Mission encre noire

Mission encre noire

By CHOQ.caArtsBooks
Download on the App Store

Mission encre noire episodes

  • Émission du 8 février 2022

    Mission encre noire Tome 33 Chapitre 374. Morel de Maxime Raymond Bock paru en 2021 aux éditions Le Cheval d’août. La première image de ce roman n’existe déjà plus, c’est celle de la page de couverture, le pont Jacques-Cartier étalé en construction. Nous n’appartenons pas à cette photo, nous sommes de ceux et celles qui empruntons le pont, depuis toujours, depuis l’oubli, depuis le futur. Pour un gars du faubourg à m’lasse cela veut dire autre chose. Ce quartier, ces maisons autour du pont, vont être rasées de près. La famille Morel, nous relie à ce quotidien ordinaire, celui des grand chantiers ouvriers, des églises, des funérailles, des ruelles, des usines désaffectées, des épiceries du coin, celui des sans-voix. Jean-Claude Morel, cet ouvrier anonyme aura creusé le métro et le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, fait surgir des autoroutes, pourtant sa demeure, sur la rue Notre-Dame sera taillée en pièce et sa famille expropriée. Sa petite-fille Catherine veut faire parler le sang, elle libérera la parole, car toute cette violence ça ne s'oublie pas. Maxime Raymond Bock raconte cette histoire, vu de l’intérieur, un fondu enchaîné sur la métamorphose de Montréal au 20 ème siècle. Il est notre invité ce soir à Mission encre noire.

    Extrait:« -Tu dis que ta vie est plate. Tu dois te sentir seul, aussi. Mais je suis certaine que t'as des beaux souvenirs. Tu pourrais m'en raconter un, pour commencer. Morel se garde de soupirer. Il est en effet seul avec ses souvenirs, qui ne se montrent jamais que dans le désordre. Un enchevêtrement de scènes imprévisibles qui se succèdent les unes les autres par accident, ainsi fonctionne la mémoire, avec culs-de-sac, histoires en suspens, intrigues irrésolues et disparitions inopinées, déclencheurs impromptus, relations profondes soudain devenues superficielles. Tant de détails pour tant de trous noirs. Et s'ils sont durs, ces souvenirs, c'est que la vie l'est elle-même, voilà une des rares choses desquelles il est certain, et cette certitude n'est pas sans issue d'une parole divine ni celle de quelque mortel que ce soit, mais de sa propre expérience. Si le passé a été vécu dans la difficulté, comment y revenir avec le sourire? Peut-être grâce à la sagesse. Ce mot si commun dont il ne saisit pas tout à fait la signification, sinon quand elle concerne les enfants dociles.»

    Quelques découvertes de lecture de confinement:

    Le chien de Akiz, traduit de l'allemand par Brice Germain paru en 2021 aux éditions Flammarion. Un roman truculent, drôle, on pourrait dire gargantuesque qui nous fait découvrir les arrières cours de restaurants prestigieux à travers un personnage énigmatique: le chien. Un jeune homme qui, lit-on, partage, avec Grenouille de Patrick Suskind, un destin des plus sordide.

    Solak par Caroline Hinault paru en 2021 aux éditions Rouergue Noir. Un polar de saison, pour celles et ceux qui aiment les huis clos tendus, où planent une menace sourde et cruelle: l'hiver éternel du cercle polaire. Vous serez pris dans les glaces dans un environnement sans pitié. Caroline Hinault vous saisie jusqu'à l'effroi pour ce premier roman, un vrai petit bijou qui ne déçoit pas jusqu'à son dénouement.

    Une guerre sans fin de Jean-Pierre Perrin paru en 2021 aux éditions Rivages/Noir. À travers le destin croisé de trois hommes, Jean-Pierre Perrin, grand reporter et spécialiste du Moyen-Orient, rend un hommage, non seulement à une région martyre, la Syrie, mais également aux victimes. beaucoup de ces pages sont bouleversantes d'humanité. Vous serez emportés par ces trajectoires de vie folles, au milieu des bombes. À mi-chemin du polar, du thriller et du roman de guerre, cette histoire n'est pas sans évoquer d'autres descentes au coeur des ténèbres chez Joseph Conrad ou dans le froid réalisme du reportage de guerre cher à Joseph Kessel.

