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Le prestigieux prix de la musique Ernst von Siemens a été attribué cette année à Sir Simon Rattle. Le chef d’orchestre anglais a décidé de consacrer la somme qu’il recevra pour cette distinction à l’acquisition d’instruments d’époque pour la formation baroque qu’il a créée au sein de l’Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise.
Samedi à 19h00 dans la Herkulessaal de la Résidence de Munich seront célébrés les lauréats du Prix Ernst von Siemens 2025. Cette distinction, décernée par l’Académie bavaroise des beaux-arts au nom de la Fondation de musique Ernst-von-Siemens, récompense chaque année depuis 1974 un compositeur ou un interprète pour sa contribution majeure à la musique contemporaine et trois jeunes compositeurs.
Lors de la cérémonie de remise des prix, Sir Simon Rattle, lauréat du prix musique 2025, dirigera la Symphonie de chambre n° 1 d’Arnold Schoenberg à la tête de l’Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise (BRSO) dont il est directeur musical depuis deux ans. Seront également joués des morceaux des trois lauréats du prix des jeunes compositeurs, parmi lesquels le Français Bastien David, 35 ans, pensionnaire à la Villa Médicis.
Récompensé pour « sa contribution à la musique tout au long de sa carrière, son ouverture à divers genres musicaux et son dévouement sans égal à l’éducation », Sir Simon Rattle a annoncé qu’il allait consacrer l’intégralité de la dotation de ce prix (250.000 euros) à l’acquisition d’instruments anciens pour la formation baroque qu’il a créée au sein du BRSO.
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Cet ensemble, créé au début de l’année et baptisé HIP (pour Historically Informed Performance), est né de la volonté du chef d’orchestre anglais d’élargir le répertoire du BRSO avec de la musique baroque, jouée sur instruments d’époque. Le premier concert du HIP a eu lieu à Munich début février et était consacré à trois cantates de Jean-Sébastien Bach. Une seconde représentation a eu lieu mi-mars sous la direction du claveciniste italien Andrea Marcon.
Philippe Gault
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Alors qu’elle fête cette année son vingt-neuvième anniversaire, la jeune violoniste Esther Abrami star des réseaux sociaux avec plus d’un million de followers, sort déjà son troisième disque.
Intitulé Women, il rassemble une quinzaine d’œuvres de compositrices à travers les âges. Si les noms d’Hildegarde von Bingen, Pauline Viardot ou Rita Strohl nous sont familiers, Esther Abrami a retrouvé des partitions de compositrices oubliées, comme l’irlandaise Ina Boyle. Née en 1889 et décédée en 1967, cette dernière a composé en 1935 un Concerto pour violon qu’Esther Abrami a enregistré avec l’Orchestre symphonique de la Radio viennoise dirigé par la cheffe espagnole Irene Delgado-Jiménez.
Dans ce disque, Esther Abrami se fait aussi compositrice avec Transmission, une pièce pour violon et orchestre. Elle viendra nous parler de ce nouveau disque, de sa carrière et de sa présence sur les réseaux sociaux, qui lui permet « de faire connaître et aimer la musique classique à des jeunes qui n’en avaient jamais écouté auparavant.»
Jean-Michel Dhuez
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Le Musée de la musique à Paris a repensé la présentation de sa collection: il propose désormais une nouvelle perspective historique mettant en avant les échanges culturels entre continents, et place « sur un pied d’égalité » musiques occidentales et non-occidentales.
Le Musée de la musique, né en 1997 et qui fait partie de l’ensemble Cité de la musique-Philharmonie de Paris dans le nord de la capitale, n’avait pas été réorganisé depuis 2009. A cette date, avaient été inaugurées de nouvelles salles consacrées aux « musiques du monde », permettant de « voir le fonds extra-européen en grande partie invisible jusqu’alors », a indiqué Alexandre Girard-Muscagorry, le conservateur du musée.
