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Vinciane Pirenne-Delforge
Collège de France
Religion, histoire et société dans le monde grec antique
Année 2017-2018
Poursuivant l'investigation sur les « dieux grecs, dieux des Grecs », il s'agit cette fois de comprendre la portée de ce groupement générique en relation avec l'identité possible des dieux singuliers qui le composent. Considérant le cas parallèle des Douze dieux, on voit qu'il peut s'agir d'une entité cultuelle destinataire de l'hommage des hommes. Mais le groupe est également susceptible, dans des contextes déterminés, de se déployer en dieux distincts. La notion de « dieux grecs » n'est pas qu'une abstraction mobilisée à des fins rhétoriques. L'Hellenion documenté par Hérodote et par des dédicaces atteste son potentiel ancrage concret et les représentations qu'il véhicule. Par ailleurs, l'Enquête elle-même montre que la dénomination des theoi, un processus qu'Hérodote fait remonter aux Pélasges instruits par les Égyptiens, s'adresse potentiellement à tous les Grecs.
Qu'en est-il dès lors de la relation entre le nom d'un dieu présent dans cet imaginaire partagé par les Grecs et les surnoms – que l'on appelle des épiclèses – qui lui sont attribués à l'échelle locale ? Autrement dit, un dieu conserve-t-il, ou non, une unité derrière la multiplicité des cultes qu'il reçoit ? C'est une réponse positive que permet d'esquisser l'analyse des différents facteurs de multiplication des entités du monde supra-humain des Grecs. Que ce soit le groupe des « dieux grecs », celui des « Douze dieux », les collectifs féminins comme les Charites ou les Muses, ou encore chaque divinité dont le nom est au singulier et reçoit des épiclèses dans les cultes, les Grecs les concevaient comme des puissances qui pouvaient se condenser ou se déployer selon les contextes et les attentes de ceux qui les honoraient.
Vinciane Pirenne-Delforge
Collège de France
Religion, histoire et société dans le monde grec antique
Année 2017-2018
Poursuivant l'investigation sur les « dieux grecs, dieux des Grecs », il s'agit cette fois de comprendre la portée de ce groupement générique en relation avec l'identité possible des dieux singuliers qui le composent. Considérant le cas parallèle des Douze dieux, on voit qu'il peut s'agir d'une entité cultuelle destinataire de l'hommage des hommes. Mais le groupe est également susceptible, dans des contextes déterminés, de se déployer en dieux distincts. La notion de « dieux grecs » n'est pas qu'une abstraction mobilisée à des fins rhétoriques. L'Hellenion documenté par Hérodote et par des dédicaces atteste son potentiel ancrage concret et les représentations qu'il véhicule. Par ailleurs, l'Enquête elle-même montre que la dénomination des theoi, un processus qu'Hérodote fait remonter aux Pélasges instruits par les Égyptiens, s'adresse potentiellement à tous les Grecs.
Qu'en est-il dès lors de la relation entre le nom d'un dieu présent dans cet imaginaire partagé par les Grecs et les surnoms – que l'on appelle des épiclèses – qui lui sont attribués à l'échelle locale ? Autrement dit, un dieu conserve-t-il, ou non, une unité derrière la multiplicité des cultes qu'il reçoit ? C'est une réponse positive que permet d'esquisser l'analyse des différents facteurs de multiplication des entités du monde supra-humain des Grecs. Que ce soit le groupe des « dieux grecs », celui des « Douze dieux », les collectifs féminins comme les Charites ou les Muses, ou encore chaque divinité dont le nom est au singulier et reçoit des épiclèses dans les cultes, les Grecs les concevaient comme des puissances qui pouvaient se condenser ou se déployer selon les contextes et les attentes de ceux qui les honoraient.
Vinciane Pirenne-Delforge
Collège de France
Religion, histoire et société dans le monde grec antique
Année 2017-2018
Poursuivant l'investigation sur les « dieux grecs, dieux des Grecs », il s'agit cette fois de comprendre la portée de ce groupement générique en relation avec l'identité possible des dieux singuliers qui le composent. Considérant le cas parallèle des Douze dieux, on voit qu'il peut s'agir d'une entité cultuelle destinataire de l'hommage des hommes. Mais le groupe est également susceptible, dans des contextes déterminés, de se déployer en dieux distincts. La notion de « dieux grecs » n'est pas qu'une abstraction mobilisée à des fins rhétoriques. L'Hellenion documenté par Hérodote et par des dédicaces atteste son potentiel ancrage concret et les représentations qu'il véhicule. Par ailleurs, l'Enquête elle-même montre que la dénomination des theoi, un processus qu'Hérodote fait remonter aux Pélasges instruits par les Égyptiens, s'adresse potentiellement à tous les Grecs.
Qu'en est-il dès lors de la relation entre le nom d'un dieu présent dans cet imaginaire partagé par les Grecs et les surnoms – que l'on appelle des épiclèses – qui lui sont attribués à l'échelle locale ? Autrement dit, un dieu conserve-t-il, ou non, une unité derrière la multiplicité des cultes qu'il reçoit ? C'est une réponse positive que permet d'esquisser l'analyse des différents facteurs de multiplication des entités du monde supra-humain des Grecs. Que ce soit le groupe des « dieux grecs », celui des « Douze dieux », les collectifs féminins comme les Charites ou les Muses, ou encore chaque divinité dont le nom est au singulier et reçoit des épiclèses dans les cultes, les Grecs les concevaient comme des puissances qui pouvaient se condenser ou se déployer selon les contextes et les attentes de ceux qui les honoraient.
