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Or


La biodiversité et les fonctions écologiques des écosystèmes sont souvent prises en compte comme objectifs principaux des opérations de restauration. Nous restaurons donc pour protéger une espèce rare, pour la fonctionnalité d’un écosystème...
Mais quelle place laisser à la naturalité et aux phénomènes spontanés qui peuvent émerger suite à la dégradation d’un environnement par l’Homme ?
On demande souvent aux scientifiques de « prédire » comment vont évoluer les écosystèmes marins face aux sociétés humaines qui en dépendent. Mais comment répondre à cette question quand on connaît si peu la biodiversité marine ? Encore aujourd’hui, les espèces marines ne représentent que 20% des nouvelles espèces décrites chaque année alors que les océans représentent 70% de la surface de la Terre… Alors que devrions-nous faire ?
Notre vision de la biodiversité se borne généralement aux espèces que nous côtoyons et apprécions : mammifères, oiseaux… etc. On pensera moins souvent aux poissons, et encore moins aux végétaux. Et dans le sol alors ? Plus petits, parfois invisibles et bien moins populaires, les individus qui le peuplent et leurs connexions sont pourtant fondamentales...
Au cours des 50 prochaines années, nous serons certainement les tristes témoins de la disparition de 15 à 35% des espèces connues. Pour contrer cette crise, l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN) établit une liste croissante d’espèces en déclin à sauvegarder. Or, si l’on décide de protéger une espèce quand celle-ci est menacée, n’est-il pas déjà trop tard ?
Planter des forêts pour atténuer le changement climatique est une pratique en vogue, mais comment doit-elle être réalisée pour avoir un impact réellement bénéfique ? A l’inverse, la superficie de la forêt française ne cesse d’augmenter spontanément : faut-il s’en réjouir ?
La restauration écologique est courante sur le continent, où l’homme modifie depuis des siècles des écosystèmes qui n’ont de “naturel” que le nom. Qu’en est-il de cette pratique en mer, un milieu plus sauvage ? Des cultures de nouveaux coraux aux programmes d’aquaculture, que penser de ces dispositifs ?
La “séquence ERC” permet d'Éviter, de Réduire et de Compenser” l’impact d’une action humaine, projet ou dispositif sur un écosystème. Mais en écologie, l’évitement est un leurre : il n’existe pas… Comment alors nous concentrer sur une action efficace ?
Une fois dégradé, un site “naturel” peut être restauré, mais l’opération reste délicate. Comment alors estimer le succès d’une restauration écologique ? Quels indicateurs prendre en compte et pendant combien de temps les mesurer ?
On utilise souvent le terme “service écosystémique” pour démontrer l'intérêt de la biodiversité pour nos sociétés, et le milieu marin n’y fait pas exception. Un vocabulaire anthropocentré et utilitariste peut-être mal choisi...
Loin de mettre la nature sous cloche, les parcs nationaux ou régionaux, les réserves et autres espaces protégés sont peut-être de nouveaux lieux pour réintégrer l’Homme au sein de son environnement… mais comment ?
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