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Anne éclaire l'oeuvre lesbienne de Monique Wittig dont la célèbre phrase "Les lesbiennes ne sont pas des femmes" a laissé une marque indélébile dans les mouvements et la théories queers. Ce deuxième épisode d'une mini-série de trois consacrée à une généalogie occidentale du genre répond au différentialisme de Simone de Beauvoir (Le Deuxième Sexe) par le concept de la pensée straight pour nous mener vers l'inévitable queer-isation des féminismes dans la construction de la subordination des femmes et personnes non conformes aux identités de genre (Trouble dans le genre, Judith Butler). Pour Wittig, littéraire excentrique, l'hétérosexualité est le système politique qui reproduit les conditions matérielles d'oppression des femmes. La sexualité est donc le moyen de produire le genre, et le sexe, seulement la marque de cette domination. Anne explique les concepts principaux marquant cette façon de penser "à la hétérosexuelle" qui nous met face à une solution simple : fuir comme lesbienne politique, comprendre fuir l'hétérosexualité politique. Qu'est-ce que cela voulait dire hier, et qu'est-ce que ça pourrait vouloir dire aujourd'hui?
L'intersectionnalité, c'est quoi? Anne nous fait le compte-rendu de sa lecture du classique Intersectionnalité de Kimberlé Crenshaw (1989-1991) afin de démystifier le terme le plus détesté des réacs. On se pose la question à savoir si l'expérience des femmes blanches, portée comme cheval de proue du "féminisme" est réellement partagée par toutes les femmes... ou si elle est plutôt une expérience subjective sacrée comme objective (et universelle!). Enfin, Anne nous donne de ses commentaires par rapport à la nécessité de penser de façon intersectionnelle dans nos contextes actuels pour ne pas mettre en place des mesures qui sous le couvert de la fausse neutralité du point de référence culturel (masculin, blanc, riche, etc), nuiraient à l'émancipation des femmes racisées.
Être féministe, c'est être raciste ou fondamentalement antiraciste? Une question qui paraît simple, mais comporte beaucoup de nuances évoquées dans les livres à l'étude aujourd'hui : Femmes, race et classe par l'iconique Angela Davis (1981) ainsi que Ne suis-je pas une femme? Femmes noires et féminisme de bell hooks (1981).
Anne raconte son éveil féministe et pourquoi faire comme les garces est un moyen de résistance féministe. Au menu de l'épisode zéro : une présentation-manifeste de Pages de garces.
C'est quoi Pages de garces?
Anne se demande : est-il possible d'être capitaliste et féministe? Est-ce une contradiction? Pour se donner des pistes de réflexion, elle retourne dans le passé pour y voir comment le capitalisme s'est construit avec Capitalisme patriarcal de Silvia Federici (La Fabrique, 2019), féministe marxiste italienne pour qui le capitalisme est un système qui ne fonctionnerait pas sans exploitation raciste et misogyne.
On tourne également autour des livres Môman travaille pas, a trop d'ouvrage du Théâtre des Cuisines (Les éditions du Remue-Ménage, 2020) et Chères collaboratrices de Sandrine Holin (La Découverte, 2023).
C'est quoi Pages de garces?
C'est quoi Pages de garces? En une bouchée.
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