🎙Po Na Biso

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By Ebuteli et le Groupe d'étude sur le CongoNewsNews Commentary
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🎙Po Na Biso episodes

  • Dialogue national, changement de Constitution, guerre dans l'est de la RDC : Ă  malin, malin et dĂ©mi ?

    En politique comme au domino, chaque action de jeu change les options de l’adversaire. Mais contrairement au domino, en politique, le gagnant est celui qui a le plus de pièces en réserve. Plutôt que de résoudre un problème, le jeu consiste surtout à gagner la partie, à défaire l’adversaire. C’est cela la politique congolaise actuellement et c’est cela le drame dans le contexte actuel. 


    Bonjour ! Je m’appelle Ange Makadi Ngoy, je suis chercheuse à Ebuteli. Vous écoutez le 30e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli, qui analyse un sujet de l’actualité congolaise. Cette semaine, je m’intéresse au jeu politique qui se dessine autour du dialogue national, du changement de Constitution et de la guerre dans l’est de la RDC.  Nous sommes le vendredi 31 juillet 2026. 


    Le 17 juillet, lorsque le Cardinal Fridolin Ambongo et Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, ont annoncé, chacun en ses termes, la tenue imminente d’un dialogue national, les réactions ont été en grande partie positives, mais teintées de scepticisme. Plusieurs regroupements de la majorité présidentielle ont salué l’appel au dialogue. La Belgique, la France ou encore l’Union européenne ont encouragé ce développement et des coalitions de soutien au sein de la société civile ont commencé à se former. Dubitative mais pressée, une partie de l’opposition congolaise réunie au sein de la coalition C64 a, elle aussi, encouragé ce processus en posant quelques conditions. Elle a surtout, une deuxième fois, reporté sa marche prévue le 22 juillet pour donner une chance à ce processus.

    Deux semaines plus tard, rien n’a avancé. Les discussions entre les confessions religieuses et le pouvoir n’ont pas jusque-là abouti. Selon des sources proches du clergé, celui-ci s’inquiète d’un manque de volonté politique suffisante et du statu quo.


    Le pouvoir, quant à lui, n’a cessé d’avancer d’autres pièces : l’agression rwandaise qui transformerait le mandat du chef de l’État en mission, l’occupation d’une partie du territoire qui empêcherait le pays d’organiser les élections, la loi sur le référendum adoptée au Parlement et validée, sous quelques réserves, par la Cour constitutionnelle, rendant possible, juridiquement, le processus de changement de Constitution. À côté de toutes ces pièces, il y a aussi « l’option levée » d’organiser un dialogue politique interne et inclusif.


    Une autre pièce inattendue pourrait sans doute renforcer la stratégie du pouvoir : le retour au Katanga de Katebe Katoto, frère de l’opposant Moïse Katumbi. Ses prochaines prises de position, après les consultations qu’il compte mener, seront minutieusement scrutées dans les prochains jours afin de comprendre son nouveau rôle dans le jeu politique actuel.


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    5 min
  • Les angles morts du dialogue national en RDC

    Le 17 juillet, le cardinal Fridolin Ambongo a annoncé la convocation d’un dialogue national inclusif, après une audience entre le président de la République Félix Tshisekedi et les confessions religieuses. Depuis, plusieurs voix s’élèvent déjà pour clarifier ce que ce dialogue serait ou ne serait pas. Le pouvoir en place tente de fixer ses lignes rouges et pose les conditions de participation. De son côté, l’opposition exige des garanties et prévient ne pas renoncer à la défense de l’ordre constitutionnel.

    Le dialogue sera-il une solution aux différentes crises ou un nouveau processus de plus ?


    Bonjour, 

    Je suis Jessé Busomoke, assistant de recherche au pilier politique à Ebuteli. Vous écoutez le 29e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli, qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 24 juillet 2026. 


