Rendez-vous Condorcet

Rendez-vous Condorcet

By Campus CondorcetEducation
Download on the App Store

Rendez-vous Condorcet episodes

  • Les images au risque du musée | Krzysztof Pomian
    Conférence donnée par Krzysztof Pomian le 10 juin 2013 dans le cadre du Cycle 2012-2013 des Conférences Campus Condorcet : « L’image en danger : destruction, censure, manipulation »
    Toutes les images fixes en deux ou en trois dimensions ont été faites, jusqu’il y a peu, pour des lieux autres que le musée : pour les palais, les églises, les places publiques, les intérieurs bourgeois, les albums privés. Leur passage de leurs lieux d’origine au musée n’a jamais été indolore. Son déroulement dépend, certes, des époques où il eut lieu, du type et du statut des images concernées, des forces sociales qui l’ont mis en marche et des croyances collectives qui l’ont motivé. Mais il s’accompagnait toujours d’une rupture : d’un abandon consécutif au rejet de la religion ou de l’idéologie jusqu’alors dominante, d’une expropriation suite au changement de régime politique, d’une séparation imposée par des contraintes économiques. Et il entraînait un déplacement et un renouvellement de signification. La conférence proposera d’étudier plusieurs exemples issus de différentes périodes et pays et évoquera le cas récent des images faites à destination du musée.
    52 min
  • La vue sous influence, entre vision(s), et regard | Jean-Marie Pradier
    Conférence donnée par Jean-Marie Pradier (Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis) le 13 mai 2013 dans le cadre du Cycle 2012-2013 des Conférences Campus Condorcet : « L’image en danger : destruction, censure, manipulation »
    Les potentialités biologiques de la capacité visuelle humaine et son organisation fondent l’originalité du regard. Sa complexité l’écarte radicalement de tout modèle machine. Ce que perçoivent les individus n’est pas un objet univoque, produit d’un enchaînement de causes mécaniques. Le regard est historique, local, élément d’une expérience personnelle et collective élargie aux autres sens, aux savoirs, à la réflexion, à l’attention, sensible au désir et aux attentes. Que voyons-nous ? Quelle vue nous est-elle insupportable ou admirable ? Les anomalies médicales de la vision ont en écho les anomalies cognitives, philosophiques, religieuses. Illusions d’optique, paréidolie (*), tests projectifs, manipulations graphiques illustrent la capacité de l’image à agir sur l’état de la personne parfois à son insu. De même, les codes culturels orientent la perception et l’interprétation, allant jusqu’à fasciner, ou tout au contraire à rendre insupportable sa vision.
    (*) Un élément visuel informe est identifié à une forme humaine ou animale reconnaissable.
    1 hr 13 min
  • L'iconoclasme numérique à l'assaut des pouvoirs de l'image | André Gunthert
    Conférence donnée par André Gunthert le 22 avril 2013 dans le cadre du Cycle 2012-2013 des Conférences Campus Condorcet : « L'image en danger : destruction, censure, manipulation »
    La révolution de la photographie numérique est loin d’être achevée. L’étape la plus récente de l’évolution des pratiques est aussi la plus décisive. Nous assistons à un changement en profondeur du paradigme photographique, particulièrement visible à travers les usages communicants de l’image, qui jouent un rôle décisif dans la nouvelle écologie de la conversation numérique. À la manière du dessin de presse, la réappropriation ludique de formes officielles permet la manifestation sauvage, parfois violente, d'une satire ou d'une critique des discours dominants. Producteurs de leur propre énergie médiatique par la dynamique de la « viralité », le remix ou le mème (*) permettent d'identifier les ressorts techniques et juridiques sur lesquels repose la culture numérique. Mais ils jettent aussi un pont vers les formes classiques du traitement de l'information, par le biais du recyclage médiatique. Laboratoire expérimental d'une culture des biens communs, l'image dans ses circulations numériques est devenue la pire ennemie de l'icône de jadis, emblème du pouvoir et de l'ordre des choses.
    (*) Mème : jeu participatif de décontextualisation d'image pratiqué sur le web.
    53 min
  • Les flux d'image à l'ère du numérique : mort ou renaissance de l'image | François Soulages
