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Or


Pour inaugurer l'année 2023, nous avons le plaisir de tendre le micro à Audrey Célestine, maîtresse de conférences en études anglophones à l’Université de Lille,
Dans cet épisode, nous sommes d'abord revenues sur la trajectoire d'Audrey Célestine, docteur en science politique, recrutée dans un département d'études anglophones, et donc sur les atouts et les défis d'être à cheval entre plusieurs disciplines, et d'enseigner dans des formations où les sciences sociales sont parfois peu présentes, avant d'entrer dans le coeur du sujet de son rapport à l'espace public.
Ces dernières années, et surtout depuis 2021 où il a été question tant dans l'espace politique que médiatique de wokisme, de cancel culture et d'islamo-gauchisme à l'université, Audrey Célestine s'est retrouvée partie-prenante, parfois malgré elle, de débats houleux, portant notamment sur les usages du concept de race, tantôt entre universitaires, tantôt sur les plateaux télévisés et dans les médias en général. Toutes les critiques sont-elles bonnes à prendre, comment y répondre, et toute critique est-elle nécessairement disqualifiante du point de vue scientifique?
Cette question nous a occupées pendant un long moment, avant d'aborder un deuxième thème, celui du mode d'écriture et des deux ouvrages récemment publiés par notre invitée (Une famille française en 2018 et Des vies de combat en 2020), l'un mettant en pratique le style de l'égo-histoire, l'autre proposant un galerie de portraits de femmes noires aussi différentes que Rosa Parks, Nina Simone, Marie Josée Pérec ou encore Toni Morrison. Ces ouvrages, bien que différents, ont en commun l'objectif assumé de s'adresser à un autre public que celui des universitaires (même si ces derniers se sont avérés de fidèles lectrices et lecteurs...)
Merci à Audrey Célestine pour cet entretien à nouveau très inspirant, et pour être revenue sur les dessous de tous ces dispositifs d'intervention dans la Cité. Bonne écoute, et bonne année 2023!
Pour aller plus loin
Audrey Célestine, « La transformation des identifications raciales en Martinique sous l’effet des migrations vers la France hexagonale », Critique internationale, n°95, 2022, p. 66-85.
Audrey Célestine,Des vies de combats, Femmes, noires et libres , Éditions L’Iconoclaste, 2020. Réédité en format poche en 2022.
Audrey Célestine, Une famille française , Textuel, 2018.
Arte 28 minutes. Le magazine de l’actualité
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pour bien terminer l'année 2022, nous avons le plaisir de tendre le micro à Daniel Mouchard, professeur de science politique à l'Institut d'études européennes de l'Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, pour parler d'une reconversion professionnelle temporaire dans le milieu politique, une autre facette de l'engagement que nous avions déjà un peu exploré dans l'épisode avec Pascale Laborier.
Spécialiste des mouvements sociaux et des questions de représentation, co-fondateur de la revue Raisons Politiques,Daniel Mouchard a en effet une trajectoire peu commune de politiste, puisqu'en 2010, soit quelques années après son recrutement, il est appelé à rejoindre le cabinet du maire de Paris de l'époque, Bertrand Delanoë, d'abord comme conseiller chargé de l'enseignement supérieur de la recherche et de la laïcité, avant de devenir 4 ans plus tard, suite à l'élection d'Anne Hidalgo, directeur du cabinet de la maire adjointe en charge de l'ESR et de la vie étudiante, puis de réintégrer son poste à l'université en 2018.
Dans cet entretien, Daniel Mouchard est revenu sur cette parenthèse de 8 ans à la mairie de Paris, sur cette "fenêtre d'opportunité" particulière alors qu'il occupait déjà des fonctions administratives à l'Université, sur les raisons de son choix et les dilemmes rencontrés au moment de prendre un poste clairement politique et partisan, sur certaines activités typiques du conseiller en cabinet, et sur la transformation de son rapport au temps.
Nous sommes aussi revenus sur ce qui peut faire la force d'une formation de politiste lorsqu'on occupe ce type de fonctions, et les défis à relever, notamment en temps de crise majeure, comme lors des attentats de 2015.