    Le « dialogue national inclusif » annoncé pour résoudre les crises internes en RDC suscite plusieurs interrogations qui nécessitent une clarification avant sa convocation et ce n’est pas sans raison. La fracture de l’opposition, les désaccords sur l’agenda, le débat sur le degré d’inclusion font partie des épisodes de déjà-vu qui ont marqué les précédents dialogues politiques. Aujourd’hui encore, à la veille du nouveau dialogue annoncé, les mêmes interrogations surgissent. 

    Premièrement, la question de l’inclusivité divise. Si le pouvoir s’attarde sur l’exigence de nommer le Rwanda comme agresseur et d’exclure ceux qui ont pris les armes contre la République, cette ligne reste ambiguë. D’autant que Kinshasa parle déjà avec l’AFC/M23 dans le cadre du processus de Doha. Le parti Ensemble de l’opposant Moïse Katumbi estime qu’il faut ouvrir les portes même à ceux qui ont pris les armes pour fédérer les vues de tous les Congolais et résoudre efficacement la crise actuelle. La plateforme « Sauvons la RDC » autour de l’ex président Joseph Kabila, condamné à mort, est-elle concernée ? Matata Ponyo, leader du parti Leadership pour la gouvernance et le développement (LGD), condamné pour détournement de fonds publics, sera-t-il de la partie ? Alors, cette quête d’inclusivité ouvre un débat plus large. Un dialogue politique peut-il prétendre être inclusif tout en excluant certains acteurs majeurs de la crise ?



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    7 min
  • RDC : au-delĂ  des « agents fictifs », que rĂ©vèle vraiment l’audit de la Police nationale congolaise ?

    Le 10 juillet 2026, lors du 94e conseil des ministres, Jacquemain Shabani, vice-Premier ministre de l’Intérieur, a présenté le rapport de l’audit de la base de données de la Police nationale congolaise (PNC). Le constat est alarmant : sur les 157 886 dossiers recensés, près de 64 000 sont déclarés irréguliers. Cela signifie, entre autres, qu’environ 4 policiers sur 10 sont en situation irrégulière. Ces irrégularités pourraient  représenter un manque à gagner annuel compris entre 99 et 233 millions de dollars américains pour l’État. Comment expliquer ces dysfonctionnements au sein de la PNC ? Et que peut-on attendre réellement de cet audit ? 


    Bonjour, 

    Je suis Clarisse Ngalula, fellow au pilier politique à Ebuteli. Vous écoutez le 28e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli, qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 17 juillet 2026.


    Ces révélations illustrent un enjeu plus large : celui de la mise en œuvre des réformes publiques. C’est précisément l’un des aspects suivis par Landila, le nouveau baromètre d’Ebuteli consacré aux engagements du gouvernement. S’agissant de la police nationale, la loi de programmation de la réforme a été adoptée et promulguée le 1er juillet 2025. Cet audit révèle toutefois que l’application concrète de cette réforme demeure confrontée à d’importants défis.

    L’audit du fichier général de la police laisse entrevoir des situations  irrégulières avoisinant la moitié des dossiers contrôlés : des policiers fantômes qui pourraient être assimilés aux agents décédés, retraités, déserteurs ou encore non enregistrés dans le fichier officiel de la PNC. Le cumul de fonctions et le doublon pourraient aggraver davantage la situation. 

    Pour assainir le fichier tant décrié, le gouvernement a été sollicité afin d’appuyer le processus de contrôle physique et d’octroi des cartes biométriques. À  cet effet, Jacquemain Shabani a lancé le 9 juillet la phase opérationnelle de l’identification des effectifs de la police nationale congolaise. L’ opération sera déployée progressivement sur l’ensemble du territoire national, avec Kinshasa comme province pilote. Elle sera exécutée par la société Africa Business Agency (ABA), en collaboration avec les structures de la PNC.


    Mais le problème dépasse largement la PNC. Plusieurs institutions publiques ont révélé des anomalies similaires. À l’Assemblée nationale, un rapport interne publié après un mouvement de grève des agents administratifs a fait état d’environ 600 agents fictifs rémunérés par le système dit « Maboko banque » un mécanisme de paiement qui échappe souvent au contrôle. Dans d’autres secteurs, comme l’enseignement ou l’armée, des opérations d’identification ont également révélé des écarts entre les effectifs déclarés et réels. 



