Souvenez-vous, Benoît Felix-Lombard, notre spécialiste en musica leggera et en antifascisme, avait mis une p’tite pièce pour les temps à venir sur le charme capillaire désuet de Lumiero. La coupe au bol toujours en place, Luca Benetta de son vrai nom, classe 1997, nous sort son premier long format en osant le titre « il primo grande disco di Lumiero ». Pas le choix que de lui faire confiance tant les huit morceaux tous produits par Marquis sur le label Marengo Dischi nous font l’effet d’un retour magistral vers le futur : un son comme tourné en pellicule. Un grain de voix d’un autre âge, un grain d’images patiné. Une œuvre d’auteur nouvelle nouvelle nouvelle vague pas sexiste et dont l’équipe technique est devant au générique. Un effort collectif raffiné pour croquer un quartier, son quartier la Barona, et le temps passé dessus. Gentrifié aujourd’hui, populaire hier. Lumiero nous propose la bande-son d’un Milan du passé, d’avant l’horreur Berlusconi, au travers d’un journal intime mais en grand écran de survie à la désillusion. Souvent en intérieur nuit. Plan séquence sur les racines de la musica leggera : triste mélancolie, une profonde légèreté, douce ironie, l’élégance du populaire. Comme simplement s’acheter un imperméable pour simplement ne plus être mouillé.
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