Les Matins Jazz

Les Matins Jazz

By Laure Albernhe et Mathieu BeaudouMusic
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Les Matins Jazz episodes

  • We Shall Overcome, un chant intemporel
    C'est un morceau qui a été entonné cette semaine sur la Place de la République à Paris par les chanteuses Camelia Jordana, Jeanne Added et Sandra N'kaké, lors d'une manifestation en hommage à George Floyd. "We Shall Overcome", c'est un chant lié au mouvement des Droits Civiques, rendu populaire dans les voix de chanteurs folk comme Pete Seeger ou Joan Baez, mais avant cela, c’était un vieux gospel du milieu du 19e siècle adapté par Charles Albert Tindley, fils d’esclaves né avant la Guerre de Sécession et révérend à Philadelphie…
    Dans ces Matins Jazz, on lit aussi ensemble l'interview que le presque nonagénaire Sonny Rollins a accordée au New Yorker.
    Avec l'éditrice Rachèle Bevilacqua, on se demande pourquoi la publication par les Editions du Portrait des textes de l'autrice africaine-américaine Kathleen Collins, sous le titre Journal d'une femme noire, est si importante aujourd'hui.
    On fête les 79 ans du pianiste Chick Corea, et comme chaque jour, on écoute la programmation passée et à venir du Studio Grands Boulevards Festival, avec Gregory Privat hier et Laurent Bardainne ce soir.
    12 min
  • Shelly Manne, l'homme au bras d'or
    C'est lui qui est derrière Frank Sinatra dans "L'homme au bras d'or", le film d'Otto Preminger : sa doublure et son coach à la fois. Le batteur Shelly Manne, qui s'était installé sur la Côte Ouest des Etats-Unis dans les années 50 après avoir fait l'apprentissage du jazz à New York aux côtés des plus grands, était né le 11 juin 1920. Il y a 100 ans. A l'occasion de ce centenaire, on revient dans les Matins Jazz sur sa collaboration avec Hollywood, parfois à l'écran mais souvent dans les BO des films, notamment celles d'Henry Mancini.
    Mais comme on est jeudi, on parle aussi d'art dans les Matins Jazz, avec Fabien Simode, le rédacteur en chef du magazine L'Œil, qui continue sa série consacrée aux artistes confinés. Aujourd'hui : Frida Kahlo. Enfin, on découvre le documentaire "Péril sur la ville" (Arte), de Philippe Pujol, qui a confié la musique de son premier film au saxophoniste marseillais Raphaël Imbert.
    Et comme chaque jour, on s'intéresse à la programmation passée et à venir du Studio Grands Boulevards Festival, avec Hugo Lippi + Florin Niculescu hier et Gregory Privat ce soir.
    10 min
  • Hubert Rostaing, le cinquième homme…
    Lorsque Stéphane Grappelli est resté à Londres pendant la guerre, Django Reinhardt pouvait difficilement le remplacer à Paris par un autre violoniste. C'est le clarinettiste et saxophoniste Hubert Rostaing qui est donc devenu le cinquième membre du Nouveau Quintette du Hot Club de France. Arrivant d'Alger où il jouait dans des orchestres de variété, Hubert Rostaing a raconté plus tard qu'il ne connaissait rien au jazz quand Django l'a embauché. Pourtant le talentueux poulain présenté par Alix Combelle s'est illustré dès 1940 dans le morceau "Nuages", de Django, qui a été un gros succès. Par la suite, ne s'estimant pas apprécié à sa juste valeur par le guitariste (surtout sur le plan financier), il a quitté le quintette pour jouer avec d'autres, comme Eddie Barclay, Charles Trénet, André Ekyan et même, plus tard, Yves Montand. On se souvient de lui, dans les Matins Jazz, à l'occasion du 30e anniversaire de sa disparition.
    Le 10 juin, c'était aussi le jour de l'anniversaire du chanteur et guitariste brésilien Joao Gilberto, qui aurait eu 89 ans cette année. Mais "Chega de saudade", pas de nostalgie, on vous raconte son arrivée en douceur dans le monde de la musique, avec la bossa nova, il y a plus de 60 ans… On ne s'en est toujours pas remis.
