L'info s'éclaire

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L'info s'éclaire episodes

  • Macron, chèque carburant et « écologie à la française »
    - Gilles Borstein, éditorialiste en politique
    - Nicolas Prissette, éditorialiste à La Tribune dimanche
    - Gaël Sliman, président et co-fondateur d’Odoxa
    Il y a quelques jours, Élisabeth Borne avait envisagé dans Le Parisien que les distributeurs vendent le carburant à perte. Gilles Borstein ne se souvient pas d’une mesure politique et économique qui ait été « un tel fiasco ». Elle a en effet été entérinée très rapidement par les concernés, ainsi que par le Président de la République dans sa prise de parole du dimanche 24 septembre. Le Chef de l’État l’a remplacée par cette autre proposition : le fameux chèque de 100 euros. Pour l’éditorialiste en politique, ce financement est une preuve du désarroi du Gouvernement face à l’inflation. Même s’il est indiscutablement bien ciblé, Nicolas Pressette juge aussi qu’il ressemble à une « politique d’assistance », et qu’il est en plus discutable sur le plan de la transition écologique.
    Pour minimiser les dépenses énergétiques, la solution réside-t-elle dans le passage à la voiture électrique ? La question est de savoir si l’État parviendra à subventionner ces changements « Pas sûr que la France soit solvable, c’est le contribuable qui sera mis à contribution », anticipe Gilles Borstein. De nombreux autres outils exceptionnels pour accompagner la transition écologique existent, mais rencontrent divers freins. Pour l’instant, les Français sont convaincus qu’il faut fournir des efforts, mais demeurent également persuadés que c’est à l’État de faire les investissements, l’inflation ayant rongé leur marge de manœuvre. Les mesures présentées dans la planification écologique lundi 25 septembre risquent d’être jugées trop coûteuses. Prouver à la population que la transition est moralement acceptable promet d’être un véritable défi.
    50 min
  • « Le pape des migrants » à Marseille – 22 septembre 2023
    Invités :
    - François Beaudonnet, rédacteur en chef de la rédaction européenne à France Télévision
    - Gauthier Vaillant, chef-adjoint du service France à La Croix
    - Audrey Goutard, journaliste spécialiste des faits de société
    Jeudi 21 septembre, 60 000 supporters ambiançaient le stade Vélodrome pour le match de rugby France-Namibie, et laissent ce vendredi 22 septembre place aux pèlerins qui viennent accueillir le chef de l’État catholique. Une fierté pour les habitants, puisque la dernière fois qu’un pape est venu à Marseille, c’était au milieu du XVIème siècle.
    « J’irai à Marseille mais pas en France », ce sont les propos du pape François en août dernier. Mais que cela signifie-t-il ? En visite pendant deux jours dans la cité phocéenne, le souverain pontife ne voulait pas d’une visite d’État en France, car il s’intéresse davantage aux problèmes aigus notamment en Méditerranée, avec la crise migratoire actuelle. Le chef de l’Etat catholique est très investi dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités, et a d’ailleurs critiqué la politique d’accueil des migrants des pays européens.
    Le pape multipliera les échanges et participera symboliquement ce samedi aux rencontres méditerranéennes, une assemblée internationale d’évêques et de chrétiens qui se réunissent pour réfléchir à l’avenir de la Méditerranée. Le pape François clôturera sa venue avec une messe géante au stade Vélodrome. 60 000 personnes pourront y assister et la ville attend des dizaines de milliers de personnes sur l’avenue Prado pour la déambulation du souverain pontife. La présence d'Emmanuel Macron à cette messe géante a été vivement critiquée et considérée, notamment par la gauche, comme une entorse au principe de laïcité.
