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Le Concerto pour piano de Gershwin à Monaco avec Jorge Luis Prats et l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Lio Kuokman, la jeune pianiste russe Alexandra Dovgan à la Fondation Louis Vuitton et la Symphonie n°4 de Mahler par l’Orchestre National de Lyon dirigé par Nicolaj Szeps-Znaider : découvrez la sélection Radio Classique des rendez-vous à ne pas manquer dans les prochains jours.
C’est une œuvre plutôt rare qui sera donnée par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par le chef macanéen Lio Kuokman : le Concerto pour piano de Gershwin. Il sera joué par le pianiste cubain Jorge Luis Prats. Au programme également Three Danse Episodes de la comédie musicale On the Town de Bernstein, l’Adagio pour cordes de Barber et les Danses symphoniques de Rachmaninov. Ce concert sera diffusé sur Radio Classique le dimanche 13 juillet à 20 heures.
Elle fêtera son 18e anniversaire dans quelques semaines : le jeune pianiste russe Alexandra Dovgan est l’invitée de la Fondation Louis Vuitton dans le cadre des récitals Piano nouvelle génération. Elle jouera la Sonate n°17 « La Tempête » de Beethoven, la Barcarolle et la Fantaisie en fa mineur de Chopin, ainsi que Prélude, Choral et Fugue de Franck et la Sonate n°2 de Prokofiev. Ce concert sera diffusé sur Radio Classique le samedi 24 mai à 20 heures.
La Symphonie n°4 est l’une des symphonies avec voix de Mahler. C’est qui comporte, dans le quatrième et dernier mouvement le célèbre lied Das himmlische Leben (La Vie céleste). Il sera chanté par la soprano britannique Louise Adler avec l’Orchestre national de Lyon dirigé par Nicolaj Szeps-Znaider. En première partie de ce concert : Fidl-Fantazye du compositeur américain Noah Bendix-Balgley. Cette œuvre pour violon et orchestre créé en 2015, qui cite des thèmes de Mahler, sera jouée par le compositeur, qui est par ailleurs premier violon solo de l’Orchestre Philharmonique de Berlin. Ce concert sera diffusé sur Radio Classique le dimanche 25 mai à 20 heures.
Jean-Michel Dhuez
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A l’occasion de la nouvelle production du ballet Sylvia à l’Opéra national de Paris, la danseuse étoile Roxane Stojanov et le violoniste Frédéric Laroque seront, ce vendredi 9 mai à 20h, les invités du Journal du Classique.
C’est une nouvelle version du ballet Sylvia qui fait son entrée au répertoire de l’Opéra national de Paris. Manuel Legris, qui en a signé la chorégraphie, retrouve, à cette occasion, une maison qu’il connait bien, où il a brillé en tant qu’étoile durant de nombreuses années et où il a dansé Sylvia mais avec les pas d’autres chorégraphes.
Ce spectacle est à découvrir jusqu’au 4 juin au Palais Garnier.
Nous en parlerons ce soir avec l’une de ses interprètes, Roxane Stojanov, nommée en décembre dernier au rang d’étoile. Elle alternera ici les rôles de Diana et de Sylvia. Frédéric Laroque, le premier violon solo de l’orchestre de l’opéra nous éclairera, quant à lui, sur les spécificités du ballet, du point de vue de la fosse, et la richesse de la partition de Léo Delibes.
Laure Mézan
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En 1987 est diffusée au Festival de Cannes une production anglaise ambitieuse, une déclaration d’amour à l’opéra en 24 images par seconde, portée par des artistes lyriques et artistiques de renom. Aria était une œuvre collaborative, qui malgré le soutien d’un célèbre label de disques américain n’a pas véritablement eu le succès escompté lors de sa diffusion.
Aria est un film à sketches qui met à l’honneur l’art lyrique en adaptant des airs connus, donnant carte blanche à plusieurs metteurs en scène issus du monde du cinéma – Jean-Luc Godard, Ken Russell, Robert Altman, Nicolas Roeg … – de la télévision – Derek Jarman, Franc Roddam, Julien Temple – et du théâtre – Bill Bryden. Sans oublier une bande-son puisée dans le catalogue de la RCA dont la distribution est des plus prestigieuse : Leontyne Price, Enrico Caruso, John Eliot Gardiner, Erich Leinsdorf ou Georg Solti pour ne citer qu’eux.
