Le Mali fait face à une recomposition profonde de sa crise sécuritaire, politique et territoriale.
Depuis plusieurs mois, la pression du GSIM/JNIM s’est intensifiée sur les axes stratégiques, les centres urbains, les espaces de commandement et les circuits d’approvisionnement.
Les attaques coordonnées du 25 avril contre Bamako, Kati, Kidal, Gao, Mopti et Sévaré ont rendu visible cette évolution : la menace ne se limite plus aux périphéries. Elle touche désormais les lieux symboliques de l’autorité étatique et interroge la capacité du pouvoir malien à transformer ses gains militaires en contrôle territorial durable.
Cette séquence a aussi ravivé la question du Nord. Le retour offensif des groupes armés réunis autour du Front de libération de l’Azawad, combiné à la pression jihadiste, rappelle que la crise malienne ne peut être réduite à une lecture strictement antiterroriste. Elle engage des enjeux de souveraineté, de territoire, de représentation et de légitimité.
C’est dans ce contexte que notre échange avec Olivier Dubois prend une résonance particulière.
Journaliste, ancien otage du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans au Mali pendant 711 jours, Olivier porte un regard rare sur cette guerre : ses logiques internes, ses temporalités longues, ses zones grises, mais aussi ce qu’elle produit sur l’information, les sociétés locales et notre perception extérieure du Sahel.
L’épisode a été enregistré le 9 avril, avant les attaques du 25 avril. Il ne les commente donc pas directement. Mais il aide à comprendre l’arrière-plan dans lequel elles s’inscrivent.
À écouter comme une conversation de fond sur le Mali et le Sahel contemporain.