Une conversation à nouveau très riche, qui se conclut par un dilemme de taille pour notre invité dans la question insolite...! Bonne écoute, nous nous retrouvons en 2023!
Pour aller plus loin
Daniel Mouchard (dir.), «. Démocraties urbaines », Raisons politiqu es, 3, 79, 2020
Daniel Mouchard, « Les 'sans' », in Danièle Tartakowsky (dir.), Paris Manifs, PUR, 2011
Daniel Mouchard, « Les mouvements sociaux, laboratoire de la démocratie », LaViedesIdées, 7 septembre 2010.
Daniel Mouchard,Etre représenté: mobilisations d'exclus dans la France des années 1990, Economica, 2009.
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Dans ce 21ème épisode de Politistes dans la Cité, nous nous entretenons avec Vanessa Codaccioni, maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches en science politique à l'Université Paris 8, responsable du Master de science politique et rattachée au CRESPPA.
Dans cet entretien, notre invitée est revenue sur sa trajectoire, ses motivations à parler dans l'espace public, et sur comment une socio-historienne, habituée au "confort des archives", s'est retrouvée interpellée par les médias sur des sujets allant de l'État d'exception aux violences policières, tout en interpellant elle-même au travers d'ouvrages grand public et de tribunes pour dénoncer les excès de l'appareil d'État, ce qui lui a valu notamment une réputation de politiste "anti-flic" pendant le mouvement des Gilets Jaunes.
Pour aller plus loin:
Vanessa Codaccioni, La société de vigilance. Auto-surveillance, délation et haines
Intervention de Vanessa Codaccioni dans le Compte rendu n°10 de la Commission d’enquête
Intervention de Vanessa Codaccioni dans le documentaire de David Dufresne, Un pays qui se
Vanessa Codaccioni, La légitime défense. Homicides sécuritaires, crimes racistes et
Vanessa Codaccioni,Justice d’exception. L’État face aux crimes politiques et terroristes , CNRS Éditions, 2015
Vanessa Codaccioni, Punir les opposants. PCF et procès politiques (1947-1962),
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Dans ce nouvel épisode de Politistes dans la Cité, nous échangeons avec Olivier Schmitt, professeur de relations internationales au Center for War Studies de l'Université du Sud Danemark, et qui a été pendant deux ans, de 2020 à 2022, directeur scientifique de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), une institution peu connue du grand public mais qui a pourtant pour ambition de former les élites militaires et civiles de l'État aux enjeux de sécurité et de défense. Mais quelle est la valeur ajoutée d'un politiste dans ce type d'institution ? A l'inverse, que peut-on y trouver en tant qu'universitaire, spécialiste de science politique et de relations internationales ?
Merci beaucoup à Olivier Schmitt pour cet échange très riche, et bonne écoute à toutes et à tous!
Pour aller plus loin
Page personnelle d'Olivier Schmitt: https://olivier-schmitt.com/
Olivier Schmitt et Charles-Philippe David, La Guerre et la Paix. Approches et Enjeux de la Sécurité et de la Stratégie , 4e éd., Presses de Sciences Po, 2020
Olivier Schmitt, Allies that Count. Junior Partners in Coalition Warfare, Georgetown University Press, 2018
Olivier Schmitt, Raymond Aron and International Relations , Routledge, 2018
Olivier Schmitt, Pourquoi Poutine est notre Allié?, Hikari Éditions, 2017.