Un exercice de réalisation pour le moins difficile, car contrairement à Fantasia qui pouvait laisser libre cours à l’imaginaire des dessinateurs pour adapter un monde symphonique dénué de toute représentation mentale, Aria investit un terrain saturé d’images et de figures iconiques, rendues populaires par les nombreuses mises en scènes, illustrations et adaptations du monde opératique. Un projet où des choix artistiques radicaux doivent être pris, ayant laissé perplexe le public et la critique lors de sa diffusion en 1987. Ce qui n’a pas empêché le film de concourir dans la sélection officielle du Festival de Cannes quelques mois plus tôt.
Ainsi, les airs de Rameau, de Verdi, de Wagner, ou bien encore de Puccini, se déploient à travers différentes histoires/ situations, faites de néons et de machines à sou, de bodybuilders et de coiffures peroxydées, de costumes d’époque et de commedia dell’arte, d’ésotérisme et de classicisme, pour le meilleur… et le moins bon !
On retiendra ainsi la balade au crépuscule d’un couple d’amants vivant sa dernière nuit dans un Las Vegas clinquant et chimérique – relecture brillante du Tristan et Isolde de Wagner par Franc Roddam où résonne la voix puissante de Leontyne Price à travers l’air du « Liebestod ». On notera également le beau segment signé Ken Russell, où un accident de voiture vire à un rituel égypto-maçonnique sur l’air de « Nessun Dorma » de Turandot, mais aussi, les adieux d’une diva à la scène qui se remémore ses souvenirs de jeunesse. Une séquence pleine de douceur et de mélancolie réalisée par Derek Jarman, rappelant le temps d’une courte introduction les expérimentations colorisées des Frères Lumière sur un air de Louise de Gustave Charpentier, « Depuis le jour ». Enfin, l’hommage rendu à Rigoletto de Verdi par Julien Temple vaut le visionnage pour son sosie d’Elvis animant les soirées dansantes d’un célèbre motel californien « le Madonna Inn », chantant, à coup de lasso imaginaire, « La donna è mobile ».
Un long-métrage, qui, pour son producteur Don Boyd, dénicheur de talents du milieu underground britannique et fin a eu le mérite « d’attirer un public jeune et peu familier avec le monde de la musique classique », un critique américain, Bob Strauss, ayant qualifié Aria de « MTV – chaîne de télévision américaine populaire autrefois spécialisée dans les vidéo-clips – mais avec de la grande musique et de belles idées. » (D.S. Diffrient, Omnibus Films).
Mais bien plus qu’un effet de style ou un format calibré pour MTV, il faut également voir dans ce film le fruit d’une réflexion, qui selon la musicologue Marcia J. Citron dans son essai Opera on screen, invite le spectateur « à reconsidérer ce qu’est une forme d’art vénérable dans une société saturée d’images. » De quoi redonner de la voix à un film qui mériterait le coup d’oreille.
Clément Serrano
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C’est en compagnie de Camille Saint-Saëns que Radio Classique vous propose de passer cette soirée de dimanche.
Vous pourrez écouter ses plus grandes œuvres, comme son Concerto pour piano n°2 dans l’interprétation de Philippe Entremont avec l’Orchestre de Philadelphie dirigé par Eugene Ormandy en 1964, Introduction et Rondo Capriccioso par Itzhak Perlman et l’Orchestre Philharmonique de New York placé sous la direction de Zubin Mehta en 1987 ou encore la Danse Bacchanale extraite de Samson et Dalila, toujours par l’Orchestre Philharmonique de New-York dirigé cette fois par Leonard Bernstein en 1967, ainsi que la Danse Macabre par l’Orchestre Symphonique de Pittsburgh dirigé par Lorin Maazel.
Cette soirée sera aussi l’occasion de croiser des compositeurs qui ont compté pour Saint-Saëns : Liszt qui a permis la création de Samson et Dalila, ou encore Wagner, Tchaïkovski, mais aussi Fauré et André Messager qui ont été ses élèves. Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.
