Porte ouverte
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Porte ouverte episodes

  • Jacqueline Kelen, «Tu n'iras pas au ciel avant d'être d'abord toi-même un ciel vivant. »
    Jacqueline Kelen, née le 5 avril 1953, est une écrivaine française diplômée de lettres classiques et productrice à France Culture, autrice de plus de 70 ouvrages parus entre 1982 et 2020. Elle s'est notamment consacrée à l'évocation des grands mythes de l'humanité, comme en témoignent ses multiples publications, parmi lesquelles Marie-Madeleine : un amour infini, L'éternel masculin, Les femmes éternelles ou encore Les femmes et la Bible. Elle aborde aussi des sujets d'actualité, tel celui de l'anorexie, dans son livre La faim de l'âme. En 2002, elle a reçu le prix ALEF des libraires pour son essai L'esprit de solitude, dans lequel elle célèbre « la voie solitaire, seule voie salutaire ».

    Un amour infini : Marie-Madeleine, prostituée sacrée, Paris, Albin Michel, coll. « Expérience intérieure », 1982 (réédité en 1992 sous le titre Marie-Madeleine ; un amour infini)
    La tache : opuscule furtif sur les salissures du monde, Paris, Scarabée & Cie, 1984
    L'arbre-gingembre, conte pour enfant illustré par Alain Gauthier, Moulins, Ipomée, 1985
    Les Nuits, Paris, Albin Michel, 1986
    Les reines noires : Didon, Salomé, la reine de Saba, Paris, Albin Michel, 1987
    Éloge des larmes, Monaco, Le Rocher, 1989
    Protégeons les animaux, Paris, L'École de Noé, 1991
    Aimer d'amitié, Paris, Robert Laffont, coll. « Réponses », 1992
    L'éternel masculin : traité de chevalerie à l'usage des hommes d'aujourd'hui, Paris, Robert Laffont, 1994
    Propositions d'amour, Paris, Anne Carrière, 1995
    Les barques du sommeil : essai, Coursegoules, la Reyne de Coupe, 1997
    Les larmes, Paris, Alternatives, coll. « Grains de beauté », 1997
    La main, Paris, Alternatives, coll. « Grains de beauté », 1997
    Le Secret, Paris, La Table Ronde, 1997
    Les femmes éternelles : Antigone, Dulcinée, Nausicaa, Mélusine..., Paris, Anne Carrière, 1998
    La Déesse nue : contes de la belle au bain, Paris, Le Seuil, 2000
    L'Esprit de solitude, Paris, Albin Michel, 2001
    La Faim de l'âme : une approche spirituelle de l'anorexie, Paris, Presses de la Renaissance, 2002 (a fait l'objet d'une nouvelle éd. revue et augmentée en 2011)
    Du sommeil aux autres joies déraisonnables, Paris, Albin Michel, 2006
    Les Sept visages de Marie-Madeleine, éditions Le relié poche, 2006
    La Puissance du cœur, Paris, La Table ronde, 2009
    Les Amitiés célestes, Paris, Albin Michel, 2010
    Un chemin d'ambroisie, Paris, La Table ronde, 2010
    Impatience de l'absolu, Paris, La Table ronde, 2012
    Bréviaire du colimaçon : sur la vie spirituelle, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « Poche », 2015
    Les floraisons intérieures, Méditations sur la Dame à la Licorne, Paris, La Table ronde, 2015
    Le diable préfère les saints, Paris, Le Cerf, 2016
    Le sens de l'hospitalité, Paris, Guy Trédaniel, 2017
    Le provisoire et l'éternel : les questions inévitables, Paris, Le Relié, 2017
    Le jardin des vertus, Paris, Salvator, 2019
    Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien, Paris, Le Cerf, 2020

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    15 min
  • Jacqueline Kelen, l'Impatiente de l'Absolu
    Jacqueline Kelen est une écrivaine liée à la spiritualité sous toutes ses formes. Elle a été productrice à France Culture et autrice de plus de 70 ouvrages parus entre 1982 et 2020. Elle s'est notamment consacrée à l'évocation des grands mythes de l'humanité, comme en témoignent ses multiples publications, parmi lesquelles Marie-Madeleine : un amour infini, L'éternel masculin, Les femmes éternelles ou encore Les femmes et la Bible. Elle aborde aussi des sujets d'actualité, tel celui de l'anorexie, dans son livre La faim de l'âme. En 2002, elle a reçu le prix ALEF des libraires pour son essai L'esprit de solitude, dans lequel elle célèbre « la voie solitaire, seule voie salutaire ».

