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Renaud Capuçon fête ses 50 ans, et c’est en musique que le violoniste a choisi de célébrer son anniversaire. Il se produira ce soir sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées à Paris aux côtés de son frère Gauthier Capuçon et de Martha Argerich, avec laquelle il joue depuis plus de trente ans. Les trois solistes seront en compagnie de l’Orchestre de chambre d’Europe, qui accompagnait déjà le violoniste il y a vingt-sept ans dans le Triple concerto de Beethoven au programme du concert de ce soir. Par ailleurs, le musicien publie aussi un disque des Sonates et Partitas de Bach, après des années à en repousser l’enregistrement.
Renaud Capuçon se rappelle avoir fêté ses 40 ans en Autriche, mais cette fois-ci c’est différent, dit-il : "J’avais envie d’être à Paris avec mes amis, au Théâtre des Champs-Élysées où j’ai débuté quand j’avais 19 ans, raconte le musicien. Le challenge aujourd’hui va être de maîtriser mes émotions. Je jouerai et dirigerai, ce ne sera pas évident mais ce concert est un cadeau !"
Accompagné par son frère Gauthier Capuçon au violoncelle et Martha Argerich au piano, le violoniste s'entoure pour l'occasion de musiciens auxquels il est intimement lié. L'occasion pour notre invité de revenir sur une période durant laquelle il s'est beaucoup produit avec son frère, avant de ralentir le rythme : "Nous avons beaucoup joué ensemble, nous étions devenus “Les Capuçon”. À un moment, nous avons eu besoin d’avoir chacun notre vie musicale. Nous nous retrouvons maintenant avec le même bonheur qu’il y a dix ans, affirme Renaud Capuçon. Ça a été très bénéfique : nous avons chacun mûri et évolué. Cela nous donne les clés pour proposer des choses différentes aujourd’hui".
Qu'en est-il de son amitié avec Martha Argerich ? "Cela fait près de trente ans que l’on joue ensemble. Elle a une personnalité unique et fait preuve d’une fidélité incroyable. Nous avons une grande amitié, un profond respect et une immense confiance musicale l’un envers l’autre. Elle fait aussi partie des artistes qui, comme Daniel Barenboim et Yo-Yo Ma, ont accepté de jouer sous ma direction quand j’ai décidé d’être chef d’orchestre. Au-delà de la caution musicale, c’est un geste amical extraordinaire", explique Renaud Capuçon.
Le violoniste et chef d’orchestre vient également de publier son premier enregistrement des Sonates et Partitas de Bach, des pages qui l'ont plongé dans une introspection : "C’est un chemin personnel. J’ai longtemps repoussé cet enregistrement : j’avais la volonté d’être meilleur et dans une certaine quête d’absolu puisque ces œuvres sont éminemment spirituelles. Je voulais bien faire", révèle-t-il.
Si Renaud Capuçon s'est enfin décidé à enregistrer les Sonates et Partitas de Bach, c'est en partie grâce au virage qu'il a pris en 2021 dans sa carrière d’instrumentiste en dirigeant son premier concert : "Diriger m’a donné beaucoup plus de liberté. Paradoxalement, c'est le fait de penser beaucoup plus la musique et moins le violon qui m'a permis d'accepter de les enregistrer." Un moment qu'il a pris en toute discrétion, dans des studios de Berlin : "Pour ce disque, j’ai été dans une bulle, raconte-t-il. Cela peut paraître très bizarre, mais je voulais être seul face à Dieu. Avec Bach, on se retrouve seul face à Dieu, seul face à la vie, seul face à la mort et seul face à ses propres certitudes et incertitudes", confie le musicien.
Au milieu d'une saison de concerts extrêmement remplie, Renaud Capuçon s'est récemment produit lors du Forum économique mondiale à Davos : "Il faut que nous soyons à même de nous servir d’éléments essentiels comme la musique. Jusqu’à la fin de mes jours, je me battrai pour que la musique, même sans mots, puisse exprimer des choses et faire passer des messages. Cela peut paraître très faible comme moyen par rapport à des missiles ou à une guerre mais je crois, au contraire, que c’est un moyen essentiel. Je pense très sincèrement et très naïvement que si tous ces grands hommes politiques pratiquaient la musique de chambre, tout irait beaucoup mieux. Aujourd’hui, personne ne s’écoute, comme dans une sorte de cacophonie mondiale, observe l'instrumentiste. Il faut mettre la musique au service de grandes causes".
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