L’association Alynea Samu social alerte sur la situation des 14 000 sans domicile fixe dans la Métropole de Lyon. Dans la continuité de leur action l’écrit du cœur où 14 000 cartons avaient été déposés sur la place des Terreaux, Alynea a souhaité amplifier le message compte tenu de la chute des températures. Nous sommes allés à leur rencontre pour évoquer le sujet du sans-abrisme.
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Alynea est une association réunissant plus de 230 salariés et 80 bénévoles sur la Métropole de Lyon. Ce qui en fait une force majeure dans l’aide aux sans-abri. A Lyon, ils sont plus de 14 000 soit l’équivalent de la population de Brignais.
En 2024, l’association a rencontré 2876 personnes différentes dont 141 enfants qui vivent à la rue. Un chiffre impressionnant qui est en hausse depuis dix ans comme l’explique Maud Bigot, directrice opérationnelle du Samu Social.
« On note une augmentation de 50% du nombre de personnes diffĂ©rentes rencontrĂ©es par les Ă©quipes du Samu Social. Cette augmentation est liĂ©e Ă une question structurelle. Aujourd’hui, le logement n’est pas abordable. On manque de logements abordables sur la MĂ©tropole de Lyon. Les pouvoirs publics ont investi de manière assez consĂ©quente dans l’hĂ©bergement. Le nombre de places est Ă un niveau historiquement haut. Mais les gens qui sont aujourd’hui en hĂ©bergement, ils ne sortent plus vers le logement. »Â
Une crise du logement dans laquelle beaucoup de compteurs sont dans le rouge. Un manque de logements sociaux mais surtout un manque de logements à loyers abordables. Ces derniers doivent permettre aux personnes de pouvoir se loger et quitter les logements sociaux définitivement afin de laisser leur place.
Maud Bigot nous explique que nous pourrions tirer les enseignements d’un pays européen. « La Finlande a fait la démonstration qu’en investissant massivement dans le logement et en particulier dans le logement social, on diminue le sans-abrisme. Ils l’ont diminué par quatre. Ils ont même diminué après les places d’hébergement. L’hébergement, c’est ce qui doit servir en urgence. […] Si’il y a des logements abordables en nombre suffisant, on pourra diminuer l’hébergement. Mais les solutions de crise, d’urgence, ne doivent pas être des solutions structurelles. »
Alynea vient en aide aux sans-abri de plusieurs manières. Les équipes vont à la rencontre des personnes dans la rue à la suite des signalement faits au 115. Elles se déplacent avec un/e infirmier/e et un travailleur social. Ce qui permet de faire un diagnostic de la situation et d’orienter la prise en charge de la personne.
Philippe Imbert, directeur général, a cependant tenu à alerter les Lyonnaises et Lyonnais sur le besoin de financements. « Nous avons besoin de la solidarité de tous les Lyonnais, de toutes les Lyonnaises pour réussir à faire fonctionner notre association. Le Samu Social rencontre des personnes qui sont à la rue chaque nuit. Nous avons besoin de couvertures, nous avons besoin de pouvoir leur donner de l’alimentation, un café. […] Aujourd’hui, nos budgets ne sont pas suffisants pour faire fonctionner l’association. Et c’est pour cela qu’on en appelle à la solidarité de nos concitoyens. »
Nous avons rencontré des personnes qui ont bénéficié de l’aide d’Alynea. Kamel Millet, 55 ans, était à la rue depuis de nombreuses années et avait la nécessité d’entamer un parcours de soins. Il n’a jamais abandonné l’idée de s’en sortir et il a été orienté vers une antenne d’Alynea qui lui a prêté main-forte.
« A chaque fois qu’il y a eu la possibilité, ils m’ont accompagné. […] C’est là que l’intervention d’Alynea est assez intéressante […] On trouve un logement, mais si derrière il n’y a pas un accompagnement, les gens sortent du logement. Ils n’en ont pas pris possession et justement cette transition-là , elle permet de faire cela. »
Alynea lance un appel aux dons et à la solidarité lyonnaise, à l’heure où le sans-abrisme progresse et tue. 855 personnes en sont décédées en 2024 en France.
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