    Conférence donnée par François Soulages le 25 mars 2013 dans le cadre du Cycle 2012-2013 des Conférences Campus Condorcet : « L’image en danger : destruction, censure, manipulation »
    La conférence s’intéressera à la fois aux images relevant du « sans-art », telles les images de la télévision et d’internet, et aux images revendiquées par l’art. Dans le domaine du « sans-art », la réception en flux et en zapping des photos numériques via internet et, pour l’art, la pratique de la photographie numérique remplacent souvent l’image elle-même. Ce constat amène à se poser plusieurs questions : l’image serait-elle menacée de disparition ? Un flux d’images est-il encore une image et à quelles conditions ? Quels sont les paradigmes qui conviennent le mieux pour parler des « flux d’images » contemporains ? Quelle est la place de la révolution numérique dans ce renouvellement des questionnements, dans la mesure où elle transforme les usages et les devenirs de l’image, et l’être même de l’image ? L’art contemporain critique parfois l’image au point de la manipuler, de la détruire, voire de la censurer. Cette attitude scelle-t-elle la fin des arts de l’image ou au contraire leur Renaissance ? Une Renaissance qui parierait sur le flux et le devenir, en obligeant à penser autrement l’image et l’art.
    59 min
  • L'école polytechnique fédérale de Lausanne
    Le 20 février, le Pavillon de l'Arsenal et le Campus Condorcet ont accueilli Monsieur Patrick Aebischer, président de l'EPFL, et Monsieur Dominique Perrault, architecte et urbaniste.
    Sylvain Allemand, journaliste animait le débat.
    1 hr 30 min
  • L'image éradiquée sous les Khmers rouges | Soko Phay-Vakalis et Pierre Bayard
    Conférence donnée par Soko Phay-Vakalis et Pierre Bayard le 18 février 2013 dans le cadre du Cycle 2012-2013 des Conférences Campus Condorcet : « L’image en danger : destruction, censure, manipulation »
    Tout au long de leur domination (1975-1979), les Khmers rouges n'ont cessé de détruire les images antérieures à leur arrivée (films, photos, peintures, etc.), ainsi que les images du génocide, et toute personne qui tentait de préserver ces images était punie de mort. Cette destruction des images visait d'une part à faire table rase du passé, d'autre part à effacer les traces des crimes en manipulant la mémoire visuelle. La conférence visera à rappeler les circonstances et les enjeux de cette destruction systématique, et à montrer comment deux grands artistes, le peintre Vann Nath et le cinéaste Rithy Panh (*), ont entrepris dans leurs œuvres – individuellement et ensemble – de restituer les images absentes.
    (*) Vann Nath (1946 – 2011) était un peintre, artiste, écrivain et défenseur des droits de l'homme cambodgien. Rithy Panh, né en 1964 à Phnom Penh est un cinéaste franco-cambodgien.
    56 min
  • La spiritualité de l'image en islam shi'ite : le cas des icônes de poche | Mohammad Ali Amir-Moezzi
    Conférence donnée Mohammad Ali Amir-Moezzi (EPHE) le 14 janvier 2013 dans le cadre du Cycle 2012-2013 des Conférences Campus Condorcet : « L’image en danger : destruction, censure, manipulation »
    Selon une idée, aussi persistante qu’erronée, la représentation imagée des êtres vivants est interdite en islam. La destruction des Bouddhas de Bamyan par les Talibans en 2001 conforta encore plus cette idée dans l’opinion publique. La problématique est beaucoup plus complexe et les prises de position ont été des plus diverses selon les époques, les lieux et les cultures en terres d’islam. Schématiquement, l’approche rigoriste des juristes-théologiens est confronté aux goûts esthétiques de l’élite profane ainsi qu’au culte populaire des saints mais s’adapte à ceux-ci beaucoup plus souvent qu’on ne le pense. L’islam iranien en général et l’islam shi’ite en particulier ont eu, depuis de nombreux siècles, une attitude ouverte à l’égard de l’image de l’être humain, y compris celle des personnages religieux les plus saints. La conférence s’attachera principalement à l’examen d’un certain nombre d’« icônes de poche », représentant le portrait peint de ‘Alî, premier Imam – « Guide par excellence » – des shi’ites. L’objet semble constituer, dans certaines confréries mystiques, un support de contemplation : pratique initiatique consistant à atteindre la vision du « Guide de lumière » dans le centre subtil du cœur.
    40 min
  • Race supérieure et art dégénéré : le nazisme face à l'art moderne | Éric Michaud