     

     

    1 hr
  • Émission du 8 février 2022
    Mission encre noire Tome 33 Chapitre 374. Morel de Maxime Raymond Bock paru en 2021 aux éditions Le Cheval d’août. La première image de ce roman n’existe déjà plus, c’est celle de la page de couverture, le pont Jacques-Cartier étalé en construction. Nous n’appartenons pas à cette photo, nous sommes de ceux et celles qui empruntons le pont, depuis toujours, depuis l’oubli, depuis le futur. Pour un gars du faubourg à m’lasse cela veut dire autre chose. Ce quartier, ces maisons autour du pont, vont être rasées de près. La famille Morel, nous relie à ce quotidien ordinaire, celui des grand chantiers ouvriers, des églises, des funérailles, des ruelles, des usines désaffectées, des épiceries du coin, celui des sans-voix. Jean-Claude Morel, cet ouvrier anonyme aura creusé le métro et le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, fait surgir des autoroutes, pourtant sa demeure, sur la rue Notre-Dame sera taillée en pièce et sa famille expropriée. Sa petite-fille Catherine veut faire parler le sang, elle libérera la parole, car toute cette violence ça ne s'oublie pas. Maxime Raymond Bock raconte cette histoire, vu de l’intérieur, un fondu enchaîné sur la métamorphose de Montréal au 20 ème siècle. Il est notre invité ce soir à Mission encre noire.
    Extrait:« -Tu dis que ta vie est plate. Tu dois te sentir seul, aussi. Mais je suis certaine que t'as des beaux souvenirs. Tu pourrais m'en raconter un, pour commencer. Morel se garde de soupirer. Il est en effet seul avec ses souvenirs, qui ne se montrent jamais que dans le désordre. Un enchevêtrement de scènes imprévisibles qui se succèdent les unes les autres par accident, ainsi fonctionne la mémoire, avec culs-de-sac, histoires en suspens, intrigues irrésolues et disparitions inopinées, déclencheurs impromptus, relations profondes soudain devenues superficielles. Tant de détails pour tant de trous noirs. Et s'ils sont durs, ces souvenirs, c'est que la vie l'est elle-même, voilà une des rares choses desquelles il est certain, et cette certitude n'est pas sans issue d'une parole divine ni celle de quelque mortel que ce soit, mais de sa propre expérience. Si le passé a été vécu dans la difficulté, comment y revenir avec le sourire? Peut-être grâce à la sagesse. Ce mot si commun dont il ne saisit pas tout à fait la signification, sinon quand elle concerne les enfants dociles.»
    Quelques découvertes de lecture de confinement:
    Le chien de Akiz, traduit de l'allemand par Brice Germain paru en 2021 aux éditions Flammarion. Un roman truculent, drôle, on pourrait dire gargantuesque qui nous fait découvrir les arrières cours de restaurants prestigieux à travers un personnage énigmatique: le chien. Un jeune homme qui, lit-on, partage, avec Grenouille de Patrick Suskind, un destin des plus sordide.
    Solak par Caroline Hinault paru en 2021 aux éditions Rouergue Noir. Un polar de saison, pour celles et ceux qui aiment les huis clos tendus, où planent une menace sourde et cruelle: l'hiver éternel du cercle polaire. Vous serez pris dans les glaces dans un environnement sans pitié. Caroline Hinault vous saisie jusqu'à l'effroi pour ce premier roman, un vrai petit bijou qui ne déçoit pas jusqu'à son dénouement.
    Une guerre sans fin de Jean-Pierre Perrin paru en 2021 aux éditions Rivages/Noir. À travers le destin croisé de trois hommes, Jean-Pierre Perrin, grand reporter et spécialiste du Moyen-Orient, rend un hommage, non seulement à une région martyre, la Syrie, mais également aux victimes. beaucoup de ces pages sont bouleversantes d'humanité. Vous serez emportés par ces trajectoires de vie folles, au milieu des bombes. À mi-chemin du polar, du thriller et du roman de guerre, cette histoire n'est pas sans évoquer d'autres descentes au coeur des ténèbres chez Joseph Conrad ou dans le froid réalisme du reportage de guerre cher à Joseph Kessel.
    1 hr
  • Émission du 1 février 2022

