franges du Nouveau Front Populaire. Ce poison de l’antisémitisme ne peut souffrir d’aucune ambiguïté, comme il faut être extrêmement clair sur la laïcité et sur les règles de vie collective » martèle notre invité. 

    L’heure du choix 

    Aux côtés de Philippe Martinez, ancien secrétaire général de la CGT, Laurent Berger a incarné l’an dernier le combat contre la réforme des retraites. Sorte de David contre Goliath, les syndicats n’auront finalement pas su faire plier le gouvernement malgré une très forte contestation de part et d’autre de l’échiquier politique. Devenu un sujet électoral à part entière, le chapitre des retraites pourrait être une nouvelle fois débattu, à l’instar de la gauche qui inscrit le retour de la retraite à 60 ans dans son programme. Alléchant sur le papier, est-ce néanmoins réaliste ? Si Laurent Berger ne souhaite pas s’exprimer sur la pertinence des propositions, il compte bien faire barrage à l’extrême-droite : « Le risque c’est le Rassemblement National. Le choix du RN c’est une erreur » martèle notre invité sans équivoque. 

    La question des salaires est au cœur du programme des trois blocs politiques. Du côté du RN, le clan Bardella propose une augmentation significative des salaires, notamment en supprimant les cotisations sociales sur les heures supplémentaires pour encourager le travail et augmenter les revenus. Il préconise également de baisser les charges patronales pour les petites et moyennes entreprises afin de favoriser l'embauche et la hausse des salaires. En parallèle, le parti souhaite instaurer un protectionnisme économique pour préserver les em

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  • Programme du RN à une semaine des législatives, Thomas Ménagé est l’invité du 22 juin 2024

    Selon les dernières enquêtes d’opinion, il pourrait y avoir une majorité relative pour le Rassemblement national à l’Assemblée. Or, quelques jours plus tôt, Jordan Bardella a déclaré qu’il ne rentrerait à Matignon que s’il avait une majorité absolue. Invité sur le plateau des 4 vérités samedi 22 juin, Thomas Ménagé, député sortant du Rassemblement national, confirme en effet que si aucune formation n’est majoritaire le 7 juillet prochain, le parti ne compte pas installer Jordan Bardella à un poste de ministre, quel qu’il fut. « [Il] ne souhaite pas être premier ministre pour être premier ministre (…) mais pour pouvoir mettre en place le projet et les mesures qui sont plébiscitées par les français. » 

    Cette semaine a été marquée par les renoncements du RN concernant certaines propositions de son programme. Le parti a par ailleurs annoncé qu’il ne mettra pas en place ses mesures s’il n’obtient pas la majorité à l’Assemblée. Un « refus d’obstacle », selon le premier ministre, Gabriel Attal. Ainsi, parmi les mesures annoncées par le RN et qui ne verront pas forcément le jour dans un futur proche, la baisse de TVA sur les produits de première nécessité. De même, la réforme de retraites a été abrogée. Thomas Ménagé justifie ces choix par un « discours de lucidité ». « C’est important de dire aux électeurs qu’il y aura deux temps : un temps d’urgence (…) et à l’automne, des réformes structurelles (…) avec une réforme des retraites ». Une réforme dont l’objectif d’âge légal à atteindre est de 62 ans. Jordan Bardella doit présenter le projet lundi 24 juin en conférence de presse. 

    Quelles conséquences sur la liberté d’expression si le Rassemblement arrivait au pouvoir ? 

    Certains français s’inquiètent sur les possibles retombées d’une arrivée du Rassemblement national au pouvoir. Quelles conséquences cela pourrait-il avoir sur le peuple Français ? La liberté de s’exprimer, de manifester, sont-elles menacées ? Des violences sont-elles à prévoir de la part des opposants ? « L'État, nos forces de l’ordre, nos forces intérieures, feront en sorte que tout se passe bien », assure l’homme politique. 