    50 min
  • Ukraine, l’appel à l’aide de Zelensky – 21 septembre 2023
    Invités :
    - Pascal Boniface, géopolitologue directeur de l’IRIS
    - Renaud Girard, grand reporter, chroniqueur international pour le Figaro
    - Yves Bourdillon, journaliste au service international des Echos, en charge de l’Europe de l’Est
    Alors que sur le terrain, Kiev peine à renverser la situation face à la Russie, Volodymyr Zelenski est partie en tournée américaine. Le président ukrainien s’est d’abord rendu à l’ONU pour tenter de convaincre les pays du Sud de s’engager davantage aux côtés de l’Ukraine, en dénonçant la politique toxique et dangereuse pour le monde mené par la Russie de Vladimir Poutine. « L’agresseur s’arme avec de multiples choses, et il utilise ces armes pas seulement contre notre pays mais aussi contre les vôtres (…) on doit arrêter ça, on doit être unis » a-t-il déclaré à l’ONU, en anglais. Volodymyr Zelenski a pour objectif d’élargir son soutien, en s’adressant aux pays du sud, notamment aux chefs d’Etat qui veulent se tenir à l’écart de ce conflit et qui n’ont pas condamné la Russie. Certains pays sont fragiles économiquement et ne peuvent pas se permettre de perdre la Russie comme partenaire. Les pays émergents comme le Brésil, l’Inde ou l’Afrique du Sud, ne veulent se fâcher ni avec les pays occidentaux, ni avec la Russie.
    Volodymyr Zelenski a ensuite contesté le droit de veto de la Russie à l’ONU, utilisé, selon lui, de manière abusive. Le président ukrainien s’est rendu aux Etats-Unis aussi dans le but de s’entretien avec Joe Biden, pour s’assurer du soutien entier des Américains dans cette guerre contre la Russie. Le président américain a annoncé dans un discours que laisser faire les Russes aujourd’hui, c’est prendre le risque que d’autres pays agressent leurs voisins demain.
    50 min
  • Charles III en France, son pays de cœur – 20 septembre 2023
    Invités :
    - Élizabeth Gouslan, journaliste et auteure du livre « Meghan, ou le désespoir des princesses »
    - Anthony Bellanger, éditorialiste à FranceInter, spécialiste des questions internationales
    - Philip Turle, journaliste britannique et chroniqueur international à France24
    Le roi Charles III arrive en France cet après-midi. Le roi et son épouse Camilla entame une toute première visite d’État de trois jours, avec un programme millimétré. Le monarque et son épouse atterrissent à l’aéroport d’Orly à 14h et se dirigent vers l’Arc de Triomphe pour une cérémonie de ravivage de la flamme, avec patrouille de France et garde républicaine. Puis, le couple royal entamera la descente de la plus belle avenue du monde, direction l’Élysée. Un tête-à-tête est prévu entre Emmanuel Macron et Charles III, pour passer en revue les dossiers du moment : Ukraine, écologie, Sahel, mais aussi les conséquences du Brexit et la crise migratoire.
    En soirée, le roi d’Angleterre et sa femme sont conviés par le président à une réception au château de Versailles, avec plus de 150 invités. Pour l’occasion, l’Elysée a fait appel aux meilleurs chefs : Anne-Sophie Pic, trois étoiles au guide Michelin, pour l’entrée, Yannick Alléno, trois étoiles également, pour le plat principal et le pâtisser Pierre Hermé pour le dessert. Jeudi, Charles III fera un discours en français au Sénat, avant de marcher dans les pas de sa mère, dans les allées du marché aux fleurs. Dernière étape parisienne, la visite du chantier de Notre Dame, avant de se rendre en train à Bordeaux vendredi, pour mettre en avant son combat pour l’écologie. Le roi visitera la ville écologiste en tramway et découvrira un vignoble.
    La France déroule le tapis rouge, pour le nouveau roi britannique et son épouse, et sort le grand jeu. Une visite qui suscite beaucoup de curiosité et d’intérêt de la part des Français, mais que représente pour nous cette famille royale d’Angleterre ?