Avec ce nouveau réaménagement, le geste va plus loin : l’histoire de la musique depuis le XVIIe siècle jusqu’à nos jours est revue sous le signe du décloisonnement des sociétés et des cultures, a résumé Marie-Pauline Martin, directrice du Musée. Il s’agit de « mettre toutes les musiques sur un pied d’égalité », précise Olivier Mantei, le directeur général de la Philharmonie.
Cet objectif se traduit d’abord par l’insertion de nouveaux instruments dans le parcours. Ainsi, dans la salle dédiée à la musique de cour à Versailles au XVIIe siècle, « une fenêtre est ouverte sur une autre géographie », celle de l’Inde, avec l’exposition d’un sitar, « instrument maître des soirées musicales et poétiques dans les cours d’Inde du nord jusqu’au XIXe siècle », souligne le conservateur.
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Plus loin, deux violons de Madagascar, dont l’un taillé dans un bloc de bois, daté « d’avant 1931″, ont été insérés dans la vitrine des cinq Stradivarius de la collection nationale afin de montrer que l’histoire du violon ne se limite pas à des échanges entre l’Italie, l’Allemagne et la France.
Les deux dernières salles présentant les collections extra-européennes ont été revues dans leur présentation et leur scénographie. Y figurent de nouvelles pièces, grâce à l’acquisition d’instruments contemporains comme le guembri (luth de musique Gnawa, utilisé en Afrique du nord) ou un xylophone bala) L’exposition aborde aussi le lien entre musique et esclavage au XVIIIe siècle, montrant par exemple une sanza, piano à pouce ou lamellophone ayant appartenu à un esclave de Porto Rico né en Afrique.
Au total, au moins 200 nouvelles pièces, dont certaines issues de dépôts ou prêts à long terme d’une quinzaine de musées (dont le musée du Quai Branly, le Musée du Louvre), enrichissent les collections (9000 pièces), sans compter toutes celles qui ont été restaurées.
Philippe Gault (avec AFP)
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EDF est en sous-production nucléaire volontaire. C’est ce qu’affirme Anne Lauvergeon, l’ancienne patronne du géant nucléaire Areva, aujourd’hui présidente d’ALP la société de conseil et d’investissement, dans son dernier livre, Un secret si bien gardé (éditions Grasset). Invitée de la matinale, elle s’alarme de la réelle utilisation de l’énergie en France.
« On est 31ème on n’est pas premier, on sous-utilise notre industrie nucléaire. » Telles sont les révélations d’Anne Lauvergeon, ancienne présidente d’Areva. Toutes ces données sont inscrites sur l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique). Elle enregistre tous les mois la puissance de chaque réacteur par rapport à sa puissance théorique, Anne Lauvergeon explique : « Si je fais simple, ça veut dire que si vous produisez 90 % de vos capacités, on va vous donner 90 %. Les meilleurs du monde font 95 %, donc ils utilisent à fond leur système. »
Actuellement, la France produit 67 % et elle vient de se mettre comme objectif de garder le même cap pour les cinq années à suivre. Pourtant, la présidente d’ALP, la société de conseil et d’investissements se projette sur une autre estimation : « On pourrait générer 30 % de plus avec une production gratuite. »
Actuellement, la France possède dix-huit centrales nucléaires qui sont en activité. Avec des premiers réacteurs construits dans les années 1950 et 1960, la vétusté pourrait être la raison nous empêchant d’augmenter notre taux de production. Si l’on prend exemple sur nos voisins, cela ne serait pas le cas, comme l’explique l’ancienne patronne du géant nucléaire Areva : « Alors prenez les États-Unis, c’est eux qui ont fait les premiers réacteurs nucléaires au monde. Ils ont en moyenne des réacteurs qui ont 10 à 15 ans de plus que les nôtres et ils fonctionnent depuis 10 ans avec une régularité de métronome à 91 %. »
Pour Anne Lauvergeon, les véritables raisons sont toutes autres : « D’abord, si on produit moins, on vend plus cher. En 2024, EDF a fait 11,4 milliards de bénéfices nets. 2ème explication : EDF a été mise sous contrôle du ministère de l’Environnement, qui a été ces dix dernières années majoritairement antinucléaires. Et enfin, EDF a refusé d’utiliser toutes les méthodes, les technologies qui ont été mises en œuvre partout dans le monde. »
Actuellement, le nucléaire est donc volontairement sous-productif assure l’invité de David Abiker. Les moyens que l’on possède vont plutôt être utilisés pour l’éolien, le solaire et le nouveau nucléaire. C’est d’ailleurs ce qui est inscrit dans la PPE3 (programmation pluriannuelle de l’énergie 3) avec 300 et 400 milliards d’investissements prévus pour ces secteurs.