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Un événement unique à Londres : Goûtez aux plats préférés de Haendel
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Radio Classique vous propose de revivre le concert donné le 2 février dernier à l’Auditorium Rainier III par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Kazuki Yamada, dans le cadre de Mozart à Monaco.
Entièrement consacré à Mozart, il s’ouvrait par une œuvre de jeunesse, le Divertimento en ré majeur K 132 composé en 1772, suivi du Concerto pour violon n°1 interprété par le jeune pianiste ukrainien Bohdan Luts, né en 2004. La soirée était d’ailleurs placée sous le signe de la jeunesse, puisque la violoniste russe Alexandra Lovdan, née en 2007, a joué le Concerto pour piano n°12.
A propos de ce concerto composé en 1782, Mozart a dit « Il tient le juste milieu entre le trop difficile, et le trop facile. Il est très brillant, agréable à l’oreille, sans tomber dans la pauvreté. » Ce concert se terminait par la Symphonie n°40, la plus dramatique des symphonies de Mozart. Il sera présenté par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique grâce au DAB+ à Monaco et dans de nombreuses villes de France.
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Un événement unique à Londres : Goûtez aux plats préférés de Haendel
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Le samedi 31 mai et le dimanche 1er juin, seront proposées à Londres dans la maison-musée de Georg Friedrich Haendel, deux conférences/démonstrations autour de la cuisine qui était concoctée pour le grand compositeur saxon et ses invités au début du XVIIIe siècle.
Heureux ceux qui séjourneront à Londres lors du pont de l’Ascension. Ils pourront assister, après inscription (moyennant 20 £), à une expérience inédite. Deux historiens de la gastronomie, Marc Meltonville et Robert Hoare, présenteront en détail la cuisine d’époque géorgienne et les plats que les cuisiniers de Georg-Frierdrich Haendel auraient pu préparer pour lui et ses invités lors de sa résidence londonienne.
Ces conférences participatives se dérouleront dans la cuisine de la maison qu’occupa le compositeur de 1723 jusqu’à sa mort en 1759, au 25 Brook Street, juste à côté de l’immeuble dans lequel résida Jimi Hendrix dans le quartier de Mayfair. Pour l’occasion, les deux experts, en tenue et avec des ustensiles d’époque, réaliseront et commenteront des plats de cette période et les heureux participants inscrits pourront déguster, en fin de démonstration, un syllabub, sorte de pudding très en vogue alors en Angleterre.
Selon les historiens, Georg Friedrich Haendel recevait beaucoup et la qualité de sa table était réputée parmi ses amis, clients ou collègues musiciens. D’après le site Gramophone, « Il est même possible que les talents musicaux et culinaires de Haendel aient été combinés avec ceux du chanteur Gustavus Waltz, une basse qui chanta pour lui et qui, pendant un temps, semble avoir été son cuisinier ».
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À titre d’exemple, on raconte que, lors d’un repas, furent servis : « une soupe de riz et de mouton, des petits pâtés, des oreilles d’agneau et un pâté à l’anguille. Le tout accompagné de claret français, vin du Rhin et Madère ».
À propos de la pièce où se dérouleront ces conférences, Simon Daniels, le directeur de la Haendel/Hendrix House, précise : « Il s’agit d’une cuisine de maison de ville d’inspiration géorgienne fidèlement reconstituée, la seule de ce type ouverte au public à Londres. Cet espace unique est équipé de tout ce qui permettait à un cuisinier (de l’époque) de créer les derniers plats venus de France, qui ont révolutionné la gastronomie britannique ». S’ils le disent !
Get a Handel on cooking: the kitchen of the great composer at the @HandelHendrix House in Mayfair will be alive with the smells of Georgian cooking on Sat May 31 and Sun June 1 (10h-17h), as food historians cook dishes and prepare drinks that Handel would have enjoyed. pic.twitter.com/mKO755baAD
— Opera with Opera News (@operamagazine) May 8, 2025
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Pour la première fois, le prestigieux Philharmonique de Vienne jouera à l’Opéra de Paris
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Après quatre tours de scrutin, les cardinaux réunis en conclave depuis mercredi au Vatican ont désigné Robert Francis Prevost, 69 ans, pour succéder au pape François. C’est le premier Américain à accéder au titre suprême de l’église catholique.
