METACLASSIQUE

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METACLASSIQUE episodes

  • Métaclassique #59 – Hypnotiser

    En 1890, dans son Dictionnaire théorique et

    pratique d’électricité, Georges Dumont faisait l’observation, page
    402 : « Il suffit qu’un corps, surtout s’il est conducteur,
    soit placé dans le voisinage d’un corps électrisé pour qu’il soit lui-même
    électrisé. . . . Si on rapproche suffisamment le corps influent du corps
    influencé, on voit une étincelle jaillir entre eux. Alors tous les pendules du
    corps influencé se mettent à diverger et l’on reconnaît qu’il demeure chargé
    d’électricité de même nom que celle du corps influent. »

    1890 est l’époque où les phénomènes de suggestion se généralisent, où l’hypnose devient une activité de plus en plus scientifique. De là à dire qu’il faut voir les psychismes des uns des autres comme des piles électriques pour que les suggestions hypnotiques puissent opérer : la question est peut-être plus musicale qu’il n’y paraît. Non seulement, les musiciens peuvent être sollicités pour augmenter la réceptivité des auditeurs à l’hypnose, mais ils peuvent eux-mêmes bénéficier des bienfaits d’une discipline que le 20è siècle a largement amplifié et consacré.

    Et comme deux perspectives valent mieux qu’une, dans Métaclassique, nous invitons à dialoguer entre elles : l’historienne de l’hypnose musicale Céline Frigau Manning (qui prépare un ouvrage aux Presses du réel qui retrace les liens qui se tissent au 19ème siècle entre hypnose et musique) et la pianiste et hypnothérapeute Hélène Tysman qui co-anime des ateliers d’hypnose pour les musiciens avec la violoniste et hypnotiseuse Anne-Hélène Chevrette, que nous avons enregistré au cours d’un atelier d’initiation à l’hypnose réservé aux musiciens.

    Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

    1 hr 1 min
  • Métaclassique #58 – Timbrer
    De voce (larynx). De visione voce auditu Fabricius ab Aquapendente, Hieronymus Published: 1600 Creative Commons Attribution only licence CC BY 4.0 http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/

    Une voix peut être rauque, stridente, accrocheuse,

    aigrelette. Une voix peut être cristalline, frêle, voilée, quand elle n’est
    sépulcrale, caverneuse ou haletante. Certaines voix sont blanches. D’autres
    gouailleuses, éraillées ou cassées et, en cela préférables aux voix trop
    onctueuses ou trop feutrées. Mais quand elle est une voix d’opéra ou de radio,
    pourquoi faut-il qu’une voix soit triomphante ou, au contraire, glacée. A quoi
    sert qu’une voix soit métallique, ronflante, sèche ou veloutée ? Et que
    faut-il déduire d’une voix qui se fait particulièrement rocailleuse ou croassante ?

    Quand on apprend des scientifiques australiens

    révèlent que les voix des jeunes femmes en train de lire, a baissé de 23 Hz en
    moyenne entre 1945 et 1993, on ne sait pas forcément comment le prendre :
    est-ce qu’il en va d’une évolution des canons esthétiques, des critères de
    séductions ou quelque stéréotype de genre, quand ce ne sont des assignations d’ordre
    sexiste.

    Dans Métaclassique, au lieu de boucler ces questions aux intersections entre musique, biologie et discriminations sociales, on préfère les entrecroiser : ce numéro va tresser deux recherches, en alternant deux entretiens : avec Laura Frémy qui prépare une thèse sur les grandes voix de radio et Alexandre Suire qui a soutenu une thèse qui explore, sans la résoudre complètement, l’hypothèse selon laquelle les hauteurs de voix dépendraient de facteurs évolutifs, autrement dit : est-ce pour des raisons de sélection sexuelle que les femmes continuent de parler plus aigu que les hommes ?

    Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

    1 hr 1 min
  • Métaclassique #57 – Défendre

    Pour faire de la musique, il ne suffit pas d’apprendre à en jouer, d’en composer ou d’en produire, encore faut-il se défendre. Quand on parcourt les milliers de lettres d’un compositeur aussi célèbre que Maurice Ravel – dont la gloire semble acquise à jamais –, on voit qu’il a passé sa vie à défendre sa musique, mais aussi celle des autres. Même si l’intelligentsia de son époque n’a pas toujours été tendre avec lui, Maurice Ravel s’est toujours montré spécialement loyal, et puis très engagé. La lecture de ses correspondances nous fait faire la connaissance des musiciens défendus par Ravel, l’occasion pour Métaclassique de faire entendre ces compositeurs moins connus que, de son vivant, Ravel a aimé, recommandé, mis en avant. Pour en parler plus en détail, nous recevons Manuel Cornejo qui a recueilli plus de 2500 lettres envoyées ou reçues par Maurice Ravel pour faire une édition critique de cette correspondance publiée au Passeur Editeur, un ouvrage en papier bible qui a été distingué, entre autres, par le Prix des Muses et le Prix Sévigné.

    Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

    1 hr 1 min
  • Métaclassique #56 – Quirritter

    La perdrix pirouitte. Le dindon glougloute. La fauvette zinzinule. Le geai cageole. L’épervier glapit et piale. L’alouette turlutte. La palombe caracoule et concourège. Le pinson frigotte. Et le rossignol chante, gringotte, trille et quirritte. À lui tout seul, le rossignol aurait pu occuper toute l’émission. Mais il n’est pas le seul oiseau chanteur. Puisque le paon braille et la cigogne craquette, il fallait bien se demander si la curiosité des musiciens pour les chants des oiseaux ne s’en tient qu’aux circonvolutions phoniques des différents types d’animaux ou répond à quelques critères plus ornithologiques.

    Pour croiser les perspectives et varier les plaisirs musicaux inspirés de tel ou tel autre chant d’oiseau, Métaclassique accueille cette semaine, dans l’ordre d’apparition : le musicologue Alessandro Arbo, la philologue Agnès Arbo, un baryton qui porte le nom emblématique de Jacques Loiseleur des Longchamps et une performeuse, Violaine Lochu.

    Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

    1 hr 1 min
  • Métaclassique #55 – Partager

    Pour partager la musique classique avec ceux qui s’en trouvent le plus éloigné, il existe plein de possibilités et de dispositifs. En France, il en est un qui tend à surplomber les autres : le projet Demos. Directeur adjoint du Département Éducation de la Philharmonie de Paris, délégué au projet Demos, Gilles Delebarre explique : « Demos s’adresse à des enfants qui vivent dans des quartiers populaires où se concentrent des difficultés. L’enjeu premier est d’agir sur les mécanismes de reproduction sociale en permettant à ces jeunes de construire des compétences inattendues susceptibles d’enrichir leur capital culturel. » Au-delà de Demos, d’autres modèles sont-ils possibles ? À quel point ceux que l’on peut trouver ailleurs sont importables en l’état ? Et, au fait, quand on parle de partage de la musique, de quelle musique parle-t-on encore ?

    Deux invités sont réunis dans Métaclassique pour en parler : Noémi Lefebvre qui est historienne de l’enseignement musical en France et Alix Sarrouy, sociologue de l’Art et de la Culture, actuellement chercheur au laboratoire CICS.NOVA de l’Université Nova de Lisbonne, dont la thèse est accessible en ligne. Avec la participation d’Omer Corlaix.

    Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

    1 hr 1 min
  • Métaclassique #54 – Surmonter

    Carl Hermann Unthan est né sans bras. À l’âge de 6 ou

    7 ans, il a découvert par hasard la possibilité de jouer du violon avec ses
    pieds, en fixant l’instrument sur une caisse posée au sol. Un jour qu’il se
    produisait à Budapest, Franz Liszt est venu le féliciter en lui tapotant la
    joue et l’épaule. Une cinquantaine d’années après ces compliments, Unthan
    écrivait : « Qu’est-ce qui me fit douter de la sincérité de son
    enthousiasme ? Qu’est-ce qui me le fit paraître factice ? » Le
    philosophe commente :

    « Ces questions, rédigées un demi-siècle après la scène décrite,

    avaient la signification d’un symptôme : elles rappelaient à l’auteur un
    temps lointain dans lequel l’illusion qu’il pouvait être pris au sérieux comme
    musicien, et non comme curiosité, ne s’était pas encore éteinte. »

    Liszt n’aurait donc pu être sincère, parce que le spectacle que lui donnait

    le violoniste n’aurait pas été de la vraie musique, la situation étant débordée
    par l’image de l’infirme qui dépasse sa condition. Sauf que : le virtuose
    est dans la même tension, Peter Sloterdijk ajouter : « Liszt,
    lui-même ancien enfant prodige, savait par expérience quelle sorte de vie
    attend les virtuoses de toute nature. Et il devait d’autant plus deviner ce qui
    attend un jeune homme qui parcourra le monde en tant que vainqueur d’un caprice
    de la nature. »

    Maintenant, quand écoute un pianiste qui joue une œuvre pour la seule main

    gauche : est-ce qu’on écoute simplement la musique ou l’effort qu’il a
    fallu pour compenser que la non-intervention de la main droite jusqu’à
    l’émotion du dépassement de soi.