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La présidente d’ALP, la société de conseil et d’investissement s’alarme de la capacité de la France à faire cet investissement : « Qui va le payer ? Ce n’est pas l’État, ce n’est pas le contribuable, c’est le consommateur d’électricité. » Anne Lauvergeon donne un dernier conseil :« Si l’état est capable de dire qu’EDF doit se mettre à produire à ce moment-là, on peut diminuer très fortement la facture d’électricité des Français. »
Alessandra Wyak
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Si ce n’est pas le compositeur John Barry qui est le créateur du thème original de la saga James Bond – mais bien Monty Norman à qui l’on doit la structure mélodique – sa contribution en tant qu’arrangeur et orchestrateur a permis de transformer un air prometteur en un thème culte. A moins que ça ne soit le génie du Grand Nord qui soit venu donner à John Barry un petit coup de pouce.
Conçu à l’origine pour un projet de musical avorté – une adaptation d’un roman de V.S. Naipaul, Une maison pour Monsieur Biswas – le thème d’inspiration indienne proposé par Monty Norman pour habiller le premier volet de la saga, James Bond contre le Dr. No (1962), peine à convaincre dans sa première version orchestrée : « Il nous fallait quelque chose de frais, un son contemporain pour le thème principal » confie Norman sur son site internet.
Un supplément d’âme et de nouveauté qui sera apporté par un jeune compositeur, John Barry (Amicalement vôtre, Out of Africa …), à qui l’on confie la tâche de réarranger et de réorchestrer le thème original.
Parmi ses nombreux apports au matériau de base, des éléments empruntés au jazz symphonique, donnant au thème cette explosion de couleurs cuivrées, ainsi qu’une série de quatre notes qui deviendra un motif phare de l’identité sonore de la saga, accompagnant notamment le célèbre Gun Barrel Scene à partir du deuxième opus, Bons baisers de Russie.
Cette série de quatre notes, qui peut faire écho pour les amateurs de jazz au célèbre Nightmare de Artie Shaw, n’a pas manqué de piquer la curiosité du journaliste britannique Tom Service qui, dans un article de The Guardian datant de 2010, fait le rapprochement entre ce motif du thème original et les premières mesures d’une œuvre orchestrale de Jean Sibelius : Cassazione, op. 6 :
Composée en 1904, révisée en 1905, cette œuvre méconnue de Sibelius est loin de constituer un sommet dans la carrière du compositeur. Il est toutefois amusant de noter à quel point la ressemblance est troublante, même si ce motif n’est pas exclusif au maître finlandais. Ce qui est plus intéressant c’est la place que Sibelius a occupé dans l’éveil et l’éducation musicale de John Barry.