    A part ça, on écoute le réalisateur Raoul Peck, à propos de James Baldwin, à qui il a consacré le documentaire "I Am Not Your Negro". C'est l'archive de la semaine à l'occasion de Nos 20 ans.
    Et comme chaque jour, on se plonge dans la programmation d'hier et de ce soir du Studio Grands Boulevards Festival, avec Sarah Lancman + Giovanni Mirabassi hier et Hugo Lippi + Florin Niculescu ce soir.
    10 min
  • Happy 77, professeur Kenny Barron!
    Le pianiste Kenny Barron, qu'on célèbre dans les Matins Jazz, à l'occasion de son 77e anniversaire, a commencé sa carrière professionnelle à l'adolescence. C'est aux côtés de Dizzy Gillespie qu'il s'est fait un nom au début des années 60. Accompagnateur recherché et leader affirmé, il est aussi pédagogue, et enseigne encore son savor à la prestigieuse Juilliard School à New York : “On ne peut pas se contenter d’étudier. Il faut jouer face à des gens, il faut jouer avec des gens plus forts que soi. Voilà comment on apprend. Il est important de jouer, mais aussi d’écouter. Il faut apprendre en rencontrant des gens, en écoutant d’autres musiciens… on ne peut pas rester assis dans sa chambre à étudier 24h sur 24h. C’est de la vie, la musique, il faut y aller, aller parler aux musiciens… la plupart sont vraiment sympathiques !” Il en est la preuve vivante!
    On célèbre aussi l'immense compositeur Cole Porter, né le 9 juin 1891, et son amour pour Paris (et pas seulement au printemps…).
    Mais dans ces Matins Jazz, on s'interroge sur l'utilité des images de violences à l'encontre de la communauté africaine-américaine. Faut-il les diffuser? Faut-il les conserver? Les retirer d'Internet une fois qu'elles ont ont servi à dénoncer les faits? C'est l'option que défend la journaliste américaine Allissa V. Richardson sur le site de The Conversation. On souligne également ce symbole en ces jours tourmentés depuis la mort de #George Floyd : la disparition à 90 ans de la dernière pensionnaire de la Guerre de Sécession, qui recevait encore de l'argent du gouvernement américain pour les services de son père dans l'Armée de l'Union, après avoir désertée celle des Confédérés…
    Enfin, comme chaque jour, on fait le point sur le #StudioGrandsBoulevardsFestival, avec le Léon Phal Quintet (hier) et Sarah Lancman + Giovanni Mirabassi (ce soir).
    10 min
  • Nina Simone, une artiste engagée contre les injustices raciales
    C'est une phrase qui nous a fait bondir, au détour de la dernière émission "Arrêt sur images" de Daniel Schneidermann, diffusée ce week-end, consacrée au racisme et aux violences policières : l'une des intervenantes a lâché que Nina Simone ne s'était engagée qu'à la fin de la carrière et qu'elle "avait toujours voulu plaire aux Blancs". Dans les Matins Jazz de ce lundi, on rétablit la vérité, en faits et en musiques, en se rappellant l'engagement féroce de la pianiste et chanteuse, de l'auteure et interprète, de "Mississippi Goddam" à "I Wish I Knew How It Would Feel To Be Free"…
    On s'intéresse aussi à la cause commune des militants anti-racistes qui se réunissent depuis la mort de George Floyd et à ceux qui, depuis plusieurs années déjà, déboulonnent les statues des esclavagistes (comme ça a été fait ce week-end à Bristol, au Royaume-Uni) et autres généraux confédérés aux Etats-Unis. Et ce, en nous appuyant sur un article assez complet de The Conversation : "La mort de George Floyd et celle du rêve américain".
    Enfin, comme chaque jour, on se penche sur la programmation passée et à venir de notre festival maison, le Studio Grands Boulevards Festival. Aujourd'hui, avec Arnaud Dolmen (concert d evendredi dernier) et Léon Phal (concert d ece soir).
    10 min
  • Les Black Panthers par Agnès Varda : un “moment précis et court de l’Histoire tourmentée des Noirs américains"
    En 1968, la cinéaste Agnès Varda vivait avec Jacques Demy aux Etats-Unis, et au moment où ouvriers et étudiants bouleversaient l’ordre en place en France, elle se tournait vers une autre révolte, celle du Black Panther Party. Un “moment précis et court de l’Histoire tourmentée des noirs américains”, selon ses propres termes.