    Même s’il est valide de ses deux mains, le pianiste Maxime Zecchini s’est lancé depuis quelques années dans un défi : enregistrer 10 albums de musique pour main gauche seule, pour célébrer le répertoire pour main gauche.

    Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

    1 hr 1 min
  • Métaclassique #53 – Rêver

    Se demander si toutes les musiques ne sont pas soporifiques, c’est tout de suite répondre que : non. Se demander si toutes les musiques peuvent faire rêver, c’est d’office se dire : oui, forcément ! Mais si on est d’accord pour dire que les musiques peuvent faire rêver, peut-on s’entendre sur ce à quoi telle ou telle sonate fait rêver ? Chacun peut toujours se faire son film. Et si Untel fait son rêve tout seul dans son coin, il devra aller lui-même fouiller dans son for intérieur ce que ses rêves peuvent lui dire. Encore faut-il que les rêves veuillent dire quelque chose. Peut-être ne sont-ils que des images flottantes sans rapport les unes avec les autres, sans rapport même avec la vie du rêveur. Et c’est peut-être à ce moment-là qu’ils auraient quelque chose à voir avec la musique.

    Comme il peut y avoir beaucoup à se demander sur la signification des rêves et ce que la musique peut venir exciter – ou non – contenir à leur sujet, nous recevons cette semaine dans Métaclassique trois invités :
    – l’historienne des rêves qui a signé Jacqueline Carroy qui a signé Nuits savantes aux éditions de l’EHESS),
    – la musicologue Elisabeth Brisson qui vient de publier Alban Berg au miroir de ses œuvres aux éditions Aedam Musicae
    – et le philosophe de la musique Santiago Espinosa dont les ouvrages expliquent que la musique est inexpressive.

    C’est la première fois, l’émission Métaclassique est enregistrée en public, à la Bpi, la Bibliothèque publique d’information.

    1 hr 1 min
  • Métaclassique #52 – Renverser

    La date 02.02.2020 est un palindrome. Les palindromes les plus spectaculaires sont les palindromes poétiques. En musique, il faut commencer par distinguer les renversements et les rétrogrades, mais aussi viser les différents paramètres du son sur lesquels les compositeurs peuvent opérer des symétries plus ou moins sensibles à l’écoute. Pour dresser une anthologie des palindromes musicaux, nous recevons le compositeur et auditeur du Collège de ‘Pataphysique Emmanuel Ducreux, le compositeur et fondateur de l’OUSONMUPO Patrick Lenfant et le compositeur Denis Lorrain.

    1 hr 1 min
  • Métaclassique #51 – Vibrer

    Leçon vibratoire

    Pour rendre un témoignage plus poignant, on peut mettre des tremolos dans la voix. Cela permettra de donner plus d’épaisseur expressive à ce qu’on dit, au risque d’en mettre assez vite beaucoup trop. Si le vibrato souligne l’émotion, comment se fait-il qu’il en faille si peu pour arriver à l’excès aussi rapidement ?

    Dans Métaclassique, l’anatomie des composantes de l’expression musicale est un débat poétique : pour comprendre pourquoi le vibrato peut buter sur ses limites, nous avons demandé à deux instrumentistes de fouiller dans leurs mémoires. À quel moment de l’histoire, le vibrato est-il devenu suspect ? Pourquoi ? Et comment font-ils eux-mêmes depuis pour déployer tel ou tel type de vibrato ?

    Avec le guitariste Benoît Boivin et le bassoniste Pascal Gallois.

    Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

    1 hr 1 min
  • Métaclassique #50 – Catégoriser

    Quand on essaye de se concentrer sur ce qui nous intrigue dans la musique, on peut s’attacher au souffle, à l’étirement d’une phrase, à la couleur de l’instrument, au mouvement des résonances de telle note ou aux gestes évocateurs dont l’interprète soutient son jeu musical… Autant de phénomènes que ne relèvent pas les analystes de la partition, mais que peuvent relever les auditeurs.  On n’a pas toujours recours à des concepts estampillés, mais on ne s’en tient pas pour autant aux seules impressions : on produit des catégories, on génère des points d’attention spécifiques. Des gestes, des mouvements… Pour évoquer le renouvellement des catégories d’écoute de la musique, nous recevons François Delalande qui est l’auteur, aux Presses Universitaires de Rennes, du livre La musique au-delà des notes et Manon Decroix qui prépare, à l’Université Côte d’Azur, une thèse qui cherche des « Clés pour l’analyse du poème symphonique romantique ».

    Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

    1 hr 1 min

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