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Le terme de “séparatisme” est apparu dans le débat public en réaction aux manifestations contre le racisme et les violences policières qui s’étaient déroulées en Juin 2020. Au lieu d’entendre les demandes des quartiers populaires portant sur une police hors de contrôle et minée par les idéologies racistes, le président a fait le choix de se braquer et de s’engager dans une surenchère identitaire et portant le mythe d’une nation assiégée par ses propres citoyens Arabes, Noirs et/ou musulmans.
Quelques jours après les déclarations du président sur un “séparatisme” qu’il dit reconnaitre, son Ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a enfoncé le clou en parlant d’ensauvagement d’une partie de la société en parlant des habitants des quartiers populaires. De ce fait, cette surenchère ne faisait que préparer le terrain et alimenter une attente au sujet des décisions à venir du président.
Après avoir tenu son discours des Mureaux sur le “séparatisme islamiste”, Emmanuel Macron a réussi son pari de faire parler de lui mais probablement pas de la meilleure manière. À près de dix huit mois des présidentielles de 2022, le président sortant a planté le décors des thématiques de la campagne à venir qui graviteront probablement autour des crispations identitaires.
Sans jamais définir le terme, Emmanuel Macron n’a cessé de marteler la menace du “séparatisme islamiste” et d’évoquer le besoin de réviser la laïcité pour permettre à l’État de s’ingérer dans les affaires internes du culte musulman, de dissoudre toute association accusée de séparatisme, d’intervenir lors des élections au sein des associations et même de faire émerger un “islam des lumières” en référence au siècle des lumières qui a peut être libéré l’Europe de l’autorité de l’Église mais n’a pas empêché la colonisation, l’esclavage, le pillage des terres colonisées et le massacre de millions de personnes non blanches.
Dans ce podcast décrypte bien entendu le discours et ses mesures phares, les objectifs avoués et non avoués mais aussi le timing d’un tel discours. En contraste avec le discours du président, les réels séparatismes de classe, de race et géographiques seront analysés à l’aune de l’aveuglement d’un gouvernement qui fait tout pour ne pas rendre de compte sur ses échecs politiques, économiques, sociaux et institutionnels.
Crédits musique:
Oxmo Puccino “Le Mensongeur”, EMI Music France
Funkmasterflex
Sevenwordz Production
Carma 90’s Beats “Still rollin”
Invité Dr Sai Englert, chercheur en sciences politiques
Alors que l’officialisation de la normalisation entre les Émirats Arabes Unis et Israel a été annoncée en grande pompe par les premiers concernés sous le regard de Trump, l’autorité palestinienne et plus largement les palestiniens ont été exclus du processus ni même conviés le jour de la signature d’un accord qui les concerne directement.
Bien que présenté comme un accord de paix “historique”, ce dernier ne fait que formaliser des relations commerciales et une coopération sécuritaires qui est loin d’être nouvelle.
Quelles sont les implications d’un tel accord pour les palestiniens, pour Israel mais aussi pour l’Iran et l’Arabie Saoudite qui pour le moment reste en retrait sans pour autant cacher sa volonté de liquider la question palestinienne?
Quel est l’avenir de la ligue arabe qui a refusé de condamner cet accord?
Plus crucial encore, alors que plusieurs pays sont en passe de rejoindre les efforts du prince Mohammed Bin Zayed, alias MBZ, dans sa politique étrangère, les accords du 15 Septembre préparent la liquidation de la lutte des palestiniens déjà acculés sous l’occupation israélienne avec le soutien de l’Europe et des États-Unis?
Pour répondre à ces questions, le Dr Sai Englert, professeur en sciences politiques et chercheur sur l’économie politique israélienne et les mouvements ouvriers sionistes, intervient dans ce nouvel épisode du podcast “Les Idées Libres” pour décrypter les dessous de l’accord et ce qu’il signifie pour la Palestine occupée.
Crédits instrus
Prod. sketchmyname
Entretien avec Farid El Yamni, porte parole du collectif Justice Et Vérité Pour Wissam
Arrêté par une brigade de police la nuit du 31 Décembre 2011 suite à un jet de pierre, Wissem El Yamni fut retrouvé inconscient dans un couloir du commissariat de Clermont-Ferrand. Transporté à l’hôpital dans un état critique, il décèdera dix jours plus tard.