    Pour ces élections législatives, l’explosion des demandes de procuration semble annoncer un net regain de la participation. Un sursaut que le député sortant explique par la volonté des électeurs des « faire barrage au chaos que serait l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon ou Philippe Poutou au pouvoir. » 

    Certains français issus de l’immigration constatent une libération de la parole raciste depuis quelque temps. Un reportage d’Envoyé spécial diffusé sur France 2 jeudi 20 juin montre par exemple des électeurs de Jordan Bardella tenir ce genre de propos envers une voisine. Beaucoup craignent, avec l’arrivée du FN au pouvoir, une parole encore plus violente et décomplexée. « Marine Le Pen a toujours condamné les paroles racistes (…) Elles sont à l’opposé du projet républicain que nous défendons », clame l’invité politique. Il informe dans le même temps avoir saisi l’Arcom, car, dit-il, la femme qui témoigne serait une militante du Parti communiste « qui agit aujourd’hui contre le Rassemblement national ». Il dénonce un manque d’honnêteté du service public à une semaine des élections.

    10 min
  • Budget du Nouveau Front populaire, législatives… Valérie Rabault est l’invitée du 21 juin 2024

    Vendredi 21 juin, le Nouveau Front populaire va présenter son chiffrage. Que va coûter le programme de l’union des partis de gauche ? Valérie Rabault, députée socialiste sortante du Tarn et Garonne, invitée des 4 vérités, l’a chiffré à 106 milliards d’euros de 2024 à 2027. « Je l’ai fait pour répondre à Bruno Le Maire que l’on faisait débattre avec moi sur le chiffrage du programme du Nouveau Front populaire, et aussi pour montrer que c’est crédible et réalisable », avance-t-elle.

    Si ce programme du Nouveau Front populaire est crédible et réalisable, les spécialistes jugent qu’il ne résoudra pas pour autant le déficit français, qui s’élève à 5,6%, et qui devrait rester fixe, au moins jusqu’à 2026. La femme politique assume que son camp laisse pour l’instant ces comptes dans le rouge, et ce, pour une bonne raison : « La politique, c’est faire des choix, et la priorité, c’est le pouvoir d’achat », affirme-t-elle. Elle parle d’une politique de « l’offre de travail », où le Smic serait notamment porté à 1 600 euros net. À propos de ce chiffre, Valérie Rabault tient à rassurer les artisans, les détenteurs de TPE, etc., en leur assurant qu’il existera des compensations par rapport aux évolutions salariales. Avec cette offre, la responsable indique que le Nouveau Front populaire vise avant tout à parer aux difficultés de recrutement dans le monde du travail, et notamment dans certains domaines, comme les Ehpad.

    Aux États-Unis, une croissance de 2,5 % a été constatée depuis la politique de relance par le travail menée par Joe Biden. Deux grands axes de financements existent pour imaginer financer le Smic à 1600 euros : ce premier levier de reprise d’activité économique dynamique, donc, et un second, celui de mettre à contribution les superprofits et mettre en place le retour de l’impôt sur la fortune.

    Le budget du Nouveau Front populaire passé au crible

    À ce jour, la France est, d’un point de vue économique, pointée du doigt par la commission de Bruxelles, qui souligne un déficit budgétaire du pays, qui a dépassé la limite de 3% du PIB pour les déficits publics fixée par le Pacte de stabilité qui limite aussi la dette à 60% du PIB. Le gouvernement actuel n’a en tout cas « pas de leçons à nous donner sur l’économie », pointe l’ancienne rapporteuse générale du budget à l’Assemblée nationale de 2014 à 2017.

    Si le Nouveau Front populaire gagne les élections, plusieurs membres se sont déjà déclarés « capables » d’être Premiers ministres. Valérie Rabault argue qu’il faut « porter cette responsabilité, et qu’il faut le faire de manière crédible », rappelant qu’avoir une femme à ce poste serait idéal.