    Un amour infini : Marie-Madeleine, prostituée sacrée, Paris, Albin Michel, coll. « Expérience intérieure », 1982 (réédité en 1992 sous le titre Marie-Madeleine ; un amour infini). C'est bien le goût de l'infini qui guide sa plume sur son chemin d'écriture. Qu'elle fasse l'éloge des larmes ou qu'elle conte l'histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien, c'est toujours avec subtilité et pourtant avec force et dans l'impatience de cet absolu auquel toute son âme aspire.

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    15 min
  • Sébastien Augé, Argent trop cher : et si l’argent disparaissait ?
    Dans son roman Argent trop cher, Sébastien Augé imagine l’avènement d’un monde en rupture avec quatre mille ans d’histoire monétaire et de troc. Loin de caresser une vague utopie, il prend le sujet à bras-le-corps et envisage avec réalisme, sous toutes ses faces, le déploiement d’une société où gratuité, partage et bénévolat induisent de nouveaux paradigmes qui en révèlent toute la cohérence.

    Sébastien met en scène avec humour sa vie familiale, son métier dans le webmarketing et sa passion pour le rock, projette son quotidien dans cette ère nouvelle et débusque jusqu’aux changements infimes qui l’impacteraient.

    Embarquez pour une histoire étonnante qui remet en question avec sagacité les fondations de notre société et invite à voir autrement nos croyances et nos habitudes de vie…

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    15 min
  • Le Père André-Marie, Le petit moine qui ne dormait pas la nuit
    Prêtre, moine bénédictin, potier, sculpteur, peintre, écrivain le Père André-Marie est un artiste inspiré qui a mis ses mains et son âme au service des autres pour être un baume versé sur toutes les formes de misère. Il entre au séminaire à onze ans, puis au monastère à dix-huit. Nommé par ses supérieurs "Père des pauvres d'ici et du Tiers-monde", il emploie ses talents à se battre contre la misère. Il parcourt le monde et a troqué sa cellule de moine bénédictin pour les cellules des prisons, son voeu de pauvreté monastique pour se battre contre les misères les plus désespérantes. Il rencontre et noue des liens forts avec l'Abbé Pierre, le Père Pedro de Madagascar, séjourne à Haîti, en Inde. Ses créations serviront à plus de 300 chantiers. "Faire du beau pour faire du bien" est sa devise. La Demeure n’est pas seulement une maison d'accueil de tous et de création artistique, elle est aussi maison d’édition. Le Père André-Marie, écrivain, poète, y édite ses quelque 80 livres.

    Invalide à 90% depuis la guerre d'Algérie, il ne cesse cependant de travailler, de construire, de bâtir, dans les pires conditions et pour les plus pauvres.

    André Marie est un artiste avec une grande modestie, un immense respect et sa discrétion va avec ambition sur toutes ses créations. Sa liberté de penser est créatrice sur sa vie qu'il offre à chacun et ses paroles résonnent et interpellent comme ses mains accompagnant ses outils de travail.

    Il se refuse à juger, classer ou mettre des étiquettes sur quiconque.
    Il aime simplement, et dans cet Amour, André Marie crée peint et écrit la nuit comme si le temps était absent en éternel présent.
    Il va son chemin, puise dans son évangile et son histoire, emprunte aux sages tibétains, aux sages Soufis, à son ami l'Abbé Pierre et à ceux qui sont soucieux de toujours mettre de la beauté, de la grandeur et à faire cercle autour des paroles de paix.