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    5 min
  • L'opposition peut-elle empĂŞcher une modification de la Constitution ?

    La semaine dernière, des dirigeants de l’opposition congolaise et des représentants des principales Églises du pays se sont rendus à Bujumbura à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui occupe actuellement la présidence de l’Union africaine. L'initiative de Ndayishimiye a permis de reporter les manifestations qui devaient avoir lieu, mais la question reste posée : est-ce que l’opposition peut réellement empêcher le président Félix Tshisekedi de modifier la Constitution et de prolonger son mandat ?


    Bonjour et bienvenue dans ce 27e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, une capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC). Ce podcast analyse chaque semaine un sujet d’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 10 juillet 2026. Je suis Jason Stearns, conseiller stratégique chez Ebuteli.


    Pour de nombreux Congolais, la situation actuelle leur semble familière. Le pays entre dans une période de contestation politique qui rappelle celle de 2015-2018. À l’époque, le président Joseph Kabila était resté au pouvoir au-delà de la fin de son mandat constitutionnel en retardant les élections et en s’appuyant sur des manœuvres juridiques et institutionnelles pour prolonger son règne. En réponse, une coalition d’une ampleur inhabituelle s’était formée. Des organisations de la société civile, des mouvements citoyens tels que LUCHA et Filimbi, des partis d’opposition et, surtout, l’Église catholique ont mobilisé des centaines de milliers de Congolais lors de manifestations à travers tout le pays. Cette coalition a joué un rôle décisif pour maintenir la pression en faveur des élections et, finalement, garantir la première passation pacifique du pouvoir présidentiel de l’histoire du pays. 


    Aujourd’hui, une nouvelle coalition prend forme. L’opposition s’est unie sous la bannière de la Coalition Article 64 (C64). L’Église catholique s’est une nouvelle fois imposée comme un acteur politique central, s’opposant publiquement à la révision constitutionnelle et mettant en garde contre toute tentative visant à supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels.


    Pour autant, ces similitudes ne doivent pas occulter les différences.


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    6 min
  • Dirigeants relativement bien perçus, institutions sĂ©vèrement jugĂ©es : comprendre le paradoxe congolais

    Cette semaine, Ebuteli, Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance, et la violence a publié, avec GeoPoll, les résultats d’un nouveau sondage interrogeant les perceptions des Congolais sur l’état du pays, de ses institutions et de ses dirigeants. Comme souvent, ce sont d’abord les chiffres les plus spectaculaires qui ont retenu l’attention : près de 60% de répondants estiment que la RDC va dans la mauvaise direction. Plusieurs institutions politiques et secteurs sont jugés sévèrement : la situation économique, les libertés publiques ou encore la sécurité continuent d’inquiéter. Mais à y regarder de plus près, le résultat le plus intéressant du sondage se trouve peut-être ailleurs. Il réside dans un paradoxe : alors que plusieurs institutions sont mal évaluées, certains dirigeants semblent mieux s’en sortir dans l’opinion. Comment expliquer ce décalage ?


    Bonjour, je suis Joël Kiniati, analyste des données à Ebuteli. Vous écoutez le 26e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli, qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 3 juillet 2026.


    Avant tout, rappelons que ce sondage ne dit pas ce que pense chaque citoyen pris individuellement, et qu’il ne prétend pas non plus offrir une photographie parfaite de l’opinion congolaise. Il repose sur un échantillon de 1 350 adultes répartis dans les 26 provinces selon leur poids démographique, avec des quotas par sexe et par tranche d’âge. Il a été réalisé par téléphone, en français et en langues nationales. Il ne s’agit donc pas d’un recensement exhaustif, mais d’un outil qui permet de dégager des tendances d’opinion à l’échelle du pays. Les résultats doivent ainsi être lus comme des indications solides sur les perceptions dominantes du moment, plutôt que comme le reflet exact de chaque conviction individuelle. 