    Conférence donnée par Éric Michaud (EHESS) le 10 décembre 2012 dans le cadre du Cycle 2012-2013 des Conférences Campus Condorcet : « L’image en danger : destruction, censure, manipulation »
    L'un des aspects singuliers du nazisme est qu'il a réservé un traitement semblable – enfermement, exclusion, destruction – à certaines catégories d’hommes et à certaines œuvres de l’art moderne qu’il qualifiait de dégénérées. À l’inverse, les mesures de protection de la « race supérieure » s’accompagnaient d’une protection de l’art décrété « sain ». C’est ainsi que dès 1933, année de l’accession des nazis au pouvoir, les premières mesures anti-juives et la loi de stérilisation des êtres anormaux furent promulguées en même temps que furent organisées les premières expositions d'art dégénéré, qui circulèrent à Mannheim, Karlsruhe, Nuremberg, Chemnitz, Stuttgart, Dessau, Ulm et Dresde. Enfin, à la veille de l'ouverture de la grande exposition d'« art dégénéré » de Munich en 1937, la stérilisation pour des motifs raciaux commença de s'exercer sur les Rheinlandbastarde, ces enfants issus de l'union de « mères allemandes » et de soldats noirs durant l'occupation de la Ruhr par l'armée française. Pour justifier ces mesures d’exclusion ou de destruction d’images, les idéologues nazis invoquaient moins l'effet destructeur du mélange des races sur l'art que le danger qu’un art dégénéré produise une humanité monstrueuse.
    45 min
  • La chute des idoles : l'iconoclasme protestant | Olivier Christin
    Conférence donnée par Olivier Christin (EPHE) le 19 novembre 2012 dans le cadre du Cycle 2012-2013 des Conférences Campus Condorcet : « L’image en danger : destruction, censure, manipulation »
    Partout en Europe, y compris dans les territoires qui resteront ensuite durablement attachés à l’Église romaine, la naissance et la diffusion des protestantismes s’accompagnent de la multiplication de gestes iconoclastes. Les images deviennent ainsi très vite, dès les années 1520-1530, l’un des enjeux et l’un des moyens de la fracture confessionnelle et l’affirmation des identités religieuses rivales. Mais pour rendre compte de cette dynamique, il faut renoncer à tenir les iconoclastes ordinaires – ceux qui renversaient les croix de Calvaires, décapitaient les Vierges au coin des rues, pénétraient dans les églises avec des masses, des bâtons et des cordes pour faire chuter les idoles – pour les exécutants plus ou moins informés d’un programme théorique et théologique précis qui aurait été formulé par les Réformateurs comme Luther ou Calvin. Il faut tenter, au contraire, de saisir les logiques spécifiques de leurs pratiques de la violence symbolique en regardant au plus près ce que faisaient véritablement les acteurs si dissemblables dans ces événements décisifs pour le sort religieux de l’Europe Occidentale.
    1 hr 6 min
  • La résistance des images | Alain Schnapp
    Conférence donnée par Alain Schnapp (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) le 12 octobre 2012 dans le cadre du Cycle 2012-2013 des Conférences Campus Condorcet : « L’image en danger : destruction, censure, manipulation »
    D’une culture à l’autre, d’une période à l’autre subsistent des images qui, une fois découvertes dans d’anciennes collections, dans les réserves des temples et des palais, sur la façade des édifices ou tout simplement dans le sol, interpellent les contemporains. Que faire des images du passé, comment les interpréter, les apprivoiser, les conserver ? Parfois la première impression est l’effroi, souvent la tentation de la destruction est palpable. Mais les images se défendent, leur originalité, leurs qualités esthétiques ou matérielles les protègent. Elles deviennent alors sources de réflexion et même modèles pour de nouvelles images. De l’Orient ancien au monde médiéval occidental, la conférence interrogera la question de la résistance des images.
    1 min

About Rendez-vous Condorcet

From the publisher's feed

Chaque année depuis 2010, le Campus Condorcet donne la parole à des chercheurs issus de toutes les disciplines qui composent les sciences humaines et sociales, pour éclairer les grands enjeux des sociétés contemporaines. Enregistrées à Aubervilliers, dans des lieux d’éducation populaire tels que le théâtre de la Commune, ces conférences se veulent accessibles à tous.