    50 min
  • Carburant, auto… Une flambée durable ? - 19 septembre 2023
    Nos invités :
    - Maud Descamps, journaliste Économie pour Télématin
    - Erwan Benezet, journaliste Économie au Parisien-Aujourd’hui en France
    - Arnaud Aymé, spécialiste Transports et Industrie pour Sia Partners
    Alors que le super sans plomb-95 frise les 2€ le litre, faut-il espérer une baisse des carburants avec l’autorisation de vendre à perte dans les stations-services ? Certains s’interrogent déjà sur cette baisse des prix à la pompe qui reste difficilement envisageable. Cette nouvelle mesure à l’initiative de la Première ministre, Élisabeth Borne, permettrait de réduire jusqu’à 47 centimes le litre de carburant alors que les tarifs atteignent un nouveau record. Avec la vente à perte, les stations-services pourraient dès le mois de décembre et pour six mois, proposer un tarif inférieur à son prix d’achat, jusqu’à 25% moins cher. Si la mesure est appliquée, certains automobilistes s’attendent déjà à prendre leur mal en patience pour faire leur plein d’essence. Cette annonce du gouvernement laisse certains experts dubitatifs. En effet, de telles réductions coûteraient trop cher aux enseignes. Mais quelques centimes de remise seraient possibles et suffisants pour accroître la concurrence entre les distributeurs.
    Malgré cette hausse des prix des carburants, le passage à la voiture électrique reste encore inaccessible pour la plupart des Français. Alors les distributeurs vont-ils jouer le jeu et ainsi favoriser le pouvoir d’achat des automobilistes ? Si la grande distribution peut prétendre à un tel sacrifice, cela pose plus de problème aux petites stations indépendantes qui ne feront pas le poids dans cette course au rabais. Rappelons que si la vente à perte est interdite, c’est parce que cette manœuvre permet aux gros sur le marché d’asphyxier les plus petits. Malgré le risque d’une « distorsion de concurrence », le gouvernement envisage sérieusement cette solution qui sera soumise au vote à l’Assemblée nationale. Après avoir investi pas moins de huit milliards d’euros en 2022 pour contribuer à cet effort collectif, l’exécutif se trouve dans l’impasse. Pour ne pas taper une nouvelle fois dans les caisses publiques, il serait donc prêt à renier sur cette loi de 1963 concernant la vente à perte. Aujourd’hui, c’est donc au privé de faire un effort, ce qui impliquerait certainement une hausse des prix de l’alimentaire pour compenser ce manque à gagner. Devons-nous nous préparer à une flambée durable ? La réponse avec nos invités.
    50 min
  • Macron, Lampedusa et le défi de l’immigration - 18 septembre 2023
    Invités :
    - Alix Bouilhaguet, éditorialiste politique à France Info
    - Guillaume Daret, grand reporter au service politique de France Télévisions
    - Gaël Sliman, président et fondateur de l’institut Odoxa
    L’île de Lampedusa et ses 7000 habitants ont vu débarquer 11 000 migrants en une semaine. Des migrants arrivés par bateau, en quête d’une vie meilleure, et qui ont déjà pris pour certains, le chemin de la France ou de l’Allemagne. Leur objectif est de monter dans le premier bus ou train en direction du nord de l’Italie. Parmi les migrants originaires de différents pays africains, plusieurs sont mineurs. Chaque jour, ils sont des centaines à essayer de passer les frontières sans succès. Leurs premiers pas en Europe ont été enregistrés en Italie, c’est donc en Italie qu’ils doivent faire leur demande d’asile.
    La présidente du Conseil des ministres italiens, Giorgia Meloni et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont appelé à la solidarité européenne. Ce lundi 18 septembre, Gérald Darmanin a affirmé sur Europe 1-CNews que la France ne s’apprêtait pas à accueillir ces migrants, mais devait étudier la recevabilité des demandes d’asile. L’Allemagne a déclaré quant à elle suspendre jusqu’à nouvel ordre l’accueil des migrants en provenance d’Italie. Emmanuel Macron a réagi vendredi dernier et assuré que « c’est la responsabilité de l’Union européenne toute entière d’être aux côtés de l’Italie », alors que la France a renforcé ses contrôles à la frontière italienne, entre Vintimille et Menton.
