durée : 00:01:31 - On connaît le mot **« Jalles », ruisseaux qui naissent sur le plateau landais et se jettent dans la Garonne** , comme la Jalle de Blanquefort, ou dans l’estuaire de Gironde, comme la Jalle de Tiquetorte après avoir traversé et drainé les paluds, nom qu’on donne ici aux marais. Mais dans le même registre on connaît moins les « Berles ». Les garçons dans les cours d’école jouent\-ils encore aux billes et se gagnent\-ils encore des « berles » voire des « berlons » ? Je ne sais. Mais les « berles » sont en médoc des cours d’eau, leur nom vient du latin « berula » qui signifie « lentilles d’eau ».
On connaît la Grande Berle d’Arpech entre Andernos et Arès qui se jette dans le Bassin d’Arcachon ou la Berle de Caillova, qui se jette dans l’étang d’Hourtin. D’autres mots gascons désignent cours d’eau ou fossés. Ainsi « Crasta », Craste, fossé de drainage multiplié dans le massif landais pour l’assainir. Ainsi « Canau », canal, qui donne Lacanau, ou Lacanau de Mios.
On a aussi « Barrat », ou « Barrades »…c’est le languedocien « valat », drain, prononcé par les gascons « balat »... Barat, barradat, barrade... Mais le mot vient peut être aussi d’un mot qui renvoie à enclore, fermer... Comme les levées de terre qui servent de clôture, créant un fossé qui les longent, devenu un barrat, un cours d’eau... Vertige du vocabulaire et de ses origines, de ses glissements de sens !