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Pour ouvrir la rentrée universitaire et la saison 3 de Politistes dans la Cité, nous tendons le micro à Émilie Frenkiel, spécialiste de la Chine contemporaine, maîtresse de conférences en science politique à l’Université Paris Est Créteil (UPEC), directrice adjointe du LIPHA (le laboratoire interdisciplinaire du politique Hannah Arendt), membre du comité de rédaction de La Vie des idées , et surtout principale artisane du lancement de conventions
Ce dispositif participatif inspiré de la Convention citoyenne pour le Climat (on vous renvoie à l'épisode 1 de Politistes dans la Cité avec Loïc Blondiaux) ne vise rien de moins qu’une transformation en profondeur des pratiques universitaires : de l’alimentation sur le campus à une formation intellectuelle plus horizontale et inclusive, qui soit en phase avec les enjeux du 21e siècle, à commencer par celui du climat. Des thématiques qui ont trouvé un fort écho médiatique suite aux manifestations de diplômés de grandes écoles appelant à
Dans cet épisode, nous sommes revenues sur la configuration particulière qui a donné envie à Emilie Frenkiel de se lancer dans une aventure certes innovante, mais aussi chronophage. Plusieurs facteurs, allant des suites de la Convention citoyenne pour le climat à l’ouverture d’un nouvel Institut d’études politiques à Fontainebleau , en passant par la crise du Covid, un terrain chinois devenu inaccessible et le passage des enseignements au distanciel, vont donner l’impulsion à ces innovations. Comme souvent dans le podcast, il a également été question de la « bifurcation » d’une trajectoire intellectuelle : des intellectuels chinois qui tentaient de réformer leur pays à des dispositifs pédagogiques et scientifiques innovants en banlieue parisienne.
La diffusion de cet épisode coïncidant avec le lancement de la deuxième édition de la convention citoyenne étudiante à l’UPEC, nous espérons que cela suscitera nombre de réflexions et débats dans la communauté des politistes. Bonne écoute !
Pour aller plus loin
La présentation de la prochaine convention citoyenne étudiante et le film sur la
Emilie Frenkiel, « Multiplions ces écoles de la démocratie que sont les conventions citoyennes étudiantes », 1er juin 2022, Le Monde
Emilie Frenkiel, «Participatory budgeting and representation in China », Journal of Chinese Governance, 2020.
Emilie Frenkiel, «Quand les citoyens écrivent la loi. La Convention citoyenne pour le climat», La vie des idées, 8 mai 2020
Emilie Frenkiel et Simeng Wang, « Participer dans le monde chinois : une jeunesse
Emilie Frenkiel, Conditional Democracy: the Intellectual Debate on Political Reform in
Emilie Frenkiel, Parler politique en Chine, Presses Universitaires de France, 2014.
Emilie Frenkiel et Jean-Louis Rocca, La Chine en mouvements, Presses Universitaires de
Pour clôturer cette deuxième saison de Politistes dans la Cité, nous avons le très grand plaisir de nous entretenir avec Anna Colin Lebedev, maîtresse de conférences en science politique à l'Université Paris Nanterre, rattachée à l'Institut des sciences sociales du politique.
Attachée depuis longtemps à la diffusion des connaissances au grand public, Anna Colin Lebedev nous fait entrer dans son "atelier" de fabrique de "fils Twitter", revenant sur des cas particulièrement sensibles (comment tweeter sur la question des tortures ?), sur les risques de ce type d'interventions (en raison, aussi, de la circulation de fake news), mais aussi la manière dont le rapport "chercheuse-journaliste" a pu être mis à son profit, en proposant un cadrage plus académique dont les journalistes, pour une fois, semblaient demandeurs, de France Culture à BFM en passant aussi par Brut !
Nous avons aussi parlé de la manière dont on se sent légitime (ou pas) pour s'exprimer sur un sujet dans un moment de crise telle que celui de la guerre, quand on est d'abord identifiée comme spécialiste de la Russie. Il a aussi été question de la place déclinante des études sur les aires comparées, et de leur marginalisation dans la science politique française.
Ce podcast, enregistré au terme d'une période d'intenses sollicitations poussant quasiment au surmenage, a aussi été l'occasion d'interroger la difficulté des institutions universitaires à soutenir les chercheuses et chercheurs qui sont amenés, de par l'urgence de certaines crises comme celle de l'Ukraine, à intervenir dans l'espace public. Car, faut-il le rappeler, tout ce travail ô combien nécessaire de diffusion de connaissances est chronophage, bénévole, peu valorisé et se surajoute à toutes les autres activités d'une enseignante-chercheuse.