    50 min
  • Russie, Corée du Nord, Chine… L’Occident isolé ? - 15 septembre 2023
    Nos invités :
    - Anthony Bellanger, éditorialiste à France Inter, spécialiste des questions internationales
    - Elsa Vidal, rédactrice en chef de la rédaction en langue russe de RFI
    - Hugues Huet, grand reporter chez France Télévisions, spécialiste des questions internationales
    Cette semaine a été marquée par une rencontre au sommet entre Vladimir Poutine et le leader nord-coréen Kim Jong-un alors que le G20 a refusé le week dernier de condamner la guerre en Ukraine… Au fil de deux heures de discussion, la teneur des négociations est restée secrète. Mais l’on sait néanmoins que les deux pays auraient parlé armement. Le président russe qui a accepté la main tendue de Kim Jong-un a trinqué au rapprochement de Moscou avec Pyongyang. Ce dernier a par ailleurs « porté un toast au renforcement futur de la coopération et de l’amitié entre leur pays ». Un lien étroit et une proximité inquiétante soulignée à l’occasion du repas organisé en l’honneur du dirigeant nord-coréen venu dans l’extrême orient russe, accompagné de nombreux responsables militaires. Malgré les sanctions internationales, la Corée du Nord a-t-elle promis des armes à la Russie comme le redoutent les États-Unis ? Kim Jong-un a fait l’éloge de l’armée russe, « héroïque » selon ses termes. Ce dernier a d’ailleurs misé sur la victoire de la Russie dans ce qu’il considère comme « la lutte sacrée pour punir le rassemblement du mal qui prétend l’hégémonie ». Alors qu’un expert du Figaro a affirmé cette semaine que la Russie tire cinq fois plus d’obus qu’il n’en produit, Vladimir Poutine aurait-il sollicité l’aide son allié pour renforcer les assauts sur le terrain en Ukraine ? Les craintes se confirment. Cette solution miracle pourrait durcir le conflit et intensifier les combats selon Anthony Bellanger qui fait l’inventaire de cet attirail militaire colossal. La Chine favoriserait-elle ces échanges en sous-marin ? La réponse avec nos invités.
    50 min
  • Libye, déluge meurtrier et chaos politique
    - Françoise Vimeux, climatologue à l’Institut de Recherche pour le Développement (RID)
    - Emmanuelle Pons, directrice des opérations internationales de la Croix Rouge française
    - Alban Mikoczy, grand reporter, spécialiste des questions internationales
    Effroyable bilan en Libye après le déluge qui a submergé ses régions côtières, le tout dans un pays livré au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Alors que se sont abattus en quelques heures l’équivalent de deux ans de pluie, des milliers de morts sont à déplorer. Depuis le drame, les secouristes du Croissant-Rouge, réseau humanitaire mondial, interviennent difficilement dans des villes désormais coupées du monde. Cette situation météorologique sur la Méditerranée a toujours existé, mais la quantité de pluie est déversée de façon plus importante à cause du dérèglement climatique, précise Françoise Vimeux. Par ailleurs, les deux barrages qui ont cédé avaient besoin d’être réparés. Les habitants en avaient alerté les autorités depuis des années. Manque d’entretien ? Mauvaise adaptation des infrastructures ? Manque de chance ? Emmanuelle Pons signale que cette catastrophe intervient dans un contexte « extrêmement fragilisé. » Ces barrages n’étaient notamment pas suivis par des capteurs, les infrastructures routières et de communication étaient fragiles, et l’impact sur les populations en est ainsi d’autant plus important. Aussi grave que celle survenue au Maroc, cette catastrophe est passée sous les radars des médias. Les autorités libyennes ont pourtant lancé un appel international pour solliciter de l’aide. Selon le responsable de l’ONG Humanité & Inclusion, on peut parler d’un « désengagement des bailleurs humanitaires internationaux ». Bien que les besoins soient extrêmement grands, les associations d’aide internationale sont aujourd’hui peu présentes sur place car l’accès aux populations est souvent dangereux, périlleux et compliqué. Alban Mikoczy parle aussi de « deux gouvernements » entre deux régions de la Libye en conflit, Tripoli et Derna. Ces régions ne sont pas soutenues par les mêmes communautés internationales, les interlocuteurs ne sont pas les mêmes, ce qui complexifie encore les échanges avec le pays.
    50 min
  • Elon Musk, Google… Sont-ils trop puissants ?
