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Or


Au Moyen Âge, l’impuissance masculine ne relevait pas seulement de la sphère intime : elle était une affaire publique, sociale, et parfois judiciaire. Car être impuissant, c’était risquer de perdre bien plus que sa virilité : son mariage, son honneur, et jusqu’à sa place dans la société.
Tout commence avec la conception du mariage médiéval. Dans la chrétienté, le mariage n’était pleinement valide qu’à une condition : qu’il soit « consommé ». L’union charnelle était considérée comme la preuve ultime du consentement, le sceau visible de l’alliance. Sans rapport sexuel, le mariage était jugé incomplet, voire nul. Or, si un homme ne parvenait pas à remplir ce « devoir conjugal », son épouse pouvait demander l’annulation du mariage. Et pour trancher, on ne se contentait pas de témoignages : on jugeait l’impuissance… devant un tribunal.
Ces tribunaux d’impuissance — apparus dès le XIIIᵉ siècle et répandus jusqu’à la fin de l’Ancien Régime — étaient saisis à la demande de l’épouse. L’homme accusé devait alors prouver qu’il était « capable ». La procédure, humiliante, prenait parfois des allures d’épreuve publique. On convoquait des médecins, des sages-femmes, voire des prêtres pour examiner l’anatomie du mari. Et, dans les cas les plus extrêmes, le juge ordonnait une « épreuve de congrès » : le couple devait avoir un rapport sexuel devant témoins pour démontrer la virilité de l’époux. Ces scènes, mêlant voyeurisme et scandale, étaient si embarrassantes qu’elles furent interdites par Louis XVI en 1677.
Mais au-delà de la honte, l’enjeu était considérable. Être reconnu impuissant pouvait entraîner l’annulation du mariage, privant l’homme de sa descendance, de ses biens, et de son honneur. Dans une société patriarcale où la virilité était synonyme de pouvoir et de fertilité, l’impuissance équivalait à une forme de mort sociale. Un homme incapable de « faire son devoir » perdait toute légitimité à diriger un foyer.
Certains tentaient alors de sauver leur réputation par des moyens désespérés : remèdes à base d’herbes, prières, amulettes ou consultations de charlatans. D’autres accusaient leur épouse de sorcellerie, affirmant qu’un sort avait « noué » leur virilité. Ce « nouement d’aiguillette » était un motif courant dans les procès pour sorcellerie : la faute n’était plus celle du corps, mais du démon.
Ainsi, au Moyen Âge, l’impuissance n’était pas seulement une faiblesse biologique, mais une faute sociale et religieuse. Le corps de l’homme devait prouver sa puissance, non par désir, mais par devoir — car au-delà du lit conjugal, c’était l’ordre du monde qu’il fallait maintenir.
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VENTE SFR : LeMonde, LeParisien, LesÉchos
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Écriture : Mathys D.
Incarnation : Blanche V.
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L’histoire du sushi est bien plus ancienne — et bien plus surprenante — qu’on ne l’imagine. Avant d’être un mets raffiné servi dans les restaurants du monde entier, le sushi fut d’abord… une méthode de conservation du poisson. Rien à voir, donc, avec les bouchées délicates que l’on déguste aujourd’hui.
Tout commence en Asie du Sud-Est, plusieurs siècles avant notre ère. Les pêcheurs du Mékong, puis ceux de Chine, avaient découvert un moyen ingénieux de conserver le poisson sans réfrigération : ils le salaient, puis l’enfermaient dans du riz cuit. Ce riz, en fermentant, produisait de l’acide lactique, qui empêchait la chair du poisson de se décomposer. Après plusieurs mois, on retirait le riz — devenu acide et peu appétissant — pour ne manger que le poisson, désormais parfaitement conservé. Cette pratique s’appelait le narezushi, littéralement « poisson fermenté dans le riz ».
Au VIIIe siècle, cette méthode arrive au Japon, où elle est rapidement adoptée. Le Japon, archipel de pêcheurs, y trouve un moyen idéal de préserver ses ressources marines. Mais peu à peu, les Japonais, fins gastronomes, vont transformer cette technique de survie en art culinaire. D’abord, ils raccourcissent la durée de fermentation : quelques semaines au lieu de plusieurs mois. Puis, ils se mettent à consommer aussi le riz, découvrant que son goût légèrement acide s’accorde bien avec le poisson.
C’est au XVIIᵉ siècle, à l’époque d’Edo (l’actuel Tokyo), qu’une véritable révolution se produit. Les habitants d’Edo, pressés et amateurs de nouveautés, n’ont plus le temps d’attendre la fermentation. Un chef anonyme a alors l’idée de reproduire le goût acidulé du riz fermenté… en y ajoutant du vinaigre de riz ! C’est la naissance du hayazushi, le « sushi rapide ». Plus besoin d’attendre des mois : on mélange du riz vinaigré à du poisson frais, et on peut le consommer immédiatement.
De cette invention naîtront les différentes formes de sushi modernes, dont le nigirizushi — cette petite bouchée de riz surmontée d’une tranche de poisson cru — popularisé au XIXᵉ siècle à Tokyo, vendu dans la rue comme un fast-food local.
Ainsi, le sushi, symbole aujourd’hui de raffinement et de fraîcheur, est né d’un besoin très pragmatique : conserver le poisson dans le riz pour éviter qu’il ne pourrisse.
Autrement dit, avant d’être un art, le sushi fut une astuce — et c’est peut-être là que réside tout le génie japonais : transformer une contrainte en tradition millénaire.