C’est à 18h08 que la fumée blanche que la fumée blanche est apparue au-dessus des toits de la chapelle Sixtine, signifiant qu’un nouveau pape avait été élu. Une heure plus tard devant la foule réunie place Saint-Pierre, Robert Francis Prevost, désormais Léon XIV, est apparu au balcon de la basilique.
Qualifié d’homme d’écoute et de synthèse, classé parmi les modérés, et connaissant autant le terrain que les rouages du Vatican. Un évêque « ne doit pas être un petit prince assis en son royaume, il doit être proche du peuple qu’il sert et marcher avec lui, souffrir avec lui », déclarait-il en 2024 au site internet Vatican News.
Natif de Chicago (le 14 septembre 1955), Mgr Prevost a passé deux décennies au total au Pérou, où il a mené une œuvre missionnaire et est devenu archevêque-évêque émérite de Chiclayo, dans le nord du pays. Créé cardinal en 2023 par François qui a porté son ascension au Vatican, il était avant son élection membre de sept dicastères (l’équivalent de ministères au Vatican).
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Robert Francis Prevost occupait notamment la tête du puissant dicastère des évêques, ce qui en faisait le conseiller du précédent pape sur les nominations des prélats. François appréciait particulièrement cet homme souvent qualifié de discret et réservé, et qui s’est immergé des années durant dans les « périphéries », ces territoires éloignés ou délaissés jusqu’ici par l’Eglise.
Sa connaissance profonde du droit canon l’a aussi rendu rassurant aux yeux des cardinaux conservateurs aspirant à une attention plus grande portée à la théologie.
Moment historique pour l’Église catholique et ses millions de fidèles. Au Pape Léon XIV, à tous les catholiques de France et du monde, j’adresse un message fraternel.
En ce 8 mai, que ce nouveau pontificat soit porteur de paix et d’espérance.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 8, 2025
Lors de son apparition au balcon de la basilique Saint-Pierre, le nouveau pape Léon XIV a lancé un « appel de paix à tous les peuples ». Le premier pape américain de l’Histoire a également appelé à « construire des ponts à travers le dialogue appelant à aller de l’avant, sans peur, unis, main dans la main avec Dieu et entre nous ».
Philippe Gault (avec AFP)
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Over the Rainbow est une des chansons les plus emblématiques de l’histoire du cinéma, incarnée par la figure éternelle de Judy Garland. Le morceau a-t-il des origines bien plus obscures qu’une simple illumination de la part de son compositeur, Harold Arlen, sur les routes d’Hollywood ? C’est ce que nous allons découvrir.
Over the Rainbow – et non Somewhere Over the Rainbow qui est une déformation du titre original – est une mélodie rendue populaire par le film Le Magicien d’Oz, un des premiers films en technicolor réalisé – en grande partie – par Victor Fleming et sorti sur grand écran aux Etats-Unis en 1939. Un film musical adapté du roman éponyme de Lyman Frank Baum où l’on suit la jeune Judy Garland dans le rôle de Dorothy, une orpheline originaire du Kansas qui, après une violente tornade, se retrouve propulsée dans le monde fabuleux d’Oz.
Lauréate d’un Oscar pour la meilleure chanson originale en 1940, elle est le fruit de la collaboration entre le compositeur Harold Arlen et le parolier Yip Harburg. Selon le musicologue Walter Frisch dans son essai Harold Arlen and His Songs, l’histoire voudrait que ce soit lors d’une sortie en voiture à Hollywood qu’Arlen eut l’idée de cet air devenu si célèbre, le musicologue rappelant les propos tenus par le compositeur à un journaliste : « J’ai dit à Madame Arlen, – son épouse- “Allons au Grauman’s Chinese.” Je lui ai dit “Tu conduis la voiture. Je ne me sens pas d’attaque.” Je ne pensais pas au travail. Du moins je n’en n’étais pas conscient. J’avais juste besoin de me détendre un peu. Quand nous étions arrivés au Schwab’s Drug Store sur Sunset [Boulevard] je lui ai dit : “Arrête-toi s’il te plaît.” Et elle savait très bien pourquoi : quand nous nous sommes arrêtés et je ne sais vraiment pas pourquoi, j’ai – bénies soient les muses – pris un petit morceau de manuscrit et j’y ai griffonné ce que vous connaissez sous le nom de “Over the Rainbow […]. »
Un air qui résonne dans toutes les têtes et qui, encore aujourd’hui, fait l’objet de nombreuses reprises – on peut penser au swing de Jerry Lee Lewis, au ukulélé rêveur de Iz, au clavier habité de Keith Jarrett, à la voix puissante de Beyoncé.