Comme cette conversation était passionnante et aussi parce qu'il faudra patienter jusqu'à la rentrée universitaire pour découvrir la saison 3, nous avons souhaité vous livrer cet épisode in extenso. Bonne écoute donc, et n'hésitez pas à nous laisser des commentaires, directement sur les plateformes ou bien à l'adresse [email protected] !
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pour cet épisode de Politistes dans la Cité, nous avons l’honneur de recevoir Nonna
Spécialiste du Front National, du racisme et de l’antisémitisme, les travaux de Nonna Mayer, sont « branchés » sur l’actualité de la vie politique et sociale française. Une porosité assumée par notre invitée qui revendique un positionnement scientifique strict, refusant de porter un jugement normatif sur les comportements qu’elle étudie, et qui s’arme de prudence quant aux mots qu’elle emploie. Cette prudence et cette rigueur, d’autant plus nécessaires que les sujets sont sensibles, ne s’accompagnent pas pour autant d’un retrait de l’espace public et des médias, quitte à s’exposer comme cela a été le cas récemment dans le cadre de la controverse sur l’islamo-gauchisme.
Forte de ces expériences, Nonna Mayer nous livre un certain nombre de conseils sur la manière de se positionner et d’intervenir dans les médias. Cet épisode est aussi l’occasion pour Nonna Mayer de revenir sur son parcours, sur les figures qui l’ont
La conversation s’achève sur le rôle qu’elle a joué au sein de l’Association française de science politique, sur l’importance de l’internationalisation et sur les enjeux de
Pour aller plus loin :
Olivier Fillieule, Florence Haegel , Camille Hamidi et Vincent Tiberj (dir.), Sociologie plurielle des comportements politiques. Je vote, tu contestes, elle cherche…, Presses de Sciences Po, 2017.
Nonna Mayer, Alain Policar et Philippe Corcuff (dir.), Les mots qui fâchent. Contre le
Nonna Mayer et Céline Braconnier (dir.), Les inaudibles : sociologie politique des
Nonna Mayer, Sociologie des comportements politiques, Armand Colin, 2010
Nonna Mayer, Gérard Grunberg et Paul Sniderman (dir.), La Démocratie à l’épreuve : une nouvelle approche de l’opinion des Français, Presses de Sciences Po, 2002
Nonna Mayer, Ces Français qui votent Le Pen, Flammarion, 2002
Nonna Mayer et Pascal Perrineau (dir.), Le Front National à Découvert, Presses de Sciences Po, 198 9
Nonna Mayer, La boutique contre la gauche, Presses de Sciences Po, 1986
Rapport 2020 sur le Racisme et Antisémitisme de la CNCDH ">CNCDH
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pour ce 16e épisode de Politistes dans la Cité, nous recevons Rémi Lefebvre, professeur de science politique à l’Université de Lille, chercheur au Centre d'études et de recherches administratives, politiques et sociales (plus connu sous son acronyme CERAPS !). Spécialiste de la gauche française et des partis politiques (PS, LFI, LREM notamment), Rémi Lefebvre revient sur son engagement politique à gauche, mais aussi sa passion à parler de politique et à analyser la vie politique dans la Cité, auprès du grand public et dans les médias.
En quoi un engagement assumé à gauche est-il compatible avec le métier d’enseignant-chercheur ? Quelles difficultés et quels atouts cela peut-il présenter dans l’accès en terrain ? Dans quelles conditions une parole universitaire peut-elle être entendue et utile dans un format médiatique qui enferme souvent les enseignants-chercheurs dans l’exercice (frustrant) du commentaire rapide ?
Dans cet épisode nous sommes aussi revenus sur le dernier ouvrage de Rémi Lefebvre, Faut-il désespérer de la gauche ?, paru en pleine campagne présidentielle, et sur les risques qu’il y a à assumer publiquement des convictions politiques. Il est enfin question de rapport à la ville, et notamment à la métropole lilloise.
Sans surprise, l’épisode se termine par l’évocation d’une série télévisée devenue culte, et qui mériterait sans doute de figurer dans les cours d’introduction à la science politique...
Merci à Rémi Lefebvre pour son franc parler et son énergie communicative et bonne écoute à toutes et à tous !