    Un moine qui invite à la liberté de soi... Si dans la journée il est au travail, la nuit il écrit. Plus de soixante livres dont les titres sont révélateurs: Urgence du partage, Le Dictionnaire amoureux des mots, Au- delà de la vie, l'Amour est ma paroisse, le Rêve d'un monde meilleur, Pardonner, Bénir en toute circonstance. En bon moine bénédictin, il est disciple de Hildegarde de Bingen, Abbesse bénédictine qui au neuvième siècle, poéte, peintre, musicienne,avait des révélations qui lui ont permis de citer des plantes du monde entier et d'en donner les propriétés thérapeutiques.

    Le Pape Benoît XVIl l'a nommée Docteur de l'Eglise. Inspiré par elle, le Père André Marie inclut constamment dans ses créations et ses peintures des pierres, dont il cite la qualité de protection, d'équilibre d'apaisement du stress.

    A l'Unesco , la Ligue Universelle du Bien Publique lui a accordé en 2013 la médaille d'Or de "Meilleurs serviteurs de l'Humanité".
    Une émission de télévision déclarait que le village de Croixrault qu'il habite, était, grâce à lui, le village le plus connu dans le le monde. André Marie en conclut dans ses conférences que l'Amour n'a pas de frontières, que la bonté est la plus grande des forces, qu'elle est contagieuse et que la bienveillance n'a pas de limites.

    Lorsqu'on lui a demandé s'il y avait quelque chose de plus beau que la beauté il a répondu avec tendresse "C'est la laideur lorsqu'elle est embellie, pardonnée, restaurée".

    C'est le but que le Pére André Marie confie à ses peintures: embellir le monde et le coeur des hommes.

    Il a également animé des émissions de radio avec le thèmes tels que : Oser être soi-même,aire du beau pour faire du bien, réveiller l' Amour qui dort en nous. https://www.larevuedelaudela.com/nos-collaborateurs/pere-andre-marie.htm

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    15 min
  • Le Père André-Marie, Faire du Beau pour faire du Bien
    Prêtre, moine bénédictin, potier, sculpteur, peintre, écrivain le Père André-Marie est un artiste inspiré qui a mis ses mains et son âme au service des autres pour être un baume versé sur toutes les formes de misère. Il entre au séminaire à onze ans, puis au monastère à dix-huit. Nommé par ses supérieurs "Père des pauvres d'ici et du Tiers-monde", il emploie ses talents à se battre contre la misère. Il parcourt le monde et a troqué sa cellule de moine bénédictin pour les cellules des prisons, son voeu de pauvreté monastique pour se battre contre les misères les plus désespérantes. Il rencontre et noue des liens forts avec l'Abbé Pierre, le Père Pedro de Madagascar, séjourne à Haîti, en Inde. Ses créations serviront à plus de 300 chantiers. "Faire du beau pour faire du bien" est sa devise. La Demeure n’est pas seulement une maison d'accueil de tous et de création artistique, elle est aussi maison d’édition. Le Père André-Marie, écrivain, poète, y édite ses quelque 80 livres.

    Invalide à 90% depuis la guerre d'Algérie, il ne cesse cependant de travailler, de construire, de bâtir, dans les pires conditions et pour les plus pauvres.

    André Marie est un artiste avec une grande modestie, un immense respect et sa discrétion va avec ambition sur toutes ses créations. Sa liberté de penser est créatrice sur sa vie qu'il offre à chacun et ses paroles résonnent et interpellent comme ses mains accompagnant ses outils de travail.

    Il se refuse à juger, classer ou mettre des étiquettes sur quiconque.
    Il aime simplement, et dans cet Amour, André Marie crée peint et écrit la nuit comme si le temps était absent en éternel présent.
    Il va son chemin, puise dans son évangile et son histoire, emprunte aux sages tibétains, aux sages Soufis, à son ami l'Abbé Pierre et à ceux qui sont soucieux de toujours mettre de la beauté, de la grandeur et à faire cercle autour des paroles de paix.