    Mission encre noire Tome 33 Chapitre 373. Les ombres filantes de Christian Guay-Poliquin paru en 2021 aux éditions La Peuplade. Je vous souhaite mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2022. Et pour entamer nos cycles de rencontres d’écrivaines et d’écrivains d’ici et d’ailleurs, commençons par une panne d’électricité géante, celle qui paralyse le pays depuis les trois premiers romans de Christian Guay-Poliquin. Le protagoniste de ce troisième volet avance seul, sac au dos, blessé à un genou, à travers une forêt hostile en direction du camp de chasse où sa famille à trouver refuge. Il se sait menacé. L’homme va faire la rencontre d’Olio, un orphelin d’une douzaine d’année, auquel il va finir par s’attacher comme à un fils. Loin du monde, ils vont unir leur force pour déjouer les obstacles qui ne manqueront pas de surgir. Fort du succès populaire et critique du Fil du kilomètre paru en 2014 et de celui aussi prestigieux du Poids de la neige paru en 2016 aux éditions La Peuplade, un roman couronné par les Prix du Gouverneur Général, le Prix littéraire des collégiens et traduit dans une dizaine de langues, Les ombres filantes annonce une fortune tout aussi équivalente. Je vous propose de remonter les temps anciens et de tomber sous le règne de la forêt, ce soir, à Mission encre noire en compagnie de Christian Guay-Poliquin.

    Extrait:« Je regarde mes mains noircies par l'huile. Elles me rappellent une vie passée, enfouie, comme le pétrole sous la terre et le temps des dinosaures. Avec la panne, je pensais que mon métier allait s'éteindre en même temps que la lumière des raffineries et des stations-services. Rien de tel finalement. Le vieux monde est tenace et, partout où j'irai, j'ai bien peur qu'il y ait toujours des moteurs à réparer. Je me ressaisis et m'attarde à la génératrice. Même problème avec le carburateur. J'évalue les scies à chaîne, pareil. Je réfléchis. C'est probablement à cause de l'essence qui s'évente. Malgré tout le stabilisateur qu'ils ont mis dans les jerricans, c'est inévitable. Pour l'instant, ça peut encore aller, mais dans quelques mois, toutes ces belles réserves de carburant ne serviront plus à rien, sinon à étrangler les moteurs.»

    Impromptu de Catherine Mavrikakis paru en 2022 aux éditions Héliotrope. Europe, je t'aime, moi non plus. Dans un court roman, Catherine Mavrikakis entreprend de décrire les liens affectifs qui nous rattachent au Vieux Continent et à sa «grande culture». Distillé d'une bonne dose d’humour et d'une pincée d’ironie, ce texte nous narre la rencontre surprenante entre une jeune étudiante spécialisée en littérature allemande et son professeur Mueller-Stahl, au détour d’un distributeur de billet de banque. Bien emprunté sur la manière d’utiliser le dit guichet automatique, le vieux professeur lui emprunte quelques billets. De façon assez étonnante, les tribulations nées de cette rencontre hasardeuse vont se révéler cruciales pour Caroline Akerman-Marchand . Catherine Mavrikakis en profite pour tourner en dérision ce quelque chose de la condescendance européenne qui perdure encore aujourd’hui, dans les rapports qui se tissent entre l’Europe et les autres continents, en particulier ici, au Québec. Cette satire, qui n’épargne ni les uns/unes ni les autres, permet également de se moquer de l’admiration béate des intellectuels québécois et nord américains. C'est un point de vue qui n’est pas sans rappeler le long soliloque rageur du troisième roman de l’autrice, Fleurs de crachat, dont les premières lignes vibraient de défi. Pour en savoir plus, je reçois Catherine Mavrikakis, ce soir, à Mission encre noire.

    Extrait:« C'est donc avec un immense espoir, celui d'une vie meilleure, que je me rendis à son bureau, le lendemain de ma rencontre fortuite à la banque avec le professeur Mueller-Stahl. J'avais tant à lui dire et à lui demander...Mais il avait vraisemblablement oublié notre rendez-vous et mes 50 dollars. Je revins le vendredi et me présentai à nouveau le lundi. Ce jour-là, une secrétaire bien aimable et surtout très présente, malgré les remarques de Mueller-Stahl sur l'université et son personnel, me dit que le professeur ne reviendrait qu'en septembre, qu'il était parti en Europe faire de la recherche. Je ne revis mon professeur qu'à la rentrée. Il accepta de diriger mon mémoire à condition que je cite Schlegel. Je continuais de travailler mon allemand, nous conversions dans la langue de Goethe, et ici l'expression est bien littérale, puisque je m'adonnais au Hochdeutsch sorti tout droit des textes du XIXe siècle, du romantisme et du préromantisme. Néanmoins, je n'eus jamais le courage de demander à Karlheinz Mueller-Stahl mes 50 dollars. C'était une somme importante pour moi qui n'avais pas un sou. Mais comment demander au spécialiste de la littérature romantique de penser à ma situation financière? À mes 50 dollars, il ne songea bien sûr jamais.»