    Depuis plusieurs décennies, la vie politique congolaise repose sur des figures plus que sur des institutions. Les partis restent souvent structurés autour de leaders, les campagnes électorales sont fortement personnalisées et, dans le débat public, ce sont fréquemment les individus qui occupent le devant de la scène plutôt que les institutions qu'ils dirigent.

    Cela ne signifie pas que les dirigeants échappent à toute responsabilité. Les Congolais ont déjà montré par le passé qu’ils pouvaient sanctionner des leaders pour des promesses non tenues, la corruption ou l’insécurité. On l’a vu avec la présidentielle de 2018 et la défaite d’Emmanuel Ramazani Shadary, alors dauphin de Joseph Kabila, président sortant. Dans le contexte actuel, deux facteurs semblent brouiller davantage l’imputation des responsabilités au pouvoir en place : la campagne nationaliste qui renvoie en grande partie des difficultés du pays à l’agression rwandaise, mais aussi la faiblesse d’une opposition politique qui a longtemps peiné à s’organiser et à imposer un contre-narratif suffisament audible, ainsi que la domination du régime en place dans l’espace médiatique. 





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    5 min
  • Assainissement de Kinshasa : les bâtisseurs du Service national peuvent-ils relever ce dĂ©fi ?

    Depuis le 21 juin, 600 jeunes du Service national, communément appelés les Bâtisseurs de la nation, sont arrivés à Kinshasa. Ils constituent le premier groupe des 4 000 agents appelés à appuyer les opérations d’assainissement. La mégapole congolaise, autrefois appelée « Kin la belle », n’offre plus un bon cadre de vie à cause notamment du désordre observé dans la gestion des déchets solides et liquides, malgré l’existence de la Régie d’assainissement et du fonds d’assainissement de la ville. Des opérations telles que « Coup de poing », « Kin Bopeto » ou encore « Kinshasa ezo bonga » n’ont pas atteint leurs objectifs. Aujourd’hui, c’est le Service national qui est mobilisé pour assainir  cette ville stratégique où siègent toutes les institutions clés du pays. 


    Bonjour et bienvenue dans ce 25e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC). Ce podcast analyse chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 26 juin 2026. Je suis Jolino Malukisa, directeur du pilier gouvernance d’Ebuteli.


    Le 25 mai dernier, lors de sa visite d’inspection au marché central de Kinshasa, le président de la République a publiquement exprimé sa colère face à l’ampleur de l’insalubrité des avenues du plateau, de l’École, du marché et Rwakadingi. Les déchets solides et liquides des marchés « pirates », c’est-à-dire informels,  sont à la base de la dégradation de l’environnement. Cette situation est d’ailleurs observée dans toute la ville de Kinshasa. Les ménages, les micro-entreprises du secteur informel ont l’habitude de déverser leurs déchets dans les avenues, le fleuve, les rivières et les caniveaux. Dans certains cas, même les écoles, universités, hôpitaux, églises, institutions publiques et grandes entreprises privées ne donnent pas toujours l’exemple en matière de gestion des déchets.



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    6 min
  • État de siège : le boycott des dĂ©putĂ©s de l'Ituri et du Nord-Kivu peut-il relancer le dĂ©bat ?

    Les caucus des députés nationaux de l’Ituri et du Nord-Kivu ont décidé de suspendre leur participation aux activités de l’Assemblée nationale, à la suite de l’interruption de l’évaluation de l’état de siège et des opérations militaires en cours dans les deux provinces. Cette démarche intervient à la suite de demandes répétées d’une évaluation de cette mesure exceptionnelle.

    Au-delà du boycott lui-même, que révèle cette décision sur le débat politique autour de l’état de siège et de la manière dont cette mesure est évaluée cinq ans après son instauration ? 


    Bonjour, je suis Ildefonse Bwakyanakazi, chercheur à Ebuteli. Vous écoutez le 24e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 19 juin 2026.


    Depuis mai 2021, les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu sont soumises à l’état de siège. Ce régime d’exception a été instauré principalement pour rétablir la sécurité dans ces deux provinces confrontées à la persistance des groupes armés et des violences. Il confère des pouvoirs étendus aux autorités militaires et policières et limite les droits des citoyens. 