    Un moine qui invite à la liberté de soi... Si dans la journée il est au travail, la nuit il écrit. Plus de soixante livres dont les titres sont révélateurs: Urgence du partage, Le Dictionnaire amoureux des mots, Au- delà de la vie, l'Amour est ma paroisse, le Rêve d'un monde meilleur, Pardonner, Bénir en toute circonstance. En bon moine bénédictin, il est disciple de Hildegarde de Bingen, Abbesse bénédictine qui au neuvième siècle, poéte, peintre, musicienne,avait des révélations qui lui ont permis de citer des plantes du monde entier et d'en donner les propriétés thérapeutiques.

    Le Pape Benoît XVIl l'a nommée Docteur de l'Eglise. Inspiré par elle, le Père André Marie inclut constamment dans ses créations et ses peintures des pierres, dont il cite la qualité de protection, d'équilibre d'apaisement du stress.

    À l'Unesco, la Ligue Universelle du Bien Publique lui a accordé en 2013 la médaille d'Or de "Meilleurs serviteurs de l'Humanité".

    Une émission de télévision déclarait que le village de Croixrault qu'il habite, était, grâce à lui , le village le plus connu dans le le monde. André Marie en conclut dans ses conférences que l'Amour n'a pas de frontières, que la bonté est la plus grande des forces, qu'elle est contagieuse et que la bienveillance n'a pas de limites.

    Lorsqu'on lui a demandé s'il y avait quelque chose de plus beau que la beauté il a répondu avec tendresse "C'est la laideur lorsqu'elle est embellie, pardonnée, restaurée".

    C'est le but que le Pére André Marie confie à ses peintures: embellir le monde et le coeur des hommes.

    Il a également animé des émissions de radio avec le thèmes tels que : Oser être soi-même,aire du beau pour faire du bien, réveiller l' Amour qui dort en nous. https://www.larevuedelaudela.com/nos-collaborateurs/pere-andre-marie.htm

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  • Eric Fottorino, La vocation journalistique créatrice du Monde à l'Un
    En 1984, Eric Fottorino commence sa vie professionnelle comme pigiste à Libération avant de rejoindre l’équipe fondatrice de La Tribune de l'économie où il explore l’univers des matières premières. Une spécialité encore peu traitée dans la presse française, qu’il développera dans de nombreux journaux économiques (La Vie française) comme dans les colonnes de La Croix, s’attachant à mettre en lumière leur dimension humaine, sociale, géopolitique et mythique. Ce thème lui inspirera son premier essai, Le Festin de la Terre, paru en 1988.

    Après vingt-cinq années passées au quotidien Le Monde, qu’il dirige de 2007 à février 2011, il est le cofondateur de l'hebdomadaire Le 1, lancé en avril 20142, et des trimestriels America (2017), Zadig (2019) et Légende (2020).

    Le 1 est une publication innovante dans la forme — une unique feuille pliée — comme sur le fond : il ne traite qu'un seul grand thème d'actualité à travers les regards d'écrivains, de chercheurs, d’experts et d’artistes. Il ne laisse aucune place à la publicité et se veut exclusivement « un journal de lecteurs ». En novembre 2015, Le 1 a cédé une licence de son concept au quotidien italien La Stampa.
    En mars 2017, il lance avec François Busnel le magazine trimestriel America.

    En mars 2019, Éric Fottorino lance la revue Zadig, un trimestriel de près de 200 pages consacré à la France d'aujourd'hui, qui rassemble des journalistes, des historiens et des romanciers. En synthèse, Le Figaro précise pour la décrire que « chaque numéro évoque un aspect de la France vu par des journalistes, des écrivains et des intellectuels ». La revue est inspirée des expériences réussies de America et du 1.

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    15 min
  • Eric Fottorino, Le roman transgénérationnel
    Éric Fottorino est un journaliste et écrivain français. Son œuvre littéraire explore les zones restées inconnues de sa propre identité, de son roman familial.

    Enfant naturel reconnu et adopté par un pied-noir de Tunisie, Michel Fottorino, auquel il consacrera un récit, L’Homme qui m’aimait tout bas, il est le fils biologique d’un juif marocain natif de Fès. Pièce majeure du récit familial, L’Homme qui m’aimait tout bas est inspiré par le suicide de son père adoptif dont il porte le nom. Ce livre sombre et solaire à la fois montre comment l’absence des liens du sang n’interdit pas la naissance de liens filiaux puissants.