    - Audrey Goutard, journaliste spécialiste des faits de société
    - Emmanuel Botta, rédacteur en chef du magazine Capital et co-auteur de « Elon Musk, l’enquête inédite »
    - François Saltiel, journaliste sur France Culture, spécialiste du numérique
    Entre Elon Musk, dont on apprend qu’il aurait empêché l’an dernier une attaque de drones Ukrainien, et Google qui est accusé d’abus de position dominante, faut-il s’inquiéter de l’hégémonie de ces deux grandes puissances ?
    Quand Larry Page et Sergueï Brin ont créé Google dans un petit garage près du campus de Stanford, en 1998, ils étaient bien loin de savoir qu’ils deviendraient multimilliardaires. Mais aujourd’hui, Google se voit infliger des amendes record et des procès pour abus de position dominante. En France, 90% des recherches que nous faisons sur internet passe par ce moteur de recherche. On peut parler de monopole, et c’est justement l’objet de l’énorme procès qui s’ouvre de mardi 12 septembre aux États-Unis. L’entreprise américaine a-t-elle abusé, ou non, d’une position dominante ? Et pour avoir ce monopole, a-t-elle abusé d’outils, ou bénéficié d’un monopole par défaut ? Il existe aussi des soupçons délictuels. L’entreprise revendrait par exemple les données privées de ses utilisateurs à des régies publicitaires, et devra répondre de ces accusations auprès de la dizaine de juges présents.
    Quant à Elon Musk, né dans l’Afrique du Sud de l’apartheid d’un père tyrannique et d’une mère absente, il est un sujet d’enquête sans fin. L’homme aujourd’hui âgé de 52 ans a créé sa première entreprise avec son frère, en partant aux États-Unis, alors qu’il était très jeune. Il est désormais un des hommes les plus riches de la planète, notamment grâce à sa société automobile Tesla. Aujourd’hui, il a non seulement un rôle à jouer dans la guerre en Ukraine, à qui il a fourni dans satellites, mais aussi dans l’Intelligence artificielle. Bien au-delà de l’entrepreneur milliardaire, Elon Musk, par ses actions, se revendique maître du monde et de son destin. Mais ces puissances, aussi hégémoniques soient-elles, sont-elles si libres que ça ?
    13 min
  • Maroc, des secours au compte-gouttes
    Invités :
    - Meriem Amellal, journaliste à France 24
    - Mustapha Tossa, journaliste franco-marocain à France Médias Monde
    - Florent Vallée, directeur délégué de l’urgence et des opérations de secours de La croix rouge française
    Les secours s’affairent au Maroc après le séisme qui a fait plus de 2 000 morts dans le pays. Mustapha Tossa parle d’une « émotion locale » mais d’un « ressenti global. » Comparé à ce qui s’est passé en Turquie en mars 2023, un nombre bien moins important de morts est à déplorer. Mais l’onde de choc n’est pas moins intense. Un élément positif de cette tragédie pourrait être l’empathie suscitée partout, y compris de la part des pays voisins jusqu’ici en tension avec le royaume. Ce tremblement de terre a par exemple « secoué la conscience algérienne » et aidera peut-être à détendre les relations entre « les deux pays frères. »
    Si le monde entier propose son aide dans ce drame, celle de la France n’a pour l’instant pas été acceptée. Pour Mustapha Tossa, l’unique raison de ce refus tire son origine dans la « zone grise » maintenue par le président Macron sur l’appartenance du Sahara occidental au Maroc. En attendant, l’aide française se tient prête. Florent Vallée précise que le défi est avant tout « logistique. » Le principe d’intervention de la Croix rouge est par ailleurs de n’intervenir qu’après autorisation de l’État. Une fois que celle-ci sera donnée, plusieurs mois seront nécessaires. Les populations touchées auront besoin d’abris, d’eau, de nourriture, mais il y aura à faire un « très gros travail sur la santé mental » auprès de ceux qui ont tant perdu.
    Concernant la prise en charge de cette catastrophe par Mohammed VI, que le roi ne se soit pas pour l’instant ni exprimé publiquement ni déplacé, n’est nullement choquant. Ce fonctionnement, considère Meriem Amellal, « fait la fierté des marocains. ». Si le roi est sollicité, ce sera avant tout dans un rôle d’arbitrage.
    50 min

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