Malgré les hématomes et les multiples fractures observés sur le corps et constatés par l’équipe médicale, la version officielle avancée par l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) avait tenté de laisser croire que Wissam était mort à cause de la technique du pliage (lorsqu’un policier maintient une personne assise, la tête appuyée sur les genoux, afin de l’empêcher de bouger). Puis cette version ne prenant pas, la mort fut attribuée à la consommation de stupéfiants -afin de démobiliser les soutiens-, ce qui fut encore contredit par les expertises toxicologiques.
Le combat mené par Farid El Yamni est aujourd’hui suspendu à la volonté de la juge d’instruction d’auditionner les trois témoins clés qui pourraient expliquer la présence de trace de coups portés et les hurlements entendus dans le commissariat. Depuis huit ans, la juge refuse obstinément de les entendre.
Le cas Wissem El Yamni comme les cas Babacar Gueye, Adama Traoré, Liamine Dieng, Dédric Chouviat parmi tant d’autres, mettent en lumière le combat inégal mené par les familles de victimes des violences policières en France et le cynisme de la machine administrative qui est prête à tout pour disculper la Police.
Cette discussion avec Farid El Yamni a aussi porté sur les stratégies de lutte, les solidarités manquantes et la réforme possible ou non de la police.
Entretien avec Saadia Mosbah, militante antiraciste tunisienne
Alors que la question raciale secoue le débat public, la question du racisme entre racisés est toujours taboue. Mais pour combien de temps?
Pour ce premier épisode d’une série d’entretiens sur le racisme entre racisés, l'invitée de cet épisode est la militante antiraciste Saadia Mosbah qui a porté le projet de loi contre les discriminations raciales en Tunisie. Bien qu’ayant connu une révolution en 2011 et malgré un avant-gardisme sur la promotion de l’égalité dans le monde arabo-musulman, la Tunisie est loin d’être en paix avec elle même. Avec 15% de sa population qui est Noire, la Tunisie a jusqu’à présent envoyé le signal que ses propres enfants ne sont pas égaux et que la couleur de peau peut exposer à une discrimination systémique, à des violences quotidiennes qui sont malgré tout passées sous silence.
LES IDÉES LIBRES saison 1, épisode 3
La période de confinement qui s'est étendue du 17 Mars au 11 Mai 2020 ont démontré l'enracinement de la détestation de l'Islam et des musulmans en France. L'épidémie de coronavirus qui avoisine les 30 000 morts n'a mis aucun frein aux déclarations racistes de personnalité politiques et médiatique. Lorsque le secrétaire d'État auprès du Ministre de l'Intérieur déclare que "faire respecter le confinement dans certains quartiers n'est pas une priorité", le message sur la non importance des vies humaines dans ces quartiers est rendue explicite au plus haut sommet de l'État. Pourtant, cela n'a pas empêché la police française de commettre plusieurs agressions gratuites, agressions racistes ou de harceler les jeunes de ces quartiers.
La responsabilité des médias est encore une fois engagée. Certes, des années d'islamodiversion ont rendu cette pratique quasi normale en temps de crise. Mais que les musulmans soient désignés comme les seuls à même de ne pas respecter le confinement illustre combien les tenants du discours majoritaire transposent sur "les autres" toutes leurs obsessions. Pourtant, le non respect du confinement par des personnes blanches et habitants les quartiers huppés de Paris ou de Nice ont été largement documentés. Des messes clandestines, les pressions de l'épiscopat catholique sur le Premier Ministre, après midi dansants dans le 18ème, des personnes en train de bronzer dans les parcs ou au bord des plages et même l'émergence de collectifs refusant le confinement n'ont pas remis en question les procès faits à celles et ceux qu'on appelle les musulmans.
Le rôle de l'extrême droite et sa convergence avec les principaux médias ne peut absolument pas être minimisé tant la fachosphère a été capable de déclencher la polémique ou de propager des fake news, de mettre à contribution journalistes, chroniqueurs et polémistes pour l'amplifier au point que Ministres et préfets se retrouvent à devoir se justifier.
Quelle est la réalité sur le terrain? Quels sont les mécanismes d'un tel parti pris et quelles en sont les conséquences alors que l'épidémie est loin d'être contenue?
Dans cet épisode, je reprends les faits et les analyse pour donner une lecture à la lumière du discrédit jeté sur l'exécutif et l'implication des musulmans dans la lutte contre le coronavirus.
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