    Questions à mon père (Gallimard 2010) complète ce diptyque des pères, l’auteur interrogeant son père naturel peu avant sa disparition. Dans ce texte de questionnement, Éric Fottorino demande à son père marocain ce que signifie pour lui être juif. « Être juif, répond-il, c’est avoir peur ». L’auteur qui a retrouvé tardivement ce père écrit : « Comme on peut aimer deux enfants, on peut aimer deux pères à la fois. » Le père n’a pas reconnu le fils, c’est le fils qui a reconnu le père, offrant à chacun d’eux comme une renaissance.

    Avec Dix-sept ans (Gallimard 2018), Éric Fottorino aborde frontalement la figure de sa mère qui n’était jusqu’alors dans son œuvre qu’un profil perdu. Cette jeune femme devenue fille-mère à l’âge de dix-sept ans est source d’admiration et d’incompréhension pour l’enfant, d’inquiétude aussi quand elle le laisse seul ou semble disparaître.

    À travers ces récits et romans dont il souligne qu’ils sont « traduits du silence », Éric Fottorino tente depuis plus de trente ans de s’inventer une famille.

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    15 min
  • Jean-Paul Delfino, le passionné de Suzanne Valadon
    Jean-Paul Delfino est l’auteur et le conteur à l'accent aixois et truculent d’une quarantaine de romans portés par une passion communicative. Presque tous sont écrits à la lumière de la littérature et de la musique brésiliennes dont il est l’un des meilleurs spécialistes mondiaux.

    Son autre passion pour Suzanne Valadon et le travail d’archives qu’il a réalisé sur la peintre, lui ont valu d’être adoubé par les conservateurs de l’exposition Valadon de Pompidou-Metz et de collaborer aux actes de colloque Valadon. Modèle de Renoir, muse de Degas, égérie de Satie et grand amour de Toulouse- Lautrec, Suzanne Valadon (1865-1938) a d’abord été écuyère de cirque avant de devenir modèle pour les plus grands. Femme libre et farouchement indépendante, elle se lance elle-même dans la peinture et devient la première femme admise à la Société Nationale de Beaux-Arts.

    Elle est la mère d'un maître avec lequel elle avait une relation fusionnelle et conflictuelle, Maurice Utrillo. Le roman de Delfino la cueille à la fin de sa carrière, bien après la brouille avec son fils. Entre l’absinthe, le tabac, un jeune amant qui la couve (Gazi le Tatar, de trente-cinq ans son cadet), Francis Carco qui veut écrire sa biographie et l’efflorescence trouble de ses souvenirs, Suzanne se raconte. Entre vérité et légende, l’histoire d’une femme libre à en mourir. Les mille vies de Suzanne l’insoumise, l'affranchie de Montmartre.

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    15 min
  • Diego Masson, "Gratitude envers Varian Fry qui m'a sauvé la vie en 1941"

     

    Merci à Marie-José Georges, responsable de la communication du Centre Pompidou Metz grâce à qui cette rencontre a été rendue possible. Merci également à Matthieu Verdeuil pour son documentaire Visas pour la liberté qui retrace cette histoire poignante, l'histoire du journaliste américain Varian Fry, envoyé à Marseille pendant la Seconde Guerre mondiale avec une liste de 200 artistes, intellectuels, juifs et antinazis pour les aider à quitter la France occupée. Il parviendra à sauver plus de 2000 personnes du régime de Vichy, en partance vers l’Amérique. Cette histoire oubliée ressurgit aujourd’hui dans un quartier sensible de Marseille qui abritait alors à la Villa Air-Bel André Breton et le groupe des surréalistes en exil.

