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L’intelligence artificielle générative est souvent accusée de piller les artistes, d’aspirer leurs œuvres pour recracher des copies sans âme. Le débat est vif, parfois frontal. Pourtant, certains créateurs tentent une autre voie : non pas subir l’IA, mais l’utiliser comme un outil, presque comme un instrument supplémentaire. C’est le pari de la startup britannique Moth, qui vient de collaborer avec l’artiste électro ILĀ. Ensemble, ils ont signé un titre inédit, Recurse, un morceau conçu à la croisée de l’intelligence artificielle générative… et de l’informatique quantique. La piste est déjà en ligne sur YouTube, Spotify et les principales plateformes de streaming. Même le clip joue la carte technologique, avec un effet visuel baptisé « flou quantique », développé par Moth.
Derrière cette expérimentation, un logiciel maison : Archaeo. Cette plateforme fonctionne sur un ordinateur quantique fourni par l’entreprise IQM. Particularité notable : le système ne s’appuie pas sur d’immenses bases de données piochées sur Internet. Pas de scraping massif d’œuvres d’inconnus. L’entraînement s’est limité exclusivement aux créations d’ILĀ. L’idée n’est donc pas de produire de la musique ex nihilo, comme le font certaines IA génératives classiques. Ici, la machine joue plutôt le rôle d’assistant. Elle recombine, réorganise, suggère. « J’ai composé un morceau comme je le fais d’habitude, puis ces séquences ont servi à entraîner le système », explique l’artiste. L’IA ne remplace pas la main humaine, elle prolonge le geste.
Pour Moth, Recurse marque même un tournant, un « moment décisif » pour la créativité de demain. Une manière de montrer que l’IA peut devenir un partenaire plutôt qu’un prédateur. Et l’expérience ne s’arrête pas là. À côté du titre principal, formaté comme un morceau classique d’un peu plus de cinq minutes, le duo propose Recurse [Infinite Mix]. Cette version, générée en temps réel, ne s’arrête jamais. Une boucle infinie, qui se transforme en permanence.
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Ce qui se passe en Iran, comme bien souvent, ça trouve racine dans l'histoire. Aujourd'hui, on va voir ensemble d'où la catastrophe actuelle tire ses origines. Et bien évidemment, on envoie notre soutien au peuple iranien.
Bonne écoute !
➤ Merci à Alireza Ghafouri, chercheur lauréat du programme PAUSE à l'EHESS, actuellement affecté au CESSP (CNRS/EHESS/Université Panthéon-Sorbonne), pour sa relecture.
🎧 Mixage : Pierre Champion
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La constante de Marchetti est un concept issu de l’urbanisme et de la géographie humaine, proposé par l’ingénieur et chercheur italien Cesare Marchetti dans les années 1990. Elle décrit une observation étonnamment stable à travers les époques et les civilisations :
? Les êtres humains consacrent en moyenne environ une heure par jour aux déplacements quotidiens, notamment entre leur domicile et leur lieu de travail.
Cette durée — environ 60 minutes aller-retour — semble remarquablement constante, que l’on vive dans une ville antique, une métropole moderne ou une mégapole contemporaine.
D’où vient cette idée ?
Marchetti a analysé des données historiques et contemporaines portant sur :
Les villes romaines
Les cités médiévales
Les villes industrielles
Les métropoles modernes
Il a constaté que, malgré des moyens de transport très différents (marche, cheval, tramway, voiture, métro, train), le temps moyen quotidien de déplacement reste proche d’une heure.
Ce n’est pas la distance parcourue qui est constante, mais bien le temps accepté.
Pourquoi cette constance ?
L’explication principale est biologique et psychologique.
Les humains semblent avoir une tolérance limitée au temps passé en déplacement. Au-delà d’un certain seuil, les trajets deviennent perçus comme trop fatigants, trop coûteux mentalement et socialement.
Autrement dit, nous organisons inconsciemment nos choix de vie autour de ce budget-temps :
Choix du logement
Choix du travail
Choix du mode de transport
Si un trajet dépasse trop souvent ce seuil, les gens cherchent à déménager, changer d’emploi ou modifier leurs habitudes.
Une conséquence surprenante
Quand les moyens de transport deviennent plus rapides, on ne réduit pas forcément le temps de trajet…
? On augmente la distance parcourue.
Exemples :
Avec la marche : on habite près du travail.
Avec le train ou la voiture : on peut vivre plus loin.
Avec les transports rapides : les villes s’étalent.
Résultat : les villes s’agrandissent, mais le temps de trajet moyen reste proche d’une heure.
Ce que cela révèle sur nos sociétés
La constante de Marchetti suggère que :
Le progrès technique ne libère pas automatiquement du temps
Il transforme surtout l’organisation de l’espace
L’étalement urbain est en partie une conséquence directe de transports plus rapides
Elle remet en question l’idée que des transports toujours plus performants réduisent mécaniquement la contrainte des déplacements.