Pour aller plus loin :
Rémi Lefebvre, Interventions sur France Inter à l’occasion de la présidentielle de 2017 et 2022
Rémi Lefebvre, « La tortue, le trou de souris et Sisyphe : Mélenchon et l’élection présidentielle », AOC, le 13 avril 2022
Rémi Lefebvre, Faut-il désespérer de la gauche ?, Textuel, 2022
Rémi Lefebvre, Les mots des partis politiques, Presses universitaires du Mirail, 2022.
Rémi Lefebvre, « Les primaires : entre désillusion et expérimentation », La Vie des idées, 12 avril 2022
Bernard Dolez, Anne-Cécile Douillet, Julien Fretel et Rémi Lefebvre (dir.), L’entreprise Macron à l’épreuve du pouvoir, Presses Universitaires de Grenoble, 2022
Rémi Lefebvre et Emmanuel Taïeb (dir.), Séries politiques. Le Pouvoir entre fiction et vérité, De Boeck, 2020
Collectif Degeyter, Antonio Delfini, Fabien Desage, Fabien Eloire, Rémi Lefebvre, Yoan Miot, Frédéric Poulard, Stéphanie Pryen, Juliette Verdière, Cécile Vignal, Sociologie de Lille, La Découverte, 2017
Anne-Cécile Douillet et Rémi Lefebvre, Sociologie politique du pouvoir local, Armand Colin, 2017
Rémi Lefebvre, « « Politiste et socialiste ». Une politique d'enquête au PS », Revue internationale de politique comparée, 17(4), 2010, pp. 127-139
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Dans ce nouvel épisode de Politistes dans la Cité, nous tendons le micro à Patrick Le Galès, directeur de recherches au CNRS, rattaché au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po Paris et Doyen de l’Ecole urbaine de Sciences Po, Corresponding fellow of th e British Academy.
Dans cet épisode nous sommes beaucoup revenus sur la manière dont la recherche de Patrick Le Galès, fermement articulée autour de la comparaison, de l’étude des villes et des politiques publiques dans un cadre globalisé, a, depuis toujours, nourri ses enseignements et des projets pédagogiques innovants.
Ceux-ci ont entre autres, débouché sur la création de l’École Urbaine de Sciences Po en 2015. Mais comment passe-t-on d’un master de 12 étudiants à une formation qui compte parmi les plus attractives de Sciences Po tout en restant très exigeante sur les sciences sociales ? Comment convaincre les professionnels de l’urbanisme que pour gouverner la ville, il ne faut pas que « des préfets et des ingénieurs » ? En revenant sur le succès du séminaire Cities Are Back in Town, c’est aussi l’occasion de montrer comment on peut glisser d’un format d’intervention à un autre : du séminaire, au cours magistral jusqu’au MOOC .
En fin d’épisode, nous soulevons aussi des questions importantes quant au statut des enseignants-chercheurs et à l’internationalisation. Comment mieux concilier la recherche et l’enseignement ? Faut-il fusionner le CNRS et l’Université ? Faut-il continuer à parler d’une internationalisation « anglo-saxonne » ? - une étiquette qui déplaît fortement à notre invité.
Merci à Patrick La Galès pour cet échange riche et franc, et dont nous vous souhaitons une très bonne écoute !