    Dans le documentaire "Black Panthers", elle évoque la répression policière en adoptant le ton révolutionnaire des militants qu’elle filme à Oakland, où la communauté noire s’active autour du procès d’un des leaders du parti, Huey Newton. Pour se faire accepter, elle circule parmi les familles dans les jardins publics d’Oakland. "Je m’avançais vers eux avec un accent bien français et je disais : “French televi­sion.” C’était un mot magique à l’époque”. Le documentaire n’est finalement pas diffusé pour ne pas réveiller les contestations de Mai 1968 mais on peut le voir en ce moment en libre accès sur le site troiscouleurs.fr.
    Dans le même état d'esprit, on peut voir sur le site d'Arte ue programmation #BlackLivesMatter avec le documentaire "Un héros américain - L’histoire de Colin Kaepernick", consacré au footballeur américain qui a mis un genou à terre pendant l'hymne américain en protestation contre les violences policières faites aux noirs. On peut y voir aussi une interview d'Angela Davis, un doc sur Sammy Davis Jr, le discours "I Have A Dream" de Martin Luther King, etc.
    Mais au fait, la presse française a-t-elle tort d'utiliser le terme "afro-américain"? C'est la question qu'on se pose ce matin avec un article de Libération qui revient sur l'historique de cette expression.
    A part ça, comme chaque jour, on se plonge dans la programmation passée et à venir du #StudioGrandsBoulevardsFestival, avec le RP Quartet et le batteur Arnaud Dolmen.
    6 min
  • Barack Obama : "La jeunesse américaine me redonne espoir"
    Barack Obama s'est adressé hier en visioconférence à la jeunesse américaine qui lui "redonne espoir" : "Historiquement, tous les progrès que nous avons faits dans notre société sont venus des jeunes. Dr King était jeune quand il s'est engagé. César Chavez… Malcolm X… Les leaders des mouvements féministes étaient jeunes, ceux des mouvements syndicaux, du mouvement environnemental, ceux qui s'assurent que la communauté LGBT ait une voix et soit représentée… Lorsque je suis désespéré devant la situation, je regarde ce qui se passe avec les jeunes dans ce pays. Le talent, la voix et la sophistcation qu'ils montrent me rendent optimiste. Ça me donne l'espoir que ce pays va s'améliorer." On écoute l'ex-président des Etats-Unis dans les Matins Jazz. 
    On s'intéresse aussi à ce geste dont on vous parle régulièrement, qui consiste mettre un genou à terre pour dénoncer le racisme et les violences policières, un geste dont la pratique se répand à travers le monde depuis la mort à Minneapolis la semaine passée de George Floyd. Remis dans l'actualité par le footballeur américain Colin Kaepernick lors d'une rencontre sportive en 2016, il est directement hérité des années 60 et de la Lutte pour les Droits Civiques. « Et, selon l'historien Thomas Snegaroff, interviewé dans Le Monde, de la prise à témoin des Blancs de la réalité des Noirs ». On revient sur cette histoire ce matin.
    A part ça, comme tous les jeudis, on parle d'art entre 8h et 9h avec Fabien Simode, le rédacteur en chef du magazine L'Œil, qui évoque notamment les "cellules" de la plasticienne Louise Bourgeois. Et on se penche comme chaque jour sur la programmation du Studio Grands Boulevards Festival.
    9 min
  • "Unis comme le poivre et le sel, vous êtes enfin un peuple uni." : le vœu de Josephine Baker plus que jamais d'actualité…
    Elle avait deux amours, son pays et Paris. A Paris, où elle était venue avec la Revue Nègre, elle est devenue une reine. La France a aimé Josephine et Josephine a tant aimé la France qu'elle s'est engagée dans la Résistance pour défendre sa liberté. Mais en août 1963, c'est dans son pays qu'elle était, à Washington et aux côtés de Martin Luther King. Et c'est en uniforme, devant une assemblée mixte de 200 000 personnes qu'elle a fait ce discours : « Je veux que vous sachiez que c’est le plus beau jour de toute ma vie. Vous voir réunis aujourd’hui est un baume pour les yeux. Unis comme le poivre et le sel, comme vous devez l’être, comme j’ai toujours voulu que vous le soyez, comme tous les peuples de la Terre l’ont toujours voulu, vous êtes enfin un peuple uni. Vous êtes à la veille de la victoire totale. Continuez, vous ne pouvez pas échouer, le monde est avec vous. » Des mots qui résonnent douloureusement aujourd'hui, au regard de ce qui se passe aux Etats-Unis depuis la mort de George Floyd… On se souvient dans les Matins Jazz de Josephine Baker, née un 3 juin dans le Missouri.