La constante de Marchetti affirme que l’être humain accepte un budget quotidien de transport d’environ une heure, quelles que soient l’époque et la technologie.
Une idée simple, mais puissante, qui montre que certaines limites ne sont pas techniques… mais profondément humaines.
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Au début du XIXᵉ siècle, un homme parcourt l’Amérique du Sud avec une curiosité insatiable. Il s’appelle Alexander von Humboldt. Naturaliste, géographe, botaniste, mais aussi passionné de langues, Humboldt ne se contente pas d’observer les paysages : il écoute les peuples, leurs récits, leurs mots, leurs manières de nommer le monde.
Lors d’un séjour dans la région de l’Orénoque, il fait une rencontre pour le moins étrange. Un marchand lui propose d’acheter un perroquet. Mais pas n’importe lequel. L’oiseau ne se contente pas d’imiter quelques sons familiers : il répète des mots entiers, dans une langue que presque personne ne comprend plus.
Humboldt apprend alors l’histoire tragique de ce perroquet. Il appartenait autrefois au peuple Maypure, une tribu amérindienne aujourd’hui disparue. Les Maypure ont été décimés lors de conflits avec une tribu rivale, les Caribs, qui ont pris possession de leurs terres. L’oiseau, capturé après le massacre, a survécu aux humains qui l’avaient élevé.
Peu à peu, Humboldt réalise l’ampleur de ce qu’il a sous les yeux. Le perroquet ne répète pas des sons isolés : il restitue des mots authentiques de la langue maypure. Autrement dit, cet animal pourrait être le dernier “locuteur” de cette langue.
Humboldt, conscient de l’urgence, entreprend alors un travail minutieux. Il écoute attentivement les vocalisations de l’oiseau, note les sons, tente d’enregistrer les phonèmes, les intonations, les répétitions. Il ne peut évidemment pas reconstruire toute la langue, ni en comprendre la grammaire complète, mais il parvient à consigner plusieurs dizaines de mots.
Ces fragments deviennent précieux. Car sans eux, la langue maypure aurait disparu sans laisser la moindre trace.
Le perroquet de Humboldt n’a pas “sauvé” la langue maypure au sens strict. Mais il en a préservé des éclats, comme des fossiles sonores, permettant aux linguistes modernes d’affirmer qu’elle a existé, et d’en étudier quelques caractéristiques.
Dans ce cas précis, le dernier témoin d’une culture humaine n’était ni un livre, ni un monument… mais un perroquet.
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Blue Origin avance ses pions, discrètement mais sûrement. Dans un simple communiqué, l’entreprise spatiale a dévoilé un projet d’ampleur : TeraWave, une constellation de 5 408 satellites reliés entre eux par des liaisons optiques. Leur terrain de jeu ? L’orbite terrestre basse, mais aussi l’orbite moyenne. Une architecture hybride pensée pour maximiser les débits.
L’objectif est clair : proposer des connexions très haut débit entre les grands pôles mondiaux et des utilisateurs dispersés, notamment dans les zones rurales, reculées ou mal desservies. Là où tirer de la fibre coûte trop cher, s’avère techniquement complexe, voire tout simplement impossible. Blue Origin promet ainsi des connexions multigigabits, capables de rivaliser avec les réseaux terrestres. Sur le papier, l’annonce peut surprendre. Le ciel est déjà encombré : SpaceX déploie Starlink à grande échelle, Amazon prépare sa propre constellation Kuiper. Pourtant, Blue Origin ne vise pas prioritairement le grand public. TeraWave cible surtout les entreprises, un marché bien plus rentable, dopé par l’explosion des besoins en données, notamment pour les centres de calcul et l’intelligence artificielle.
La société avance des chiffres ambitieux. Les satellites en orbite basse pourraient offrir jusqu’à 144 gigabits par seconde. Ceux placés plus haut, en orbite moyenne, utiliseront des liaisons laser pour atteindre… 6 térabits par seconde. Des performances taillées pour les infrastructures critiques. Le déploiement doit débuter fin 2027. Mais ce chantier s’ajoute à une liste déjà impressionnante. Blue Origin travaille simultanément sur des modules lunaires, une future station spatiale, une capsule habitée, le véhicule logistique Blue Ring, sans oublier un orbiteur martien. Et côté lanceurs, New Shepard et New Glenn tournent déjà à plein régime. Derrière l’ambition, une question se pose : l’entreprise pourra-t-elle suivre le rythme ? Mettre en orbite plus de 5 000 satellites exige une cadence de lancements soutenue, alors même que New Glenn a déjà un calendrier chargé, notamment avec les missions du projet Kuiper d’Amazon.
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