    Cinq ans après son instauration, cette mesure continue toutefois de faire l’objet de nombreuses critiques quant à son efficacité. Au regard des objectifs qui lui avaient été assignés, l’état de siège produit jusqu’ici des résultats insuffisants. Le niveau de violence a particulièrement augmenté. Certains groupes rebelles ont consolidé leur emprise sur certains territoires. Le M23 a occupé de vastes portions de territoire du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tandis que les Forces démocratiques alliées (ADF) continuent à perpétrer  des massacres contre des civils. Les groupes armés de la Convention pour la révolution populaire (CRP) et de la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco) sont tout aussi  actifs en Ituri.


    En dépit de ce bilan négatif, le parlement congolais a tout de même prorogé cette mesure  près de 130 fois, souvent sans débat de fond. 


    En août 2023, alors que les incidents sécuritaires dans les territoires sous état de siège avaient doublé par rapport à la période précédant l’instauration de cette mesure, le président de la République avait convoqué une table ronde afin d’évaluer les résultats : 195 des 196 participants, y compris les élus des provinces sous état de siège, s’étaient prononcés en faveur de sa levée. Trois ans plus tard, cette recommandation reste lettre morte.


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    5 min
  • RĂ©forme constitutionnelle en RDC : l’ECC cherche-t-elle Ă  recentrer le dĂ©bat sur le consensus national ?

    Du 4 au 7 juin, le comité national exécutif de l’Église du Christ au Congo (ECC) s’est réuni en session extraordinaire. Cet organe de l’Église protestante congolaise s’est exprimé sur le débat autour des réformes constitutionnelles. Sa déclaration a suscité des lectures divergentes : pour certains, elle manque de clarté ; pour d’autres, elle traduit une volonté de ne pas réduire le débat à un simple choix entre changement de Constitution et statu quo. Sur une question aussi clivante, que révèle cette prise de parole ? 

    Bonjour, je suis Olivia Kayumba, fellow au pilier politique d’Ebuteli. Vous écoutez le 23e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 12 juin 2026.

    Le débat sur le changement, ou non, de la Constitution prend de l’ampleur en RDC. Il oppose la majorité et l’opposition, mais pas seulement. Les églises s’y invitent également. Si plusieurs églises de réveil se sont déjà positionnées en faveur du changement de la Constitution, la position des autres confessions se clarifie peu à peu.  


    L’ECC a décidé de s’impliquer aussi dans ce débat. Avant de se prononcer, ses dirigeants ont choisi d’écouter les différents camps. Ils ont ainsi reçu Augustin Kabuya et le professeur André Mbata pour le compte de  l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS),  ainsi que Martin Fayulu, pour l’opposition.  


    À l’issue de ces échanges, l’ECC a déclaré que toute « réforme constitutionnelle » devrait se faire dans le respect strict des dispositions de la Constitution, notamment les articles 5, 218, 219 et 220. Elle a également insisté sur la nécessité d’un « large consensus national ».


    C’est précisément cette combinaison qui suscite des interprétations divergentes. D’un côté, la déclaration rappelle les dispositions constitutionnelles généralement invoquées pour encadrer, voire limiter, les réformes. De l’autre, elle affirme que, je cite, « le peuple peut, dans les conditions d’un « large consensus national (...) et surtout dans un processus légitime, démocratique et transparent, statuer sur les dispositions de l’article 220 ». Pour certains, l’ECC rappelle ainsi les garde-fous existants. Pour d’autres, elle laisse ouverte la possibilité qu’un consensus national puisse conduire à rediscuter même les matières aujourd’hui considérées comme verrouillées ?


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    4 min
  • RDC : pourquoi le texte sur le rĂ©fĂ©rendum suscite-t-il autant d'inquiĂ©tudes ?


