tract diffusé le 25 novembre 2021 par : Fack Ap ! Solidaires étudiant-e-s syndicat de lutte Bordeaux ; Union Communiste Libertaire Bordeaux-Gironde ; Le Planning Famillial Gironde
L'extrême droite n'est pas une alternative !
Mercredi 24 novembre 2021, au matin, les différentes facultés du campus de Pessac se sont réveillées recouvertes de tags ouvertement racistes comme "soyez racistes, votez blanc", "la racaille est vénale et importune", ou appelant à la défense de la France "Génocide en cours : sauvez la France". Des collages transféministes ont également été détournés pour donner des messages transphobes comme "stop trans". Le tout signé "Action Directe Identitaire", ou simplement "ADI".
Ces inscriptions souillent nos murs. Elles renforcent et justifient l'oppression et la domination de nombre d'étudiant-es, elles sont une nouvelle violence qui nous vise directement, stigmatisant particulièrement celles et ceux d'entre nous qui sommes des femmes, des personnes LGBTI et des personnes racisées. L'extrême droite s'oppose violemment à la conception d'une université publique, gratuite,
émancipatrice et ouverte à toutes et tous sans discrimination que nous défendons.
Elles sont la concrétisation des discours politiques majoritairement orientés vers les thèmes de prédilection de l'extrême droite, comme l'immigration, la sécurité et la défense de l'identité blanche chrétienne, que reprennent allègrement tou-tes les politicien-nes, du RN à LREM en passant par LR, et jusqu'à la "gauche" institutionnelle dans la bouche des Mélenchon (LFI), Roussel (PCF) ou Jadot (EELV) et autres Montebourg (la Remontada), et qui nourrissent les dynamiques sécuritaires, racistes et patriarcales, ouvrant ainsi la voie au fascisme.
A côté de ces tags, des autocollants "Zemmour 2022" sont apparus massivement. Il est donc évident que les mêmes personnes qui signent ADI font aussi campagne pour ce nanti fasciste. La réalité derrière ses discours et sa façade purement médiatique, c'est effectivement celle de militant-es de terrain qui défendent ouvertement la suprématie blanche et qui s'entraînent à la guerre civile.
Il est inquiétant que les militant-es d'extrême droite prennent autant confiance et expriment sans plus aucun complexe leur racisme, leur sexisme et leur LGBTIphobie. Ce n'est évidemment pas la première fois que l'extrême-droite recouvre nos campus de ses slogans. On a déjà vu l'Action Française, groupe royaliste ultraréactionnaire, coller ses affiches, et de façon plus occasionnelle la Cocarde Etudiante et l'UNI, associations étudiantes d'extrême droite, Bordeaux Nationalistes, Action Directe Identitaire, etc. Mais malgré la vigilance des étudiant-es antifascistes, cela devient de plus en plus courant : au moins 4 fois depuis la rentrée, soit plus d'une fois par mois, rien que sur le campus de l'Université Bordeaux Montaigne.
NOUVELLE ATTAQUE DE L’EXTRÊME DROITE SUR LE CAMPUS DE PESSAC
La régularité avec laquelle ces messages occupent nos murs qui s'est installée ces derniers mois montre bien que le contexte est de plus en plus grave. Car l'extrême droite ne s'arrête pas aux discours et aux affiches : cette année en France plusieurs médias ont relevé une explosion des agressions de la part de ses militant-es, les dernières en date étant l'attaque de la manifestation parisienne contre les violences sexistes et sexuelles le 20 novembre, et celle contre nos deux camarades de la fédération syndicale SUD-Rail. Si les discours se généralisent, les violences suivront. Et elles viseront en premier lieu les personnes racisées, sexisées, et évidemment toutes celles et ceux qui défendent l'émancipation de notre classe sociale, puisque les fascistes n'hésitent pas à attaquer nos outils d'organisation (au début de l'année en Italie le siège de l'organisation syndicale CGIL avait été sauvagement attaqué à Rome).
Les franges les plus radicales de l'extrême droite, malgré leurs liens multiples avec l'extrême droite institutionnelle, se tournent de plus en plus vers des moyens d'action violents. Ces derniers mois en France, de nombreux attentats terroristes ont été déjoués, des caches d'armes découvertes. Le danger est imminent.
L'extrême droite en roue libre
L'extrême droite n'est pas une alternative à cette société d'exploitation injuste, inégalitaire et hiérarchique dans laquelle nous vivons. Il est urgent de la combattre, au même titre que les capitalistes qui veulent détruire les services et l'université publique et sur lesquels on ne peut pas compter pour défaire le fascisme, et de défendre un autre modèle : dans cette optique, il est nécessaire de
nous organiser et de construire des contre-pouvoirs efficaces et démocratiques. A l'université comme ailleurs, pas une tribune, pas un mur, pas un mot pour l'extrême droite !
Soutien aux victimes des agressions fascistes ! Nous ne baisserons pas les yeux !
Contre l'extrême droite : construisons la riposte !
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