La photo de Donald Trump et Volodymyr Zelensky en pleine conversation dans la basilique Saint-Pierre, lors des funérailles du pape François, constitue une image particulièrement marquante ; il s'agissait de leur première rencontre depuis les échanges houleux dans le Bureau ovale. Aujourd’hui, Donald Trump veut redorer son image en promettant d'obtenir la paix en Ukraine dans les 100 premiers jours de son mandat. Il se voit en faiseur de paix, prêt à bâtir un partenariat stratégique avec la Russie en reléguant l’Europe au second plan et en satisfaisant largement les demandes du Kremlin.
Ce scénario risque donc de se faire aux détriment de l’Ukraine. Il faudra définir ce qui resterait acceptable pour cette dernière, mais aussi pour l’Europe. Concrètement, il semble irréaliste d’espérer récupérer la Crimée. Mais doit-on accepter une « mauvaise » paix plutôt que de poursuivre une guerre sans espoir de retournement militaire, avec le risque de voir la Russie grignoter progressivement le territoire ukrainien ?
Le spectre de voir Moscou se réarmer en cas de trêve ne peut être un motif pour poursuivre la guerre. L’Europe et l’Ukraine pourraient également mettre ce répit à profit pour se réorganiser, renforcer leurs capacités de défense et leur autonomie vis-à-vis des États-Unis. Fragilisée sur les plans économique et démographique, l’Ukraine a besoin de concentrer ses efforts sur sa reconstruction et proposer un modèle de développement alternatif à celui que Moscou voulait lui imposer.