    André Masson a lui aussi bénéficié de l’aide de Varian Fry et participé aux créations collectives surréalistes, notamment le jeu de carte de Marseille. Son fil Diego est l’un des témoins essentiels de cette histoire, en chemin vers les États-Unis. Fils de l'artiste André Masson et neveu par alliance du psychanalyste Jacques Lacan, Diego Masson témoigne de son rapport familial et inspirant avec ces deux figures culturelles majeures de notre Histoire auxquelles le Centre Pompidou Metz a consacré simultanément deux expositions capitales. Diego Masson est lui-même un musicien accompli et un chef d'orchestre novateur. Il a étudié le piano et la composition au Conservatoire de Paris. Dès l'obtention de son diplôme, il rejoint le Domaine musical comme percussionniste et entame des études de direction d'orchestre auprès du directeur du groupe, Pierre Boulez. En 1966, il crée Musique Vivante, un groupe spécialisé dans la musique contemporaine qu'il dirige jusqu'en 1989. Il revient sur ses années d'enfance durant la guerre et raconte comment le "Juste" Varian Fry lui a sauvé la vie ainsi qu'à toute sa famille à Marseille en 1940 et 1941.

    Fry était officiellement à Marseille en tant que journaliste mais en fait envoyé par l'Emergency Rescue Committee (ERC) (Comité de sauvetage d'urgence) qui officia sous le nom de « Centre américain de secours », le 14 août 1940. « Fry est arrivé à Marseille en août avec 3 000 dollars, une petite valise et une liste de quelque deux cents écrivains et artistes en danger. Presque immédiatement il s'est trouvé confronté à un drame humain majeur et ce qui devait être une mission de reconnaissance de trois semaines se transforma en une aventure éprouvante de treize mois ». L'opération de sauvetage consistait à attribuer deux cents bourses à « certains des meilleurs scientifiques et universitaires européens » pour les aider à fuir l’Europe et à se réinstaller outre-Atlantique. Sa mission était d'aider des intellectuels, artistes, écrivains et antinazis, dont certains militants trotskystes6, à fuir l'Europe. Il s'installa tout d'abord à l'hôtel Splendide où il avait rencontré un autre Américain, Franck Bohn, envoyé par la Fédération américaine du travail (AFL) et aidé par le Jewish Labor Committee (JLC) pour aider des militants syndicalistes ou socialistes à s'enfuir.

    Malgré la surveillance du régime de Vichy, il cache de nombreuses personnes et les aide à s'enfuir. Il loge pendant quelques mois à la villa Air-Bel. Plus de 2 200 personnes se réfugièrent notamment au Portugal, alors neutre, avant de se rendre aux États-Unis. D'autres passèrent par la Martinique, comme André Breton, André Masson et sa famille ou Victor Serge. Les plus proches collaborateurs de Varian Fry furent Miriam Davenport (en), ancienne étudiante de l'Institut d'art et d'archéologie à la Sorbonne, Mary Jayne Gold, héritière à la vie romanesque, Daniel Bénédite, Albert Hirschman, Franz von Hildebrand (Franzi von Hildebrand), Charles Fawcett, Leon Ball, Jean Gemähling ou Charles Wolff. Il a également bénéficié de l'aide financière de Peggy Guggenheim. Fry fut grandement aidé par Hiram Bingham IV, vice-consul américain à Marseille, qui combattit l'antisémitisme du département d'État et sa politique frileuse en matière de visas. Hiram Bingham IV n'hésita pas à délivrer des milliers de visas, vrais ou faux. Visas et faux papiers furent organisés par tous les moyens disponibles, y compris des contacts avec le « milieu » marseillais. Ils sont finalement près de deux mille à en bénéficier, généralement des intellectuels ou des artistes de renom comme Claude Lévi-Strauss, Max Ernst, André Breton, Hannah Arendt, Marc Chagall, Lion Feuchtwanger, Heinrich Mann, Walter Mehring, Alma Mahler, Anna Seghers, Arthur Koestler, Jacques Hadamard ou Otto Meyerhof. Quant aux autres, les anonymes qui ne sont pas sur la liste et qui assiègent jour et nuit le consulat américain, ils n’ont guère d’illusions à se faire, car, comme l’explique Varian Fry dans son livre Surrender on Demand, « nous refusons d'aider quiconque n'est pas recommandé par une personne de confiance ». Cette politique déplut au régime de Vichy et au gouvernement américain, alors neutre dans le conflit européen. L'intendant de police de Marseille, Maurice de Rodellec du Porzic, obtint son départ. Après s'être fait confisquer son passeport par les autorités américaines, Varian Fry dut peu après quitter le territoire français le 16 septembre 1941.