Les amateurs d’opéra pourront déceler quelques inspirations classiques qui ponctuent ça et là la mélodie, comme cette impression de déjà-vu dans l’intermezzo de l’opéra Guglielmo Ratcliff de Pietro Mascagni ou cet élan lyrique qui traverse Le Chant à la Lune de Rusalka, la grande œuvre opératique d’Antonin Dvorak. Un héritage musical assumé ou inconscient qui rattache Over the Rainbow à la croisée des genres et confirme sa portée universelle.
Intermezzo – Guglielmo Ratcliff – Pietro Mascagni
Le Chant à la Lune – Rusalka – Antonin Dvorak
Et pourtant, une redécouverte dans les archives de Bergen en Norvège par un pianiste du nom de Rune Alver pourrait bien apporter un regard nouveau sur l’origine de cette fameuse mélodie. Une partition publiée en 1910 dont le thème rappelle furieusement… la composition d’Harold Arlen ! Son nom ? Le Concert Etude op.38 de la compositrice norvégienne Signe Lund. Ecoutez plutôt :
Concert Etude, op. 38 – Signe Lund
Pour son redécouvreur et interprète, Rune Alver, cette ressemblance est loin d’être le fruit du hasard : « Bien sûr qu’il s’agit de plagiat » peut-on lire dans un article du Hollywood Reporter, “Scandal in Oz: Was “Over the Rainbow” Plagiarized?”. On apprend ainsi que c’est dans le cadre d’une recherche dédiée à la musique de Signe Lund que le pianiste met la main sur cette partition dix ans plus tôt : « Il avait trouvé la pièce classique enfouie dans des archives et pensait qu’elle n’avait pas été entendue depuis peut-être un siècle. Mais alors qu’il plongeait dans la deuxième section, intitulée Cantando, il sentit un frisson lui parcourir le dos. La mélodie ne lui rappelait pas seulement quelque chose qu’il avait entendu auparavant – elle était emblématique. Il a immédiatement reconnu les notes d’ouverture inoubliables de « Over the Rainbow » peut-on lire dans l’article. Une étude que Rune Alver intègre dans son album consacré à la musique pour piano de Signe Lund, Etudes poétiques, paru en 2020.
Née en 1868, Signe Lund fut une figure importante de la musique norvégienne. Ses voyages fréquents aux Etats-Unis feront d’elle une ambassadrice influente de son pays, multipliant les concerts sur le territoire américain. D’abord portée par des idéaux socialistes et progressistes, sa sympathie pour l’idéologie nazie poussera la compositrice à rejoindre en 1935 le parti d’extrême-droite norvégien, Nasjonal Samling, mettant ainsi un terme à sa carrière et à sa renommée. Concernant les études proposées par Rune Alver dans son album, il s’agit d’œuvres « composées entre 1896 et 1928, quand Signe Lund était une socialiste engagée et une féministe dévouée » peut-on lire sur le site du label, Lawo Classics.
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Reprise intentionnelle, réécriture inconsciente ou pure coïncidence ? Le mystère reste entier, même si une hypothèse, émise par le Hollywood Reporter, pourrait offrir de nouvelles pistes : celle de Harold Arlen, jeune musicien, qui, à la fin des années 1910, aurait pu avoir eu vent des mélodies de Signe Lund via son professeur de piano, Arnold Cornelissen, qui fréquenta les mêmes cercles que la compositrice norvégienne au moment de ses pérégrinations américaines… Affaire à suivre !
Clément Serrano
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A l’occasion de la nouvelle production du Vaisseau fantôme de Wagner à Toulouse, Michel Fau sera, ce jeudi 8 mai à 20h, l’invité du Journal du Classique.
