Le 14 mars dernier, la préfecture de Gironde avait pris un arrêté de fermeture de la mosquée Al Farouk de Pessac pour 6 mois. L’argumentaire de la préfecture dénonce une proximité de la mosquée avec des imams et des personnalités « appartenant à la mouvance islamiste » et «s’illustrant par des propos radicaux », la comparaison entre les juifs persécutés pendant la Seconde Guerre mondiale et la situation des musulmans aujourd’hui, des « publications antisémites et haineuses à l’encontre d’Israël », « sous couvert de soutien au peuple palestinien », et sa « proximité idéologiques avec des mouvements favorables à des actions terroristes ».
Le Rassemblement des musulmans de Pessac (RMP), association qui gère la mosquée de Pessac, a déposé un recours en référé, examiné ce lundi 21 mars par le tribunal administratif de Bordeaux qui doit donner son verdict dans les heures qui viennent.
Nous avons demandé à Abdourahmane Ridouane, président du RMP et également de l’association les Alliés de la paix (qui avait co-organisé la manifestation contre l’islamophobie à Bordeaux en novembre 2019) de répondre aux accusations de la préfecture.
Avec la participation d’André Rosevègue, animateur de Des gens qui cherchent.
"Toute personnalité, tout mouvement que le gouvernement a défini comme étant un ennemi de la République, les soutenir même dans ses droits les plus fondamentaux, fait de moi un soutien au terrorisme. Voilà la subtile stratégie de diabolisation qui est opérée, avec l’aide des médias devenus narrateurs du discours officiel. Comme disait Mitterrand à propos de Pierre Bérégovoy, on a jeté un homme en pâture aux chiens. C’est ce qui se passe aujourd’hui pour moi et pour tous ceux qui ont été la cible de cette islamophobie d’État."
Nous avions interrogé Abdourahmane Ridouane en 2019 lors de la manifestation contre l'islamophobie.
Contactée par la Clé des Ondes, la préfecture a programmé puis annulé le 15 mars dernier un entretien téléphonique avant de nous transmettre uniquement l'argumentaire mentionnée.