    1 hr
  • Émission du 1 février 2022
    Mission encre noire Tome 33 Chapitre 373. Les ombres filantes de Christian Guay-Poliquin paru en 2021 aux éditions La Peuplade. Je vous souhaite mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2022. Et pour entamer nos cycles de rencontres d’écrivaines et d’écrivains d’ici et d’ailleurs, commençons par une panne d’électricité géante, celle qui paralyse le pays depuis les trois premiers romans de Christian Guay-Poliquin. Le protagoniste de ce troisième volet avance seul, sac au dos, blessé à un genou, à travers une forêt hostile en direction du camp de chasse où sa famille à trouver refuge. Il se sait menacé. L’homme va faire la rencontre d’Olio, un orphelin d’une douzaine d’année, auquel il va finir par s’attacher comme à un fils. Loin du monde, ils vont unir leur force pour déjouer les obstacles qui ne manqueront pas de surgir. Fort du succès populaire et critique du Fil du kilomètre paru en 2014 et de celui aussi prestigieux du Poids de la neige paru en 2016 aux éditions La Peuplade, un roman couronné par les Prix du Gouverneur Général, le Prix littéraire des collégiens et traduit dans une dizaine de langues, Les ombres filantes annonce une fortune tout aussi équivalente. Je vous propose de remonter les temps anciens et de tomber sous le règne de la forêt, ce soir, à Mission encre noire en compagnie de Christian Guay-Poliquin.
    Extrait:« Je regarde mes mains noircies par l'huile. Elles me rappellent une vie passée, enfouie, comme le pétrole sous la terre et le temps des dinosaures. Avec la panne, je pensais que mon métier allait s'éteindre en même temps que la lumière des raffineries et des stations-services. Rien de tel finalement. Le vieux monde est tenace et, partout où j'irai, j'ai bien peur qu'il y ait toujours des moteurs à réparer. Je me ressaisis et m'attarde à la génératrice. Même problème avec le carburateur. J'évalue les scies à chaîne, pareil. Je réfléchis. C'est probablement à cause de l'essence qui s'évente. Malgré tout le stabilisateur qu'ils ont mis dans les jerricans, c'est inévitable. Pour l'instant, ça peut encore aller, mais dans quelques mois, toutes ces belles réserves de carburant ne serviront plus à rien, sinon à étrangler les moteurs.»
    Impromptu de Catherine Mavrikakis paru en 2022 aux éditions Héliotrope. Europe, je t'aime, moi non plus. Dans un court roman, Catherine Mavrikakis entreprend de décrire les liens affectifs qui nous rattachent au Vieux Continent et à sa «grande culture». Distillé d'une bonne dose d’humour et d'une pincée d’ironie, ce texte nous narre la rencontre surprenante entre une jeune étudiante spécialisée en littérature allemande et son professeur Mueller-Stahl, au détour d’un distributeur de billet de banque. Bien emprunté sur la manière d’utiliser le dit guichet automatique, le vieux professeur lui emprunte quelques billets. De façon assez étonnante, les tribulations nées de cette rencontre hasardeuse vont se révéler cruciales pour Caroline Akerman-Marchand . Catherine Mavrikakis en profite pour tourner en dérision ce quelque chose de la condescendance européenne qui perdure encore aujourd’hui, dans les rapports qui se tissent entre l’Europe et les autres continents, en particulier ici, au Québec. Cette satire, qui n’épargne ni les uns/unes ni les autres, permet également de se moquer de l’admiration béate des intellectuels québécois et nord américains. C'est un point de vue qui n’est pas sans rappeler le long soliloque rageur du troisième roman de l’autrice, Fleurs de crachat, dont les premières lignes vibraient de défi. Pour en savoir plus, je reçois Catherine Mavrikakis, ce soir, à Mission encre noire.
    Extrait:« C'est donc avec un immense espoir, celui d'une vie meilleure, que je me rendis à son bureau, le lendemain de ma rencontre fortuite à la banque avec le professeur Mueller-Stahl. J'avais tant à lui dire et à lui demander...Mais il avait vraisemblablement oublié notre rendez-vous et mes 50 dollars. Je revins le vendredi et me présentai à nouveau le lundi. Ce jour-là, une secrétaire bien aimable et surtout très présente, malgré les remarques de Mueller-Stahl sur l'université et son personnel, me dit que le professeur ne reviendrait qu'en septembre, qu'il était parti en Europe faire de la recherche. Je ne revis mon professeur qu'à la rentrée. Il accepta de diriger mon mémoire à condition que je cite Schlegel. Je continuais de travailler mon allemand, nous conversions dans la langue de Goethe, et ici l'expression est bien littérale, puisque je m'adonnais au Hochdeutsch sorti tout droit des textes du XIXe siècle, du romantisme et du préromantisme. Néanmoins, je n'eus jamais le courage de demander à Karlheinz Mueller-Stahl mes 50 dollars. C'était une somme importante pour moi qui n'avais pas un sou. Mais comment demander au spécialiste de la littérature romantique de penser à ma situation financière? À mes 50 dollars, il ne songea bien sûr jamais.»
    1 hr
  • Émission du 14 décembre 2021