Passionné, depuis son enfance, par la musique de Wagner, Michal Fau fait ses débuts dans cet univers en signant la mise en scène du Vaisseau Fantôme au Théâtre national du Capitole de Toulouse, une maison qu’il connaît bien pour y avoir monté plusieurs spectacles mémorables, dont Elektra de Strauss et Wozzeck de Berg.
Il nous éclairera ce soir sur sa conception de cette oeuvre de jeunesse, le premier grand opéra romantique de Wagner dans lequel s’exprime déjà le génie créatif du compositeur. Cette production, dirigée par Franck Beermann, avec Aleksei Isaev dans le rôle-titre, sera présentée du 16 au 27 mai et fera l’objet d’une retransmission le 22 juin sur Radio classique.
Laure Mézan
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Au tournant de 1933, à l’âge où il serait en droit d’attendre un couronnement de sa longue carrière, le maréchal von Hindenburg doit prendre une décision terrible : appeler Hitler à la chancellerie…
L’Allemagne est en plein marasme. Sortie tout juste de la crise de Wall Street de 1929, les répercussions sont telles qu’au moment du constat des dégâts, il était inimaginable que le pays s’en remette. On comptait 6 millions de chômeurs, des salaires en baisse et des impôts en hausse dus à une extraordinaire inflation. La sécurité en a pâti aussi.
C’est dans ce chaos que prospère un parti : le NSDAP, le parti national-socialiste des travailleurs allemands. Ceux qu’on surnomme les « nazis » ont réussi à passer en 4 ans de 2 à 30 % dans les sondages. Tout ça grâce à une promesse faite aux Allemands : le plein emploi. Et celui qui est à sa tête est un homme de 42 ans qui se trouve maintenant être candidat à la présidentielle et qui s’appelle Adolf Hitler.
Le président sortant, le maréchal von Hindenburg, a 84 ans. C’est un homme corpulent avec une coupe en brosse, les cheveux très blancs, un regard sévère et des moustaches en pointe bouclée, typiques des officiers de la Reichswehr. Il est le héros de la guerre de 1914 pour les Allemands.
Il a remporté une bataille majeure contre les Russes et est vu comme le sauveur de l’état-major allemand. Il vit dans la nostalgie de l’Empire. À 84 ans, il n’avait pas tellement envie de ce deuxième mandat. Mais il y va pour faire rempart à la fois aux communistes et aux nazis.
Nous sommes le soir du 10 avril 1932 à Berlin. Les Allemands retiennent leur souffle, puisqu’ils attendent le résultat de l’élection présidentielle. Le climat est explosif. Il y a trois candidats qui s’opposent pour cette élection à la présidence de la République de Weimar : le chef du nouveau parti nazi en pleine expansion, Hitler, le chef du Parti communiste Ernst Thälmann et le candidat de la droite, le maréchal von Hindenburg. Le soir du 10 avril 1932, les résultats tombent : réélection d’Hindenburg avec 53 % des voix, le candidat communiste plafonne à 10 %, mais Hitler, lui, est arrivé à 36 %.
Le maréchal-président a empêché Hitler d’accéder à la présidence, il a gagné sa bataille. Hindenburg pourrait s’en tenir là et gouverner avec la droite et les sociaux-démocrates, mais il y a un souci. Le président déteste les sociaux-démocrates car il les tient pour responsables de tous les maux qui affectent l’Allemagne de l’époque, comme la défaite de 1918 ou encore la faiblesse du régime de Weimar. Alors il dissout le Reichstag et provoque des élections législatives.
À ce moment-là, les nazis possèdent 37 % des sièges et les communistes 14 %. Avec une majorité effacée pour le président, Hitler se voit déjà chancelier, donc chef du gouvernement. Le journal Die Zeitung, organe de la propagande nazie et animé par Goebbels, écrit : « Nous sommes aux portes du pouvoir. Une fois installés, nous ne le céderons plus. »
En réalité, si le président reçoit Hitler, c’est par obligation. Il lui dit : « Je ne peux pas vous donner la chancellerie, vous voulez monopoliser le pouvoir ». Il lui donne alors le poste de vice-chancelier. Hitler est surpris, humilié, et refuse évidemment le poste. Il quitte le palais furieux, et va tout faire pour empêcher Hindenburg de former un gouvernement.