On apprend ainsi dans la biographie d’Eddi Field, John Barry : A Sixties Theme, que le passe-temps favori du petit Barry, fils d’un gérant de salles de cinéma, consistait à s’isoler dans sa chambre pour écouter ses disques favoris du compositeur finlandais, reproduisant avec ses jouets des scènes de film vues sur grand écran : « Quand tu es au milieu d’un bon jeu – avec de la musique de Sibelius en toile de fond et tous ces jouets Dinky, la dernière chose dont tu aies envie soit que quelqu’un débarque dans la pièce et vienne t’extirper de tes pensées. »
Une passion pour le compositeur qui continuera à se vérifier bien des années après, lorsqu’en 1999, John Barry déclarera dans l’émission radiophonique de la BBC Desert Island Discs qu’il prendrait avec lui la Symphonie n° 5 de Sibelius s’il devait être amené à vivre sur une île déserte.
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Au-delà de cette passion pour le compositeur finlandais, c’est surtout le répertoire symphonique qui trouve grâce à ses yeux, John Barry admirant l’énergie et le romantisme naturel qu’il parvient à déployer. Une influence qui suivra le compositeur dans la plupart de ses partitions, à l’image des bandes originales du western Danse avec les loups, du drame sulfureux Proposition indécente, du film d’aventures High Road to China ou bien encore du célèbre thème d’Out of Africa :
Clément Serrano
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Atteint de la maladie de Parkinson depuis 11 ans, Randolph P. Laycock, chef d’orchestre et directeur musical d’un orchestre symphonique dans l’Ohio, s’est fait implanter un stimulateur cérébral adapté. Un dispositif qui lui permet de contrôler ses mouvements et de pouvoir bientôt à nouveau diriger son orchestre.
Ancien contrebassiste et professeur de musique, Randolph P. Laycock est le directeur musical de l’orchestre symphonique de Parma, dans la banlieue de Cleveland (Ohio) depuis 1978. Il y a onze ans, peu avant son soixantième anniversaire, alors qu’il se plaint de tremblements persistants de son pouce, on lui diagnostique un début de maladie de Parkinson. Le même mal qui touche Daniel Barenboim depuis deux ans.
Une maladie qui, malgré son traitement médicamenteux, le handicape de plus en plus au fil des années, gagnant toute sa main puis son bras et provocant des dyskinésies (mouvements involontaires, anormaux et souvent saccadés, ndlr) qui s’amplifient, notamment lorsqu’il doit diriger son orchestre.
C’est en mai 2024 qu’un neurologue de la Cleveland Clinic lui propose un traitement par stimulation cérébrale profonde (SCP). Ce dispositif, décrit comme un « stimulateur cardiaque pour le cerveau », consiste à implanter dans la boite crânienne des sondes de stimulation, reliées à une batterie, qui stimulent électriquement certaines zones du cerveau grâce à une programmation spécifique.
Le chef d’orchestre a pu, depuis le mois de mars, bénéficier d’une évolution du dispositif (SCPa, pour adapté) qui permet d’affiner la stimulation en temps réel afin de mieux contrôler les symptômes. « Étant donné que Rand est chef d’orchestre, un réglage précis avec ce dispositif adapté réduira le risque qu’il subisse des tremblements si l’effet de ses médicaments s’estompait au milieu d’un concert ou d’une représentation », indique la programmatrice du système.
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Alors que ses symptômes continuent de s’améliorer, le maestro se réjouit de célébrer ses 47 ans de direction d’orchestre et de passer du temps avec sa femme, ses deux enfants et sa petite-fille. « Mes tremblements ont presque tous disparu, sauf en cas d’anxiété ou de stress extrême , et ma dyskinésie est plutôt bien maîtrisée. Mes symptômes sont minimes par rapport à avant », a déclaré Randolph P. Laycock qui se dit impatient de retrouver son orchestre.
Philippe Gault
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Nicolas Candoni et Camille Delaforge invités du Journal du Classique ce soir à 20 heures.
Le Journal du Classique de ce mardi 13 mai est consacré au prochain Festival de Saint-Denis qui aura lieu du 21 mai au 24 juin, et dont Radio Classique vous a présenté la programmation tout au long de cette journée. Nicolas Candoni est le nouveau directeur, il a pris ses fonctions il y a quelques semaines. Venu de la Direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris où il était Chef du bureau de la musique, il évoquera son parcours et parlera de ses projets pour les prochaines éditions. Habitué aux questions financières de par sa carrière, Nicolas Candoni évoquera également le soutien constant des partenaires du Festival.