    Mission encre noire Tome 32 Chapitre 372. Jusqu’au dernier cri de Martin Michaud, une enquête de Victor Lessard, parue en 2021 aux éditions Libre expression. Au milieu d'une violente tempête, le sergent détective Victor Lessard, enfourche une Honda CR250M Elsinore, il passe en première et actionne le levier d’embrayage pour une course poursuite des plus mémorable au cœur des paysages sauvages englobant la route de la Baie-James. Car voilà, suite à l’assassinat de trois membres d’un puissant cartel de trafiquants d’opium, un précieux colis a été dérobé aux trafiquants qui n’entendent pas à plaisanter. L'enquête déraille rapidement, lorsqu'un homme en fuite, prend huit personnes en otage dans une mine de Matagani. Alors qu'il accompagne Jacinthe Taillon dans la salle d'attente d'un hôpital, à la demande de la GRC, Victor est le seul individu à qui le criminel veut s’adresser. Les deux enquêteurs du SPVM se retrouvent précipités dans une chasse à l’homme haletante, sur les traces de l’auteur du triple meurtre. Embarquez dès ce soir avec moi vers le Nord-du-Québec, histoire de renouer avec les deux inséparables enquêteurs Lessard et Taillon, de croiser Yogi Berra, Scotty Bowman, Victor Hugo, Christopher Walken, Fellini, et bien d’autres, sans oublier bien sûr la montre Hamilton héritée de son mentor Ted, un gant de baseball fétiche et le So what de Miles Davis. J'accueille ce soir, à Mission encre noire, le maître du thriller québécois, Martin Michaud.

    Extrait:« Victor sentit un craquement sous les semelles de ses bottes élimées. Il s'arrêta et en identifia la cause: il venait de marcher sur des éclats de verre. Il comprit alors pourquoi il n'apercevait toujours pas le haut de l'escalier: des ampoules avaient été sciemment brisées pour plonger l'endroit dans la pénombre. Alors que Victor reprenait son avancée, une certitude s'imposa à son esprit: Le déclencheur de ses pensées négatives avait été la simple mention de son frère, qui le ramenait en arrière, au coeur de son passé, et lui nouait l'estomac. Victor tourna brusquement la tête vers sa droite, là où un grondement bientôt assourdissant secoua la tour, faisant frémir les murs: un hélicoptère survola le site avec fracas, puis le bruit s'amenuisa jusqu'à s'éteindre. Il montait les dernières marches quand une des portes doubles en haut de l'escalier s'ouvrit lentement vers l'intérieur, sans un bruit. Le sergent-détective inspira à fond de nouveau et franchit l'encadrement avec circonspection ; il avança à tâtons dans l'obscurité de la pièce, dont il distinguait vaguement les contours. La porte se referma brutalement dans son dos, une silhouette apparut dans sa vison périphérique et une voix tonna.» 