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    15 min
  • Olivier Weber, un correspondant de guerre poète
    Qu'est-ce qui motive Olivier Weber à prendre autant de risques pour témoigner de ces guerres lointaines et des souffrances humaines en esthète? Amoureux des livres de voyageurs et d'aventuriers, ses modèles sont Jack London, Joseph Kessel, Joseph Conrad mais aussi Goethe et Cervantès. Quoi de plus évident pour cet écrivain voyageur que de rendre hommage à Joseph Kessel, qui fut tout à la fois romancier, reporter, combattant et académicien ?

    Olivier Weber nous raconte comment il a en quelque sorte, marché dans les pas du grand romancier. "Les livres c'est ma famille, c'est un pays sans frontière, c'est un passeport". Comme correspondant de guerre pour le The Sunday Times, Libération, Le Point, Olivier Weber a couvert plus d'une vingtaine de conflits dans le monde, en Irak, en Birmanie ou en Afghanistan aux côtés du commandant Massoud puis de son fils. Il a été jusqu'à infiltrer des guérillas et des cartels de trafiquants de drogue. Devenu ambassadeur de France itinérant de 2008 à 2013, il a lutté contre le trafic des êtres humains.

    Qu'est-ce qui motive un homme à prendre autant de risques pour témoigner de ces guerres lointaines ou des souffrances humaines ? "Pour moi, le reportage il commence ici, il commence aux portes de Paris dans nos banlieues, dans des villes de Province, dans les restaurants, dans les arrière-boutiques, dans les arrière-cuisines, pour voir les gens, ce qui est important c'est la passion de l'humain."

    "J'ai davantage appris des guerres par des romans que par des essais." Lauréat des prix Albert-Londres et Joseph-Kessel, pour ne citer qu'eux, Olivier Weber affirme "ne plus faire, ou très peu, de distingo entre la littérature du réel, qui est le grand reportage, qui est le document, qui est le récit, qui est l'essai, et deuxièmement l'imaginaire, la fiction. Parce que la fiction vous permet de réenchanter le réel et de mieux l'expliquer." Les livres qui ont changé sa destinée ? "Götz von Berlichingen", de Goethe, et "Don Quichotte" de Cervantes.

    Des livres qu'à l'âge de huit ans il lisait sous sa couette au pensionnat. "J'ai eu la chance d'avoir entre les mains des livres de Goethe et de Cervantès". Adolescent, ce fils d'une famille modeste du Mercantour lisait "Goethe en allemand et Cervantès en espagnol à [ses] chèvres". Jeune berger dans la vallée de la Roya, il rêvait de "parcourir le monde" et de franchir ce qu'il appelle les "frontières visibles et les frontières invisibles", celles qui séparent les hommes en castes et en milieux sociaux.
    "Si tu dois traverser l'Enfer, continue à voyager, à travailler et à aimer: J'étais malheureux dans ma tête", explique-t-il, ce pourquoi en regardant des montagnes il se disait "je peux les franchir, je peux espérer de meilleurs lendemains". Aujourd'hui encore, "l'espérance d'un meilleur avenir", c'est cela qui l'anime. "J'écris avec cette sensation, ce sentiment, je crois qu'on on écrit non pas dans le malheur, mais dans ce besoin d'espérance."

    Olivier Weber est l'auteur de près de 30 romans, essais et biographies. Il a été secouriste en mer à Nice, a suivi des études d'économie et d'ethnologie, il est titulaire d'un un doctorat de droit international et d'un diplôme américain en management, il a appris l'indonésien et le malaisien. "Toutes ces marches ont été gravies une par une, je ne pense pas que j'ai du mérite", dit-il. Pour lui, le secret c'est le travail, il dit "le travail, le travail, le travail", comme Jack London en son temps. "20 ans d'efforts" et une vie à écumer les pages d'innombrables livres. "Les livres c'est ma famille, c'est un pays sans frontière, c'est un passeport.

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