Vinciane Pirenne-Delforge
Collège de France
Religion, histoire et société dans le monde grec antique
Année 2017-2018
Dans le cadre des cinq derniers livres de l'Enquête d'Hérodote, quelques discours rapportés par ce dernier font référence aux « dieux grecs » et aux sanctuaires communs qui constituent la « grécité ». Que recouvrent ces catégories et dans quelle mesure nous permettent-elles de penser les dieux des Grecs ? La communauté constituée par la fréquentation des sanctuaires communs – régionaux et/ou panhelléniques – est une communauté rituelle transitoire, liée à un espace déterminé, et elle ne renvoie pas à une quelconque « identité religieuse » partagée. Quant aux dieux qualifiés de « grecs » dans les discours de certains acteurs des guerres médiques, leur invocation sert à fédérer les forces grecques face à l'armée du roi des Perses. L'emphase rhétorique d'une telle qualification n'est pas à négliger, mais elle n'est pas seule en cause. En effet, dans l'emporion de Naucratis (delta du Nil) dont parle Hérodote et où il situe un sanctuaire appelé « Hellenion », l'archéologie a mis au jour des dédicaces « aux dieux des Grecs ». Il s'agit d'en analyser la portée, en regard de la notion de « dieux grecs » mobilisée par ailleurs.
Vinciane Pirenne-Delforge
Collège de France
Religion, histoire et société dans le monde grec antique
Année 2017-2018
Dans le cadre des cinq derniers livres de l'Enquête d'Hérodote, quelques discours rapportés par ce dernier font référence aux « dieux grecs » et aux sanctuaires communs qui constituent la « grécité ». Que recouvrent ces catégories et dans quelle mesure nous permettent-elles de penser les dieux des Grecs ? La communauté constituée par la fréquentation des sanctuaires communs – régionaux et/ou panhelléniques – est une communauté rituelle transitoire, liée à un espace déterminé, et elle ne renvoie pas à une quelconque « identité religieuse » partagée. Quant aux dieux qualifiés de « grecs » dans les discours de certains acteurs des guerres médiques, leur invocation sert à fédérer les forces grecques face à l'armée du roi des Perses. L'emphase rhétorique d'une telle qualification n'est pas à négliger, mais elle n'est pas seule en cause. En effet, dans l'emporion de Naucratis (delta du Nil) dont parle Hérodote et où il situe un sanctuaire appelé « Hellenion », l'archéologie a mis au jour des dédicaces « aux dieux des Grecs ». Il s'agit d'en analyser la portée, en regard de la notion de « dieux grecs » mobilisée par ailleurs.
Vinciane Pirenne-Delforge
Collège de France
Religion, histoire et société dans le monde grec antique
Année 2017-2018
Dans le cadre des cinq derniers livres de l'Enquête d'Hérodote, quelques discours rapportés par ce dernier font référence aux « dieux grecs » et aux sanctuaires communs qui constituent la « grécité ». Que recouvrent ces catégories et dans quelle mesure nous permettent-elles de penser les dieux des Grecs ? La communauté constituée par la fréquentation des sanctuaires communs – régionaux et/ou panhelléniques – est une communauté rituelle transitoire, liée à un espace déterminé, et elle ne renvoie pas à une quelconque « identité religieuse » partagée. Quant aux dieux qualifiés de « grecs » dans les discours de certains acteurs des guerres médiques, leur invocation sert à fédérer les forces grecques face à l'armée du roi des Perses. L'emphase rhétorique d'une telle qualification n'est pas à négliger, mais elle n'est pas seule en cause. En effet, dans l'emporion de Naucratis (delta du Nil) dont parle Hérodote et où il situe un sanctuaire appelé « Hellenion », l'archéologie a mis au jour des dédicaces « aux dieux des Grecs ». Il s'agit d'en analyser la portée, en regard de la notion de « dieux grecs » mobilisée par ailleurs.
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Depuis 2017, Vinciane Pirenne-Delforge est titulaire de la chaire Religion, histoire et société dans le monde grec antique. Les différents termes de cet intitulé désignent les éléments constitutifs…
La religion grecque est un polythéisme, ce qui évoque d'emblée une multiplicité de figures divines. Mais la pluralité qu'exprime le terme ne concerne pas seulement les entités suprahumaines auxquelles les Grecs ont rendu hommage pendant presque un millénaire. Toutes les composantes de leur religion, des représentations aux pratiques, relèvent d'un large éventail de possibles, non pas fondés sur des dogmes ou sur une révélation, mais sur des normes culturellement déterminées et des traditions narratives. Afin de comprendre un tel foisonnement de dieux et de rituels, il convient d'en restituer soigneusement les contextes et de faire droit à la complexité d'une culture dont l'apparente familiarité est un héritage trompeur. L'objectif des recherches menées au sein de la présente chaire est précisément de rendre compte des lignes de force qui structurent l'imaginaire des Grecs, ainsi que des pratiques qu'il induit et qui le constituent.