
Sign up to save your podcasts
Or


"Elle ne vaut vraiment rien, aux yeux de ce grand monde,
Invisible aux humains, et bien trop pudibonde,
C’est au tréfonds de l’herbe, auprès des lacs boueux,
Entourées de racines, et d’un tunnel noueux,
Qui s’éparpille en terre, qu’elle accomplit sa tâche,
Sage comme une image, et sans une relâche."
Je me souviens d’un temps, où il couler un flot,
De bière et de long vers, crier avec culot,
Ou par de simples mots, venant d’un autre temps,
L’on réveillait les morts, le cœur palpitant.
L’âme grande ouverte, et prête à s’abreuver,
De rimes bien foutues, de poésie crevée.
Mais maintenant je sais, non vous ne m’aurez plus,
Mais maintenant je sais, et je n’écrirais plus.
Je suis non-essentiel, mon être s’est trompé,
Ces pages bien remplies, ont un goût détrempé,
Maintenant que je sais, c’était improductif,
Inefficace et bête, et surtout vomitif,
Négligeable et passable, incertain superflu,
Superfétatoire, vain vide farfelue.
J’ai bien perdu mon temps, mais maintenant je sais,
Je vais me rendre utile, me faire tiens caissier,
Et devenir enfin, quelqu’un d’essentiel,
Car je me ronge l’âme, et me remplit de fiel,
A l’idée qu’on me pense, homme dispensable,
C’en est hors de question, ce n’est pas négociable.
J’ai déjà arrêté, les auteurs parasites,
j’ai brulé leurs livres, à tous ces illicites,
Hugo Prévert et Vian, Lafontaine et Zola,
Je les ai tous cramés, pour vendre du Cola ,
Car ça c’est utile, ça crée du diabète,
Et beaucoup de travail, à nos docteurs starlette,
"Puis on m’a biduler, dans des trucs much guindés,
Je m’suis fait machiner, dans des bazars blindés,
On m’a scaniffier, mon cervelet bondé,
On m’a tâté les glandes, qui servent à glander,
Pour enfin m’annoncer, « monsieur accrochez-vous,
D’après les résultats, cela est un peu fou,
Mais il semblerait bien, que vous ayez chopé,
Le virus de la vie, livius vita iumpé,"
C’est l’âme amère, que je reprends la plume,
"Il est temps de poser, ma plume désaxée,
"Elle bouche les creux, de son voile bleuté,
Et son corps langoureux, vient sur terre empiété,
Rien ne peut l’effrayer, ni la faire partir,
Rien ne peut l’enrayer, ni ne peut l’aplatir,
Lorsque fier elle part, elle revient toujours,
Quelques heures plus tard, dans un grondement sourd."
"Ils pensent à la peur, et soudain en ont peur,
"Soixante tics et tacs, font soixante autres tics,
From the publisher's feed