Roger Edgar Gillet (Paris, 1924 - Saint-Suliac, 2004) est un artiste emblématique de la peinture de la seconde moitié du XXe siècle français et pourtant méconnu du grand public. Fruit de vingt ans de travail d’Elisa Farran, la directrice du musée Estrine, cette exposition proposée conjointement par le musée Estrine et le musée des Beaux-Arts de Rennes constitue la première rétrospective d’envergure réalisée par des musées depuis le décès de l’artiste. Un évènement à ne pas manquer.
Dans le contexte du Paris d’après la Seconde Guerre mondiale, Gillet débute sa production dans le mouvement de l’abstraction informelle. Qu’il travaille la peinture au couteau, en surfaces épaisses, ou qu’il déploie des compositions complexes, il expérimente sans relâche et joue des effets expressifs de la peinture.
Au début des années 1960, il assume pleinement le retour à la figuration, par besoin d’affirmer la force du regard humain. Sa production explore alors les genres traditionnels de la peinture, mais chaque sujet est passé au crible d’un humour féroce. Ainsi, l’artiste parvient-il à proposer ce que pourrait être une peinture d’histoire du XXe siècle. La grande dérision qui caractérise sa peinture n’empêche pas Gillet de rester profondément humaniste.
Après une série de tempêtes dans laquelle il trouve une ligne de crête entre abstraction et figuration, il revient, en 1996, dans un ultime mouvement de pendule parmi les incessants allers-retours qui marquent sa pratique, à la primauté de la figure humaine avec une série de têtes à l’expression d’une force extrême.
Récalcitrant à toute classification, Gillet déclarait : « L’important, c’est de perturber le regard ».
« Roger Edgard Gillet- La grande dérision » Musée Estrine de St Rémy de Provence 14 février 7 juin 2026
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