    L’Assemblée nationale s’apprête à adopter le texte qui fixera les conditions d’organisation du référendum en RDC. Déposée par le député Paul-Gaspard Ngondankoy depuis le 16 décembre 2024, cette proposition de loi est indispensable pour l’exercice de la souveraineté du peuple, a affirmé Aimé Boji, président de l’Assemblée nationale. Cependant, le moment choisi et le contenu actuel de ce texte suscitent de nombreuses inquiétudes quant à l’avenir de la démocratie en RDC. 

    Qu’est-ce qui explique les inquiétudes de certains acteurs face à ce texte ? 


    Bonjour, je suis Ithiel Batumike, chercheur principal à Ebuteli. Vous écoutez le 22e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 5 juin 2026.


    Le délai accordé à la commission politique, administrative et juridique (PAJ) pour l’intégration des amendements des députés à la proposition de loi portant sur le référendum a expiré. Il ne reste donc plus qu’à procéder dans les tous prochains jours à l’examen des amendements de la commission, puis au vote article par article.  

    Ce vote comblera un vide juridique persistant depuis 2006. Pour autant, certains acteurs ne le perçoivent pas comme une opportunité de consolidation de la démocratie. Au contraire, il vient s’ajouter aux sujets les plus clivants de la vie politique congolaise actuelle. 

    Le débat sur la loi référendaire est pollué par l'ambition affichée par l'UDPS de changer la constitution.

    Les menaces à la cohésion sociale et le contexte sécuritaire préoccupant entourant cette réforme n’imposent plus désormais retenue, comme ce fut le cas après la chute des villes de Goma et Bukavu au début de l’année 2025. Pourtant, sur le terrain, la réalité n’a pas évolué depuis. Certains acteurs estiment même qu’une telle initiative dans ce contexte pourrait même être considérée comme un quitus à une balkanisation de fait du pays. 

    Mais en dehors de l’opportunité de ce texte, c’est surtout son contenu qui pose problème. Il comporte, en effet, des dispositions qui créent un décor institutionnel extra constitutionnel. 



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    7 min
  • RĂ©surgence d’Ebola : quelles leçons tirer des crises passĂ©es ?


    Les installations et le matériel de l’ONG Alima ont été incendiés à l'hôpital général de Rwampara par une foule en colère en date du 21 mai. Cette bourgade située à une dizaine de kilomètres de Bunia dans la province de l'Ituri est au cœur de la nouvelle épidémie d'Ebola qui frappe l'est de la RDC.


    Cet incident a été déclenché par le refus du personnel de l'hôpital d’autoriser à la famille d’un patient décédé d’Ebola de récupérer son corps pour éviter la contamination. La famille a récupéré le corps par la force et six patients qui étaient suivis, dont trois cas confirmés, se sont enfuis. L'armée et la police sont intervenues pour rétablir le calme. 

    Comment expliquer cette résistance et qu’avons nous appris des crises d'Ebola dans les passées ? 


    Bonjour, je suis Reagan Miviri, chercheur principal à Ebuteli. Vous écoutez le 21e  épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 29 mai 2026.

    Le 15 mai 2026, le gouvernement congolais a déclaré la 17e épidémie d’Ebola issue de la souche Bundibugyo pour laquelle il n’existe pas encore ni vaccin homologué ni traitement spécifique. L’OMS a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Depuis, il a été rapporté plusieurs scènes de protestation contre l’enterrement sécurisé des personnes décédées d’Ebola. Ceci n'est pas un phénomène nouveau.


    Plusieurs incidents similaires ont eu lieu pendant d’autres épidémies et particulièrement pendant la dixième épidémie, qui avait touché la région de Béni et Butembo, entre 2018 et 2020. L'une des explications de la résistance pourrait être trouvée dans l'ignorance de la population face à cette maladie.


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    5 min

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Chaque vendredi, Ebuteli et le Groupe d'étude sur le Congo (GEC) vous proposent « Po Na Biso (anciennement Po Na GEC) ». Il s’agit d’une capsule audio en format court (4 minutes maximum) qui résume, explique et donne le point de vue du GEC et d'Ebuteli sur les questions d’actualité en République démocratique du Congo.

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