    Bien qu’il fasse comme elle partie de cette alliance des gauches au Nouveau Front populaire, Valérie Rabault affirme qu’elle ne soutiendra pas Jean-Luc Mélenchon si d’aventure l’homme politique avait des velléités d’intégrer le gouvernement. Elle évoque « plusieurs composantes de la gauche dans le Front populaire » et juge qu’il est nécessaire de « trouver une personnalité plus rassembleuse. »

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  • Hausse de l'antisémitisme et de l'insécurité après le viol d'une enfant de 12 ans - Bruno Retailleau est l'invité du 20 juin 2024

    Le Premier ministre Gabriel Attal annonçait début mai une hausse de 300% des actes antisémites entre janvier et mars 2024 par rapport à l’année précédente sur la même période. La faute à l’escalade de la violence entre Israël et la Palestine depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre dernier ? Invité des 4 vérités, Bruno Retailleau parle carrément d’un « déchaînement de violences » antisémite depuis le retour des affrontements armés à Gaza. Une adolescente de 12 ans a été agressée verbalement et sexuellement par des garçons d’un an de plus qu’elle à Courbevoie ce samedi 15 juin à cause de ses origines juives. Une histoire malheureuse qui comprend les deux maux qui « rongent les entrailles de la France »  selon l’homme politique de droite, à savoir la haine des Juifs et l’ultraviolence des jeunes. 

    S’il se montre dégoûté par les positionnements de certains représentants politiques à l’extrême-gauche sur l’autodétermination du peuple palestinien, un antisionisme qu’il considère être « le masque de l’antisémitisme », il se propose d’être particulièrement strict avec la violence des mineurs. Le sénateur annonce au micro de Thomas Sotto avoir mis au point un programme pour « remettre à plat notre politique pénale pour les mineurs » de façon à réaligner la « réponse pénale que nous devons adopter face à la violence des mineurs ». Fini le dédouanement des enfants de moins de 13 ans pour l’ancien bras droit de Philippe de Villiers, possible condamnation des parents pour faits de violence par leur progéniture… Le Républicain se veut intraitable face à cette insécurité perpétrée par les mineurs qu’il estime en croissance. L’heure de discussion sur l’antisémitisme instaurée dans tous les collèges sur proposition présidentielle ? Un simple placebo pour notre invité qui estime qu’on ne peut pas trop demander à l’école. À l’inverse, il avance l’importance de l’éducation familiale ainsi qu’une courageuse « révolution pénale » pour aider la France qu’il considère être « au bord de la faillite ». 

    « Sortir de la guerre des blocs »

    Malgré le putsch organisé par le président de son parti Éric Ciotti et la volonté de ce dernier de se rapprocher du Rassemblement National, Bruno Retailleau considère son parti « libre ». Loin de voir en Marine Le Pen ou Jordan Bardella des alliés politiquement fréquentables, il insiste : « Nous sommes une droite indépendante, nous voulons porter des idées simples dont a besoin la France sur le plan économique ». Le fer de lance de cette politique économique étant le redressement par le travail : l’homme politique vendéen d’appuyer par exemple l’importance de maintenir l’âge de départ à la retraite à 64 ans et de mettre en place un système de retraite par capitalisation. 

    Fier de cette indépendance plus ou moins convaincante prônée par son parti, Bruno Retailleau rejette toute idée de collaboration, à commencer par une condamnation sans appel du comportement d’Éric Ciotti et de ses « magouilles » politiques : « un homme seul ne peut pas prendre en otage tout un parti politique, nous ne sommes pas en dictature », martèle-t-il au micro de Télématin. Si l’histoire s’écrira après le 7 juillet et le résultat des votes aux législatives, l’ancien président du conseil régional des Pays de la Loire exclut pour le moment toute tentation de collaboration avec un autre parti, fut-il de gauche, d’extrême-droite ou centriste : « je ne gouvernerai pas avec des gens qui n’ont pas les mêmes convictions que moi », annonce-t-il avant de récuser la « tripartition » de l’échiquier politique français actuel. « Je suis pour qu’on revienne à une démocratie apaisée, ce n’est pas pour aller m’associer aux uns et aux autres. Il faut sortir de cette guerre des blocs », conclut-il. À voir si cette politique de non-alignement des Républicains sera maintenue après l’élection d’un nouveau Premier ministre… 

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