Quant à Camille Delaforge, qui est l’une des artistes invitées avec son ensemble Il Caravaggio, elle évoquera le concert qu’elle donnera, en avant-première du Festival, ce jeudi 15 mai à l’Eglise Saint-Denys-de-l’Estrée à Saint-Denis. Elle parlera également de l’ouvrage rare de Mozart qu’elle dirigera le jeudi 19 juin dans la Basilique de Saint-Denis : Die Schuldigkeit des Ersten gebots ( Le Devoir du premier commandement), composé en 1767 à l’âge de 11 ans.
Jean-Michel Dhuez
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Au premier jour des discussions sur deux propositions de loi sur la fin de vie et les soins palliatifs, le débat est clivant. Le but pour les députés est qu’ils aboutissent à un texte d’équilibre sur un sujet intime. À l’occasion de la sortie de son dernier livre, Journal de la fin de vie, aux éditions Fayard, la médecin Claire Fourcade éclaire le débat sur l’aide à mourir dans la matinale.
Qui peut accéder à l’aide à mourir ? Quelle sera la méthode utilisée ? À quel stade de la maladie ? Le débat sur la fin de vie reprend. Les députés ont deux semaines pour se prononcer sur ces questions.
François Bayrou a fait le choix de scinder en deux la loi, avec d’abord la législation sur les soins palliatifs : « Pour moi, cette loi a surtout une valeur symbolique, ça signifie qu’au nom de la société, nous acceptons d’affronter la question de la maladie grave et de la mort. Pour les patients, ça veut aussi dire que la société juge qu’ils sont importants ! » explique la médecin Claire Fourcade.
Il y a ensuite le débat plus vif de l’aide à mourir : « Tel qu’elle sort de la commission des affaires sociales, c’est une loi d’euthanasie et de suicide assisté au choix de la personne. Il y a seulement deux pays dans le monde qui ont légalisé cette loi, ce sont les Pays-Bas et le Canada, et ce qu’on observe, c’est qu’il n’y a que l’euthanasie qui est choisie.»
Un sondage révèle que 49 % des Français ne connaissent pas la différence entre euthanasie, suicide assisté et aide à mourir. La médecin en soins palliatifs revient sur ces différences nécessaires à connaître : « Le suicide assisté, c’est la société qui met à la disposition d’une personne le moyen de mettre fin à ses jours quand elle le souhaite, et c’est elle qui fait le geste. L’euthanasie, c’est lorsqu’un tiers qui fait le geste. Dans les pays qui l’ont légalisé, il s’agit toujours d’un médecin. »
L’aide à mourir c’est ce que fait quotidiennement la médecin : « Même si je préfère le terme « aide à vivre », j’accompagne les personnes que la maladie amène jusqu’en fin de vie. » Au premier jour des débats sur ces propositions plane déjà l’idée d’un référendum.
Pour le secteur infirmier, cela ne ferait que souligner l’incompréhension liée à la complexité du sujet : « En soins palliatifs, on ne vit pas en noir et blanc, mais plutôt en 50 nuances de gris de par la complexité de l’approche de la mort. Le référendum, c’est tout le contraire, c’est un débat binaire en noir et blanc, comme s’il y avait une réponse simple à cette question. »
« On nous demande, à nous soignants, de classer cette souffrance pour choisir nous-mêmes à qui on octroie ce droit ou pas. Moi, j’appelle ça la loi du tri. » Parmi toutes les clauses de cette loi, l’une est consacrée au classement que les soignants vont être amenés à réaliser.