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Écriture : Blanche Vathonne - Léah Boukobza - Samy Rabbata - Brice Donadille - Hugo Travers
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C’est un changement majeur qui passe presque inaperçu : LinkedIn a discrètement activé par défaut une nouvelle option baptisée « Données pour l’amélioration de l’IA générative ». En clair, vos publications publiques, vos likes, vos commentaires et même certaines informations de profil servent désormais à entraîner les modèles d’intelligence artificielle de la plateforme.
Les membres ont été avertis par email d’une mise à jour de la politique de confidentialité. Le paramètre est en opt-out, autrement dit, activé automatiquement. Ceux qui veulent garder leurs données à l’abri doivent aller le désactiver manuellement, via le menu Paramètres > Confidentialité des données > Données pour l’amélioration de l’IA générative. LinkedIn assure que ces informations sont utilisées pour rendre la plateforme plus intelligente et plus efficace : amélioration de la modération, détection des fraudes, et surtout, perfectionnement des outils d’écriture automatisée comme « Rewrite with AI », qui reformule les publications pour les rendre plus percutantes. Mais la firme, filiale de Microsoft, avance aussi un argument qui fait grincer des dents : désactiver cette option pourrait réduire la visibilité d’un profil auprès des recruteurs. Si vos données ne sont pas intégrées aux modèles, votre CV pourrait tout simplement être moins bien référencé. Une incitation à laisser la porte ouverte, donc.
LinkedIn précise que les messages privés et les publications à visibilité restreinte ne sont pas concernés, et que les utilisateurs européens bénéficient d’un encadrement plus strict du fait du RGPD. En revanche, les données déjà utilisées ne peuvent pas être retirées : la désactivation n’empêche que les entraînements futurs. Ce choix s’inscrit dans la stratégie plus large de Microsoft, qui intègre l’IA dans tous ses produits. Mais après plusieurs polémiques sur la confidentialité, la frontière entre innovation et intrusion devient de plus en plus floue. Une chose est sûre : sur LinkedIn, vos posts n’appartiennent plus seulement à votre réseau, mais aussi… à l’intelligence artificielle.
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Mes chers camarades, bien le bonjour !
Il y a certains sujets en histoire où il est super intéressant de les étudier sur le temps long. Par exemple, dans un entretien en 2024, j’avais reçu Didier Chaudet pour qu’il nous parle de l’histoire de l’Afghanistan et de sa géopolitique, et c’était passionnant ! Tellement passionnant qu’on a décidé de remettre le couvert cette année pour parler de l’histoire de l’Iran, ou du moins de ce que va devenir l’Iran, et ce de l’Antiquité à nos jours ! Ce que vous allez donc écouter maintenant, c’est ce nouvel entretien avec Didier ! Et croyez-moi, entre les Achéménides, les Parthes, les Safavides, ou encore les Qadjars, il y a de quoi faire !
Je vous souhaite une bonne écoute sur Nota Bene !
➤ Pour aller plus loin, découvrez les articles de Didier :
➜ “L’Inde face à la Chine et au Pakistan : demain la guerre ?” dans le n°133 de la revue Diplomatie : https://www.areion24.news/produit/diplomatie-n-133/
➜ “Iran - Tadjikistan : entente cordiale en terre persane” dans la revue Défense Nationale : https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1822
🎧 Mixage : Studio Pluriel : https://www.studiopluriel.fr/
➤➤➤ Pour en savoir plus :
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À la fin du XIXᵉ siècle, les États-Unis ont connu une situation monétaire paradoxale : un pays riche… mais à court de petite monnaie. La guerre de Sécession (1861-1865) avait provoqué une pénurie de métaux précieux. Les Américains, inquiets, thésaurisaient leurs pièces d’or et d’argent. Résultat : plus de monnaie pour rendre la monnaie. Pour y remédier, le gouvernement eut une idée étonnante : imprimer des billets fractionnaires, des coupures de papier valant moins d’un dollar.
Ces billets, officiellement appelés Fractional Currency, furent émis entre 1862 et 1876 par le Trésor américain. Ils remplaçaient temporairement les pièces métalliques devenues rares. Leur valeur allait de 3 à 50 cents, avec des coupures intermédiaires de 5, 10, 15 et 25 cents. Ils mesuraient à peine quelques centimètres — certains à peine plus grands qu’un timbre postal — et étaient imprimés sur un papier renforcé pour limiter la contrefaçon.
L’idée venait du secrétaire au Trésor Salmon P. Chase, qui proposa ces billets pour faciliter le commerce quotidien. Sans eux, acheter un journal, un repas ou un billet de tramway devenait presque impossible. Les premières séries, surnommées Postage Currency, portaient même l’image de timbres-poste, pour rappeler leur petite valeur et encourager la confiance du public.
Au fil des années, cinq séries différentes furent imprimées, avec des portraits de figures historiques américaines comme George Washington, Spencer Clark ou William Meredith. Mais leur petite taille et leur fragilité en firent aussi un cauchemar pour les utilisateurs : ils se froissaient, se déchiraient et se perdaient facilement.
Lorsque la production de pièces reprit dans les années 1870, les billets fractionnaires furent retirés de la circulation. Mais juridiquement, ils n’ont jamais été démonétisés. Autrement dit, ils ont encore cours légal aujourd’hui — même si leur valeur réelle dépasse largement leur valeur faciale. Un billet de 25 cents peut valoir plusieurs centaines de dollars chez les collectionneurs.
Ces billets racontent une page étonnante de l’histoire économique américaine : un moment où le pays dut remplacer le métal par du papier, et où chaque centime comptait. Symbole d’un pragmatisme typiquement américain, ils témoignent aussi de la confiance que les citoyens étaient prêts à accorder à une promesse imprimée : celle du Trésor des États-Unis.
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