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Or


"Je ne fais que passer, j'en ai pas pour longtemps,
Quelques ans seulement, le temps d'être pédant,
De me prendre au sérieux, d'être gonflé du crâne,
De me nommer poète, et génie d'la chicane"
"Que l’espace et les temps, deviennent un ragout,
Et peut-être alors, mon œil gluant flanc-mou,
Dédaignera vouloir, prêter de l’attention,
Au monde qui l’entoure, d’une simple flexion."
"Laissez-vous engluer, par la visqueuse vague,
De l’espoir qui s’amène, de manière divague,
Laissez-vous embrocher, par ces longs traits d’esprits,
Faisant couler le pue, de vos crânes meurtris,
Laissez-vous porter oui, dans cette flaque opaque,
Jusqu’à l’îlot d’espoir, où plus rien ne vous traque."
Lumière dans le noir, vapeur qui nous enfume,
Passant de main en main, elle se consume,
De lèvres en lèvres, elle s’humidifie,
Suante de bave, elle se lubrifie.
Notre Père qui êtes au Cieux, restez-y
On vit, on parle, on a le ciel et les nuages
"On a beaucoup à dire, et peu à étaler,
On a de quoi parler, mais sans être emballés,
On a de quoi râler, mais on a plus l’envie,
On a de quoi penser, mais on a plus d’avis."
Si les poètes étaient moins bêtes
Ils construiraient des maisons jaunes
Il y aurait de grands jets d’eau
Il y aurait de l’air tout neuf
Mais les poètes sont très bêtes
Tout commence sans bruit, au loin au très très loin,
Au tréfonds des forêts, d’Australie plus ou moins,
Une flamme avale, avec aisance l’herbe,
Qui gonfle bruyamment, son embonpoint superbe,
Puis vient le tour des troncs, et leurs feuillages verts,
Qui se trouvent ronger, jusqu’à leurs os sévères,
Mais ce n’est pas assez, la flamme baveuse,
S’étalant sur la terre, de manière outrageuse,
Veut se farcir des toits, des maisons des voitures,
Elle veut tout goûter, même l’agriculture,
Et les animaux fuyant, et les humains peureux.
Elle rêve d’un monde, où tout y est poreux,
S’évaporant en cendre, au moindre petit vent,
Et ne laissant plus rien, à ceux qui sont vivant.
"L’homme à la main agile, est courbé sur la page,
Ne voyant plus le monde, et ces sombres dommages,
Ne prêtant plus son âme, à ses envies primaires,
Ne la laissant vivre, qu’au fond de sa grammaire."
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