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Pourtant, cela ne ferait pas partie de leur qualification selon Claire Fourcade : « on nous demande de trier cette souffrance, avec des critères qui sont extrêmement flous. L’autorité de santé l’a confirmée hier : nous ne sommes pas capables médicalement de faire ce pronostic, et ça perturberait la relation de confiance qu’on essaie de conduire avec les patients. »
Alessandra Wyak
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Aquarium, le morceau extrait du Carnaval des animaux, accompagnera les montées des marches du Palais des festivals et les projections jusqu’au 24 mai à Cannes. L’air composé par Camille Saint-Saëns est la musique officielle du Festival de Cannes depuis 1990.
Pendant onze jours, lors des montées des marches du Palais des festivals et avant les projections des films en compétition au 78e festival de Cannes, on entendra le même magnifique air, Aquarium, extrait du 7e mouvement du Carnaval des animaux que Camille Saint-Saëns composa près de Vienne en 1886. Ce morceau est considéré comme la musique officielle du festival depuis 35 ans.
On doit ce choix à Gilles Jacob, l’ancien président du festival de 2001 à 2014. Mais c’est en 1983, alors qu’il en était le délégué général, qu’il se met à la recherche d’une identité sonore propre à l’événement cinématographique, d’abord sous forme de virgule avec les premières mesures du morceau pour les montée des marches, puis à partir de 1990 comme musique d’accompagnement des moments forts du festival.
Dans un entretien avec France 3 – Côte d’Azur en 2024, Gilles Jacob racontait avoir été ébloui par ce « thème merveilleux » de Saint-Saëns qu’il avait entendu dans le film Les Moissons du ciel qui avait valu le prix de la mise en scène au réalisateur américain Terrence Malick au festival de Cannes en 1979.
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Le délégué général de l’époque explique qu’il pensait que cette musique avait été composée par Ennio Morricone, qui avait supervisé la bande originale du film, et que c’est son fils mélomane qui lui a indiqué que Camille Saint-Saëns en était le créateur. Pour Gilles Jacob « cette musique très aquatique, fluide, allait bien avec notre logo animé qui représentait une palme sortant de l’eau, sachant que le morceau s’appelle Aquarium, ça tombait très bien ».
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Pour cette 57ème édition, le Festival de Saint-Denis met les femmes à l’honneur, notamment à la direction d’orchestre. Sur la grande scène de la Basilique se succèderont ainsi Speranza Scappucci pour le Requiem de Donizetti le 5 juin, Marta Gardolińska pour La Passion selon Saint-Jean de Bach le 12 juin, Camille Delaforge pour le premier drame sacré de Mozart (Die Schuldigkeit des Ersten gebots) le 19 juin et le trio L.E.J le 24 juin.
Le Festival met aussi en avant les compositrices dans sa programmation 2025, notamment à travers le travail mené par Héloïse Luzzati avec La Cité des Compositrices.
Autre moment fort sur la grande scène : le pianiste Alexandre Tharaud invite Camélia Jordana, Cyrielle Ndjiki Nya et Dominique A, accompagnés par l’orchestre Le Balcon (dir. Maxime Pascal) le 2 juin.
Fortes de leur succès, les nouveautés initiées l’an dernier sont reprises pour cette nouvelle édition :
Comme chaque année, le Festival propose aussi des concerts de musique de chambre dans le pavillon de musique de la Maison d’éducation de la Légion d’honneur. Au programme cette année : Ophélie Gaillard avec Lucienne Renaudin Vary, William Sabatier et le Quatuor Debussy pour un concert autour du tango le 15 juin ; Sabine Devieilhe et Mathieu Pordoy pour un récital le 22 juin.
Cette année, le Festival organise aussi 2 rencontres gratuites (sur inscription) à la librairie La P’tite Denise (Saint-Denis) :
Festival de Saint-Denis, du 21 mai au 24 juin 2025, à la Basilique cathédrale Saint-Denis et à la Maison d’éducation de la Légion d’honneur. Plus d’informations http://festival-saint-denis.com / résa 01 48 13 06 07
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