Pour aller plus loin :
Page personnelle
« Pour en finir avec la fracture territoriale » Interview de Patrick Le Galès par Thiphaine de Rocquigny dans Entendez Vous l’Éco ?, France Culture, 23 mars 2021
Patrick Le Galès, (dir.) Gouverner la métropole Parisienne : États, conflits, réseaux, institutions, Presses de Sciences Po, 2020
Antoine Courmont, Patrick le Galès (dir.), Ville et numérique, PUF, 2019
Desmond King et Patrick Le Galès (eds.), Reconfigurating European states in crisis, Oxford University Press, 2017
Alberta Andreotti, Patrick Le Galès, Javier Francesco Moreno Fuentes, Un monde à la carte, les cadres supérieurs dans les villes européennes, PUF, 2016
Florence Faucher-King, Patrick Le Galès, L’Expérience New Labour, 1997-2009, Presses de Sciences Po, 2010
Pierre Lascoumes et Patrick Le Galès, (dir.), Gouverner par les instruments, Presses de Sciences Po, 2004
Colin Crouch, Patrick Le Galès, Carlo Trigilia, Hemout Voeltzkow, Changing Governance of Local Economies: Responses of European Local Production Systems, Oxford University Press, 2004
Patrick Le Galès, Le retour des villes européennes ? Sociétés urbaines, mondialisation, gouvernement et gouvernance, Presses de Sciences Po, 2003
Patrick Le Galès, Politiques urbaines et développement local : une comparaison franco-britannique, L’Harmattan, 1993
Ce quatorzième épisode de Politistes dans la Cité est un peu particulier, puisqu’il est consacré à une chercheuse qui n’est pas là pour parler d’elle. Cette chercheuse, c’est Fariba Adelkhah, une anthropologue franco-iranienne, connue pour ses travaux sur l’Iran et l’Afghanistan.
Depuis le 5 juin 2019, soit presque 3 ans, Fariba Adelkhah est privée de liberté en Iran, condamnée à 5 ans de prison, pour des motifs très politiques et arbitraires. Pour parler d'elle, de son travail, et de son positionnement dans la Cité, nous avons reçu Béatrice Hibou, directrice de recherche au CNRS, et membre fondatrice de son comité de soutien, un comité qui réunit aujourd'hui plus d'une centaine de personnes oeuvrant sans relâche pour demander la libération inconditionnelle de Fariba Adelkhah et dénoncer l'arbitraire de son emprisonnement.
Dans ce long entretien, nous avons d'abord pris le temps de parler du travail de chercheuse de Fariba Adelkhah: en quoi est-elle, plus que jamais, une anthropologue voire une politiste dans la Cité? Pourquoi ses travaux ont-ils pu être jugés "suspects" par le régime, alors même qu'elle prenait garde de ne jamais mélanger le scientifique et le politique? Comment expliquer que des pouvoirs publics ne fassent pas la différence entre recherche et "espionnage"?
Dans un second temps, nous sommes revenues sur comment s'est organisée la mobilisation, visible et invisible mais toujours durable, du comité de soutien de Fariba: des hashtags "FreeFariba" à la demande de cessation des partenariats avec les institutions iraniennes en passant par de nombreuses manifestations à caractère scientifique. Nous sommes aussi revenues sur le choix d'innover dans les termes, en parlant de Fariba comme d'une prisonnière "scientifique" et non "politique".
Enfin, nous avons clôt la discussion par un échange sur ce que signifie aussi le "risque": Fariba se savait-elle exposée à l'arbitraire? Savait-elle qu'elle "prenait des risques"? Qui définit ce qu'est un terrain à risque et quelles conséquences pour une recherche pionnière et indépendante cette notion de risque peut-elle avoir?
Un grand merci à Béatrice Hibou d'avoir prêté sa voix et livré ses analyses pour sensibiliser, nous l'espérons, un public plus large à un combat qui n'est pas que celui de Fariba Adelkhah, mais bien celui de la recherche et des sciences sociales en général.
Pour aller plus loin
Site du comité de soutien : https://faribaroland.hypotheses.org
« Écrits d’avant-prison. Pour la libération de Fariba Adelkhah », Critique internationale , n°90, janv-mars 2021
Pour Fariba Adelkhah et Roland Marchal. Chercheurs en péril, Presses de Sciences Po, 2020
Interview de Roland Marchal sur RFI suite à sa libération, 7 avril 2020
Série d'articles de Sociétés Politiques Comparées dédiés à Fariba et à la liberté scientifique
«Sociologie et anthropologie sociale du politique: penser en pensant à elle et avec elle », Série de séminaires organisés au CERI autour et pour Fariba
Fariba Adelkhah, Les Mille et une frontières de l’Iran. Quand les voyages forment la nation, Karthala, 2012.
Fariba Adelkhah, Être moderne en Iran, Karthala, 2006.
Fariba Adelkhah, La Révolution sous le Voile. Femmes islamiques d’Iran, Karthala, 1991.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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