    On fête aussi "Les 400 coups" de François Truffaut, sorti au cinéma le 3 juin 1959, et disponible, parmi un catalogue MK2 de 50 films, sur la plateforme Netflix. On célèbre le Studio Grands Boulevards Festival, avec Eric Legnini et Lou Tavano. Et on se remémore le franc-parler de l'écrivain Jean-Patrick Manchette, à l'honneur de l'archive de la semaine dans Nos 20 ans.
    10 min
  • Miles Davis, au coin de la rue
    Le 1er juin 1972, le trompettiste Miles Davis entrait en studio pour la première session d'enregistrement de son album "On The Corner", qui devait sortir en octobre suivant. Produit par Teo Macero, l'album devait une fois de plus, dérouter le public de Miles. Dessinée par l'artiste californien Corky McCoy, la pochette annonçait la couleur : ambiance funky, coupes afro et pattes d'eph'… De quoi séduire, selon la volonté du trompettiste, la jeunesse africaine-américaine "pour la ramener au jazz". Résolument urbain, ouvert à l'air du temps et à l'ailleurs musical, "On The Corner", selon Bobby Troupe, le biographe de Miles, c'était ça : "un homme ou une femme noir.e à la mode qui descend une rue de New Yok, saisissant tous les sons et toutes les images. On peut y entendre les voitures klaxonner (...). C'est du hip-hop avant le hip-hop." 
    Dans les Matins Jazz de ce lundi presque férié, on se balade sur la butte Montmartre qui swinguait dans les Années Folles au son du "Black Jazz", grâce à un article publié ce week-end sur le site de L'Obs et on découvre, step by step, notre festival maison, le "Studio Grands Boulevards Festival", avec la flûtiste Ludivine Issambourg, qui va ouvriur les festivités ce soir à 20h. Ce sera en direct sur TSFJAZZ jusqu'au 26 juin!
    6 min
  • Benny Goodman, le jazz au Pays des Soviets
    Le 30 mai 1962, jour de son 53e anniversaire, le clarinettiste Benny Goodman était sur scène à Moscou, dans le cadre d’une vaste tournée de trente dates organisée par le gouvernement américain en Union Soviétique. Nous sommes en pleine Guerre Froide, le mur de Berlin a été construit l’année précédente et le Roi du Swing, fils d’immigrés russes ayant fui les pogroms tsaristes, est le candidat idéal pour porter le jazz en URSS, où cette musique reste encore considérée comme le symbole de la décadence capitaliste. Pourtant, Krouchtchev en personne assiste à la première moscovite. Satisfait, il enverra ses félicitations et le 4 juillet, jour de la Fête Nationale aux Etats-Unis, il serrera la main de chacun des dix-sept musiciens du big band. Des musiciens qui, dans cette joyeuse aventure devant 180 000 spectateurs, auront bien du mal à respecter les consignes de « ne pas fraterniser avec le peuple soviétique ». Deux albums témoignent de cette chaude ambiance : « Benny Goodman in Moscow » et « Jazz in Mission to Moscow ». Vous en apprendrez davantage en lisant le livre de Jean-Louis Lemarchand, « Ce jour-là sur la planète jazz » (Ed. Alter Ego - 2013).
     
    Dans ces Matins Jazz, on fête aussi les 90 ans de Clint Eastwood et les 97 ans du contrebassiste Eugene Wright, notamment connu pour sa collaboration pendant une décennie au quartet de Dave Brubeck. Et enfin, on s'interroge avec l'historien François Durpaire sur le désir en Martinique de relire l'histoire de l'abolition de l'esclavage.
    19 min

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