Pour la deuxième fois, le président dissout le Reichstag en novembre 1932. À ces nouvelles élections, les nazis vont perdre des sièges et tomber à 33 %, alors que les communistes montent à 17 %, et l’impasse reste la même. Hindenburg n’a toujours pas de majorité.
Il décide de changer de stratégie et reçoit à nouveau Hitler : « Je reconnais la haute pensée qui vous anime, vous et votre mouvement. C’est pourquoi je me réjouirai de vous voir associé au gouvernement. » Avant d’accéder au pouvoir, Hitler a compris qu’il fallait rassurer la droite et les milieux économiques qui tiennent l’Allemagne. Pour ce faire, il va organiser des réunions dans la villa de Ribbentrop à Berlin.
Il multiplie les promesses aux industriels, aux financiers, aux grands propriétaires terriens : à tous ceux qui possèdent encore l’Allemagne. Ils renoncent même à une partie de son rêve de revendiquer tous les ministères. Un pacte est conclu à la fin de janvier 1933. Hitler obtient la chancellerie, le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Air. Le reste est encore tenu par la droite classique et si elle accepte de gouverner avec Hitler, c’est uniquement parce qu’elle pense pouvoir le neutraliser, lui et son parti en pleine progression.
Ce fameux pacte contient quand même une clause spéciale. Hitler exige que le Reichstag soit dissous. Le Führer garde son objectif : obtenir la majorité absolue et ensuite demander le vote des pleins pouvoirs. Le 30 janvier 1933 à 12h, Hitler est au pouvoir. Les SA, contraction de « Sturmabteilung », qui est la puissante organisation paramilitaire national-socialiste, défilent aux flambeaux devant le palais présidentiel.
Ils célèbrent l’accession de leur chef à la chancellerie. L’ambassadeur français, André François Ponce, présent à ce moment-là, décrit la scène : « Les torches qu’ils brandissent forment un fleuve de feu, un fleuve en crue qui pénètre d’une poussée souveraine au cœur de la cité. Il roule sous les fenêtres du maréchal, et le vieillard est là, debout, appuyé sur une canne, saisi par la puissance du phénomène qu’il a lui-même déclenché ».
Pour la troisième fois en un an, Hindenburg dissout le Reichstag. Les élections se tiennent un mois plus tard : délai record. Hitler reste prudent. Il doit continuer à séduire le public. Le 3 février 1933, il réalise son premier discours, qui dure deux heures. Destiné aux généraux, il leur promet le réarmement de l’Allemagne, le rétablissement du service militaire et le retour du pays parmi les grandes puissances.
Pour la suite, il va tout simplement appliquer à la lettre la consigne politique du vieux maréchal en écartant les partis de gauche au nom de l’unité nationale. Le 4 février, une première ordonnance est signée permettant aux nazis de chasser de l’administration les fonctionnaires gauchistes.
Le 10 février, Hitler continue en faisant une grande annonce dans son discours de lancement de campagne au Palais des sports de Berlin. Il veut éradiquer le marxisme d’Allemagne. La mise en exécution de cette ordonnance commence le soir du 27 février, alors que le maréchal est en train de dîner au RN Klopp qui se trouve juste derrière le Reichstag. Soudain le ciel s’embrase, tout le monde s’approche des fenêtres, le Reichstag est en feu !
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Hitler et la Franche-Comté : Franck Ferrand vous raconte l’étrange idée des nazis
Hitler et son bras droit Hermann Goering ne tardent pas à se présenter sur place. Ils annoncent qu’un militant communiste a été interpellé à proximité du Reichstag et on l’accuse immédiatement de l’incendie. C’est une caractéristique des mouvements totalitaires d’accuser les adversaires de tout ce qu’on a pu faire soi-même. Cette nuit-là, Hitler fait arrêter 4000 militants communistes, dont leur chef Thälmann.