     Les gouffres du Karst, une enquête d’Alexandre Jobin par André Jacques, parue en 2021 aux éditions Druide. En 2005, rien n’empêche Alexandre Jobin de voyager en Italie ou en Croatie, du moins pas encore. Le retraité de l’armée canadienne, antiquaire à ses heures perdues, est appelé à la rescousse par le service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) alors qu’un meurtre perpétué dans une zone industrielle proche du parc Jarry dévoile une sombre affaire de trafic d’armes et d’œuvres d’art. L'opération visant à démanteler le réseau criminel a mal tourné. La découverte de l’identité du mort, un ancien camarade d’unité lors de deux déploiement dans les Balkans, achève de convaincre Alexandre Jobin. De Montréal en passant par Trieste et Dubrovnic, le personnage fétiche de l’auteur s’immerge de nouveau dans un passé à l’odeur infecte, qui le mènera les yeux remplis d’effroi aux bords des gouffres du Karst. Il y retrouvera fatalement une vieille connaissance, qui, jusque là, hantait seulement ses cauchemars. Au son lointain du chant du Muezzin, et de quelques détonations, la sulfureuse Pavie, l’assistante toute dévouée de Jobin, Isabelle Ménard, Le vieux Sam Wronski, l’ignoble Dragomir Broz et bien sûr la charmante Chrysanthy Orowitzn marquent de leur présence le studio, ce soir. André jacques est invité à Mission encre noire.

    Extrait:« La pluie a repris. La nuit est tombée. Circulation moins dense sur Van Horne. Presque aucun piéton. Alexandre n'a pas mis l'éclairage, n'a pas installé le trépied ni l'appareil photo. Simplement écarté un peu le rideau. Depuis trois heures, il observe le Zadar, les allées et venues des clients habituels qu'il commence à reconnaître: le vieux avec sa canne, les deux colosses aux allures de débardeurs. Le jeune Josip ne s'est pas pointé. Bien! Il a compris. Ni Petar Horvat d'ailleurs. Moins bien! Mais Baldo Broz est arrivé, seul, il y a environ une heure. À moins qu'il n'ait emprunté la sortie du bureau à l'arrière, il devrait être encore à l'intérieur. Deux clients, les débardeurs, sortent. Un peu chancelants. On commence à éteindre l'éclairage dans le bar. Si Baldo doit sortir ce sera dans les minutes qui viennent. Alexandre referme le rideau, met son blouson et la casquette des Expos. Vérifie de la main gauche si l'arme est toujours bien en place, coincée dans son dos par la ceinture de son pantalon. Puis, il dévale l'escalier, ouvre la porte de derrière, court vers l'avant par la ruelle. se blottit dans l'ombre au coin de l'immeuble et attend de nouveau.»

    1 hr 1 min

About Mission encre noire

From the publisher's feed

Mission encre noire parle de littérature tous les mardis soir en direct à 19h00 sur Choq.ca et vous donne l'envie de lire

More shows like Mission encre noire

Mutations by CHOQ.ca

Mutations

1 Listeners

Les Oubliettes by CHOQ.ca

Les Oubliettes

1 Listeners

Histoire de passer le temps by CHOQ.ca

Histoire de passer le temps

0 Listeners

Du Vanguard au Savoy by CHOQ.ca

Du Vanguard au Savoy

0 Listeners

Ouïedire by CHOQ.ca

Ouïedire

0 Listeners

Le grand maître des jeux by CHOQ.ca

Le grand maître des jeux

0 Listeners

Les petites pépites by CHOQ.ca

Les petites pépites

0 Listeners

Opération beurre de cinoche by CHOQ.ca

Opération beurre de cinoche

0 Listeners

D'amour et de sexe by CHOQ.ca

D'amour et de sexe

2 Listeners

2fxfslematin by Pivot

2fxfslematin

1 Listeners

Génération 1.5 by CHOQ.ca

Génération 1.5

0 Listeners

AcademiA by CHOQ.ca

AcademiA

0 Listeners

Album Club by CHOQ.ca

Album Club

0 Listeners

La 3ème demie by CHOQ.ca

La 3ème demie

0 Listeners

Questions de Feeling by CHOQ.ca

Questions de Feeling

0 Listeners

Tout le monde en jazz by CHOQ.ca

Tout le monde en jazz

0 Listeners

Du fleuve à la mer by CHOQ.ca

Du fleuve à la mer

0 Listeners

Sortie de route by CHOQ.ca

Sortie de route

0 Listeners

Dans les coulisses de l'histoire by CHOQ.ca

Dans les coulisses de l'histoire

0 Listeners

L'UQAM en info by CHOQ.ca

L'UQAM en info

0 Listeners