Le processus dictatorial d’Hitler continue de se mettre en place avec une nouvelle ordonnance qui interdit les journaux communistes, socialistes, les réunions des partis de gauche et du centre. En un seul texte, il supprime la liberté d’opinion, le secret postal et le droit d’association. Le 5 mars 1933 se tiennent les élections législatives. Avec une population allemande encore sidérée par l’incendie du Reichstag et une opposition complètement paralysée, le parti nazi va saisir l’occasion.
Il remporte les élections, mais n’obtient que 43,9 % de suffrages. Et pour effacer toute opposition, il ne leur suffit que de trois jours. Tous les députés communistes sont démis de leur siège pendant que d’autres sont déjà en prison depuis l’incendie du Reichstag. Pour que toute l’Allemagne soit sous son contrôle, Hitler nomme un commissaire nazi à la tête de chaque « land » et supprime le gouvernement local.
Le drapeau rouge à croix gammée flotte dans toute l’Allemagne. Le 21 mars, Hindenburg est récompensé pour son soutien à Hitler. Avec Joseph Goebbels, son ministre de la Propagande, ils organisent une grande fête en l’honneur du maréchal : la journée de Potsdam. On célèbre la victoire de l’Allemagne sur la France en 1871 et la mémoire de la monarchie prussienne.
Hindenburg apparaît dans un magnifique uniforme de maréchal prussien bleu et or à col rouge, pendant qu’Hitler, vêtu d’un simple costume noir, se tient à quelques mètres derrière lui pour lui laisser toute la lumière. « Merci d’avoir rendu possible l’union entre les symboles de l’ancienne grandeur et de la force nouvelle », dit Hindenburg à son chancelier. Pendant que les grands dirigeants font la fête, les députés communistes, eux, ont été réunis pour qu’on les transfère vers un nouveau lieu de détention. C’est le camp de concentration de Dachau.
Hitler s’approche du but : obtenir les pleins pouvoirs pour quatre ans. Au Reichstag, il est déjà acclamé par les députés nazis et par les militants qui sont venus en masse. Mais il a encore besoin d’une majorité. Pour ce faire, il incarcère quinze députés sociaux-démocrates supplémentaires. Les pleins pouvoirs sont votés sous la contrainte, mais ça y est, Hitler gouverne sans le contrôle du Parlement et sans le contreseing du Président. Hindenburg lui-même ayant renoncé à cette prérogative, le président n’est plus qu’un spectateur.
En un peu plus de 3 mois, l’Allemagne devient une dictature. Le 22 juin 1933, le parti social-démocrate a disparu. Tous les partis de droite et du centre qui ont installé Hitler au pouvoir sont priés de se saborder et de rejoindre le parti nazi. Hitler réclame une nouvelle dissolution du Reichstag. Maintenant, le président accepte tout et le parti nazi obtient 92 % des voix à cette nouvelle élection législative. Hitler a obtenu ce qu’il voulait et, d’après ses dires, Hindenburg aussi : « cela a toujours été mon opinion que le salut de l’Allemagne est dans l’union de tous les partis en un parti commun de la patrie, Hitler l’a réussi ».
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À la date anniversaire de sa victoire contre les Russes, une nouvelle cérémonie est organisée à la gloire du maréchal-président âgé de 86 ans. Hitler et Goering lui offrent un domaine avec une immunité fiscale et une dotation d’un million de marks. Le 30 juin 1934 se déroule la tristement célèbre Nuit des longs couteaux. Les SA et les membres les plus révolutionnaires du parti nazi sont littéralement assassinés sur ordre d’Hitler.
Et Hindenburg va même se fendre d’un télégramme à Hitler qu’il double d’un télégramme à Goering qui dit : « vous avez sauvé le peuple allemand d’un grave péril ». Un mois après, le maréchal Hindenburg meurt content de son œuvre et sans doute serein pour la destinée de son pays. La veille, Hitler avait pris soin de faire voter une loi fusionnant le poste de président avec celui de chancelier du Reich. Son objectif étant atteint, Hitler ne peut qu’organiser des funérailles majestueuses à Hindenburg, qui reste le président qui l’a porté au pouvoir.
Franck Ferrand
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Cet article Qui était le maréchal Hindenburg, celui qui a propulsé Hitler au pouvoir ? est apparu en premier sur Radio Classique.
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